La menace salafiste

par Gérard Leclerc

mercredi 8 janvier 2020

© Thierry Brésillon / Godong

Hier, la France s’est souvenue des terribles événements d’il y a cinq ans, la tuerie de la rédaction de Charlie Hebdo et celle de l’Hypercasher. Ces événements ne sont pas isolés, nous ne le savons que trop. La menace n’a cessé de planer et nos forces de l’ordre sont toujours mobilisées, en symbiose avec des services de renseignement qui nous ont évité plusieurs catastrophes. Et ce n’est pas notre seul pays qui est sous pression. Le phénomène djihadiste se déploie à l’échelle mondiale. On l’a cru récemment jugulé en Syrie et en Irak. Il semble se réveiller, notamment à cause des erreurs américaines, l’assassinat du général iranien Soleimani provoquant d’ores et déjà une nouvelle déstabilisation de la région. À plusieurs reprises, j’ai dit aussi mon inquiétude pour l’Afrique de l’Ouest. Notamment le Burkina Faso, mais aussi le Nigéria, où en dépit des démentis, le massacre des chrétiens est engagé.

Il y a un réel problème de la perception de ce phénomène dans sa dimension idéologique. Et, de ce point de vue, je suis en total accord avec Pascal Bruckner, lorsqu’il déclare au Figaro : « Pendant que nous affrontons les djihadistes, les salafistes poussent leurs pions, imposant leurs vues et leurs coutumes vestimentaires, multipliant les provocations, désagrégeant l’islam modéré. Les deux armes de la Terreur et de la Prédication vont de pair poursuivant un même objectif : la réislamisation de l’oumma puis celle de l’Europe. » Je suis d’accord aussi avec Bruckner sur le caractère de « religion malade » qui est celui d’un islamisme fanatique, qui agit « avec la férocité d’une bête blessée ».

Ainsi la lutte se situe sur deux terrains, celui de la sécurité de la population et celui de la prévention à l’égard d’une propagande qui exerce ses ravages, en priorité dans les quartiers perdus de la République, ceux que François Hollande n’hésitait pas à juger en risque de sécession. Il ne s’agit nullement d’ostraciser nos compatriotes musulmans, ce sont les premiers à devoir être protégés des ravages du salafisme. Il faut les garder de toute contagion idéologique, en neutralisant les propagandistes haineux, mais il faut aussi reconsidérer notre politique d’intégration, en se préoccupant de ce risque de sécession.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 8 janvier 2020.

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