Chronique n° 405 parue dans F.C. – N° 2019 – 6 septembre 1985

LES APPARITIONS

À propos d’un roman de Jean-Pierre Tennevin, « Le Bronze et les Taons »

lundi 26 septembre 2016

On va donc, paraît-il, « renforcer l’étude des langues régionales ». Excellent. Enfin, les Français vont pouvoir discuter d’un problème garanti insoluble.

Personnellement, je suis entré dans le monde, bercé par l’une de ces langues, le gavot de la Vallée de la Blanche. C’est une langue magnifique, inventée par mes ancêtres et rigoureusement intraduisible. Il y a deux mots pour dire un. En revanche, mon froid pays n’a pas de mot pour dire neige, car la neige qui tombe en flocons s’appelle neu, mais celle qu’emporte la tourmente se dit séia. J’attends de pied ferme le colonisateur impérialiste qui voudra m’imposer le dialecte de Mistral ou celui des Occitans, que je lis, certes, avec plaisir. Comme l’anglais.

Aux dernières nouvelles, on nous annonce que, pour les détails, seront nommées force commissions. Ah, la bonne heure ! En s’écharpant sur les détails, les commissaires découvriront peut-être la plus menacée de nos langues régionales, le français, encore vaillamment défendue par un menu fretin entêté qui, refusant de dire avec ses professeurs que l’on va « diligenter l’attention des élèves sur la praxis du dit et du non dit dans la problématique du travail », croit pouvoir proposer plutôt qu’on « mette ces paresseux au boulot » (« boulot » date du siècle dernier, mais « praxis » n’est pas français) [1].

I1 existe un moyen, et un seul, de défendre une langue, c’est de s’en servir pour donner des chefs-d’œuvre à la littérature [2]. Je vais donc apporter ma petite contribution en parlant d’un de ces chefs-d’œuvre qui vient de paraître, et que vous n’avez pas une chance sur cinquante mille de découvrir par hasard. Il est, en effet, édité par son auteur, que vous ne connaissez pas, parce qu’il est doublement entêté : il écrit dans la langue de Mistral sur la page de gauche, avec la traduction en bon français sur la page de droite. Et l’histoire qu’il nous raconte, qui pourtant appartient au patrimoine universel, n’a jamais été racontée.

Il s’appelle Jean-Pierre Tennevin [3]. Je ne l’ai jamais vu. Chaque fois que je le lis, il me semble le connaître, car il conte si bien qu’on ne saurait croire qu’il ait rien inventé. Mais c’est un effet du talent. Sa dernière histoire, en effet, ne peut lui être arrivée. Cela se saurait. Quelle histoire ? C’est très simple. Nous en connaissons tous quelques bribes. Nous avons tous là quelque livre ou quelque article sur Lourdes, Fatima, Garabandal, La Salette, ou autres lieux, où, un jour, se produisirent ces événements mystérieux qu’on appelle les Apparitions [4].

Cela concerne-t-il la foi chrétienne ? D’un côté, oui. « Partout où vous vous réunirez en mon nom, je serai parmi vous ». De l’autre, non : aucun de ces Événements n’est article de foi. Et l’on sait assez la prudence que toujours recommande l’Église en pareil cas, sa sage méfiance envers les révélations privées et les Secrets [5].

Alors, on est toujours sur sa faim. On brûle du regret de n’avoir pas été une fois témoin de tout, dans le détail. Non seulement des faits mais des états d’âme, surtout ceux de l’acteur principal, celui en qui se manifeste le Prodige. Si c’en est un... Pour alors se mettre à genoux... Si c’en est un. Mais qui peut le dire, quand l’Événement se produit ?

Après mûre réflexion, j’ai cherché et trouvé le numéro de téléphone de Tennevin. « Êtes-vous catholique ? », lui ai-je demandé. Voix amicale, chaleureuse, la voix de la poésie qui ne ment pas, comme disait Cocteau, timbrée de provençal et d’humour. « Je suis, dit-il, en substance, du côté de ces enfants. Ils disent leur vérité qui dépasse notre petite raison. La science ? Elle va du connu à l’inconnu. Mais, ici, c’est l’Inconnu, et pas d’échelle pour y grimper. L’inconnu, pauvre de nous ! Ce n’est pas avec la science que l’on peut entrevoir cette vérité-là. C’est la vérité du mystique. On ne peut qu’en écrire l’histoire, avec son cœur ».

C’est ce qu’il a fait, dans un grand roman en deux volumes. Et l’on est, dès les premières pages, saisi par cette vérité de la poésie, « plus vraie que la vérité », disait encore Cocteau. Le personnage central du roman (le narrateur, celui qui dit « je ») est Rémy Rambert, professeur dans un petit lycée de province soixante-huitard très ordinaire, avec ses militants perdus dans leur langue de bois, ses cyniques, ses rêveurs roublards, ses potaches qui s’ennuient, sa pagaïe, les parents angoissés ou furieux, les programmes qui vont cahin-caha, les réunions où l’on palabre en pensant à autre chose, les rumeurs de la petite ville [6]. C’est dans ce milieu on ne peut plus banal et réfractaire que Tennevin choisit de faire apparaître le prodige. M. Rambert n’est en effet qu’en apparence le personnage central.

