La tornade électorale de Trump aux Etats-Unis

par Denis Lensel

vendredi 4 mars 2016

Avec le candidat républicain Donald Trump aux primaires des présidentielles des Etats-Unis, on ne peut plus parler de tournée, mais plutôt de tornade électorale… Tant vis-à-vis de ses rivaux de son propre parti affolé que de ses adversaires du Parti démocrate, que d’un « establishment » et d’une Presse qui ne lui sont, il est vrai, guère favorables, ce nouveau venu de la scène politique étatsunienne ne fait pas dans la dentelle, ni dans la nuance… Le moindre de ses meetings a vite l’allure, à tous les sens du mot, d’une charge de bisons dans le Far West, sous les hourras enthousiastes d’un public davantage composé de cowboys que d’Indiens…

Milliardaire new-yorkais divorcé et marié trois fois et ne cachant pas son goût débordant pour la gent féminine, businessman énergique, bourreau de travail à sa façon et bourreau des cœurs à sa manière, personnage d’une vulgarité sans bornes à l’occasion mais non dénué d’habileté manœuvrière comme il vient de le prouver the last Big Tuesday, partisan de solutions expéditives – un « mur » étanche – face à la question des « migrants » qui voudraient encore arriver du Mexique, ce qui lui a valu les foudres du Pape François, de surcroît Mister Trump s’est déjà montré très capable d’opportunisme et de démagogie sur des questions fondamentales de société : il s’est déclaré favorable à l’avortement, ayant des positions floues sur le « mariage Gay », et se dit favorable à la torture.

Face à Trump, la favorite vieillissante du camp démocrate Hillary Clinton, jadis dénoncée par la Droite américaine comme presque « gauchiste », malgré des positions également assez fluctuantes sur les questions de société, va bientôt passer pour une militante de l’Amérique puritaine digne des suffrages des Ligues de vertu d’autrefois… Y aura-t-il une tierce personne pour se faufiler entre ces deux vedettes américaines ? God bless America !

http://www.france-catholique.fr/Offre-speciale-Careme-Ste-Therese.html

Messages

  • Cet article de Denis Lensel me semble fort bien équilibré.

    Quant à la conclusion elle est en fait, si j’ai bien compris, une question ou plutôt une demande : "Y aura-t-il une tierce personne pour se faufiler entre ces deux vedettes américaines ?". "Pour se faufiler" il y en aurait une : Abu Bakr Al Baghdadi !

    MERCI.

  • Hillary Clinton presque gauchiste... ? Faut-il rappeler son soutien à l’interminable mur entre le Mexique et les États-Unis, aux aspects les plus durs de la politique policière et militaire d’Israël, à l’invasion de l’Iraq, à la destruction de l’État libyen, au financement d’une partie des rebelles les plus durs de Syrie, à l’affrontement contre la Russie, etc. ? Il est vrai que souvent, elle a amèrement regretté sa violence et appelé à la négociation (Cuba, Iran, Syrie, etc.). Mais après coup... parfois après beaucoup de morts...

  • Très opportun cet article de Patrice de Plunkett pour mieux connaître l’attitude de Trump qui trompe.
    Les questions n’en finissent pas de s’amonceler à son sujet !

    Le fait de parler des Mexicains comme Trump l’a fait et vouloir édifier un mur à la "frontière" des USA et du Mexique, cette fausse frontière imposée par les États-Unis par la force en 1847, dénote une ignorance crasse et un comportement ordurier, comme hélas tant d’autres Nord-Américains et non des moindres...
    Ce qui suit est un fait dont on n’a pas l’air de mesurer la portée car c’est le silence et l’ignorance en Europe.

    Étant obligé de résumer rapidement. Il faut rappeler qu’en 1847, suite à une guerre entre le Mexique et les États-Unis, le rapport de force était évidemment en faveur des États-Unis. Le Mexique perdit ainsi une immense partie de son territoire.
    Le Mexique était indépendant depuis 1821 donc depuis 26 ans à peine et sortait tout juste d’une guerre civile. Depuis l’indépendance du Mexique, les gouvernements mexicains successifs (truffés de francs-maçons) était rongés de luttes intestines et violentes entre les Conservateurs et les Libéraux anticatholiques, ces derniers étant généralement soutenus par les États-Unis.
    Les États-Unis indépendants depuis 71 ans, ont donc littéralement volés environ 40% du territoire du Mexique (à part quelques toutes petites zones, certaines achetées légalement par les États-Unis et d’autres cédées légalement aux États-Unis par le Mexique). À noter que dans cette immense partie du Mexique annexée par les USA des familles mexicaines étaient là depuis quelques 300 ans.

    Ces territoires mexicains annexés par la force font partie des régions les plus riches d’Amérique du Nord. En particulier le Texas et la Haute-Californie. Comme par hasard, très peu d’années après, en 1852, il y eut simultanément la ruée sur l’or noir (Texas) et la ruée sur l’or jaune (Haute-Californie)...

    170 ans après, sur ce sujet des rapports Mexique-États-Unis, c’est le refoulement (au sens psychanalytique) et l’oubli "complet". En Europe c’est à peu près l’ignorance complète. Mais au Mexique, personne n’ignore cette iniquité venue du Nord. Aucun Mexicain ignore cette situation jusque parmi ceux de la plus modeste condition. Les Mexicains qui émigrent (surtout ceux qui émigrent dans le grand Sud-Ouest des États-Unis) ne changent pas de pays dans leur subconscient. Samuel Hutington qui fut professeur à Harvard, "étudia" et mis en exergue le -choc des cultures-, il aura privé ses lecteurs et ses étudiants d’un sujet déterminant qui, s’il n’est pas pris en compte, induit en erreur et peut égarer la vérité et les chercheurs. Que je sache, S. Huntigton et n’a rien écrit dans ce sens sur les rapports avec le Mexique (et les Hispaniques en général) et sur le "pourquoi" les Hispaniques seraient "plus longs" à
    s’ "intégrer" aux États-Unis que les autres.

