Un livre du père Georges Habra

La Transfiguration selon les Pères grecs

par Jacques Baudeau

vendredi 28 juillet 2017

Cette troisième édition de La Transfiguration selon les Pères grecs du Père Georges Habra préfacée par Monseigneur Pascal Gollnisch doit réjouir toute âme éprise de la Beauté divine. Loin d’être une spéculation intellectuelle, la réalité de la Transfiguration nous est très intime et intérieure : elle est une certaine vision de la divinité, une image du siècle à venir, un prélude à la venue glorieuse du Christ.

Le fidèle lecteur de France Catholique n’aura qu’à se reporter à l’article du 1er septembre 2006 (n°3036) qui lui offrira une biographie plus complète du Père Habra (1930-1994). Rappelons néanmoins que, né à Haïfa en 1930 d’une famille chrétienne de Palestine originaire d’Antioche, ville on ne peut plus importante dans laquelle fut pour la première fois donné le nom de « chrétiens » aux disciples du Christ, et de surcroît cité natale de saint Jean Chrysostome et de l’école d’exégèse littérale, le Père Georges Habra est devenu, selon les termes mêmes de Monseigneur Gollnisch, un « fin connaisseur de la patristique grecque ». Ordonné en 1955 dans le clergé de l’Église grecque catholique melkite, il a été successivement curé de Rafidia près de Naplouse en Cisjordanie de 1955 à 1970, vicaire de Saint-Julien-le-Pauvre à Paris et fondateur en 1986 de l’Association pour l’étude et l’enseignement des Pères de l’Église qu’il présida jusqu’à sa mort en 1994.

Relevons quelques éléments de comparaison entre le Père Habra et d’autres belles figures.

Deux grandes figures spirituelles peuvent être rapprochées de celle du Père Habra : Dom Jean de Monléon (1890-1981), moine bénédictin de l’abbaye de la Source à Paris et auteur de plusieurs ouvrages nourris, et de la tradition monastique occidentale, et davantage encore des Pères de l’Église ; et saint Padre Pio (1887-1968), capucin du couvent de San Giovanni Rotondo. Outre sa ressemblance physique avec le saint Padre Pio, c’est surtout le même « visage d’icône », reflet de la lumière intérieure, qui était remarquable ; telle était en effet l’expression du visage que retint Julien Green lors d’une liturgie que célébrait le Père Habra. Tout en gardant une certaine hiérarchie dans la sainteté, c’est faire justice au Père Habra et à Jean de Monléon de les rapprocher de la belle et sainte figure du Padre Pio, tous serviteurs de la tradition dans l’Église.

Le Père Habra et Jean de Monléon nous offrent donc un accès facile, comme peu d’auteurs le font, aux Pères et à la Sainte Écriture. N’ayant par nous-mêmes, sauf exception, ni le loisir ni la capacité de connaître toute la patristique, ils nous permettent de découvrir les textes sublimes de ceux qu’il convient d’appeler les plus grands génies de la littérature chrétienne, et qu’il nous serait difficile d’exhumer par nos propres efforts. « Par la bouche du Père Georges, écrit Bernard Marchadier, c’était, semble-t-il, l’Église éternelle, c’étaient des siècles et des siècles de foi chrétienne, c’étaient les grands pasteurs de toujours, les Chrysostome, les Augustin et Basile, qui semblaient se faire entendre. Un soir, un orage éclata tandis qu’il prêchait, les éclairs qui zébraient le vitrail de l’abside ajoutaient encore à la terrible majesté de son propos. Il faut dire que le père Georges était doué d’une véhémence naturelle qui donnait à ses homélies courtes mais sonores, une grande percussion. » Nul doute que les homélies prononcées par Padre Pio ou Dom de Monléon n’aient eu une puissance au moins égale à celles-là ! Combien d’heures aussi le Père Habra et Jean de Monléon ne consacrèrent-ils pas dans le même esprit que Padre Pio à la confession et à la direction spirituelle, et ce jusqu’à leur mort !

Qu’on se souvienne que le Père Habra imposait à ses pénitents la lecture et la méditation d’homélies entières de tel ou tel Père ; il en savait parfaitement le contenu et l’emplacement dans les ouvrages. Il avait comme Dom de Monléon répertorié les principaux thèmes des œuvres des Pères, la contemplation débouchant chez eux vers l’action.