Parmi les élèves du lycée, il y a une petite réfugiée vietnamienne, Christine. Silencieuse, modeste, pieuse, entre ses heures de classe elle garde le troupeau de sa famille adoptive. Cela rappelle des souvenirs, n’est-ce pas ? Je ne raconterai pas l’histoire toute simple, mêlée à dix autres histoires, comme dans les grands romans de Zinoviev [7], que l’art de Tennevin rappelle souvent.

Tennevin ne va pas du connu à l’inconnu, mais du familier au mystérieux. M. Rémy Rambert a son histoire personnelle qui le prépare à deviner ce qu’il ne comprend pas. Sa passion est l’archéologie. Près de la petite ville, en effet, il y a deux mille ans, se sont affrontés les Romains, les Cimbres, les Teutons. Il fouille secrètement le site discuté de cette bataille. Les mandarins de l’archéologie sont très jaloux de leurs conjectures, tenues pour le dernier mot de la vérité. Mais lui, Rambert, sait bien ce qu’il en est, grâce à une certaine statue de bronze antique, découverte dans des circonstances étranges, et qui semble posséder encore de dangereux pouvoirs.

Tout en fouillant, tout en s’occupant tendrement de la fillette mystique, Rambert médite sur les réalités surnaturelles que nous avons appris à ne plus voir et, de temps en temps, il en tire quelques strophes d’un grand poème. Pourquoi le sens du monde nous reste-t-il caché ? M. Rambert, qui n’est pas chrétien, sait reconnaître les mouvements de la vraie foi dans l’âme de la petite Vietnamienne. Une longue expérience des illusions rationalistes et de ses rejets péremptoires a depuis longtemps éveillé son attention aux signes que nous fait le Grand Inconnu, qu’il appelle le Démiurge.

Ah, ce Démiurge aux desseins obscurs ! Pourquoi l’homme, sa créature, ne comprend-il rien aux signes qu’Il nous fait, qu’Il nous fait peut-être ? Se désintéresse-t-Il de nous ? Vision pessimiste que M. Rambert confie à son poème, entre deux fouilles :

« Quand d’un éclat de son tonnerre
« Jaillissant de Sa volonté
« Il eut répandu dans l’abîme
« L’univers tout juste inventé,
« Quand de la vie encore à naître
« Le Démiurge eut semé le grain
« Lourd de la promesse multiple
« D’évolutions renouvelées...
« De ce monde il se détourna
« Pressé qu’il était de forger
« D’autres mondes, d’autres machines
« Qu’Il larguait dans l’immensité ».

Oui, mais... Tout ne semble pas dit dans le Big Bang ainsi décrit. Il y a aussi Christine [8], la petite visionnaire, simple, ignorante qu’elle est un personnage classique de la Foi, discrète, si souveraine. Elle va jouer son rôle et s’effacer dans sa petitesse. Nous revoilà dans la si banale cour du lycée où, un jour, provoquant l’affolement général, s’est manifestée une autre lumière, la même sans doute.

M. Rambert, le narrateur de Tennevin, a une connaissance approfondie des Apparitions historiques. Il devine comment cela va tourner. Christine la silencieuse sait qu’il sait. Elle sait aussi que cette connaissance ne suffit pas. Le peu de mots qu’elle lui dit ont la sublimité de la vérité où la seule intelligence n’atteint pas.

Tennevin est un conteur exemplaire. Il sait, par les simples moyens du roman, sans que se relâchent jamais l’impatience et l’angoisse du « suspense », conduire son lecteur au seuil des sentiments les plus obscurs et des idées les plus difficiles, sans jamais s’y engager lui-même, sans dissertation. Son livre est de ceux qu’on ne lâche plus dès qu’on y pénètre. Un enfant peut le lire sans sauter un paragraphe et sans s’y perdre. Il sera prêt ensuite à comprendre, avec le sentiment de l’avoir déjà lu, l’exode de saint Jean, puits de la métaphysique chrétienne « Il est venu parmi les siens, et les siens ne l’ont pas connu... En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes. La lumière a lui dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont pas reçue... »

Combien de nous souhaiteraient parfois avoir vécu les temps apostoliques, dans la foule de Tibériade, au Sermon sur la Montagne, à la résurrection de Lazare ? II nous semble que nous, nous aurions compris, et que, comme Thomas, nous croirions, ayant vu. Vaine et complaisante songerie ! Ceux qui ont vu avaient été choisis pour être là. Ils ont vu. Et quelques-uns seulement ont compris, voilà ce que l’on doit se rappeler.

