Face à l’Islamisme

Le Dieu de nos pères

par Aymeric Pourbaix

mercredi 30 septembre 2020

© Jean Louis Tosque / Pixabay

Le 2 octobre, Emmanuel Macron doit préciser comment il entend lutter contre le séparatisme islamiste, ce cancer qui ronge la société en créant des zones de non-droit.

Ce qui frappe, c’est que ce discours présidentiel intervient une semaine après le dernier attentat islamiste en date, à Paris. Le même jour où s’éteignait l’écrivain Denis Tillinac, 73 ans, auteur notamment du Dieu de nos pères (Bayard éditions), dans lequel il prenait la défense du catholicisme, avec cette mélancolie d’une civilisation en voie de disparition.

Un terreau favorable

Pourquoi relier ces deux événements ? Parce que l’attachement à la religion catholique, à sa culture, est encore partagé par nombre de nos contemporains – pour quelques années encore. Signe que la société française comporte quelques solides anticorps à cette idéologie meurtrière qui gangrène certains quartiers. Ainsi, selon un récent sondage du Monde, 56 % des Français connaissent encore le Notre Père, et 25 % ont un chapelet.

C’est donc un terreau susceptible de voir refleurir quelques jeunes pousses, et qui mérite qu’on y travaille activement. Les gouvernants d’abord, en reconnaissant qu’il ne suffira pas de combattre l’islamisme par la force – certes nécessaire. Car cela ne chassera pas la séduction maléfique exercée par l’islamisme sur de jeunes esprits, via internet notamment.

Au bout du compte, on ne détruit bien que ce que l’on remplace. L’homme est un être par nature religieux, capax Dei – capable de Dieu. Il ne sera donc pas possible de déraciner cette aspiration spirituelle en lui opposant la fragile «  laïcité  » d’un monde matérialiste… Mieux vaut miser sur un Dieu d’amour.

Dans les années 30, face à la montée du nazisme, la philosophe Simone Weil a abandonné sa posture pacifiste et pris conscience de la force politique de la religion. Proposant même d’inscrire cette aspiration dans un préambule de la Constitution. Dans L’Enracinement, elle souhaitait aussi que le christianisme soit considéré dans l’enseignement public comme un «  trésor  » de la pensée humaine, car donnant accès au Bien. C’était en 1943. Cela n’a pas pris une ride…

Il est clair que toutes les élites de ce pays sont encore loin de partager ce constat, pourtant de première urgence. C’est pourquoi il appartient aux catholiques eux-mêmes de se montrer à la hauteur de cet héritage. D’en être fiers et de savoir en montrer la pertinence et la beauté pour aujourd’hui. Sans vaine gloriole, mais sans honte non plus. En un mot, de «  rendre la religion aimable  », comme le disait saint François de Sales (1567-1622), fine fleur de la Réforme catholique en France.

Son inspiration, l’évêque de Genève l’avait aussi puisée en Espagne, dans la réforme du Carmel de sainte Thérèse d’Avila : «  Le monde est en feu  », disait-elle alors, face aux guerres de Religion. Son audace et sa foi la conduisirent alors à miser avant tout sur l’émergence d’âmes ferventes et bien formées – des «  soldats d’élite  » –, soutenus par la prière de saintes religieuses.

Convaincue qu’elle était que la mystique et la sainteté sont des conditions essentielles à la réforme de la politique, et de la société tout entière.

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