« Le coronavirus met à nu
la fragilité de notre existence »

Traduction France Catholique

mardi 3 mars 2020

© Catherine Leblanc / Godong

Méditation de l’évêque émérite de Carpi, Mgr Francesco Cavina, au sujet de l’épidémie de coronavirus qui a frappé l’Italie.

« Un virus microscopique paralyse le monde, et la présomption de l’homme de maîtriser son destin se transforme immédiatement en esclavage. Une entité si petite, que nous ne voyons même pas, nous domine et brise le rêve de vouloir construire le paradis sur terre.

C’est un événement qui, une fois de plus, nous confronte à la vérité de la condition humaine, car elle met à nu sa faiblesse et sa fragilité. En même temps, il constitue une bonne occasion pour l’exercice de la vertu d’humilité qui, quand elle est vraie, nous amène à nous agenouiller devant le Seigneur pour comprendre qui est réellement l’homme.

Dostoïevski, dans Les Possédés, fait dire à Kirillov que la perte de Dieu par l’homme ne constitue pas la mort de Dieu, mais celle de l’homme, car elle se manifeste par la peur. Et l’homme qui vit dans la peur est déjà vaincu, parce qu’il n’est plus libre. Une société où les droits de Dieu et la prière ne sont plus jugés nécessaires est vouée à la ruine. L’Église a pour mission de rappeler la primauté de Dieu, non pas pour la défense de Dieu - qui n’a pas besoin d’être défendu - mais pour la défense de l’homme qui, privé d’adoration, devient un homme mutilé.

Le philosophe Gustave Thibon écrit : "Pour l’homme religieux, boucler la boucle signifie achever le cycle qui ramène à Dieu ce qui est sorti de Dieu. Tout ce que les saints connaissaient autrefois de la création, c’est qu’elle doit revenir à Dieu, et l’objectif était plus important que le voyage. Aujourd’hui, nous connaissons beaucoup mieux le chemin de la création, nous l’avons jalonné, pavé, rendu adapté au transport, mais nous avons oublié le but et nous courons, précipités alternativement du faux espoir au vrai désespoir, sur une route qui ne mène nulle part car elle tourne autour de l’homme" (In Le Voile et le Masque).

Lorsque l’humanité succombe à la grande tentation de se suffire à elle-même, dans une sorte d’orgueil collectif, elle prétend alors résoudre ses problèmes en autonomie absolue. Mais cela ne se passe pas ainsi ! Un monde réduit au travail, à l’organisation, à la technique et à la science, où la prière et la contemplation font défaut, devient une sorte d’enfer.

L’épreuve que nous vivons doit conduire les chrétiens à confier les besoins de l’humanité blessée au Seigneur, par l’intercession de la Bienheureuse Vierge Marie. Pour cette raison, j’invite (…) à prier le Saint Rosaire afin que cette souffrance se transforme également en grâce. Le maire de Florence, Giorgio La Pira, a rappelé que "la vraie ville est celle où les hommes ont leur maison, et où Dieu a sa maison". En d’autres termes, une expression visible de la dimension du culte au sein de la société est indispensable pour que la société soit vraiment humaine.

Louons donc le Seigneur pour sa grandeur ; remercions-Le pour ses dons ; tournons vers Lui notre supplication pour qu’il vienne suppléer notre pauvreté, pardonner nos péchés et nos erreurs, et nous faire connaître la joie de revenir vers Lui, source de la vraie vie et de l’accomplissement de tout désir. »


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Pour aller plus loin :

Messages

  • Avec les références à Dostoïevski et G. Thibon ce mot de Mgr Cavina est le très bienvenu. A méditer. Bonne lecture au plus grand nombre !

  • La santé est elle aussi un marché qui a ses chefs d’entreprise, ses banquiers et ses vautours et il est dans l’essence de la marchandise de ne regarder l’affaire du sang contaminé et celle du Mediator que comme d’anodins aléas nécessaires à la transformation de l’espèce humaine en simple matière première pour les fonds d’investissement spécifiques à la coupe réglée du vivant par capitalisation de toute ses maladies. Ceux qui s’en indignent non pas pour abattre la tyrannie des nuisances infinies de l’argent, mais pour seulement introduire du pansement éthique dans la marche du monde de la logique marchande, n’ont rien compris. La pollution planétaire et le désastre immense de la santé humaine ne constituent nullement des accidents malencontreux et arrangeables, ils sont inhérents à la colossale spoliation continue du cosmos de l’être puisque l’in-humanisation marchande se doit d’aller jusqu’au bout de son travail de dépouillement et de vandalisation de l’humain.

    L’esprit scientifique est le cœur de la sorcellerie et de la charlatanerie du Capital et la chimie agro-alimentaire est la technique féerique par laquelle la terre droguée n’est plus qu’un simple domaine d’exploitation agricole sur les tréteaux forains des affaires à faire. “

    On peut être chrétien et posséder un certain sens critique. Cet extrait de Francis Cousin sur un aspect de l’utilisation politique de l’épidémie me semble ouvrir un débat frontal nécessaire. Je refuse les gesticulations des manipulateurs politiques et financiers qui méprisent le peuple de la planète.

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