Par ce que l’on connaît de la façon dont Padre Pio confessait le fidèle, il est aisé de constater la même unité de vue entre le Père Habra et le saint capucin. Le Père Georges ne voulait rien laisser dans l’ombre dans la conscience de ses pénitents, c’est pourquoi la confession pouvait durer longtemps. Tel un habile médecin, il savait employer tantôt le scalpel, tantôt le baume. Ce que Padre Pio voyait par grâce surnaturelle dans les âmes, le Père Habra le voyait par un discernement spirituel patient et méthodique, fruit de son ascèse, de son humilité et d’un grand désir du bien des âmes. Rien sans doute n’indignait plus ces deux prêtres que le mensonge et plus particulièrement au cours de la confession. Le frère Arni Decorte raconte dans son livre sur le Padre Pio cette anecdote significative : « Padre Pio exigeait que la jupe de ses pénitentes descende jusqu’à vingt centimètres en-dessous des genoux. Sinon, il ne les confessait pas. En mai 1966, il refusa de recevoir une princesse célèbre qui ne voulait pas appliquer ces règles vestimentaires (…) Une femme de Florence portait la mini-jupe chez elle à la maison, mais avait mis une jupe longue pour se rendre à San Giovanni et se confesser au Padre Pio. Celui-ci la chassa immédiatement en lui disant : ‘Est-ce que les étoffes sont trop chères pour que vous ne puissiez pas vous habiller comme il faut ?’ La femme, étonnée, lui répondit : ‘Mais mon Père, ma jupe dépasse les genoux !’ En effet, dit le Padre Pio, mais vous trichez ; chez vous, à la maison, vous portez la mini-jupe et ici vous vous donnez des airs de femme décente. Allez-vous en et revenez quand vous aurez allongé vos jupes ! » il exigeait que tous, hommes et femmes, se couvrent les bras à l’église (manches longues) et que les messieurs et les jeunes gens portent des pantalons. Il en était ainsi du Père Habra qui refusait l’absolution dans les cas où les personnes voulaient relativiser les vertus de pudeur et de modestie et continuer à fréquenter par exemple les plages ou les piscines, lieux où la femme perd la pudeur et la modestie la plus élémentaire et où l’homme tombe dans la concupiscence des yeux, tous deux péchant gravement en contrevenant au commandement du Christ. Si le pénitent ne voulait pas venir à résipiscence, l’absolution lui était refusée, et ce refus ne concernait pas seulement les péchés contre la pureté.

Leur lutte pour la défense d’une foi intègre dans une totale obéissance à l’Église caractérise également ces deux saints prêtres. Quelque temps avant sa mort, le Père Habra avait fait cette confidence : « Ma seule fierté, c’est d’avoir tenu bon dans la foi, de n’avoir ni pactisé avec l’erreur ni cherché à faire des concessions. » Il considérait cette résistance à l’erreur, en cette époque de grande confusion, comme la plus difficile et la plus redoutable des mortifications, supérieure à tous les cilices que l’on pourrait s’imposer.

Enfin, il n’est pas difficile non plus d’imaginer l’osmose de pensée entre ces trois belles figures, sur la haute valeur qu’ils accordaient à l’amitié. Tout en étant un homme de contact, Jean de Monléon, dit-on, était un moine austère que la solitude ne gênait pas. On peut dire la même chose du Père Habra qui tout en ayant soif de véritables amitiés spirituelles vivait dans un cadre quasi monastique, comme a si bien su l’évoquer Jean-Paul Besse : « Il fallait le rencontrer dans son logis austère et pauvre, parfumé d’encens athonite et de mélodies byzantines, sous le masque mortuaire de Pascal, pour saisir la grandeur solitaire d’une âme que désolait la futilité hédoniste et triviale de notre époque. Son enthousiasme, suscité par les pages byzantines de Léon Bloy ou une homélie de saint Jean Chrysostome, qu’il chantait dans le texte original sur les tons grecs, était vite communicatif… »

