La Miséricorde selon François

par Gérard Leclerc

mercredi 2 septembre 2015

Deux informations se sont croisées hier, en provenance du Vatican. La première concerne les pouvoirs de pardonner les fautes concernant l’avortement, qui, lors du jubilé de la Miséricorde, seront accordés à tous les prêtres. Il faut savoir, en effet, que la règle veut qu’eu égard à leur gravité particulière, ces fautes relèvent habituellement de l’autorité de l’évêque, seul habilité à déléguer le pouvoir de donner l’absolution. La seconde information, toujours dans le cadre de la future année jubilaire, concerne les prêtres de la Fraternité saint Pie X, qui seront eux aussi habilités à confesser validement, en dépit de leur situation irrégulière par rapport à l’Église. Selon leur sensibilité, les médias privilégient l’une ou l’autre information. Pourtant, ce sont bien les deux qui sont à prendre en considération pour comprendre la personnalité singulière du pape François et ce qu’il entend vraiment sous le terme de miséricorde.

Bien sûr, ses prédécesseurs avaient beaucoup insisté sur cette thématique centrale du christianisme qui est en totale connivence avec l’action rédemptrice du Christ, qui veut sauver tous les hommes. Jean-Paul II a institué un dimanche de la Miséricorde, qui était la conséquence directe de son enseignement, par ailleurs très marqué par la spiritualité de sainte Faustine, elle-même très proche du message transmis à sainte Marguerite-Marie lors des apparitions de Paray-le-Monial. Mais il y a une hantise chez François de ces masses d’hommes et de femmes, qui vivent loin de la pratique habituelle des sacrements dans des situations difficiles par rapport aux normes évangéliques. C’est à ces masses qu’il veut s’adresser pour montrer que Dieu n’est pas indifférent à leurs misères et que l’Église a pour mission de leur transmettre son appel à travers la tendresse miséricordieuse qu’elle doit leur manifester.

En même temps, le pape n’a pas peur de s’adresser aussi à ceux qui sont en rupture avec la doctrine de Vatican II. C’est un geste audacieux qu’il accomplit à leur égard et qui montre que son ministère d’unité est capable de braver certaines règles. Voilà de quoi méditer en tout cas, afin de se préparer à ce jubilé pour le coup vraiment extraordinaire.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 2 septembre 2015.

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