Traduit par MTDC

La Foi et l’Évolution sont-elles irréconciliables ?

de David G.Bonagura, Jr

mercredi 12 novembre 2014

« La vérité ne peut contredire la vérité, » tel était l’enseignement du Pape Léon XIII, et telle est l’approche de la religion catholique concernant la science et la révélation de Dieu. Il n’y a pas une seule vérité scientifique qui contredise la Parole de Dieu. Si les choses du monde naturel ont été créées par un Dieu tout puissant et qu’elles révèlent sa présence, alors elles doivent aussi être en accord avec ce que Dieu a révélé le concernant lui-même et l’univers à travers la sainte Tradition et l’Ecriture sainte.

Parfois des découvertes scientifiques nouvelles peuvent sembler mettre en cause notre compréhension religieuse du monde, ainsi, lorsque nous avons appris que le soleil – et non la terre – est au centre du système solaire. Ce fait non seulement ne réussit pas à minimiser la centralité de l’être humain dans la création de Dieu ( dogme qui était sensé être contesté à cette époque-là), mais il ajoute même une nouvelle perspective concernant une autre vérité de la révélation : à savoir que le Christ, décrit dans l’iconographie pieuse des premiers chrétiens comme le soleil, est le centre véritable et la source vivante de la création et de nos vies.

Il est donc inutile de déclarer – comme un biologiste l’a affirmé récemment dans le New York Times- que la science et la religion sont irréconciliables. Nous ne devons pas non plus concéder que la science et la religion appartiennent à des domaines (des magistères) qui ne se chevauchent pas, et traitent respectivement, l’une des faits et l’autre des valeurs. Les « faits » naturels scientifiques sont plutôt le fondement rationnel sur lequel repose la révélation surnaturelle et ses « valeurs. ». Il est évident que l’objet de la science est différent de celui de la foi, ce qui justifie leurs différences inhérentes, mais, avec Saint Jean Paul II, nous le savons, il n’y a « aucune justification pour une quelconque concurrence entre la foi et la raison : chacune contient l’autre, et chacune a son propre champ d’action. »

Plus que toute autre théorie scientifique actuelle, celle de l’évolution a été une attaque virulente contre l’explication judéo-chrétienne des origines humaines. De l’affichette qui décore les voitures et représente, avec des pattes, le symbole chrétien du poisson, (souvent avec en plus, « Darwin » écrit dessous), jusqu’au dernier article du Times qui essaie d’expliquer pourquoi la foi et l’évolution sont incompatibles, certains partisans de l’évolution ont déclaré publiquement que leur version de la genèse de l’humanité est correcte et que la Genèse n’est qu’une histoire qui ne tient pas debout.

Concilier les défis de la théorie de l’évolution et les origines de l’humanité sont des questions cruciales pour l’Eglise, qui enseigne infailliblement que les êtres humains sont faits à l’image et à la ressemblance de Dieu, qui les a dotés directement, chacun, d’une âme immortelle. (L’Eglise n’a jamais enseigné comment ceci s’est produit parce-que cela ne nous a pas été révélé.) Certaines théories de l’évolution (il y a plusieurs variantes) contredisent cette vérité en affirmant que l’existence de l’humanité est un accident matériel résultant d’une mutation génétique, non de l’intervention divine. De telles théories doivent être considérées comme incomplètes parce qu’elles excluent Dieu du processus de la création.

La déclaration de Saint Jean Paul II est célèbre : l’évolution est « plus qu’une hypothèse », cependant dans le même discours il a montré les problèmes que posent certaines approches philosophiques de cette théorie. Mais laissons de côté les mérites de la théorie de l’évolution elle-même. Le biologiste du Times donne trois raisons pour lesquelles l’évolution requiert l’abandon de la foi judéo-chrétienne en la création. Ces raisons, qui dépendent de conclusions relevant de l’humain plus que de la science elle-même, trouvent leur réponse dans leurs propres termes.

Premièrement, l’argument de l’auteur est qu’ « un processus entièrement naturel et non dirigé, - à savoir, une variation aléatoire plus une sélection naturelle » - justifie la complexité des organismes qui, apparemment, requièrent un concepteur surnaturel et intelligent. Même si nous tenons cela pour vrai, ce « phénomène entièrement mécanique et statistiquement puissant, exclut seulement une création Deus ex machina dont se réclament certains fondamentalistes par une mauvaise interprétation de la Bible. Cette méthode n’exclut pas une création physique de Dieu par une causalité secondaire, le modus operandi normal (la façon d’agir normale) de Dieu dans le monde. Quant au supposé hasard, Saint Jean Paul II a enseigné que, - aux yeux de Dieu, il n’y a pas de coïncidences.

Deuxièmement, l’auteur insiste sur les liens phylogénétiques entre différentes espèces. Mais ce fait, lui non plus, n’exclut pas Dieu du processus de la création. Pour le moins, l’extraordinaire différence entre les manières de vivre des humains et celles des autres primates ayant les mêmes structures d’ADN (les chimpanzés se posent – ils souvent la question de leurs propres origines ?) indique l’existence d’une âme humaine infusée dans les humains par Dieu - ce qui fait la différence entre l’homme et la bête. Cet auteur a raison sur un point : « On n’a jamais trouvé aucun trait littéralement surnaturel dans l’Homo Sapiens ». La biologie évolutionniste seule ne peut mesurer l’âme immortelle, qui est un produit de Dieu, non une création matérielle.

Finalement, le problème du mal se pose par un retournement du raisonnement évolutionniste : la prédation, la maladie et la mort sous-entendent que les humains « sont le produit d’un processus naturel et totalement dénué de sens moral, qui ne révèle aucunement un créateur bienveillant qui maîtriserait la création. ». Pour proposer, ne serait-ce qu’une brève réponse, les efforts des humains - de tous temps, dans toutes les cultures et religions - pour trouver un sens à la souffrance et pour donner des codes moraux à la procréation, montrent qu’il y a bien plus dans ces animaux rationnels que simplement leur nature animale. Les biologistes ont essayé de trouver un « gène moral » mais le sens et la morale transcendent les limites de ce que n’importe quel autre animal au monde peut faire. Il est étrange qu’une espèce, qui est supposée avoir été générée par un hasard dénué de sens, soit naturellement poussée à rechercher la finalité de toutes choses.

Avec toutes nos excuses à notre professeur de biologie, ses étudiants et ses lecteurs n’ont pas à abandonner leur foi en la création judéo-chrétienne à la lumière de l’évolution. Au moins, par rapport aux trois critiques qu’il expose, il n’y a rien dans la science de l’évolution actuelle qui exclut que Dieu ait créé les humains et leur ait donné une âme. Au lieu de cela, notre professeur devrait peut-être réexaminer sa propre foi en l’évolution telle qu’il l’a interprétée à travers une lentille intentionnellement athée.

Source : http://www.thecatholicthing.org/columns/2014/are-evolution-and-faith-really-irreconcilable.html

Illustration : TIME magazine : 4 Novembre 1996.

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