Le coup de force des gilets jaunes

par Gérard Leclerc

lundi 19 novembre 2018

Lorsque le président de la République admettait qu’il y avait une rupture entre l’autorité, donc lui-même, et la base du pays, il anticipait sur ce qui s’est passé dans toute la France, samedi et dimanche. Très exactement, il avait dit : « Je n’ai pas réussi à réconcilier le peuple français avec ses dirigeants. » Il s’agit bien du peuple tout entier. Et lorsqu’on observe le radicalisme des gilets jaunes, on est obligé de conclure que le désaccord peut tourner à l’aigre. Sans doute, y a-t-il incertitude sur l’avenir du mouvement. Pourra-t-il se prolonger, alors qu’il s’agit d’une initiative spontanée d’une base qui s’est auto-organisée, sans encadrement syndical, sans structure d’aucune sorte, sans trésor de guerre ?

Tout est possible, on verra très vite s’il s’est agi d’un feu de paille ou si la colère de la France profonde débouche sur un conflit direct avec l’exécutif. Tout de même, dimanche, il s’agissait d’accéder à l’Élysée. Pendant plusieurs heures, les gilets jaunes ont tenté de contourner les cordons de CRS qui protégeaient le palais présidentiel. Avec les cortèges syndicaux habituels, cela n’arrive jamais. C’est même impensable. Mais la logique du mouvement est celle d’un bras de fer direct où il s’agit de faire plier l’État, certains n’hésitant pas à réclamer la démission des principaux responsables.

Emmanuel Macron, de son côté, est persuadé que cette colère dépasse le territoire national pour s’étendre à toute l’Europe. C’est la mondialisation, avec ses flux économiques, qui est en cause, poussant à la relégation des régions périphériques hors du périmètre de l’expansion réservée à des catégories privilégiées de la population. Mais alors, il ne suffira pas de répondre aux revendications immédiates, à la demande de suppression des taxes qui ont mis le feu aux poudres. C’est la réorganisation globale de l’économie qui est en cause et qui exige, en préalable, des retrouvailles urgentes avec les catégories révoltées et la France périphérique en général.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 19 novembre 2018.

Messages

  • "Venez me chercher" disait dans une allocution effarante Monsieur Macron. Il persévère aujourd’hui avec une morgue et un mépris qui rendent toute la macronie détestable et haïssable : il n’est qu’à lire ou entendre les mondains petits marquis (BHL n’en rate pas une : personne, par charité, ne peut lui faire comprendre qu’il est maintenant un vieux monsieur ridicule inaudible et illisible). Il fait penser au vieux Casanova dans le film de Fellini lorsque tout le monde se rit de lui... On nous ressort des experts (toujours les mêmes) qui n’arrêtent pas de répéter que nous assistons à du poujadisme, quand un ministre voulant jouer les hommes cultivés confond Bloch avec Maurras, tout en se foutant des français qui "clopent et roulent au diesel". Ces gens-là nous donnent envie de vomir, je pense que le mouvement du peuple français est vraiment trop gentil, il a en face de lui des gens qui veulent en découdre avec lui et qui le méprisent tellement que cela ne peut entraîner que la violence et la radicalité.
    La macronie est composée de fous car on a affaire à des utopistes qui iront jusqu’au bout de leur idéologie, il n’était qu’à voir ce contraste : la France des bouseux abandonnés et traités comme tel et Macron paradant chez Mme Merkel, puis aujourd’hui à Bruxelles.
    Macron et sa clique de 20% en baisse vont engendrer la haine et les émeutes futures. Ce qui est encore bon enfant, ne peut que devenir dans les mois qui viennent très violent compte tenu de ce qui se dresse en face de ce début d’"insurrection" : un pouvoir aux ordres de ses maîtres prêt à tout pour écraser les "riens" qu’il daigne avec condescendance appeler "les irréductibles gaulois".

