Loi bioéthique

La force en Dieu

par Aymeric Pourbaix

mercredi 9 octobre 2019

© Michel Pourny

C’est un fait : les familles et le peuple français tout entier, chacun peut le constater, souffrent depuis des décennies de l’éclatement des repères, de la manipulation du vivant et de la dislocation des familles provoquée par l’individualisme. Et dont les enfants, les générations futures, sont les premières victimes.

Face à cela, il ne s’agit pas de condamner ce monde tel qu’il est, mais de l’aimer en vérité. Ainsi, l’opposition au projet de loi bioéthique n’est pas une mobilisation contre les personnes homosexuelles, mais pour la famille, cellule fondamentale de la société. Socle, avec la foi catholique, sur lequel s’est édifié notre pays, et sans lequel l’unité et la paix sociale risqueraient d’être mis à mal, à plus ou moins brève échéance.

Mais pour redonner une espérance aux familles de France, cette mobilisation, pour être véritablement efficace, doit être portée d’abord au plus profond, à la racine de toutes choses créées : c’est-à-dire au niveau spirituel. En Dieu.

Il y a cent ans, le général de Castelnau, fondateur de France Catholique, écrivait déjà : «  La solution du problème angoissant de la famille, de la natalité doit être cherchée à l’origine, non pas dans la subtilité d’une mesure économique ou d’une disposition législative [...]. » Mais plutôt «  dans un idéal moral et surnaturel de foi, d’espérance et de générosité  ».

Le vrai guide de l’action

Ainsi, ce n’est pas la recherche d’efficacité à court terme, même si elle n’est pas forcément à négliger, qui doit guider l’action. Car alors ce serait s’en tenir à une vision par trop horizontale de la politique, fondée sur une conception matérialiste de l’homme et de sa dignité. Sans compter que sur ces sujets, le rapport de forces s’est souvent montré par trop inégal pour les catholiques, depuis une cinquantaine d’années.

Faut-il également le rappeler ? L’objet n’est pas d’instaurer le royaume céleste sur cette terre, mais au contraire de tendre vers notre fin dernière, à travers les aléas de cette vie et l’inévitable adversité.

Cela ne veut pas dire non plus que le combat doit être désincarné, indifférent aux réalités de ce monde, comme si nous étions de purs esprits. Mais à trop oublier qu’il existe une autre réalité – le monde invisible, celui des saints et des anges – nous en sommes venus à ne plus croire en l’action de la Providence, c’est-à-dire en l’action concrète et puissante de Dieu dans notre monde, pour peu qu’on accepte de se remettre entre ses mains avec confiance. La grande prière d’intercession du Vendredi saint en est un bon exemple.

C’est cette conviction seule qui peut donner sens à nos combats temporels. Combats qui au demeurant, commencent par nous-mêmes. Comme le disait l’abbé Gaston Courtois, ce qui importe avant tout, c’est «  la multiplication d’âmes droites et simples  », qui s’efforcent de réaliser la volonté divine dans toute leur vie, manifestant ainsi sans bruit et attirant vers Dieu tous ceux qui les rencontrent. Là résidait pour lui le véritable apostolat… Notre propre conversion en somme.

Messages

  • Merci de nous aider à dépasser notre colère. Pour ma part, je suis déterminé à écrire (et faire écrire) à nos sénateurs pour les inviter à imaginer des amendements au Projet de la loi Bioéthique qui rende difficile son application.

    Je ne prévois pas descendre dans la rue pour demander à notre président un moratoire, ce qui est, à mon avis, une démarche irrespectueuse de la procédure parlementaire, donc à caractère insurrectionnel.
    Serge

  • Au siècle dernier, il était prévu d’installer un casino à la commune des Trois Epis (Ht-Rhin)
    (lieu de pèlerinage)
    Ce nom de Trois-Epis fait référence à une apparition de la Ste Vierge Marie.
    Il y a eu un mouvement de prières (le Rosaire) pour contrer ce projet.
    Résultat : pas de casino au Trois Epis à cette époque. Ayant quitté l’Alsace depuis
    17 ans je ne sais pas s’il y a eu du changement.

  • @ Serge Richard
    Votre attitude à l’égard de la chose publique mérite le respect.
    Cependant, vous en restez à une vision un peu trop superficielle du phénomène.
    Tout d’abord, le droit de manifester est constitutionnel, donc en rien insurrectionnel.
    Peut-être même que l’insurrection, en tant que telle n’est pas nécessairement négative.
    Ce sont les "insurgents", soutenus par Louis XVI (qui n’était pas lui-même un personnage irrespectueux du droit), qui sont à l’origine de la nation américaine.
    Charles De Gaulle, le père de la constitution de la Ve République fut un insurgé. Son “appel du 18 juin”, qu’était-il sinon un appel à l’insurrection ?
    Aurait-il fallu qu’au nom du respect d’une apparente légalité, l’ensemble des Français restassent docilement sous la férule d’un pays envahisseur et d’un régime vichyste qui lui était intimement associé ?

    Notre constitution le dit expressément, le Peuple est souverain. Cette souveraineté s’exerce au travers de ses représentants. Mais lorsque ces représentants s’accaparent cette souveraineté et commencent à prendre des décisions contraires aux aspirations et à la volonté de ce même peuple (par exemple, le Traité européen rejeté par référendum en 2005 et impossé par le tour de passe-passe du Parlement...), n’y a-t-il pas là une nécessité légitime à "s’insurger" ?
    Nous sommes aujourd’hui en plein sur une trajectoire confiscatoire de la démocratie. La démonstration serait ici un peu longue mais les exemples abondent, malheureusement.
    La question est : va t-on rester très respectueusement à attendre que des appareils partisans, des oligarchies, des groupes d’intérêts privés poursuivent toujours un peu plus leur emprise sur une chose publique devenue la leur propre ? Ou bien va-t-on se ressaisir – au prix d’un effort toujours plus difficile à mesure que le temps passe et que les habitudes détestables s’enracinent – et s’insurger (l’insurrection peut revêtir différentes formes, y compris très pacifiques) contres les décisions iniques, amorales ou anti-démocratiques que des dirigeants saisis par l’ivresse d’un pouvoir sans freins se permettent d’imposer à un Peuple dont ils méprisent la volonté et la citoyenneté ?

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