La provocation de Donald Trump

par Gérard Leclerc

mardi 31 janvier 2017

Depuis qu’il est entré à la Maison-Blanche, Donald Trump se charge de montrer qu’il ne s’est pas payé de mots durant sa campagne électorale. Ce qu’il a dit, il le fait, en publiant décret sur décret. Le dernier en date provoque la tempête plus encore que les précédents. En interdisant l’entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays musulmans, il a non seulement provoqué des manifestations dans le pays, notamment dans les aéroports, mais soulevé une intense émotion dans le monde. Selon tel éditorialiste, ce serait la démocratie qui serait à l’épreuve, donc l’État de droit dans son ensemble. Le nouveau président se défend d’avoir pris une initiative anti-musulmane. Il veut uniquement protéger les États-Unis du risque terroriste. Évidemment, on ne l’entend pas de cette oreille, et il y a une forte probabilité que le trouble s’amplifie, en provoquant une véritable crise internationale.

Nous savions que Donald Trump était un provocateur, mais nous ne soupçonnions sans doute pas qu’il pourrait aller aussi loin, en procédant à une déstabilisation qui ne peut qu’inquiéter les gens raisonnables. Mais en même temps, on est bien obligé de constater que cette action offensive a ses partisans et qu’elle se justifie par l’inquiétude qui traverse l’ensemble des pays occidentaux à l’égard du fondamentalisme musulman. Et il y a des raisons sérieuses à cela. Inutile des les rappeler. De quelque façon que l’on aborde le problème, on se trouve sur un terrain miné. Et il est bien difficile de concevoir la sagesse qui correspondrait à une période de grand péril.

Dimanche, François Fillon s’est félicité que Pascal Bruckner ait gagné son procès contre ceux qui l’accusaient d’islamophobie. Bruckner publie un essai intitulé Un racisme imaginaire, qui concerne complètement le sujet, où il explique que « l’accusation d’islamophobie n’est rien d’autre qu’une arme de destruction massive du débat intellectuel ». Sans doute, mais comment instaurer les conditions indispensables à ce débat intellectuel ? Tout semble s’acharner à le rendre impossible. Pourtant, il serait le point de départ minimum pour obtenir les clarifications nécessaires, le préalable au retour fragile et difficile de la paix des peuples et du monde.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 31 janvier 2017.

Messages

  • C’est bizarre mais il me semble que les supporters de Trump soient moins enthousiastes depuis qu’il a pris ses premières mesures internationales qui ont pour point commun d’avoir un très médiocre rapport "efficacité/ effets secondaires indésirables"...

    D’ores et déjà, le docteur Folamour de la Maison Blanche est parvenu à se mettre à dos :

    - les Palestiniens,
    - 7 pays arabes,
    - les Mexicains,
    - les Européens,
    - les Chinois,

    et Theresa May voit sa popularité chuter au Royaume-Uni depuis son retour triomphal de Washington par l’effet de sa "special relation" avec le nouveau président US...

    Si ça continue comme ça, Trump ne sera bien accueilli...qu’en Russie !

    • Et le plus rapidement possible serait le mieux !

      Ce qui peut rapprocher et de loin préférable à ce qui divise. Pouah !

      Vous serez le bienvenu à Moscou, Mr Trump !

  • Curieusement, depuis que Trump est arrivé au pouvoir aux États-Unis, l’on sent frémir une sorte de réaction "européenne", une réaction de l’ "Europe" de Bruxelles s’entend. Ainsi, tout d’un coup, depuis l’arrivée au pouvoir de Donald Trump aux États-Unis, les "européistes" verraient en Trump une raison de réagir ? Mais alors ces "européistes", qui ont l’air plus paumés que jamais, n’en seraient pas à une contradiction près (et depuis longtemps !) en effet, les voilà qui délaisseraient ce vilain Poutine pour porter leur vindicte contre ce vilain Trump ?
    À "Bruxelles" et en "Europe", vous êtes ridicules les gars, regardez-vous !

    Mais gageons que ces "européistes" à très courte vue doivent concocter ce fait que leur adversité à Trump va leur donner de l’ "espoir"... Le hic, c’est que l’économie "européenne" est à genoux. En plus, les "bons" chiffres, tous faux, de la reprise économique en "Europe" sont ceux où l’on a introduit les "activités" de prostitution et de trafic de drogue pour gonfler les PIB... (Angleterre et Espagne au moins).
    Bravo Poutine qui tiendrait les ficelles de tous ces pantins ?!

    En attendant, avec toutes les réserves obligées en ce domaine et toutes choses les mieux comprises possible par ailleurs, force est de reconnaître que Poutine tout en maintenant les intérêts de la Russie (quelques soient les aboiements des roquets d’ "Europe") aura eu une attitude de nature à faire descendre le risque de guerre de grande envergure dans le monde à partir du Moyen-Orient (surtout en août et septembre 2013) et maintenant (toujours avec les mêmes réserves) la tension entre les États-Unis et la Russie paraît stabilisée et pourrait baisser.

    Trump semble vouloir en découdre, d’une manière ou d’une autre, avec la Chine (entre autres pour des raisons économiques et monétaires). Mais la Russie et Poutine, non hostiles à un partenariat positif bien compris avec les États-Unis, ne devraient pas pour autant rompre avec la Chine, au contraire. Ce qui ferait encore baisser un peu plus les risques de conflit.
    La Russie détiendrait ici une clé supplémentaire de premier ordre pour éloigner les conflits.

    Quel coups tordus les partisans belliqueux, tels ceux qui soutenaient Mme Clinton et leurs alter-égos dans le monde, vont-ils inventer pour souffler sur les braises des affrontements ?

    Faisons comme la Pologne il y a quelques semaines, plaçons officiellement notre pays sous la Royauté de Jésus-Christ.

    • cf. : 2 février 18:59

      Oui, il fallait une mise à jour claire et réaliste ! Ou alors c’est inutile de jeter dans cet espace n’importe quoi. "Le hic... c’est que l’économie européenne est à genoux...". Ce n’est pas une illusion, et faire l’autruche ne sert à rien. La possibilité de sauver l’économie européenne existe probablement. La question de savoir où se trouve la volonté politique pour ce faire...

      Ce n’est certainement pas par les mêmes vociférations contre tel ou tel pays ou tel et tel homme politique qu’on contribue à éclairer un débat.
      Le billet ci-dessus est empreint de réalisme et de compréhension de la question qui se joue. Comme n’est pas théologien ou pédagogue qui veut, n’est pas non plus économiste qui veut.

      Les "intellectuels" foisonnent par grappes ici et là. Mais il y a les originaux et les "génériques". La différence se voit comme un nez au milieu de la figure.

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