La France des saints

par Gérard Leclerc

lundi 21 novembre 2016

Actualité encore bien pleine, ce week-end, avec la primaire de la droite en France, mais aussi la clôture de l’Année de la miséricorde à Rome et dans tous les diocèses du monde. Mais c’est d’un événement qui s’est déroulé samedi à Avignon dont j’ai envie de parler, parce qu’il nous sollicite d’une façon particulière. C’est, en effet, une figure du Carmel qui s’est trouvée distinguée avec la béatification du père Marie-Eugène de l’Enfant-Jésus. Une figure bien de chez nous, si j’ose dire, mais en même temps de rayonnement universel. Il était né Henri Grialou en Aveyron le 2 décembre 1894 d’une famille très modeste, et il est décédé à Venasque dans le Vaucluse le 27 mars 1967, au terme d’une vie religieuse extrêmement dense.

Un jour, le grand théologien suisse Hans Urs von Balthasar, au terme d’une conférence mémorable à Notre-Dame de Paris, avait conclu par un éloge de la France des saints et des mystiques. C’est en offrant au monde entier ses saints que notre pays, à son avis, s’était montré le plus exemplaire. Le bienheureux père Marie-Eugène de l’Enfant Jésus s’inscrit en plein dans cette tradition où le Carmel s’est particulièrement distingué avec ses figures inoubliables. Comment ne pas lui associer, de ce point de vue, sainte Élisabeth de la Trinité, qui était, elle, de Dijon et qui a été canonisée récemment ? Ces grandes âmes mystiques nous branchent sur l’essentiel que pourrait résumer le seul titre de l’ouvrage fondamental du père Marie-Eugène : Je veux voir Dieu !

Oui, c’est tout de même le cœur de la Révélation chrétienne, qui ne consiste pas d’abord dans une morale mais dans une certitude, qui est celle de l’appel de Dieu en nous. Ce qu’on appelle morale dans cette perspective se confond avec la vie que Dieu nous donne. J’ai souvent noté que dans les écrits de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus, le mot morale n’apparaît jamais. La raison en est simple. L’ambition de l’âme mystique est de participer, en quelque sorte, aux mœurs divines. Pour cela, il s’agit de se laisser entraîner par l’Esprit Saint jusqu’à la présence de Dieu en nous. Je veux voir Dieu ? C’est toute l’ambition des mystiques.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 21 novembre 2016.

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