Le père Derobert rapporte que le Padre Pio, le jour de sa mort, est apparu par multilocation à chacun de ses fils spirituels prêtres, ultime témoignage de son amour paternel. Le père Habra, dans le même sens, souhaitait que tous ses fidèles amis soient aussi attachés les uns aux autres que les nerfs le sont aux os : « Nos membres, écrit saint Jean Chrysostome, ne sont pas resserrés les uns aux autres par les enlacements des nerfs, autant que les apôtres étaient unis les uns aux autres par les chaînes de l’amour. » Le même Père de l’Église nous invite, comme le faisait le père Habra, à « étendre le filet de l’amour autour de nous et à jeter l’hameçon de la sympathie. » L’amitié n’est-elle pas, selon Platon, la vertu politique la plus excellente, puisqu’elle permet d’établir l’harmonie entre les hommes ? Cette dilection fraternelle perdure depuis la mort du Père, dans le groupe qu’il avait su faire germer au creuset de sa foi et de sa charité, et de son infatigable effort à faire orner les âmes de toutes les vertus (les activités du groupe et de l’Association pour l’étude et l’enseignement des Pères de l’Église peuvent être connues sur le site aeepe.fr).

La Transfiguration selon les Pères grecs

En préambule à la présentation de l’ouvrage sur La Transfiguration selon les Pères grecs, laissons Monseigneur Gollnisch s’exprimer : « L’étude du père Habra est une lumière dans ces heures obscures » où, le patrimoine matériel des chrétiens d’Orient étant de plus en plus détruit, il faut à tout prix sauver le patrimoine immatériel dans lequel s’inscrit l’œuvre du Père, témoin vivant de la spiritualité orientale, « pont, écrit-il, entre l’Église grecque et l’Église latine » par sa double culture orientale et occidentale. Fidélité à l’Écriture, à l’enseignement des pères, au magistère de l’Église ; emprunts fréquents à la littérature classique : Platon, Pascal, Shakespeare, Dostoïevski, Baudelaire, etc ; voilà ce qui caractérise l’œuvre du père Habra. Pour lui, le véritable théologien est celui qui éclaire l’intelligence et échauffe le cœur, qui élucide la parole de Dieu et la fait aimer. La morale n’est pour lui autre chose que le dogme vécu, elle est comme chez Platon suspendue au Souverain Bien, et qui plus est un Souverain Bien surnaturellement connu et surnaturellement aimé. « Les vertus, écrit-il, sont devenues chez les Pères rien moins que l’imitation du Dieu incarné, réalisées en nous par l’Esprit saint Lui-Même. » Un journaliste avait défini ses trois tomes de Du Discernement spirituel sur les vices et les vertus de « traité de morale qui donne le moral », par les multiples remèdes qu’il prodigue tout au long de ces ouvrages. Comme les lecteurs de Jean de Monléon ont généralement dans leur bibliothèque l’ensemble de ses ouvrages parus, ayons le même zèle à posséder l’ensemble des œuvres du Père Habra publiées aux Éditions du Jubilé ou à compte d’auteur. Grand bienfait pour nos âmes !

Quels sont les thèmes théologiques et spirituels que suggère le mystère de la Transfiguration ?

Qui s’est transfiguré : le Christ ou les apôtres ?
Il faut avant toute réponse établir le lien entre la Transfiguration et le mystère de l’Incarnation.