  • C’est au réveil de la France réelle - une France muselée par un "système" qui oeuvre à la préservation de ses privilèges et de ses privilégiés - que l’on a assisté en direct samedi dernier.
    J’ai parcouru plusieurs points tenus par les "gilets jaunes" et ai moi-même participé à l’un de ces points pendant quelques heures.
    Sous l’apparente bonhommie de manifestants qui s’interpellent joyeusement, l’inquiétude, l’immense ras-le-bol et la colère sont très présent
    Tous expriment leur indignation face à un pouvoir qui ne tient aucunement compte des difficultés grandissantes auxquelles la population doit faire face, multiplie les mesures qui pénalisent les budgets domestiques et tient ces mêmes populations dans un mépris désormais affiché sans vergogne par les chevau-légers de la Macronie.

    Faute d’interlocuteur mandaté et de leader clairement désigné chez les manifestants, on risque de n’assister prochainement à aucun accord ni aucune inflexion des décisions gouvernementales sources du conflit.
    On l’a bien vu. Monsieur Philippe a "entendu (il n’a pas osé "je vous ai compris") mais il poursuit son galop (jusqu’à l’obstacle et la chute fatale ?) !

    Comment pourrait-il en être autrement ? Pour une très large partie de la classe politique, l’expression de la volonté populaire n’a de valeur que tant qu’elle rejoint les projets et les intérêts de l’oligarchie dominante.

    C’est pourquoi l’on a assisté depuis quelques semaines à un empilement médiatique effarant de clichés et d’éléments de langage, tous plus biaisés les uns que les autres, pour discréditer - ante et post - un mouvement de fond qui s’extrait dangereusement (pour les "élites") du corset électoraliste et convenu dans lequel pouvoir, partis et syndicats - une trilogie canaille qui instrumentalise la démocratie - s’efforcent de le confiner.
    Les commentateurs médiatiques (élément essentiel de la Macronie) persistent imperturbablement, en dépit de toute vraisemblance, à voir derrière les gilets jaunes l’extrême-droite, le populisme (tout juste s’ils n’ont pas un haut-le-coeur en prononçant ce qualificatif infamant) et les partis d’opposition.
    Eh non, c’est la "majorité silencieuse" qui est venue sur ce qui n’est pas encore des barricades, pas des militants ou des syndicalistes au service de leurs appareils respectifs. Face à ce mouvement inattendu, Merluchon ne sait d’ailleurs pas sur quel pied danser, Le Pen reste coite et les autres chefs de clans s’agitent comme de vieilles mouches du coche réveillées par les claquements des sabots des chevaux sur le pavé.

    Reste la dénonciation de l’U.E. que l’on a fort peu évoquée ces jours derniers. Pourtant, c’est cette institution qui est au coeur de la crise.

    Ce sont ses oukases que le gouvernement (comme ses prédécesseurs) applique méticuleusement !
    Il n’a d’ailleurs pas même le choix (sinon l’envie) de s’y opposer...

    Quelques, trop rares, manifestants ont compris qu’il faut porter le fer sur ce que l’on nomme l’Europe (en réalité l’oligarco-technocratie de l’Union Européenne) dont la Macronie n’est qu’un fer de lance. Les Italiens semblent l’avoir bien compris, eux.
    Tant que la France restera prisonnière de ce Traité qui la lie pieds et poings à ce monstrueux Moloch à 27 têtes folles, elle pourra faire ce qu’elle voudra, le rouleau compresseur des mesures ultra-libérales et a-démocratiques avancera inexorablement et continuera de broyer classes moyennes et classes populaires. Sans état d’âme...

