La liberté religieuse en recul

par Gérard Leclerc

jeudi 17 novembre 2016

Le Rapport que vient de publier l’Aide à l’Église en détresse est formel : la liberté religieuse dans le monde est en recul. Peut-être convient-il de s’arrêter un instant sur cette notion de liberté religieuse. Elle fut, en effet, l’objet de toute une controverse au concile Vatican II, et surtout autour du concile. Certains craignaient qu’en substituant la notion de liberté à celle de tolérance, on ne s’engage sur la voie du relativisme religieux. L’objection n’est d’ailleurs pas à écarter sans examen, car il peut y avoir une dictature du relativisme, selon l’expression de Benoît XVI, dont les effets peuvent être ruineux pour la vie spirituelle. Mais lorsqu’on parle de liberté religieuse, on parle de tout autre chose. On parle notamment de la possibilité ou de l’impossibilité pratique de professer sa foi, surtout en raison de la persécution religieuse qui fait des ravages dans une grande partie du monde.

C’est sur cette impossibilité qu’attire notre attention l’Aide à l’Église en détresse : « Sur 196 pays étudiés, 38 ont montré des preuves indubitables de violations importantes de la liberté religieuse. » Parmi les pays où la situation a empiré, on trouve la Chine, le Pakistan, le Soudan, le Niger, ou encore les pays en guerre comme la Libye ou le Yémen. Le rapport signale quelques exceptions d’amélioration comme le Qatar, l’Égypte ou le Bhoutan. Encore faut-il marquer des nuances. Ainsi, Le Monde a publié hier un article sur l’Égypte où il apparaît que la politique de conciliation menée par le président Al-Sissi n’empêche pas des injustices considérables et des blocages très difficiles à lever.

Cependant, l’aggravation signalée par l’AED se rapporte en priorité à l’hyper extrémisme islamiste manifesté par des organisations militantes dont Daesh est l’exemple le plus terrible. Mais il y a aussi d’autres sources de persécutions, comme en Chine où récemment 2000 croix ont été arrachées, où des prêtres sont séquestrés, des fidèles arrêtés et des étudiants expulsés de l’université. La liberté religieuse constitue une exigence liée à la recherche de la paix civile et de la paix tout court. Là où cette liberté fondamentale est ignorée ou écrasée, c’est la personne elle-même qui se trouve bafouée, blessée au plus profond d’elle-même.

Chronique diffusée sur radio Notre-Dame le 17 novembre 2016.

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