Procès des attentats du 13 novembre 2015

« Le 14 novembre, j’ai appelé Dieu  »

propos recueillis par Véronique Jacquier

vendredi 10 septembre 2021

Sylvie et Érick Pétard sur la place Saint-Pierre à Rome.
© Collection familiale

Un procès historique s’est ouvert le 8 septembre : celui des commanditaires des attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Sylvie et Érick Pétard ont perdu ce jour-là leurs deux filles, mitraillées à la terrasse du café «  le Carillon  ». Depuis, leur vie a basculé sur un chemin de douleur, mais aussi d’espérance.

Qu’attendez-vous de ce procès au long cours, qui durera neuf mois, devant la cour d’assise spéciale de Paris ?

Sylvie et Érick Pétard : Nous ne nous sommes pas rendus à Paris pour assister au procès. Nous ne sommes pas partie civile. Ce n’est pas notre combat. Je ne sais pas si nous aurons un jour les réponses au pourquoi et au comment. Nous n’avons pas besoin d’avoir un jugement. Les filles ne sont plus là et la justice ne nous les rendra pas. Les réponses seront-elles adaptées à notre douleur ? Je ne sais pas. Nous n’attendons pas ce procès pour aller mieux. Ce n’est pas cela qui arrangera notre vie. Nous avons pris un autre chemin.

Votre foi s’est renforcée et avivée après ce funeste 13 novembre. De quelle façon ?

Sylvie Pétard : Avant la mort de Marion et d’Anna qui auraient aujourd’hui respectivement 27 et 24 ans, Érick était plus croyant que moi. Nous avons tenu une boucherie-charcuterie pendant plus de 30 ans, dont dix ans à Chailles près de Blois. Au magasin on priait pour nos filles, notre travail. Marion et Anna étaient baptisées et sont allées à l’école privée, mais à l’époque, nous n’allions pas à la messe.

Nous avions un commerce trop prenant, et le dimanche après-midi nous le consacrions aux filles. Quand elles sont parties, Érick m’a dit : «  Tourne-toi vers Dieu et ça ira mieux.  »

Le 14 novembre 2015, lorsque l’angoisse montait car je n’arrivais pas
à les joindre, alors que je savais qu’elles étaient ensemble sur les lieux visés
par les attentats, j’ai appelé Dieu. Mais je ne l’ai pas entendu alors que je
sais maintenant qu’il était là depuis le début. Je ne l’ai vraiment rencontré qu’après leur mort. Peut-être fallait-il que je sois prête ?

Le cheminement vers la prière s’est fait petit à petit. Un jour, je suis entrée dans la chambre d’Anna pour lire sa Bible. Une autre fois, alors que je me recueillais, j’ai vraiment ressenti la présence de Dieu et, comme dans une sorte de vision, j’ai vu mes filles…

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

— 

Attentat du Bataclan. L’espérance qui nous fait vivre, Sylvie et Érick Pétard, éd. Artège, 15 €.

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