La confession

par Marie-Christine Renaud d’André

jeudi 2 mars 2017

Un jeune prêtre est appelé au chevet d’une femme âgée sur le point de mourir, bien qu’on lui ait dit qu’elle était athée. Celle-ci demande à rester seule avec le prêtre, afin de lui raconter un secret qu’elle n’a dit à personne. Celui d’un amour platonique qu’elle n’a jamais pu oublier. C’était pendant la dernière guerre, dans une ville de province, où elle vivait seule avec sa fillette, son mari étant prisonnier de guerre.

Dans le bureau de poste où elle tra­­vaille, ses collègues, uniquement des femmes, ne parlent que du nouveau jeune curé qui vient d’arriver, le père Léon Morin. Intriguée, la jeune Barny, qui est communiste militante et athée, décide de se rendre à l’église, afin de le provoquer. Dans le confessionnal, elle lui assène que «  la religion est l’opium du peuple  ». Le père Morin ne se braque pas et entame une discussion avec elle, lui proposant même de venir au presbytère, afin qu’il lui prête un livre. Ce seront les Évangiles…

On n’attendait pas le réalisateur et scénariste de plusieurs films policiers (Le convoyeur, Cortex, Gardiens de l’ordre) dans un film aussi profond, intimiste et spirituel, même s’il avait signé récemment Made in France, sur la radicalisation des djihadistes, dont la sortie a été annulée, en raison des attentats de janvier 2015.

En adaptant librement le roman autobiographique de Béatrice Beck, le cinéaste, qui ne fait pas un remake du film Léon Morin prêtre, de Jean-Pierre Melville, avec Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva, sorti en 1961, ni du téléfilm de Pierre Boutron, avec Robin Renucci et Nicole Garcia, diffusé en 1991, a choisi de mettre en scène cette relation amicale et intellectuelle, qui a comme sujet Dieu, la foi, la conversion, etc.

Si la reconstitution de l’époque est bien faite, avec, en particulier, des scènes très réalistes au bureau de poste et une représentation nuancée de l’occupant – celui qui est affectueux avec les enfants, mais aussi celui qui, sous couvert de rendre service, tente de violer l’héroïne – le langage a été modernisé, voire simplifié, afin de le rendre accessible à tous (telle «  la charité  » remplacée par «  l’amour  »). Car ce film magnifique est destiné aux croyants comme aux non-croyants, tant les débats entre les deux héros sont aussi profonds que passionnants, sans jamais être didactiques.

L’interprétation est sensationnelle, avec un Romain Duris aérien, rayonnant, très crédible en prêtre soucieux du salut des âmes dont il a la charge, et une Marine Vacth aussi belle qu’intelligente. Tous deux sont les atouts d’un film brillant et non dénué de touches d’humour qui font réfléchir.

Le réalisateur l’avoue, le célibat des prêtres n’est pas le thème de ce film, mais plutôt la relation entre deux êtres habités par un idéal, religieux pour l’un, communiste pour l’autre, qui les pousse à se dépasser et à chercher la vérité.

Certes, on pourrait reprocher au prêtre une certaine imprudence, dans sa relation avec cette jolie femme, mais il se montre d’une belle fidélité à ses vœux.

Si les débats sont d’une haute tenue spirituelle, tout comme le magnifique sermon lors des obsèques des otages, on regrette que l’homme de Dieu ne soit pas davantage montré dans l’exercice de son ministère ou en prière. Mais c’est une réserve mineure. Cette histoire ardente propose une belle alternative à nos sociétés gangrenées par le consumérisme… ou la tentation du terrorisme !


Sachez qu’une cinquantaine d’avant-premières sont prévues ce dimanche 5 mars. Vous pouvez consulter les salles près de chez vous en cliquant ici.

Sortie : 8 mars 2017

Réalisateur : Nicolas Boukhrief

Avec : Romain Duris, Marine Vacth, Anne Le Ny, Solène Rigot, Amandine Dewasmes

Genre : Drame

Durée : 1h56

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La critique du père Denis DUPONT-FAUVILLE : « Un spectacle paroissial »

http://www.paris.catholique.fr/la-confession.html

Une appréciation cinéphilique bien sévère. C’est vrai que la haute tenue des dialogues et le huis-clos du presbytère ou du bureau de Poste fait penser à du théâtre. J’ai pensé à du Montherlant même ! Et alors ? Cela n’enlève rien à la qualité cinématographique de l’œuvre.

F.A.

La critique de Sr Nathalie Becquart, xavière

« La confession » ou le risque de la rencontre …

http://blog.jeunes-cathos.fr/2017/03/07/la-confession-ou-le-risque-de-la-rencontre/

La critique de Louis-Marie Picard

https://incandescentes.com/2017/03/09/critique-du-film-la-confession/?utm_content=buffer5bbbb&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer

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http://www.premiere.fr/film/La-Confession

http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=240878.html

https://www.ugc.fr/film.html?id=11394

https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Confession_(film)

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Le film LA CONFESSION de Nicolas Boukhrief, avec Romain Duris et Marine Vacth et distribué par SND, sera projeté ce dimanche 5 mars à 17h au prestigieux Centre Culturel Saint-Louis, à Rome, rattaché à l’Ambassade de France près le Saint-Siège.

60 prêtres et séminaristes du Séminaire Pontifical Français, ainsi que de de
nombreux prêtres et religieuses assisteront à cette séance.

A l’issue de la projection, Nicolas Jourdier, l’un des producteurs du film, répondra aux questions des spectateurs.

Le film est librement adapté du roman Léon Morin, prêtre de Béatrix Beck, Prix Goncourt 1952. Il sortira dans les salles françaises le mercredi 8 mars.


Romain Duris :

http://www.notretemps.com/loisirs/romain-duris-famille-rend-heureux-pas-succes,i135559?utm_content=buffer5d1d2&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer


http://fr.radiovaticana.va/news/2017/03/14/la_confession,_un_sacrement_qui_demande_prudence_et_humilit%C3%A9_/1298663

https://qe.catholique.org/confession/8080-comment-bien-preparer-une-confession

Pour aller plus loin :

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