  • Je ne comprends pas pourquoi on montre du doigt les personnes qui utilisent un véhicule qui roulent au diesel ou ceux qui se chauffent l’hiver avec un poêle à mazout. Tous le monde brûle du CO2 et nombreux sont ceux qui en se déplaçant, dépassent leur "quota de CO2", même les hommes politiques et même le Pape, dépassent ce quota.
    Il y a quelques années, une exposition au Muséum d’Histoire Naturelle sur le Sahara avant le désert nous montrait un Sahara verdoyant il y a 12.000 ans. Il n’est venu à personne l’idée d’accuser les Hommes préhistoriques d’être responsable d’une évolution du climat.
    Je comprends et défends les "Gilets jaunes" qui ne comprennent pas cet abus de fiscalité soit disant "écologique" sur des produits indispensables à de nombreux français. Pourquoi pas aussi montrer du doigt ceux qui roulent avec des véhicules électriques (les batteries sont très polluantes à la fabrication et pourquoi pas instaurer une "taxe écologique" lourde sur ces batteries polluantes) etc...
    Paix aux hommes de bonne volonté !

  • Bon... on va venir le chercher ... tiens ! Ça tombe bien il a demandé qu’on lui II présente une mère de famille nombreuse : ça tombe bien ! j’en ai 7 et ils ont tous réussi au moins humainement parlant ... pas de délinquants... du moins je l´espere ! 🙏🏻🤞🏻😀
    Et puis moi aussi je suis Remontée contre ces taxes d’ursaff cancras et carbalas... et consorts qui nous pompent notre envie de créer ... qui nous méprisent en nous taxant de rien ou de sans dents... en tous cas moi j’en ai encore et suis prête à mordre... et je suis rien aussi à part essayer d’être une bonne mère de famille en temps plein dans les assoc ... pour les autres qui profitent du système ... à la bataille ! Des Âmes viriles voilà ce qu’il nous faut (Ste Thérèse d’avila) et on gagnera grâce à la force du chapelet ! Eh oui et de la prière pour notre chef de l’état et l’exécutif. Comme nous y exhorte st Paul mon premier prénom ... Nd de Liesse libérez la France et donnez nous votre PAix ! Yallah !!

  • On pourrait dire ENFIN !! comment ce peuple si fier a-t-il pu attendre quarante ans de crachats et d’humiliation pour se révolter ? cela est un grand mystère...espérons que c’est le début d’une renaissance mais qui, malheureusement devra dans un premier temps connaître le chaos et beaucoup de troubles devant ce qui se dresse en face. Cette "élite" indigne et honnie n’a pas encore abattu toutes les cartes dont elle est capable : elle est prête à tout pour maintenir son utopie et surtout ses privilèges. Il n’est qu’à la voir et l’écouter, il est entendu que pour elle, les ploucs sont des beaufs, des fachos, des ivrognes qui puent bref pour eux c’est le "petit blanc" comme ils disent, c’est à dire le "français" dans leur représentation de la France qu’ils détestent et qu’ils rêvent de détruire.
    Le radicalisme, la violence, la haine, c’est eux, en fait, ces "gens-là" sont des fauteurs de guerre et de désordre, ils forcent (écoutons ce pitre qu’est Castaner..." cette France qui crie son désespoir et son déclassement à tout casser, et c’est ce qui risque bientôt de se passer devant tant de mépris et d’arrogance.
    Et les chrétiens, ils sont où dans ce débat ?...nos têtes mitrées si prompts à pondre des communiqués bien-pensants que personne n’entend et surtout ne comprend se montrent bien discrets...la France des ploucs aurait-elle été abandonnée par eux ? j’espère tout de même qu’ils ne sont pas gênés comme "l’élite" par cette France des zombies sortie des catacombes et que beaucoup deo gratias !! croyait "crevée" comme un chien galeux ?
    Enfin, je voudrais ajouter quelque chose qui semble anecdotique mais j’en ai un peu assez d’entendre parler de la brioche de Marie-Antoinette d’abord parce que cela est injuste : les déclassés n’ont pas en face d’eux Louis XVI et Marie-Antoinette mais Macron , un ennemi beaucoup plus redoutable et terrible et puis ensuite, il serait bon de rétablir les faits. Je me rappelle que Jean-Jacques Rousseau dans les Confessions écrites en 1755 fait allusion à une princesse de Savoie qui lors d’une émeute avait sorti la fameuse phrase "qu’ils mangent de la brioche" ! un rousseauiste pourrait-il me confirmer ?

