La vie violentée

par Gérard Leclerc

lundi 22 janvier 2018

On sait que le pape François avait tenu à faire part de son soutien à la Marche pour la vie qui a eu lieu à Paris hier, avec un beau succès en dépit du mauvais temps. Il se trouve que la veille, le Pape s’adressant à la foule rassemblée dans la ville de Trujillo au Pérou, s’est particulièrement tourné vers les femmes, « toutes les mères et grand-mères de cette nation ; elles sont la véritable force motrice de la vie et des familles du Pérou ». Et d’insister pour appeler à la reconnaissance envers « la femme, envers nos mères et nos grand-mères qui sont un rempart dans la vie de nos cités. Presque toujours silencieuses, elles font avancer la vie ».

N’y avait-il pas là une relation directe avec la marche parisienne pour la vie, dont les femmes sont les propagatrices ? Il est vrai que le discours de François avait une tonalité particulière à Trujillo, à cause de sa dénonciation du « féminicide », c’est-à-dire du nombre de meurtres impressionnant dont sont victimes les femmes, et tout d’abord à l’intérieur du couple et de la famille. Bien sûr, ce fléau sévit aussi chez nous, mais le continent latino-américain est particulièrement touché par ces atteintes à nos compagnes, qui vont jusqu’au féminicide.

Lorsque on défend la vie, on la défend inconditionnellement et sous tous ses aspects. Le respect de la dignité de la femme est forcément lié à la promesse dont elle est le sanctuaire. Et on ne saurait désolidariser le respect de la vie naissante des épouses et des mères. Certes, il y a diverses formes de combat, qui réclament différentes formes d’intervention et de militantisme, que ce soit à Trujillo ou à Paris. Force est de reconnaître que les militants et les militantes qui, chez nous, défendent le droit des bébés à naître, sont de plus en plus l’objet de menaces d’ordre législatif et parfois même de violences physiques. Ainsi, à Rennes, un car en partance pour la manifestation parisienne a été attaqué par un groupe d’« antifas » et retenu plusieurs heures. Un fumigène lancé dans le car aurait pu conduire au drame. À Paris, ce sont les Femen qui sont intervenues, avec une violence symbolique qui n’en est pas moins significative d’une haine caractéristique des temps que nous vivons.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 22 janvier 2018.

Pour aller plus loin :

Messages

  • Féminicide.
    S’il est vrai —et je suis d’accord—qu’on doit dénoncer les violences en couple, faisons-le totalement. Les media nous informent à juste titre qu’une femme meurt tous les 3 jours, sous les coups de son conjoint. Mais n’oublions pas pour autant qu’un homme meurt tous les 15 jours sous les coups de sa conjointe. Parce que c’est 5 fois moins que les femmes, doit-on les passer sous silence ? (Je suis une femme). Vous pouvez vérifier ce chiffre dans la recherche-internet.

  • Je suis en total accord avec la radicalité et, hélas, la gravité de l’analyse. Le dit Etat de droit est en train de multiplier les interventions liberticides et unilatéralement violentes et il faut que les mots avancés soient à la hauteur.
    Cependant je suis très réticent à ce qui pourrait sembler un alignement sur l’hystérisation féministe et gauchiste qui vise à la déstabilisation des rapports hommes femmes, de la famille, de la filiation etc.
    Je trouve notamment (comme sociologue) le vocable "féminicide" bon pour Le Monde ou Libération mais je regrette de le voir utiliser ici. La résistance passe là aussi par une préservation du langage dont la pertinence seule nous protège tous tandis que les néologismes de l’agitation planétaire des minorités nihilistes mondialisées, constituent des avancées pour les forces de la déconstruction et du malheur.

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