Le Bon Berger

par le Père Francis Volle cpcr

mercredi 27 janvier 2016

Cette peinture est maintenant universellement connue qui veut donner intelligence à l’Année de la miséricorde telle que le pape François l’a proclamée à Rome, le 8 décembre dernier. C’est l’image du Bon Pasteur portant tendrement sur ses épaules la brebis enfuie, poursuivie et rattrapée. Habilement disposés, les yeux se regardent.

En prolongement de ce sujet, le commentaire de la parabole évangélique.
Une brebis s’est échappée. Échappée du bercail. Dommage ! Plus que dommage, malheur ! Malheur pour elle plus encore que pour le berger car elle n’avait sa vie assurée que par lui. Loin et seule elle mourra. Elle en mourra. Cette brebis s’appelle Adam, c’est l’homme, c’est l’humanité. Elle s’est échappée depuis les jours d’Éden, et poursuit sa fugue. Ce sont les fils d’homme assoiffés d’indépendance, avides de bonheur, mais d’un bonheur qu’ils ne devraient qu’à eux-mêmes, voies et modes d’emploi inclusivement.
Mais une telle autonomie ne convient pas à une créature, même dotée de liberté, celle-ci étant choix entre diverses sujétions et non leur exemption totale. Le bon choix ne fut pas celui du jardin de la Genèse. C’est pourquoi le malheur fut trouvé assis à ses sorties, compagnon de route désormais pour le fugitif, pour Adam pécheur et ses enfants de révolte. Nous écrivons au présent l’histoire de ce drame dans les faits sanglants dont les mass-media nous fournissent journellement des échantillons.

Heureusement, le berger veille. Il connaît par leur nom chacune de ses brebis et il les aime. Lorsque Adam a pris la fuite, ses enfants dans les reins, il ne se savait pas suivi, bien mieux, poursuivi. Un regard de Dieu était pourtant attaché à ses pas. Un Dieu à l’affût pour chaque homme attendant le moment propice, propice non pour châtier mais pour sauver. Cherchant le point faible par où inoculer le désir du retour. Tant qu’il fait jour, de la première seconde à la vingt-quatrième heure. Et multipliant les efforts sans se lasser.

Ce monde étalé des hommes est en permanence atteint par l’appel. Avec des réponses diversifiées de la part de chacun d’eux, et se diversifiant dans le cours d’une seule vie. Avec des retours succédant à des fuites, des fuites à des retours, mais enfin une remontée de «  oui  » à la grâce. C’est l’œuvre du berger qui veut conserver son bercail. C’est le berger qui veut le bonheur des siens, un vrai bonheur, en des pâturages non frelatés. Le bien et le mal, la lumière et les ténèbres, le mensonge et la vérité, le laid et le beau coexistent et se mêlent dans le monde, mais le négatif n’aura jamais le dernier mot. C’est pourquoi le malheur n’est pas seul à remplir les pages de nos nouvelles. Il y a un endroit du monde comme il y a un envers. Et c’est merveilleux, d’une part que la lumière luise dans les ténèbres, d’autre part que celles-ci ne puissent l’arrêter !

L’Année liturgique nous retrace l’odyssée du Bon Berger dans sa recherche, de colline en colline, de Noël à Pâques jusqu’à l’Ascension. C’est ce jour-là que, sur ses robustes épaules, il introduira la précieuse brebis, nature humaine, dans le bercail d’éternité.

http://aletheia.eklablog.fr/une-annee-de-la-misericorde-p1129626

Messages

  • Chers amis,

    Cette année de la Miséricorde qui commence portera déjà beaucoup de fruits dans nos diocèses et nos paroisses !…

    Passage de la Porte Sainte, Journée Mondiales de la Jeunesse, Journées du Pardon etc. : de belles propositions nous sont faites, quel que soit notre âge et notre situation.

    Le logo de cette année de la Miséricorde (ci-après) a été dessiné par le Père jésuite Marko Ivan RUPNIK.

    Une belle présentation en a été faite dans Découverte, la Revue des Petites Sœurs des Pauvres. Vous pouvez la retrouver sur cette page, créée avec leur autorisation. Sont également proposées quelques plans et références supplémentaires.

    Avec toute ma sympathie.

    P. Luc MEYER

  • Actuellement ce serait presque 99 brebis enfuies et une seule restée au bercail !

    • cf. : 2 février 19:56

      Voila un billet très bref qui m’aurait semblé seulement ironique si je ne l’avais compris avec ses deux autres composantes : l’humour et une part de réalité.

      Juste quelques mots, s’il m’était permis, pour m’exprimer à mon tour sur cette parabole à la lumière du message référencé :

      1. Citation : "...99 brebis enfuies" (!). Il n’est pas question de brebis qui auraient pris la fuite, mais de brebis qui se sont perdues, ou égarées en cours de route. Il est, à mon avis, important de retranscrire les textes tels qu’ils sont pour ne pas, à notre tour, nous perdre dans le pré...

      2. La "seule restée au bercail" comme indiqué, ce serait toujours ça, et c’est du positif. Ma curiosité me démange, cependant, de savoir quelle est donc, ou qui est donc, cette seule brebis restée sagement au bercail... Pas moi, en tous cas, puisqu’il m’arrive parfois de mettre les deux pattes dehors, puis les quatre, puis de revenir. Enfin, ici, ce n’est pas un confessionnal, qu’on veuille bien m’excuser.

      3. Bien apprécié le "presque" 99 brebis, car cela dénote une sagesse que je nommerais, ici, prudence. En effet, avancer 99 tout rond aurait comporté un risque de se tromper. Heureusement que la suite : "une seule brebis restée au bercail" vient rassurer qu’il ne s’agit pas de, par exemple, 99 brebis et 1/2 de perdues...

      4. Et enfin, Celui qui a vaincu la mort par sa Glorieuse Résurrection me parait tout à fait capable de retrouver et regrouper les 99 brebis perdues. Ce n’est que mon opinion, bien entendu, à laquelle personne n’est obligé d’adhérer.

      Pour en terminer avec cette bien sympa et bucolique parenthèse : en cliquant sur "page" indiqué dans l’article, on découvre un fort intéressant décryptage du dessin "Le Bon Berger".

      MERCI.

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