ENTRETIEN AVEC VÉRONIQUE LÉVY

«  Le Christ doit être roi de notre monde  »

propos recueillis par Guillaume Bonnet

mardi 12 mars 2019

Dans son journal au titre bernanosien, Jésus-Christ ou les robots (éd. Cerf), Véronique Lévy passe au feu de sa foi et de sa passion l’actualité des deux dernières années. Baptisée depuis 2012, mais conquise par le Christ dès son enfance, elle s’efforce de déchirer la trame sombre de notre époque pour laisser filtrer la lumière de la Révélation.

Est-il abusif de considérer que le fil rouge de votre livre est le souci du salut des âmes ?

Véronique Lévy : Cette préoccupation m’habite. Elle est viscérale. Je suis hantée par le sentiment que l’on veut fermer le Ciel à tant de personnes, des plus innocentes jusqu’aux persécuteurs de l’Église…

La question du salut des âmes est le cœur du catholicisme, et pourtant, en la matière, nous nous montrons bien souvent trop tièdes, pas assez radicaux, anesthésiés par les mondanités. Le rôle de l’Église est d’enfanter des âmes à la vie de la grâce et à l’éternité.

Si le Verbe s’est fait chair, c’est pour ouvrir une brèche dans le temps et nous ouvrir le Ciel. Comment oublier cela ?

En quoi la figure de sainte Véronique, votre sainte patronne, nourrit-elle votre quête de Dieu  ?

Sur le Chemin de croix, Véronique se précipite sans peur auprès du Christ malgré la foule hystérique. Elle enlève son voile, ce qui n’est pas rien chez les femmes de cette époque. Elle se met à nu. On ne peut se donner au Seigneur et recevoir sa miséricorde que si l’on se met à nu et si l’on enlève son voile. Avec sainte Véronique, c’est l’église de la Première Alliance qui se dévoile. Elle pose ensuite son linge sur le visage du Christ qui s’y imprime. Son geste est à l’image de la vocation du chrétien : nous sommes tous des Véronique ! C’est-à-dire que nous sommes tous appelés à essuyer le visage martyrisé du Christ, et donc celui de tous les hommes défigurés qui sont aussi la face du Seigneur.

Quelle importance accordez-vous aux notions d’héritage, de transmission ?

Nous ne sommes pas une génération spontanée : nous héritons de siècles de civilisation. Dans les manuels d’histoire, on feint de croire que la naissance de la France remonte à 1789 alors que notre héritage est bien plus vaste. Chez ma mère, je passais des heures à parcourir des livres de peinture, et j’ai toujours préféré les œuvres du Moyen Âge, comme Les Très Riches Heures du duc de Berry, ou les tableaux de la Renaissance, qui me faisaient bien plus rêver que la période post-révolutionnaire. L’histoire d’un peuple, c’est sa mémoire. On ne peut la renier. Un homme qui a perdu la mémoire devient la cible de tous les escrocs.

Le Carême vient de commencer. Quelle intention suggérez-vous de porter durant ces quarante jours ?

Que la France revienne au Seigneur ! Il n’y a là rien de moins nostalgique et de plus moderne !

Retrouver l’intégralité de l’entretien dans notre magazine.

Photo : © Yann Revol

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