La faute de Donald Trump

par Gérard Leclerc

mardi 15 octobre 2019

© Gerd Altmann / Pixabay

L’attention générale se porte en ce moment, et à juste titre, sur l’offensive turque en Syrie, à la suite du retrait militaire américain décidé par Donald Trump, qui commet sans doute ainsi une des plus graves fautes de sa présidence. C’est une catastrophe pour les Kurdes, qui se sont courageusement battus contre l’État islamiste. La presse nous informe des dégâts déjà causés par l’artillerie turque, qui s’attaque même aux civils. La France et l’Allemagne qui ont suspendu leurs ventes d’armes à Ankara ne peuvent pas grand-chose d’autant que leurs partenaires européens ne les ont pas encore suivis. Comment s’opposer à une puissance qui fait toujours partie de l’OTAN ? Une organisation qui s’est contentée de demander à M. Erdogan d’agir « avec modération ». On comprend la réplique grinçante d’un commentateur en colère : « C’est comme si on avait demandé à Hitler d’envahir modérément la Pologne ! »

Des guerres sans fin ?

Le président américain n’a pas tort de s’opposer aux « guerres sans fin », mais ce sont bien les États-Unis d’Amérique qui ont pris la lourde responsabilité de déstabiliser toute une région très sensible à l’équilibre mondial. On a rappelé à ce propos l’opposition formelle de Jacques Chirac à l’offensive américaine en Irak décidée par George W. Bush. Nous n’avons pas fini d’en subir les conséquences catastrophiques. Mais en l’espèce, Trump ajoute au désordre et à la déstabilisation par une initiative inconsidérée à l’encontre des Kurdes qui furent ses alliés contre l’État islamique.

Chaos

Précisément, c’est l’ennemi djihadiste qui risque de profiter de la situation avec la désorganisation de la coalition qui s’était formée entre Kurdes, Américains et Européens. Un retour en force de l’État islamique n’est pas improbable. Plutôt que d’arrêter les guerres, comme le veut Donald Trump, son initiative risque d’en relancer une nouvelle. On se souvient des polémiques intenses qui, en France même, avaient opposé partisans et adversaires de la politique américaine, car Jacques Chirac se trouvait face à une opposition favorable à la guerre. Cette opposition croyait briser l’islamisme. C’est le chaos qui s’est produit et qui se perpétue, pas seulement en Syrie. Il importe de suivre avec attention ce qui se passe en ce moment au Burkina Faso avec le risque d’un effondrement du régime.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 15 octobre 2019.

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