    Un personnage comme Trump n’annoncerait rien de bien pour les États-Unis (l’article de Patrice de Plunkett en témoigne) et encore moins pour ses voisins du Sud. Mais quelqu’un comme Madame Clinton me paraît être un personnage politique parmi les plus dangereux du monde (encore) contemporain, tellement de zones d’ombre et de mensonges l’accompagne. Ci-dessus H. de Trégolé le rappelle à juste titre.

    • cf. : 5 mars 23:31

      Excellent rappel de l’Histoire pour les uns, peut-être information pour d’autres, en tous cas des éléments très appréciés pour aller plus avant dans la réalité des faits. Bien de westerns (mis à part ceux d’un John Ford et un ou deux autres réalisateurs du genre) ont été largement diffusés dans tous les pays du monde, westerns qui, revisités de nos jours, révèlent la "couverture mensongère" de ce que fut, n’ayons pas peur des mots, l’accaparement illégitime et illégal de bien des territoires parmi les plus riches du Mexique de par leurs sous-sols et autres...

      A l’époque des cow-boys, ni Société des Nations ni Organisation des Nations-Unies n’existaient. Mais - sans vouloir sortir du sujet et tout simplement reconnaitre comme une sorte de similitude de faits dans notre monde contemporain - que d’actes aussi déshonorants pour leurs auteurs sont commis sans que personne aux Nations-Unies ne lève le plus petit doigt... Bien au contraire, et on dirait avec le plein accord ou complicité...

      On ne saurait plus parler d’"aveuglement" ou de "non connaissance" de faits. A quand un monde qui - avec les USA - trouverait un minimum, non pas de justice, mais d’humanité.

      Avec Bernadette Cosyn qui a ouvert la voie avec l’article de Plunkett et les billets de de Tréglodé et Renaud, voilà des rappels sur des réalités susceptibles de réveiller des consciences pour mieux "lire" les tragédies humanitaires - qui ne datent pas seulement de cinq ans - dans notre monde contemporain déboussolé. L’"opium du peuple" aurait-il existé bien avant Marx sous une "nature" différente ? ...

      MERCI.

  • "Face à Trump, la favorite vieillissante du camp démocrate Hillary Clinton...." il n’est pas inutile de rappeler que Donald Trump est aussi âgé qu’Hillary Clinton voire 2 ans de plus. Il est vrai que le succès de Trump révèle une hostilité à l’égard des élites politiques de Washington, un peu comme chez nous Marine Le Pen.

    • Le monde retenait sa respiration. Et aujourd’hui c’est comme des millions de millions de ballons, gonflés à bloc, qui se lâchent dans un strident soufflement d’air - trop longtemps - comprimé.

      A entendre les présentateurs et autres journalistes au moment où les machines américaines allaient enregistrer les votes des citoyens : "Les media en sont certains, et tous les sondages le publient : c’est Hillary Clinton qui va l’emporter !". Cette certitude revenait comme un refrain, à tel point qu’il était à se demander si c’étaient les media et les sondeurs qui votaient... Bien avant et pendant ce temps aux Etats-Unis les bureaux politiques réunissaient leurs membres en conciliabules pré-électoraux appelés "caucus". En Europe, il faut l’avouer, on n’avait d’yeux que pour Hillary. Sans oublier la vulgarité des propos d’un Trump à l’encontre des femmes et du sexe et des fameuses "ch"tt"s". En effet, obscène ce personnage, et ne serait-ce que pour cette raison la Maison Blanche, où réside encore son locataire coloré, lui est d’ores et déjà une maison close.

      Mais ce qui devait arriver arriva... Il faut maintenant revoir les calculs alors on entend : "les media se sont trompés"," les sondages ont menti", "il y a eu des manipulations dans les machines", il y a aussi des Etats où "Hillary présidente !" était publié dans la presse et les enseignes avant même que les citoyens n’aillent voter. Pendant ce temps, en Europe, la vague "Hillary" échouait sur le rivage.

      "La "cuite" (ou ivresse) évacuée, revient la pensée" dit le proverbe.
      Chacun va essayer de se justifier, de jeter la faute à l’autre, expliquer le pourquoi du comment, parler du résultat imprévisible et d’attendre voir si le Trump-président allait tenir ses promesses, entre autres de jeter Hillary en prison. Il y en a aussi qui pourraient se demander si la valse à mi-temps du FBI dans cette affaire n’aurait pas évolué sur quelques notes bizarres à l’"oui" fine...

      Pourrait-on seulement reconnaitre que, peut-être,"on" a manqué de "flair", qu’"on" a voté avant le peuple américain, qu’"on" a observé la situation aux USA à travers le prisme de son propre kaléidoscope, qu’il eut été peut-être plus prudent de "ne pas vendre la peau de l’ours..." pour éviter d’avoir, plus tard, à le caresser dans le sens du poil. Chacun est face à lui-même.

      Maintenant aux USA les bureaux politiques ont suspendu leurs caucus.

      Cependant, sur une autre longueur d’onde, ne se sentirait-on pas, phonétiquement, comme un peu "caucus"...

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