La solitude ça n’existe pas ?

par Gérard Leclerc

mercredi 6 juin 2012

C’est Gilbert Bécaud qui chantait à tue-tête : « La solitude ça n’existe pas ! » Mais il s’agissait d’une sorte d’exorcisme contre une malédiction refusée de toute son âme. Malheureusement, la solitude ça existe bel et bien, Et sans doute de plus en plus. Nous en avons de multiples signes autour de nous, et il y a même des slogans sans cesse répétés dans les publicités, qui en deviendraient lancinants. Vous savez ces agences qui permettent « aux célibataires exigeants » de se retrouver. L’année dernière, la lutte contre la solitude avait été décrétée grande cause nationale par le Premier ministre François Fillon. Nos confrères de La Croix faisaient part hier d’un sondage Mediaprism réalisé à la demande de la Société de Saint Vincent de Paul, d’où il ressort que le phénomène touche largement la jeunesse.

Il s’agit donc d’un problème de société qui concerne particulièrement la génération des 18-35 ans, dont 1/5 serait gravement affecté alors que la moitié d’entre eux se considère atteinte par un sentiment qui peut conduire à la déprime. C’est un des paradoxes d’une civilisation urbaine, où les grandes concentrations de population sont la règle. C’est justement la concentration qui crée et consacre l’isolement. Ce n’est pas d’hier que les sociologues ont découvert que « la foule était solitaire », car ce n’est pas la promiscuité qui crée la relation, elle peut la détruire. Les habitants d’un même immeuble risquent de s’ignorer parfaitement. Et c’est même pour cela qu’un de nos amis, Atanase Périfan, a eu la formidable idée de créer la « Fête des voisins ».

C’est sans doute en raison de ce repliement sur soi qu’on n’a jamais autant parlé de communication. Et ça ne semble pas améliorer les choses, puisque le jugement des spécialistes est sans appel : derrière l’écran, l’adepte des réseaux sociaux est irréductiblement seul.

Ivan Illich, ce sociologue génial, avait trouvé une parade à la destruction des liens traditionnels en illustrant l’idée de convivialité, dont il voulait faire le mot d’ordre d’une reconstruction sociale. Nous n’avons guère progressé depuis le relatif engouement qu’il avait provoqué. Raison de plus d’y réfléchir.

D’ailleurs, Radio Notre-Dame n’est-elle pas un moyen privilégié de susciter des solidarités, tout comme nos paroisses, et ce qui engendre de la communion fraternelle ?

Chronique lue sur Radio Notre-Dame le 6 juin 2012.

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