Traduit par Aurélie

La Sainteté de Mère Teresa : la Sagesse au-delà du séculier

par Mary Poplin

lundi 25 avril 2016

Maintenant que la Bienheureuse Mère Teresa va devenir une Sainte, il était évident que de vielles critiques allaient ressurgir. Elles ne datent pas d’hier. Christophe Hitchens, le « représentant par excellence de l’athéisme », les a « vulgarisées » pour un public sélectionné du milieu des années 90. Un « chercheur » canadien n’a fait que reprendre ces « critiques », dans la rubrique Opinion du New York Times la semaine dernière. On retrouve dans ces accusations les conditions non hygiéniques des centres, les traitements cachés au public, l’amour de la pauvreté, les gens peu recommandables qui lui donnaient de l’argent et la façon dont elle l’utilisait.

William Doino Jr a donné une des réponses les plus claires à ces accusations il y trois ans, et, bien sûr, la Congrégation pour la cause des saints les a également étudiées.

Cependant, je veux aller au-delà de ces critiques et expliquer que notre défi en tant que chrétiens est de comprendre les choses d’un point de vue différent. La pensée chrétienne suppose une rationalité plus grande qui ne contredit pas la vraie rationalité du monde séculier, mais qui va au-delà. Le monde est rationnel, mais il est aussi spirituel. Il y a des lois spirituelles qui transcendent les lois basiques de la logique. Elles sont souvent révélées par la vie de personnes comme Mère Teresa. Ils savent comment vivre leurs vies différemment.

Je travaillais en tant que bénévole dans une des maisons pour enfants de Mère Teresa en 1996 et je n’ai vu aucune des conditions que j’ai lues dans les critiques. Je ne nie pas que quelqu’un, quelque part, dans un des Centres, n’a pas oublié une fois de rincer une seringue. Mais pensez aux erreurs terribles que font les hôpitaux modernes. De toute façon, il faut bien comprendre que les Centres ne sont pas des hôpitaux. Mère Teresa a insisté sur le fait que les Centres étaient des centres religieux.

Il y avait des sœurs qui avaient des diplômes d’infirmière ou de médecine, et également des docteurs volontaires. Quand les enfants étaient dans un état grave, les sœurs les emmenaient aux urgences des hôpitaux. Néanmoins, Mère insistait pour que ces centres servent dans un but religieux, pas dans un but social.

Mère Teresa et les Missionnaires pensaient que chaque personne qu’elles soignaient était « Jésus dans la détresse dissimulée du pauvre » (cf. Mt. 25 : 34-40). C’est une réalité spirituelle, une qui n’est pas accessible à la logique humaine séculière, bien que laïcs et chrétiens sont d’accords sur le fait que le pauvre devrait avoir accès aux soins médicaux.

Les Missionnaires de Mère étaient également différentes d’une autre façon puisqu’elles ne demandaient jamais d’argent, ni ne prenaient l’argent du gouvernement (ou du Vatican). C’était interdit par leur Constitution. Elles pensaient que si elles faisaient le travail de Dieu, ce serait Son bon coeur qui subviendrait à tous leurs besoins. Au malheur de leurs critiques, c’est ce qu’Il fit de façon abondante.

A cause de la foi déterminée de Mère que Dieu lui donnait, elles ne vérifiaient pas les sources des dons privés. Et pourquoi auraient-elles dû ? Duvalier et Keating étaient des donneurs comme les autres. Ils voulaient peut-être une photo avec elle, mais comme beaucoup d’autres milliers de personnes.

Deux principes bibliques expliquent comme de telles sommes ont fait leur chemin dans les centres religieux de Mère Teresa. Au verset 11 du chapitre 13, les Proverbes disent : La richesse mal acquise diminue, mais celui qui amasse peu à peu l’augmente. C’est précisément ce qui s’est passé dans le cas de Charles Keating, qui a donné à des clients qui n’ont pas été suspectés des taux d’intérêts très élevés. Au verset 22 du chapitre 13 des Proverbes, on nous dit : L’homme de bien a pour héritiers les enfants de ses enfants, mais les richesses du pécheur sont réservées pour le juste, et au chapitre 28, verset 8 : Celui qui augmente ses biens par l’intérêt et l’usure les amasse pour celui qui a pitié des pauvres.

Les chrétiens sont appelés à un charisme particulier ou un travail inspiré par l’Esprit Saint. L’appel spécifique de Mère Teresa était de servir le plus pauvre des pauvres, ceux pour qui même les services pour les pauvres sont souvent indisponibles. Elle ne devait pas secourir les sinistrés, ce pour lequel elle fut critiquée. Elle était très frugale par nature, puisqu’elle avait grandi dans la pauvreté elle-même après la mort précoce de son père.
Elle voulait des centres dans le monde entier. Aujourd’hui, il y a plus de 700 centres dans 131 pays.

J’étais avec Mère Teresa à Calcutta lorsque l’ouvrage d’Hitchens est paru, juste après le film très critique de la BBC. J’ai eu l’opportunité de parler de ce sujet avec Mère, et, m’efforçant de lui rappeler cet incident, elle répondit, ‘Oh ce livre. Ce n’est pas important. L’auteur est pardonné. » Les sœurs et elle obéissaient simplement au commandement du Christ qui dit de pardonner inconditionnellement.

Certains disent que ne pas pardonner, c’est comme boire du poison en espérant que ce soit l’autre personne qui meurt. Les sœurs ont lu ce livre, prié et jeuné, elles ont examiné elles-mêmes chaque erreur et en sont restées là. Elles ne prêtaient pas attention à cette hostilité qui venait de cet auteur.

Dans les dernières années de sa vie, Mère focalisait son attention sur une seule personne à la fois. Les Missionnaires sont comme un homme qui lance désespérément une étoile de mer dans la mer alors que son ami ne cesse de lui dire que c’est inutile, étant donné le nombre étendu sur la plage. Il a simplement pris une autre étoile, l’a lancé et a dit : ça avait de l’importance pour celle-ci.

Mère n’était pas intéressée par les grands programmes, elle voulait seulement s’occuper de chaque personne abandonnée, des personnes blessées, que ce soient des petits enfants jetés dans des poubelles ou des personnes âgées abandonnées sur le bord de la route pour les laisser mourir. La souffrance était leur destin. Vous ne pouvez pas rester longtemps à proximité de la pauvreté de Calcutta et ne pas voir le désespoir qui l’entoure. Elle avait de l’estime pour la persistance du pauvre, leur simplicité et leur honnêteté. Elle n’aimait pas leur souffrance, sinon elle n’aurait pas œuvré aussi ardemment pour les soulager.

Chaque chrétien qui vit sa foi en profondeur sait que la souffrance peut engendrer la vertu et que les gens qui souffrent peuvent être les plus généreux. Mère était un exemple parfait de cela. Elle souffrait à cause des nuits noires spirituelles et d’affections physiques. Plus elle souffrait, plus elle accomplissait des choses et plus les gens venaient à elle pour l’apercevoir, lui parler ou la toucher. C’est la manière chrétienne de souffrir, pour la gloire de Dieu et la rédemption des autres.

C’est inutile, même si les critiques ne le savent pas, de la juger sur les standards de l’humanisme séculier. Son appel et sa vie existait à un autre niveau, un niveau supérieur.

Jeudi 7 avril 2016

Mary Poplin, une nouvelle collaboratrice du Catholic Thing, est professuer à la Claremont Graduate University, en Californie et auteur des livres, Finding Calcutta : What Mother Teresa Taught Me et Is RealitySecular ?

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