La grâce de Lourdes

par Gérard Leclerc

lundi 10 novembre 2014

Que l’épiscopat français ait choisi Lourdes pour ses assemblées plénières ne saurait nous surprendre. La cité mariale est, pour nous autres Français, une sorte de capitale spirituelle, de haut lieu de ressourcement. Sa vocation permet une identification immédiate. Les catholiques y sont chez eux, sans que cela constitue le moindre renfermement, la moindre étroitesse qui soit. Lourdes est aussi une ville internationale, on y vient en pèlerinage du monde entier, et nombre de non-chrétiens et même de non-croyants se glissent parmi les fidèles pour interroger la grâce du lieu. J’ai été frappé par les propos tenus par Pauline Dawance, une laïque qui vient d’intégrer les services de la conférence des évêques de France à la direction de la catéchèse. Elle n’était jamais venue à Lourdes : «  J’ose à peine le dire mais je n’étais jamais venue à Lourdes. C’est presque un péché… On m’en avait dit beaucoup de choses… Je trouve que c’est un lieu qui ne ressemble à aucun autre. Même s’il n’y a pas beaucoup de pèlerins en ce moment, toute cette ville tournée autour de l’histoire de la petite Bernadette ! C’est très impressionnant ce qui s’y est bâti, architecturalement mais aussi pour la foi. Que les évêques se rassemblent à Lourdes est pour moi un signal fort. »

On ne saurait mieux dire. Pauline Dawance ajoute que la jonction entre le sanctuaire et l’assemblée plénière se fait spécialement à travers l’eucharistie. Je préciserai qu’en pareil haut-lieu, les échanges sont portés par un certain climat, qui les empêche de s’affaisser dans la banalité ou les préoccupations trop bureaucratiques. L’épiscopat n’est certes pas une technostructure, mais justement, la grâce de Lourdes le place en situation d’être pleinement lui-même. Comme journaliste, j’ai pu m’en rendre compte. La grotte des apparitions constitue un appel constant à la prière, et même s’il n’y a pas en automne les grands pèlerinages (qui ont pris fin avec le Rosaire), on assiste toujours à un défilé continuel de pèlerins ou de passants parmi lesquels on aime s’insérer pour rendre hommage à l’Immaculée, dans le sillage de Bernadette. Voilà ! Je n’ai rien dit du contenu de la dernière assemblée, du solide discours du président, Mgr Pontier, sur la famille aux prises avec l’actualité et à la suite du synode, de la venue des séminaristes de France… Mais les radios chrétiennes ont tout dit là-dessus. Je me suis permis de rappeler que l’événement se déroule dans un écrin sans pareil, où il nous est bon de nous retrouver en imagination et en communion.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 10 novembre 2014.

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