Le Pape et les migrants

par Gérard Leclerc

jeudi 23 février 2017

La question des migrants est éminemment sensible. L’attitude du pape François se solidarisant de la détresse de ces pauvres gens, chassés de leur pays souvent, affrontant tous les périls, et d’abord celui de la mer, n’est pas toujours bien acceptée. C’est pourquoi il y a tout avantage à revenir à la parole du Pape, quand elle s’exprime sur le sujet, avec les développements nécessaires. Ainsi mardi dernier, François a reçu les membres d’un forum réuni à l’initiative d’une congrégation religieuse, fondée par le bienheureux Mgr Scalabrini, vouée depuis longtemps à la cause des migrants. Il a profité de cette rencontre pour développer complètement sa pensée sur le sujet. Accueillir, protéger, promouvoir et intégrer, tels sont les quatre impératifs solidaires qui s’imposent, si l’on veut aller au fond des choses.

Accueillir, cela veut dire faire face, en dépassant ses sentiments de défiance et de crainte. Le Pape plaide pour des canaux humanitaires qui permettraient de sauver des gens démunis de la rapacité des exploiteurs et des périls de la mer. Mais il faut que l’accueil immédiat se prolonge par des mesures juridiques, notamment, pour garantir la sécurité de ceux qu’on a accueillis.

Dans un troisième temps, le Pape explique ce qu’il entend par promouvoir. Il s’agit de s’intéresser au sort durable des populations, ce qui nous renvoie d’ailleurs en amont des mouvements migratoires. Car avant le droit de migrer il y a le droit préalable de vivre dans son pays d’origine, à condition que toutes les mesures soient prises pour assurer le développement de l’économie locale. Énorme problème, sans doute le plus important, car c’est la misère du monde qui provoque les migrations.

Enfin, François insiste sur la nécessaire intégration, qui suppose le respect du pays d’accueil avec ses traditions et ses lois. En retour, celui-ci se doit d’assurer une vie digne aux gens accueillis. Sans doute, ces principes généraux réclament bien des explicitations, mais si l’on veut comprendre le Pape, il faut saisir sa pensée dans tous ses aspects et son indéniable complexité.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 23 février 2017.

Pour aller plus loin :

Messages

  • Cette pensée complexe eut été peut être mieux comprise si d’emblée,à Lampedusa, le Pape avait rappelé à leurs devoirs un certain nombre de chefs d’Etat africains gravement fautifs par rapport au bien commun de leur pays. Les peuples européens ne sont pas responsables de l’effrayante anarchie en RDC, pas plus qu’ils ne le sont de l’encasernement des érythréens par un régime de demi-fous.
    Par ailleurs, la conférence épiscopale de notre pays, si elle insiste sur l’accueil qui doit être fait aux "migrants" ( le terme lui même nécessitant un...."discernement") n’a pratiquement jamais rien dit des devoirs de ceux ci envers le pays d’accueil.
    Quant au droit premier qui est de rester sur sa terre, il n’est jamais évoqué.Il y a de mon point de vue une véritable carence dans l’analyse du phénomène migratoire par une grande partie de la hiérarchie catholique à un point tel qu’elle prend déjà comme inévitable le déferlement de millions d’africains en Europe d’ici 2050 sans jamais envisager de solutions alternatives. Il serait d’ailleurs intéressant d’entendre les évêques africains sur ce sujet......

  • C’est, peut-être, plus facile de s’en aller de son pays que de s’y battre pour un avenir meilleur chez soi. Si les Français avaient quitté le pays entre 1940 et 1944...

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