Quelle fut la raison de l’Incarnation du Christ ? « Lui, de condition divine, ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais s’anéantit Lui-même, prenant condition d’esclave et devenant semblable aux hommes. S’étant comporté comme un homme, Il s’humilia plus encore, obéissant jusqu’à la mort et la mort de la croix. » (Philippiens 2, 7) Mystère profond qui fait dire à saint Athanase que la raison de l’Incarnation, c’est nous-mêmes, nos transgressions. Au moment où le Christ s’est incarné, les hommes avaient porté à son comble l’effet du péché originel par lequel après la chute, nous nous étions détournés de la contemplation des choses divines pour nous tourner vers la beauté sensible : « notre corps et toutes les choses sensibles », préférant honorer la créature plutôt que le Créateur. Les Juifs se détournaient de Dieu, interprétant la Loi selon leur volonté, et les païens s’enfonçaient dans une idolâtrie effrénée. C’est alors que le Christ, le Philanthrope comme il est souvent nommé dans la liturgie byzantine, s’est fait homme, prenant une chair comme la nôtre, suprême ruse du Christ qui veut élever le regard de l’homme vers Lui et le détourner de l’idolâtrie. Saint Jean Chrysostome écrit que la nature humaine était devenue une prostituée au sens étymologique « Pro » et « Statuere », c’est-à-dire placer en avant de soi ce qui nous obnubile. Les hommes littéralement fuyaient Dieu, c’est alors que le Christ, l’Image du Père, a voulu, en prenant la nature humaine, restaurer l’image de Dieu qui avait été souillée en l’homme. Rien de plus beau pour illustrer cette action divine que cette phrase de saint Irénée : « Il s’est fait ce que nous sommes pour que nous devenions ce qu’il est ». Venant dans le monde « avec douceur et sans fracas » comme l’écrit saint Jean Chrysostome, non pour juger mais pour sauver, le Christ se fit de la chair une « tenture », un voile qui dissimulait sa divinité dont les hommes n’auraient pu supporter l’éclat. Il voulait, en tant qu’ami véritable, attirer à Lui le regard des hommes et élever lentement leur esprit par la transcendance et l’unicité de sa beauté morale ainsi que par ses miracles, vers la divinité cachée dans son corps et se faire connaître comme l’unique Dieu, comme Lumière. Dieu est en effet Lumière, étant selon saint Basile, à la fois la source de la connaissance et le plus haut objet de la connaissance.
Il est bon de rapporter les paroles que tient saint Jean Chrysostome sur le sujet et que le Père Habra insère dans le second tome de son dernier ouvrage sur La Foi en Dieu incarné. Il y a dans ce texte selon le Père « en même temps que la plus pure sève biblique, la plus audacieuse, une tendresse infiniment virile » : « Dieu a-t-Il désiré une prostituée ? _ Oui, une prostituée, je veux dire notre nature (…) Mais l’homme désire une prostituée pour devenir débauché, tandis que Dieu désire une prostituée pour en faire une vierge : de sorte que le désir de l’homme est la perdition de celle qui est désirée, tandis que le désir de Dieu est le salut de celle qui est désirée. – Celui qui est si grand, pourquoi a-t-Il désiré une prostituée ? – Pour devenir un époux. Que fait-Il ? Il n’envoie pas les Chérubins, Il n’envoie pas les Séraphins, mais Lui-même vient, amoureux passionné. Encore une fois, lorsque tu entends parler d’amour passionné, ne songe à rien de sensible. Cueille les pensées à partir des expressions, comme une abeille excellente voletant sur les fleurs, recueillant la cire et laissant les herbes de côté. Il désira une prostituée. Et que fait-Il ? Il ne l’amène pas en haut – car la prostituée ne voulait pas aller au ciel – mais Lui-même descend ici-bas. Il vient chez la prostituée sans éprouver de confusion, Il vient dans sa cabane. Il la voit alors qu’elle se trouve en état d’ivresse. Et comment vient-Il ? Non pas dans son essence nue, mais Il devient ce qu’est la prostituée, Il ne prend pas sa corruption mais sa nature, afin qu’en Le voyant elle ne soit pas frappée d’effroi, ne se sauve pas et ne s’enfuie pas. Il vient chez la prostituée et devient homme. »

Comment ne pas être bouleversé par le ton de cette homélie et surtout par l’impressionnant message d’amour du christ ? Dans quel esprit se doit-on de fêter la Transfiguration au cœur de l’été, le 6 août ? Quel est le but de notre vie, sinon d’être jugé digne de la bienheureuse vision face à face avec le Christ, dès cette vie ? Or, on peut se demander si aujourd’hui, où le mode de vie est largement peccamineux, on n’est pas ramené en pire au temps du Christ. Ne le fuit-on pas comme autrefois ? Il y a aujourd’hui même idolâtrie de l’argent et des plaisirs, tout particulièrement pendant l’été où le culte du corps est magnifié. On le sait par la tradition, et les Pères le soulignent particulièrement : « Dieu, écrit saint Grégoire de Nazianze, se montre dans la mesure où nous sommes purifiés ». Ne doit-on pas plutôt craindre et nous dire pour n’avoir pas recherché correctement la vraie lumière cette autre parole du même saint : « Un tel verra comme feu Celui qu’il n’a pas connu comme lumière ».

Quelle conclusion à apporter ?

