Entretien avec le P. Jean-Luc Fabre

Le Christ : roi et serviteur

propos recueillis par Joseph Vallançon

mercredi 20 novembre 2019

Saint Louis traverse Paris en portant la couronne d’épines.
© Philippe Lissac / GODONG

Pour le Père jésuite Jean-Luc Fabre, qui s’apprête à prendre la rédaction en chef de la revue Christus, la solennité du Christ-Roi est un appel à renouveler la vie spirituelle… et sociale !

Le Royaume est-il quelque chose à mûrir intérieurement ?

Père Jean-Luc Fabre : C’est une sorte d’achèvement ou de parachèvement qui vient couronner trois temps dans la vie humaine : celui de la jeunesse, temps d’enthousiasme et de désir, auquel succède le temps de l’action et des épreuves, où l’on fait parfois l’expérience qu’on est porté, puis celui du vieil âge, où les débordements contenus nous font entrer dans une attitude plus profonde de confiance, de disponibilité, de patience et d’amour. C’est la matière de nos vies qui tisse, en filigrane, l’avènement du Christ Roi de l’univers. Il est Roi de l’univers parce que, d’une certaine manière, Il a traversé le premier, de la crèche à la Résurrection, en passant par sa Passion et sa Croix, ce temps de mûrissement et qu’il nous porte lors de cette traversée. Le tropaire – strophe ou courte pièce poétique introduite dans un texte liturgique (voir ci-dessous) – chanté ce jour-là indique parfaitement l’esprit de cette fête

L’idée que le Christ soit roi ne vous dérange donc pas ?

Au contraire ! Regardez le roi des jacquets, sur la route de Saint-Jacques-de-Compostelle, au Moyen Âge : le «  roi  » du pèlerinage – qui a donné le patronyme «  Leroy  » – était celui qui arrivait le premier à voir la basilique de Saint-Jacques depuis le chemin. Le roi est celui qui est le plus parfait parmi les égaux à l’instar du «  roi  » des pèlerins qui avait fait le même chemin que les autres.

La royauté peut-elle marcher avec l’égalité ?

Le Christ est roi parce qu’Il récapitule tout et parce qu’il est l’Homme par excellence. Le roi, c’est aussi le prototype du peuple. Autrefois, on l’a oublié, le roi était élu par le peuple. La figure du roi retravaille l’idée que nous nous faisons du pouvoir. Mais attention, le Christ Roi est serviteur. Si on oublie que c’est un roi d’humilité, on fait fausse route. Ce qui manifeste essentiellement sa royauté, c’est qu’il ne fait pas autre chose que de s’abaisser vers notre humanité, jusqu’à revêtir notre humanité.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

TROPAIRE
 
Amour qui nous attends
 
Amour qui nous attends
au terme de l’histoire,
ton Royaume s’ébauche
à l’ombre de la croix ;
déjà sa lumière
traverse nos vies.
Jésus, Seigneur, hâte le temps
Reviens, achève ton œuvre !
 
Quand verrons-nous ta gloire
transformer l’univers ?
 
Jusqu’à ce jour, nous le savons,
la création gémit
en travail d’enfantement.
 
Nous attendons les cieux nouveaux
la terre nouvelle,
où régnera la justice.
 
Nous cheminons dans la foi,
non dans la claire vision,
jusqu’à l’heure de ton retour.

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