Idéologie des "gender"

"La féminité n’existe pas !"

par Gérard Leclerc

mardi 31 mai 2011

Hier, je terminais mon intervention sur un souhait. Que le féminisme se concentre non sur une idée de fatalité biologique mais s’interroge sur la grâce d’être femme. Si j’en crois les informations qui me sont parvenues ces jours derniers, un tel souhait risque, demain, de me valoir de graves ennuis, et il conviendrait que j’aille me recycler en classe de première pour apprendre la théorie des genders en cours de SVT (Sciences de la Vie et de la Terre). La féminité n’existe pas, c’est un mythe souvent pernicieux, au mieux une construction arbitraire. Madame de Beauvoir avait déjà doctement expliqué qu’on ne naissait pas femme, on le devenait. C’est aujourd’hui une certitude scientifique que l’on va marteler dans le cerveau de nos grands adolescents. Ils ne pourront pas y échapper. Les services du ministre de l’Education nationale, Monsieur Luc Chatel, imposent pour l’an prochain l’enseignement obligatoire des genders. Et si vous exprimez un avis contraire devant le professeur, vous aurez un zéro pointé. Et si vous avez l’audace d’exprimer un avis négatif sur la place publique — qui sait ?- une nouvelle législation mitonnée à l’enseigne de l’homophobie vous enverra en prison. J’exagère peut-être parce que je suis en colère et m’insurge contre une décision proprement totalitaire que j’associe à ce que Georges Orwell appelait la police de la pensée.

La théorie des genders est un instrument idéologique aux mains d’une caste universitaire qui veut l’imposer au monde entier depuis des années. Elle est née aux Etats-Unis et a traversé l’Atlantique, au point de s’imposer l’an dernier dans le programme obligatoire de Sciences Po. Et j’avais déjà protesté. Qu’on l’impose dans le secondaire défie l’imagination. J’ajoute que la dite théorie a aujourd’hui du plomb dans l’aile dans les milieux mêmes où on l’a inventée et diffusée. On s’aperçoit un peut tard qu’il est extrêmement dangereux de faire de l’arbitraire pur la clé de l’humanisation. Ce n’est pas seulement l’identité sexuée qu’on abolit mais notre humanité tout court. Pierre Legendre l’a montré : sans les interdits qui nous structurent, nous devenons inhumains. Assistera t-on à l’insurrection de l’esprit contre cette folie ?

Messages

  • Pour votre information,j’ai entendu parler du "gender" pour la première fois à Washington en 1988 lors d’une conférence de 3 jours destinée à des bailleurs de fonds concernés par la recherche agricole tropicale internationale, pays pour lequel la France est très présente. Curieusement, un exposé sur le gender a été introduit dans la conférence. Aucun européen présent n’avait entendu parler auparavant du gender et la traduction simultanée était elle-même de mauvaise qualité, l’interprète ne comprenant pas bien de quoi s’agissait-il.
    En conclusion, il nous semblait que l’orateur venu des Nations Unies militait pour qu’il y ait davantage de femmes dans les centres de recherche agricoles dans les pays pauvres, ce qui pouvait être dit plus simplement. Nous avions eu vraiment l’impression de faire l’objet d’une manipulation !

  • On a souvent critiqué la phrase de Simone de Beauvoir "on ne nait pas femme mais on le devient" comme un déni de la féminité mais après réflexion et lecture du Deuxième sexe, je pense que l’on peut aussi comprendre cette phrase non pas comme un déni de la féminité mais comme la construction de la féminité. Oui on nait fille/femme physiquement mais cela se construit, la féminité se construit tout comme la masculinité dans l’altérité sexuée et dans notre relation avec notre propre sexe dans l’enfance. C’est dans sa relation à sa mère et à son père que la féminité de la petite fille se construit tout comme la masculinité pour le petit garçon. Cen n’est pas parce que l’on nait fille que l’on devient femme cad que l’on se sent femme, de graves blessures commises à l’égard de notre identité sexuée peuvent empêcher sa construction.

  • Je partage l’analyse de "Béa" qui rend justice à la phrase de Simone de Beauvoir, mais je pense aussi qu’il ne faut pas être naïf sur les objectifs des promoteurs de la théorie du genre.
    En prolongement à Simone de Beauvoir dont le trait se justifie par le contexte combattif de son époque, on pourrait dire que c’est les 2 : "on naît fille,on devient femme", de même qu’"on naît garçon, on devient homme". Un peu comme la graine qui devient fleur puis fruit avec le temps, le soleil, l’eau et la bonne terre.La biologie n’est en effet pas tout, mais elle est cette graine que nous n’avons pas choisi,et à partir de laquelle nous nous construisons ; elle n’est pas suffisante, mais elle est nécessaire . Pour devenir femme, on a besoin en plus d’un cheminement personnel, du regard des autres ...et de celui des hommes en particulier !Idem côté masculin.
    Je pense que l’ambition pour nous les femmes, de se construire indépendemment,indistinctement, voire contre les hommes nous mène dans le mur, et vice-versa.Je souscrit au dicton "La femme est l’avenir de l’homme",comme "l’homme est l’avenir de la femme ? encore faut-il qu’il y aie des hommes et des femmes !
    Si des progrès nombreux restent encore à faire dans les regards et les relations hommes femmes vers plus de respect et la non domination (qu’elle soit patriarcale ou matriarcale, car la domination féminine existe aussi...) je ne pense pas que l’avenir heureux soit assuré par ceux qui veulent déconstruire la différence entre les genres.
    Reconnaissons l’apport des penseurs de la construction de la féminité et de la masculinité, mais ne soyons pas dupes : Les auteurs et promoteurs de la récente théorie du genre ont l’ambition de nous offrir ..." des lendemains qui chantent",méthodes éprouvées à l’appui ( table rase du passé fût-il biologique, éducation scolaire injonctive, etc...) mais qui sont tout sauf la voie du bonheur !!!

  • cela promet bien du souci pour beaucoup : par exemple que fera l’homme qui voudra chanter en soprano pour faire plaisir à son petit ami et la femme aura-t-elle une voix de ténor ou basse à l’opéra pour respecter le gender ?
    comme l’écrivait Aldous Huxley dans "le meilleur des mondes" , puisque les couples sont naturellement stériles, on les fabriquera en laboratoires, un produit comme un autre !!!

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