  • @ patricia lambert (23 novembre 13:59)

    A propos du terme "utopie", revoir le livre de Sir Thomas More... ;

    Citation : "Macron (est) un ennemi beaucoup plus redoutable et terrible...", pas très clair : "Macron (est) beaucoup plus redoutable et terrible" que QUI ?... ;

    A propos de "biscuit" ou "brioche" : pourquoi se référer au passé au lieu de vivre l’aujourd’hui en temps réel où les petits fours foisonnent à plaisir... Et de ce pas rejoindre Monsieur G. Darmanin qui évoque les restaurants parisiens à pas moins de 200 euros la gamelle hors vin ? Du chic au choc, n’est-ce pas...

    Amicalement.

  • Corrigendum à mon message précédent à propos des restaurants parisiens de M. Darmanin : il s’agit de - seulement- 100 euros le repas hors vin ? Prière excuser le faux pas d’avoir mis les pieds dans le plat. Merci.

  • On vous pardonne bien volontiers, Vivianne, c’était le tarif pour deux couverts que le fringant Darmanin avait dévoilé à la France d’en-bas, celle qui doit se contenter de Flunch...

    Comme quoi les journalistes devraient, outre le prix du tiquet de métro et celui du pain au chocolat, demander aux politiques quel est le prix de leurs menus habituels..

  • Si j’en crois cet excellent monsieur Castaner et ses non moins excellents collègues en marche (du Capitole à la roche tarpéienne...), je suis "raciste", "d’extrême-droite", "homophobe", "beauf", "de la France périphérique", "clopeur" et tout plein de qualificatifs dans lesquels mes parents auraient du mal - s’ils étaient encore de ce vain monde - à reconnaître l’un de leurs fils !
    Ah, si, je roule au diesel ! Mais cela depuis bien après leur disparition...

    Eh oui, quiconque arbore un de ces gilets jaunes - dont le Code impose la présence dans tout véhicule - se voit indistinctement catalogué par cet ahurissant descriptif à la Prévert que les professionnels des médias relaient avec le plaisir gourmand de ceux qui se veulent hors des catégories infâmes (tant qu’ils ont situation et revenus les positionnant au-dessus et les mettant à l’abri des besoins prosaïques et vils du vulgaire...).

    Pas plus tard que ce matin, c’est madame Le Pen qui était jugée responsable et coupable du désordre élyséen (des Champs, pas du Palais...). Comme si le gouvernement - tel la brebis innocente - n’avait nul responsabilité dans la grogne d’une France profonde et majoritaire.
    Au passage, question à cet excellent monsieur Castaner - transitoire "premier flic de France" : comment se fait-il qu’avec des effectifs de police aussi considérables et en dépit des avertissements fermes et répétés de Bauveau (en un seul mot...), des manifestants, inexpérimentés (ça leur a été suffisamment reproché par les porte-voix du pouvoir) et venus les mains dans les poches, aient pu pénétrer aussi aisément dans l’un des "sanctuaires" parisiens prétendument hermétiquement verrouillé par ces mêmes forces de police ?...

    Question subsidiaire : n’y aurait-il pas lieu de vraiment s’inquiéter - à l’heure où des djihadistes, militairement expérimentés, envisagent des actions terroristes sur notre sol national - quand de pauvres "gilets jaunes" sans entraînement traversent, comme par magie, des dispositifs policiers destinés à maintenir infranchissables des zone sensibles réputées sanctuarisées ?

    Y a-t-il du licenciement de ministre incompétent dans l’air ou bien (horrible soupçon) y aurait-il de la manip’ provocatrice ?
    Ou peut-être encore, y aurait-il un peu des deux...

Un message, un commentaire ?


Les forums restent ouverts durant 15 jours après la date de publication