La Nouvelle Ève

par le P. Michel Gitton

jeudi 29 juillet 2021

L’Assomption de la Vierge, 1637, Guido Reni (1575–1642).

La fête du 15 août nous apprend beaucoup de choses sur l’Au-delà, sur cette vie qui sera un jour la nôtre quand le Seigneur reviendra.

Elle nous montre d’abord que le temps, le temps qui marque si profondément notre condition humaine sur terre, ne sera pas complètement aboli au Ciel. Certes il sera très différent de ce que nous expérimentons aujourd’hui, où le présent nous file entre les doigts sans que nous ne puissions rien en retenir, que des souvenirs destinés eux aussi à périr. Mais si l’Assomption de la Vierge Marie a un sens, c’est bien que Marie est en avance sur tout le monde (excepté son Fils) : son admission au Ciel est survenue un jour de notre histoire, sans attendre la parousie, et sa béatitude anticipe la nôtre. C’est donc qu’il y a une succession, que note d’ailleurs saint Paul à propos du Christ quand il déclare : «  Tous recevront la vie, mais chacun à son rang : en premier, le Christ, et ensuite, lors du retour du Christ, ceux qui lui appartiennent.  » Il y a des instants successifs. Notre bonheur éternel sera donc une accumulation de joies et non pas un instant immobile. «  Nous irons, dit saint Grégoire de Nysse, de commencement en commencement, jusqu’à des commencements qui n’auront pas de fin.  »

Distinction homme-femme

Nous trouvons aussi dans la fête de l’Assomption une puissante lumière sur le sens de la distinction homme-femme. Jésus notre Sauveur représente parfaitement à lui seul l’humanité sauvée, pourquoi a-t-il voulu reproduire au Ciel le couple originel, de manière à ce qu’il y ait, à côté du nouvel Adam, la nouvelle Ève ? N’est-ce pas une démonstration très parlante du fait que c’est le duo homme-femme qui constitue l’image de Dieu, et non pas l’homme seul, comme le laisse déjà entendre la Genèse (1,27). Donc, loin de disparaître comme relatives seulement à la reproduction, la féminité et la masculinité sont promises à un bel avenir. Dans leur beauté retrouvée, elles marqueront la grandeur du projet de Dieu sur l’être humain. 

Messages

  • Marie respiration de l’été à l’heure où les aérosols sont pollués par le virus, ou les polluants auxquels nous sommes soumis par nos faiblesses.
    Marie respiration de la vie dans l’eau, la terre, la lumière et l’espace ouvert de toute la création divine qui nous environne et que l’été permet de côtoyer le temps d’une sortie familiale.

    Marie ressource d’intériorité dans une vie chamboulée, agitée et fébrile qui laisse que peu de place à la méditation personnelle.

    Marie sublime rencontre de ceux qui nous sont différents, et nous apportent leur singularité.

    Marie étoile d’un ciel visité par de nombreux chercheurs qui se laissent fasciner par l’immensité d’un univers inconnu, imprenable, souverain.

    Marie nous ajoute à notre destin la foi d’un autre monde qui nous attend, nous séduit et donne sens à notre précarité humaine, incomplète, insatisfaite et en demande.

    Marie Pâques de l’été disaient les anciens qui scrutaient le ciel pour visiter la terre et lui désirer ces grâces qui font défaut à nos ambitions terre à terre !
    Jubilons avec Elle, Désirons le ciel des âmes éternelles, dans un monde où la mort guette aujourd’’hui les plus fragiles et les vulnérables !

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