La fraternité et la clarification

par Gérard Leclerc

lundi 29 août 2016

Au terme d’une période estivale, marquée par les drames de Nice et de saint Étienne du Rouvray, on ne s’étonne pas que la question de la violence islamique soit l’objet des débats politiques, notamment en cette phase préparatoire aux élections présidentielles de l’an prochain. Des voix s’élèvent pour contester cette priorité donnée par beaucoup de candidats à la notion d’identité, celle-ci ne servant à leur avis qu’à attiser les animosités au risque d’aggraver les facteurs de dissension. C’est vrai qu’il peut y avoir un danger de ce côté là et qu’il importe de s’opposer à ce qui ressemblerait à des conflits d’ordres ethniques ou religieux. De ce point de vue, on ne peut que se féliciter de l’initiative prise cet été à la suite de l’assassinat du père Jacques Hamel, par les responsables musulmans qui ont appelé les fidèles de leur religion à assister aux messes dans les églises catholiques. C’était un très beau geste de solidarité, qui correspondait d’ailleurs aux aspirations d’une bonne partie de nos compatriotes musulmans désireux de marquer leur désaveu et plus encore leur réprobation à l’égard d’un terrorisme qui leur fait horreur. Et il faut souhaiter que cette initiative ait des suites, en provoquant des habitudes de rencontre afin de resserrer nos liens entre Français de toutes appartenances et de parer ainsi à toute tentative de désunion ou de fragmentation de notre pays.

Mais il faut aussitôt ajouter que pour atteindre profondément l’opinion et l’ensemble de la population, il importe de s’inscrire dans un mouvement de longue durée qui, de proche en proche, permettra de toucher jusqu’aux personnes les plus éloignées des réseaux de rencontre et de dialogue. Par ailleurs, on ne peut faire fi non plus d’un travail de clarification susceptible de mettre fin aux équivoques. Il ne doit pas manquer, du côté musulman, d’hommes et de femmes de bonne volonté, non seulement désireux de servir ce que ’on appelle le vivre ensemble, mais aussi de se livrer à un labeur spécifique dans l’ordre philosophique et théologique pour préciser les concepts, notamment ceux qui concernent l’organisation de la cité dans ses rapports avec le spirituel. L’effort en faveur de la fraternité ne peut se passer d’une éthique fondée sur la recherche de la vérité et la reconnaissance commune du Bien. Or de ce point de vue, il y a encore énormément à faire.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 29 août 2016.

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