La Pologne et nous

par Gérard Leclerc

jeudi 6 février 2020

Petite-Pologne
© Bronisław Dróżka / Pixabay

La visite accomplie par Emmanuel Macron en Pologne a permis, en l’espace de quelques jours, de reposer la question de nos relations avec ce pays, auquel tant de liens historiques et affectifs nous rattachent. Le but du président français était de surmonter les divergences entre les deux pays en tenant un discours résolument positif : « Sur chaque grand dossier européen, il ne peut pas y avoir d’accord durable et viable si la Pologne et la France ne travaillent ensemble. » Donc, en dépit des critiques répétées de Bruxelles à l’égard du gouvernement de Varsovie, en dépit de l’attitude conciliatrice de la diplomatie française à l’égard de la Russie de Vladimir Poutine, le climat est au rapprochement. Et pour tous ceux qui gardent au cœur l’amour de la Pologne, patrie de saint Jean-Paul II, c’est un sujet de satisfaction.

Que l’on revienne précisément au temps de Jean-Paul II, dont l’avènement en 1978 marque un extraordinaire retournement de situation et l’on peut s’étonner et même s’attrister de la façon dont la Pologne s’est éloigné de nous. Avec quelle attention passionnée n’avons-nous pas suivi les événements qui ont amené la chute du communisme, avec les voyages triomphaux du pape et l’épopée de Solidarnosc. Beaucoup d’entre-nous ont coopéré avec la résistance polonaise, convoyant des aides matérielles dans toutes les régions du pays. Ce fut le moment aussi de faire meilleure connaissance avec une culture et une littérature qui nous faisait comprendre l’âme d’un pays, celui de Mickiewicz et de Cyprian Norwid cher à Karol Wojtyla.

Je me suis moi-même investi à l’époque, en publiant au moins deux livres sur le sujet, essayant de rassembler tout ce qui à travers l’histoire, dès le Moyen Âge, nous avait rapprochés, Polonais et Français. J’ai été heureux de lire lundi dans Le Figaro, une belle page signée Laure Mandeville qui n’hésite pas à parler d’une histoire d’amour, même si elle est compliquée. Le général de Gaulle, souhaitait ardemment que cette histoire se poursuive et professait que, dans notre intérêt supérieur, il fallait que « la Pologne soit forte ». Certes, la Pologne dirigée par le parti Droit et Justice est très loin d’une certaine culture libérale-libertaire dominante en Europe. On parle d’une position conservatrice chrétienne, très éloignée de la France des réformes dites sociétales. Mais n’est-ce pas le bien commun du continent qui exige que notre histoire commune se poursuive ?

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 6 février 2020.

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