Séparatisme

La foi contre la loi ?

par Gérard Leclerc

vendredi 11 septembre 2020

Périodiquement, se trouve réitéré l’axiome selon lequel «  la foi religieuse ne saurait être supérieure à la loi  » ou encore «  les principes religieux ne sauraient se substituer aux valeurs de la République  ».

En un certain sens, ces formules ont leur justification immédiate, en rapport avec une actualité où il est question de séparatisme. Des quartiers entiers, au témoignage de plusieurs ministres de l’Intérieur, seraient en situation de sécession, par rapport à la nation et à ses lois. Il est d’ailleurs difficile de démêler en quoi ces «  quartiers perdus de la République  » seraient sous l’emprise de mafias de trafiquants ou de celle de courants islamistes. En tout état de cause, il est impossible d’admettre un tel déni du droit et de l’ordre public. Ce qui relève de la délinquance doit être sanctionné et éradiqué, ce qui relève d’un certain fondamentalisme politico-religieux doit être combattu, et les prédicateurs de haine interdits de parole.

Conception idéologique

Mais cela n’autorise nullement des approximations philosophiques à propos de la laïcité qui serait en position supérieure par rapport aux religions. Ce qui aurait pour conséquence d’ériger la République en religion officielle. Dans notre pays, il y a toujours eu équivoque à ce propos, avec une frange idéologique voulant imposer ses conceptions comme une pensée officielle, alors que l’évolution du pays depuis la loi de 1905 tendrait à insister sur la séparation du spirituel et du temporel. C’est d’ailleurs un problème qui hante l’esprit d’Emmanuel Macron et provoque de sa part des positions contradictoires. D’un côté, dans la tradition saint-simonienne il est tenté de se référer à une instance morale supérieure aux religions. De l’autre, conscient des périls d’une telle affirmation, il repousse «  une sorte de foi républicaine forgée par des valeurs, des traditions érigées à leur tour en croyances universelles sur le modèle lointain du culte de l’Être suprême des Jacobins  » (Discours aux autorités religieuses du 4 janvier 2018).

Distinguer sans opposer

Il importe donc d’opérer les distinctions indispensables. Mettre en opposition la foi religieuse à la loi civile n’est pas sans danger, aussi bien pour l’État que pour l’instance religieuse. C’est considérer qu’il n’y aurait pas entre eux un terrain de discussion rationnelle pour garantir le respect de l’ordre public et des biens qui en découlent.

La meilleure tradition chrétienne, celle de saint Augustin et de saint Thomas d’Aquin, a toujours reconnu la légitimité d’une loi civile qui tienne compte des faiblesses de la nature humaine. Il n’est donc pas raisonnable d’imposer un conflit entre la foi et la loi, dès lors que cette dernière résulte d’une sagesse prudentielle. Elle n’est critiquable que lorsqu’elle s’oppose aux traditions fondatrices de notre humanité. C’est hélas le cas de la loi de bioéthique que le pouvoir veut nous imposer. Contre toute raison et toute sagesse. 

Messages

  • Le problème dans notre pays, c’est que la loi a été faite pour éradiquer le catholicisme, pour déraciner le peuple de France. D’où la tentation de poser la laïcité comme une nouvelle religion, la seule religion acceptable dans la république, et de repousser la religion exclusivement dans l’espace privé. Ce qui est un parfait contre-sens de la laïcité qui au sens strict doit permettre au croyant de s’exprimer librement dans l’espace public, et donc de pouvoir y témoigner de sa foi.

  • La foi contre la loi est la pire des inversions qui menacent toutes les religions.
    La nôtre et celle de ceux qui nous entourent.
    Un intégrisme affligeant contre productif de la tradition et de la riche diversité des sources spirituelles dont nous sommes dépositaires sans prétendre les détenir à notre unique avantage.
    Le réflexe actuel de bien des cas est de se protéger contre les assauts des pédants, des suffisants ou des doctes qualifiés par leur propre discernement, pour assurer la défense des citadelles de l’esprit
    comme des croisés modernes de petite envergure.
    Oui les risques sont là, oui les agressions existent, mais somme toute l’intelligence des hommes et des contextes disposent le jugement personnel à faire des choix éclairés face à la bêtise qui prend le pas sur le bon sens.

    Si par mégarde ou intention délibérée la loi prend le dessus sur la foi, on mesure désormais les effets dévastateurs de ces postures sur le vivre ensemble, la qualité des intelligences, le libre choix de la conscience qui n’adhèrent pas à des impostures ni à des diktats législatifs d’où qu’ils viennent.
    Les lois ne sont pas imposables à quiconque.
    Elles s’appliquent sans doute mais ne s’imposent à la conscience individuelle de quiconque.
    Par revers lorsqu’elles le deviennent le droit de renoncement, la liberté de conscience s’exercent par défaut ou par conviction.
    Il n’est pas pour le cas du moins dans notre pays de contrainte légale de les suivre, ou d’empêcher des tiers de les imposer.
    Ces lois existent sans doute et leur application pose à l’esprit de l’homme des interrogations nouvelles auxquelles les réponses se font attendre.
    la foi endossée comme une armure contre la loi est dangereuse.
    La loi habitée de la violence contre la foi engendre la division d’un pays, d’un peuple ou d’une civilisation.
    L’histoire contemporaine de cette co habitation foi et loi contrastée ou divisée dans leur exercice, partagé ou départagé diversement, est la pire des difficultés du vivre ensemble d’une société qui perd ses marques ou qui cherche ses repères, fluctuants ou superficiels !

  • Nous pourrions peut-être simplifier ? Sans l’idolâtrie nous n’aurions aucunes dérives. Mais dans la faiblesse de l’homme, s’exprime bien souvent, un dialogue entre l’homme et Dieu.
    Reconnaissons que nous avons toutes libertés. Au point de devenir exclave de celles-ci.
    Allons nous, nous battre pour la vie ou pour cette liberté ?
    Dieu seul le sait.

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