La police à l’épreuve

par Gérard Leclerc

jeudi 16 juin 2016

Chaque jour, son accablement, sa tristesse infinie. L’assassinat du commandant Salvain et de son épouse, celle-ci tuée sous les yeux de son petit garçon de trois ans, marque une étape nouvelle, comme on le remarque partout, dans l’entreprise terroriste. C’est le sanctuaire familial qui a été visé, cette fois-ci, avec la volonté de montrer qu’il n’y avait plus d’asile de paix possible. Et le crime perpétré devant l’enfant est le signe même du cynisme qui ne connaît plus d’obstacle. On sait très bien que le port de l’uniforme est interdit pour les militaires, les gendarmes ou les policiers, hors des obligations de service, car il désigne comme cible obligée le serviteur de l’État aux terroristes. Mais l’anonymat ne protège plus ce même serviteur. Le crime de Magnanville démontre le dessein de mettre en insécurité permanente ceux qui assument la tâche redoutable de l’ordre public.

Il m’arrive de rencontrer un porte-parole d’un syndicat de police, qui s’exprime souvent dans les médias sur les événements où ses camarades se trouvent sollicités. La dernière fois où je l’ai vu, je lui ai dit : « À chaque fois qu’il y a un coup dur, je suis sûr que vous allez apparaître sur mon écran. » Il m’a répondu : « Eh bien, vous allez me voir de plus en plus ! » Et lui-même le souligne dans ses interventions : les forces de police sont au bord de l’épuisement, sollicitées de façon permanente, sans possibilité de répit. En ce moment, c’est proprement ahurissant : aux contraintes de l’État d’urgence s’ajoutent celles de la surveillance des compétitions de l’Euro avec les frasques des hooligans, et pour corser le tout l’encadrement des manifestations contre la loi travail, avec les échauffourées qui s’en suivent. On en a eu une idée mardi avec les casseurs s’attaquant à Necker, l’hôpital des enfants !

C’est vraiment le moment pour un pays de manifester sa solidarité avec les forces de l’ordre, qui exercent une mission extrêmement difficile et auxquelles, généralement, on ne pardonne rien, aucun débordement. Les casseurs peuvent avoir toutes les excuses, étant désignés à l’aune de la souffrance sociale. Les policiers doivent être impeccables. Ils le sont le plus souvent. L’horrible crime de Magnanville est pour nous l’occasion de leur témoigner estime et reconnaissance.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 16 juin 2016.

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