La question du racisme

par Gérard Leclerc

lundi 10 janvier 2022

© P Deliss / GODONG

La question du racisme est une des plus prégnantes du débat contemporain. Elle est présente dans la campagne présidentielle, où elle donne lieu à nombre d’accrochages et d’invectives. Cela donne même lieu à des livres où l’on accuse tel candidat d’associer l’idée de grand remplacement à la menace islamique dans le but de stigmatiser toute une partie de la population d’origine immigrée. Je me garderai d’entrer dans ces joutes politiques, préférant prendre un peu de distance pour aborder le sujet, sans d’ailleurs prétendre l’analyser avec le temps nécessaire.

Ce qui apparaît en ce moment, c’est que la cause de l’antiracisme s’insère de plus en plus dans les théories de la déconstruction que nous évoquions la semaine dernière. Il s’agit de faire apparaître le caractère systémique des injustices et des inégalités raciales dans le corps social. On me permettra à ce propos de redire toutes mes réserves à l’égard de cette notion de « systémique », que l’on a voulu aussi introduire dans le fonctionnement de l’Église institutionnelle. Il y a un peu trop de système dans cette volonté de débusquer le systémique, même si la notion ne saurait être écartée a priori. Il peut y avoir péril à enfermer les gens dans des catégories auxquelles ils ne sauraient échapper qu’avec la plus grande difficulté.

Les discriminations dénoncées ne tiennent pas forcément à des facteurs raciaux, quels que soient les contenus qu’on leur donne. Il me semble que le problème de fond est celui de la rencontre et de la reconnaissance réciproque. Cela explique le nombre grandissant d’unions entre personnes qui ont franchi aisément tous les complexes liés à leurs différences. Et pardon de prêcher pour ma paroisse, presque au sens propre du terme, mais ce que j’observe à l’église, c’est précisément la proximité entre paroissiens de toutes origines. Il doit bien y avoir une explication à pareille réalité.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 10 janvier 2022.

Messages

  • Le racisme terme générique du rejet de la différence d’origine, de culture, d’intéret privé ou de religion n’est jamais nouveau au fil du temps et de l’histoire.
    Les variables épousent l’évolution successive des histoires des nations et des populations elles mêmes.
    La période élective que nous traversons reflète comme en chaque cas l’usage partial, polémique et provocateur du sujet utilisé comme un ingrédient de division et de confrontation.
    On ne serait jamais raciste, ce sont bien les autres qui le seraient à notre encontre !
    Le brassage brutal ou mal préparé de populations conduites à vivre ensemble sans y être contraints, ne facilite le régime du bien commun de l’échange.
    Le racisme le plus abject est celui de l’injure, de la violence physique et verbale, ou du mépris de l’autre différent de nature, le croit-on, mais qui nous environne, malgré nos préventions.

    Le rapport en ces mois suspects de convivialité forcée des auteurs de pamphlets ou de libelles ignominieux, ne favorise l’échange cordial de la vie partagée avec tous ceux qui ne sont pas de notre horizon habitué, ni de notre éducation originelle.

    Il est par bonheur des espaces publics, comme le sport, les associations humanitaires, les sociétés culturelles ouvertes à ces mondes différents, qui contrarient les relents de défiance ou de rejet.

    Par consentement faut-il le souligner, les églises elles mêmes carrefour de cette pluralité des origines demeurent des lieux de communion appréciable de la vie sociale en son ambition de justice et de paix.
    Peu d’institutions, excepté l’hôpital et le monde sanitaire embrassent autant et à la fois de différences et de promiscuité entre des populations aux modes de vie différents.
    Les églises sous toutes les appellations chrétiennes sont devenues de véritables citadelles ou des phares de rendez-vous coutumiers d’échanges possibles entre des citoyens aux modes de pensées distinctes.
    Elles rendent à la vie civile un dividende incontournable de bénéfices possibles pour enraciner dans le quotidien la chance d’etre unis et "unissables" à terme vers un horizon de vie partagée et durable.

    Le temps des campagnes électorales montent en épingle les sujets de rupture ou de divisions toujours possibles.
    Les retours de campagne apaisent les esprits en quête d’autre chose que ces senteurs fétides de rejet ou de racisme endémique.

    Traverses le temps sanitaire actuel sans perdre boussole de l’essentiel sur l’accessoire reste pour les croyants la référence première de leur raison de croire, de penser et de partager la communion spirituelle de la foi sur bien d’autres objectifs calculés et précaires du moment !

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