La mission ad gentes

par Gérard Leclerc

lundi 2 octobre 2017

Deux événements simultanés, qui ont eu lieu à Paris, ont marqué l’actualité de l’Église, le week-end dernier. Le Congrès Mission qui, pour la troisième fois, a rassemblé tous ceux qui ont la hantise d’annoncer l’Évangile chez nous, alors que notre pays parvient à un taux de déchristianisation alarmant, ainsi que l’envoi de sept jeunes prêtres des Missions étrangères de Paris vers des pays lointains, dans la suite toujours renouvelée de ce qu’on appelle la mission ad gentes, l’annonce de l’Évangile aux nations. Depuis l’appel du Christ, l’Église n’a cessé de sortir en quelque sorte d’elle-même pour transmettre le trésor qu’elle a reçu et qu’il lui est impossible de garder à l’usage exclusif de ceux qui ont eu la chance de le recevoir en cadeau de naissance. Dans son homélie de la messe d’envoi aux Missions étrangères, le père Gilles Reithinger confiait à Vincent, Cyril, Dominique, Francesco, Guillaume, Ludovic et Brice, le sens de l’appel qui les destinait à partir au Cambodge, en Birmanie, à Singapour, au Laos et en Thaïlande : «  La mission de l’Église stimule une attitude de pèlerinage continuel à travers les différents déserts de la vie, à travers diverses expériences de faim et de soif de vérité et de justice. La mission de l’Église inspire une expérience d’exil continuel, pour faire percevoir à l’homme assoiffé d’infini, sa condition d’exilé en chemin vers la patrie définitive, tendu entre le déjà et le pas encore du Royaume des Cieux.  »

Mais la mission aux nations concerne aussi la mission envers notre propre nation, dès lors que ce sont nos frères les plus proches qui demeurent dans l’ignorance de la Bonne Nouvelle et qui vivent leur propre condition d’exilés sans but ni boussole. Ce n’est pas parce que les conditions de vie et la perception que nous pouvons avoir des autres religions ont changé que nous sommes réduits à considérer que le Christ n’a plus à être annoncé comme le Sauveur du monde. Non, le christianisme n’a pas vocation à être enfermé dans une dimension régionale, comme s’il était l’option d’un groupe particulier, celui des chrétiens. Ce n’est pas parce que le concile Vatican II a reconnu ce qu’il y avait de bon dans les diverses traditions religieuses et philosophiques que la nouveauté du Christ est devenue obsolète. Dix ans après Vatican II, le bienheureux Paul VI, dans l’exhortation apostolique Evangelii nuntiandi, rappelait qu’il était impossible de se priver de l’énergie cachée que l’Esprit nous donne pour prolonger la mission du premier évangélisateur que fut le Christ lui-même. Les deux événements du Congrès Mission et de l’envoi des sept jeunes prêtres redonnent à cette exhortation toute sa force inépuisée et inépuisable.

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