La cause des femmes

par Gérard Leclerc

mardi 26 novembre 2013

Il y a de temps à autre des informations qui vous mettent durablement le blues à l’âme. Ainsi, c’était dimanche la journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes. Si l’on en croit les statistiques des Nations Unies, on compterait jusqu’à 70 % des femmes dans le monde confrontées à la violence physique ou sexuelle au cours de leur existence. Il est vrai qu’on éprouve quelque difficulté à interpréter un tel chiffre, si massif, si accablant. Pour se rassurer, on se dit que cette violence ne se rapporte peut-être pas à l’ensemble d’une vie, qu’elle peut être passagère, momentanée. On n’en est pas moins assez terrifié. Et l’on en tire l’idée qu’en ce début de XXIe siècle, la condition de la femme serait encore sous le sceau de la subordination, éventuellement violente.

Voilà qui rejoint le phénomène de la prostitution, dont on parle beaucoup en ce moment, à cause d’un projet de loi gouvernemental qui doit être discuté au Parlement ces jours-ci. Je ne suis pas convaincu par ce projet, qui donne à croire que c’est par un surcroît de répression que l’on pourrait venir à bout de ce fléau. Je parle bien de fléau, et de ce point de vue je n’ai pu approuver le manifeste du journal Causeur, où j’ai pourtant beaucoup d’amis. La prostitution est d’abord un système esclavagiste, souvent de nature mafieuse, qu’il faut combattre résolument. Mais c’est aussi un problème de misère sociale qui, pour être traité efficacement, réclamerait des moyens considérables pour la réinsertion de jeunes femmes qui n’ont pas trouvé leur place dans la société et dans l’économie.

Reste le respect dû à la dignité de la femme. Là-dessus, j’ai la faiblesse de croire que le christianisme, à l’opposé de ce qu’on dénonce souvent dans les religions, a puissamment servi la cause des femmes. En milieu chrétien, j’ai toujours appris à respecter les femmes comme ma propre mère et Marie, la mère de tous les hommes. J’ai constaté dans les familles chrétiennes une promotion féminine qui ne passait ni par l’idéologie ni par la lutte des sexes. Mais il faudrait y revenir sérieusement.

Chronique lue sur Radio Notre-Dame le 26 novembre 2013.

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