Première réponse : aucune Transfiguration n’a lieu dans le Christ, car Sa chair a toujours été transfigurée dès le premier instant de son Incarnation. En effet, il y a dans ce mystère, par l’union hypostatique, union réelle entre les deux natures, divine et humaine, sans confusion ni séparation, la chair recevant alors l’illumination de la divinité comme un charbon devient ardent par la communication du feu.

Seconde réponse : pour tous les Pères grecs, la Transfiguration est celle des disciples eux-mêmes, et consiste en une certaine perception mystique de la divinité du Christ à travers le voile de la chair, « car la puissance divine, dit saint Basile, a paru à travers le corps humain, comme une lumière à travers des membranes transparentes, brillante pour ceux qui ont les yeux du cœur purifiés. » La Transfiguration n’étant pas un jaillissement de lumière sensible, il fallait aux apôtres un regard transfiguré par la puissance de l’Esprit saint.

Pourquoi le Christ a-t-il voulu accorder à ses disciples le privilège incomparable de cette vision extraordinaire ?

Le père Habra en donne plusieurs raisons. Il insiste sur la présence de Moïse et d’Élie, le Christ voulant montrer qu’Il n’était ni un transgresseur de la loi ni un usurpateur de la gloire divine : Moïse ayant été le promulgateur de la Loi et Élie, le grand défenseur de l’unicité divine. Le Christ voulait aussi montrer qu’Il avait la puissance sur la vie et sur la mort en prenant là encore comme symboles un mort célèbre et un vivant illustre. Il voulait montrer, comme beaucoup le prenaient pour Élie ou l’un des prophètes, qu’Il était plus que prophète puisque l’entouraient les deux plus grands d’entre eux. Mais la principale raison est qu’Il voulait exprimer aux apôtres sa sympathie avant Sa passion, « sympathie » devant être ici entendue dans son sens premier qui renvoie à la compassion ou à la notion de condoléance. Il voulait remplir ses apôtres de la vision de Sa gloire, de «  Sa divinité triomphant de l’infirmité de la chair » selon les paroles de saint Grégoire de Nazianze. Il voulait qu’au moment de sa crucifixion, ses apôtres se souviennent de cette gloire qu’Il leur avait montrée sur la montagne, qu’ils ne désespèrent pas et que selon la voix du Père qu’ils avaient entendue, ils se persuadent que tout se passait selon Sa paternelle volonté. Voici ce que dit à ce sujet la liturgie byzantine citée par l’auteur : « Tes disciples contemplèrent ta gloire, ô Christ notre Dieu, autant qu’ils en étaient capables, afin que, lorsqu’ils te verraient sur la croix, ils comprennent que ta Passion était volontaire et proclament à la face du monde que Tu es en vérité le reflet de la splendeur et de la gloire du Père ».

Quel lien entre la Transfiguration et la Rédemption ?

Ce qui vient d’être souligné montre le lien profond qu’il y a entre le mystère de l’Incarnation où Dieu s’est fait chair par amour des hommes et le mystère de la Rédemption par Sa volonté de les sauver en donnant sa vie. Dom Guéranger remarque que la liturgie a bien inscrit ce lien entre la Transfiguration et la croix, puisque la fête de l’Exaltation de la Sainte Croix a été fixée quarante jours après la Transfiguration.

Que nous sachions, à la suite des Apôtres, faire l’ascension du Mont Thabor en passant par les trois degrés de la vie mystique : la purification, la contemplation et l’illumination. Que cette montée spirituelle nous tienne en haleine tous ces jours de l’été, jusqu’à l’illumination, cette vie unitive qui est le terme le plus élevé où, sortant de tout ce qui se voit ainsi que de nous-mêmes, nous entrons dans la ténèbre supra-lumineuse dans laquelle Dieu fait sa retraite.

Bonne et sainte lecture !

« Gloire à Dieu pour toutes choses ! » (dernières paroles de saint Jean Chrysostome).

Messages

  • Je me permets pour votre information de signaler comme pendant spirituel à cet ouvrage, la première traduction en français de Jean Romanidès (1927-2001), sans aucun doute le plus grand théologien grec du XXe siècle, " Théologie empirique ", paru l’an dernier aux éditions L’Harmattan dans la collection "contrelittérature"..

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