Le petit monde du lycée d’Alimont aussi a vu, avec le même résultat. Ou bien peut-être n’a-t-il pas très bien regardé ? Sans contraindre son lecteur à accepter (ou rejeter) une interprétation préalable, Tennevin nous raconte l’histoire de la petite Christine d’un cœur droit, qui sait aller au vrai sans se laisser lui-même deviner. C’est le secret du talent littéraire, quand il est grand. On suit, haletant, l’auteur parmi les arcanes les moins visitées de l’âme et peut-être un peu au-delà du monde de la Grâce où le Démiurge est caché, mais non invisible.

Et on reste étonné de ne presque rien savoir de l’auteur lui-même. Il s’identifie au narrateur qui, après nous avoir fait visiter le mystère, nous rend à notre liberté et retourne à la fiction littéraire sur une boutade, une blague étymologique, comme il sied à un professeur. Voilà qu’on éprouve pour Rémy Rambert les sentiments d’un vieil ami. On passera le voir sur son chantier de fouilles d’Alimont aux prochaines vacances, entre Rhône et Fontaine de Vaucluse, pour lui poser un tas de questions, c’est promis. Mais où sont Alimont et son lycée ? Du côté de Pampérigouste, dans l’esprit de l’auteur qui s’est longuement raconté, sans presque rien livrer de lui. Ce qui est bien le propre de l’écrivain à vocation universelle.

Je ne sais si la page de gauche contribuera à sauver le provençal. Celle de droite, qui n’en est que la traduction, entre dans le trésor des belles histoires de la littérature française. Pour y occuper une place jusqu’ici vide (a).

Aimé MICHEL

(a) Jean-Pierre Tennevin : Le Bronze et les Taons, 2 vol, 170 F, chez l’auteur […] [9].

Quand on est fier et entêté de sa vieille langue, on s’édite soi-même, à ses frais. Soit. Mais je ne comprends pas qu’aucun éditeur parisien n’ait encore mis la main sur l’œuvre de Tennevin pour sa page de droite, dût-elle être un peu léchée par un spécialiste (à peine quelques provençalismes), comme c’est le cas pour beaucoup d’auteurs célèbres [10].

Chronique n° 405 parue dans F.C. – N° 2019 – 6 septembre 1985


Notes de Jean-Pierre ROSPARS du 26 septembre 2016


[1L’appétit de l’Éducation Nationale pour le jargon n’est donc pas nouveau. L’an dernier, dans un projet de programme scolaire de sport on a pu lire que les collégiens apprendraient dorénavant à « se déplacer de façon autonome, plus longtemps et plus vite, dans un milieu aquatique profond standardisé », ce que le vulgaire appelle « apprendre à nager dans une piscine ». L’élève y trouvera l’occasion de « mobiliser des ressources » comme : « Construire des points d’appuis (sic) efficaces favorisant un déplacement fluide. Maîtriser un effort associé à une respiration “aquatique”. Prendre des informations sur soi pour favoriser un déplacement efficace et économique. Accepter les conditions particulières de l’apprentissage de la natation : peur de l’eau et exposition du corps au regard. » Les collégiens devront aussi « créer de la vitesse » afin de « l’utiliser pour réaliser une performance mesurée, dans un milieu standardisé » (http://cache.media.education.gouv.fr/file/CSP/04/3/Programme_C4_adopte_412043.pdf).

Dans un document de 2001, il est question d’« une activité duelle de débat médiée par un volant » (aurez-vous reconnu le badminton ?) et, dans un autre texte de 1993, d’« une activité de déplacement d’un support flottant sur un fluide » (ah oui ! le canoë-kayak !) Il faut dire qu’on aime bien se moquer des « pédagogistes » et qu’on relève leurs perles avec délectation ! On a tort parfois, ainsi quand ils utilisent une expression, certes un peu curieuse de prime abord, comme « instrument scripteur » ou « outil scripteur » pour désigner collectivement les crayons, stylos, feutres, etc. que les enfants doivent apprendre à manier. Ou encore lorsqu’on leur attribue faussement l’usage d’un « référentiel bondissant » au lieu d’un ballon. D’ailleurs, selon Régis Debray, qui a toujours le mot pour rire, on ne doit plus parler de parents d’élèves mais de « géniteurs d’apprenants » ! (http://www.lemonde.fr/education/article/2015/05/16/vraies-et-fausses-perles-du-jargon-de-l-education-nationale_4634634_1473685.html#BOGfBdmTG7DyRSMf.99).

[3Nous avons déjà rencontré l’écrivain Jean-Pierre Tennevin dans la chronique n° 280, L’âme perdue – Racine est-il le Freud du XVIIe siècle ? (25.11.2013). Aimé Michel y accuse Racine d’avoir préféré « la perspective maniaque et étouffante de l’alcôve », « l’obsession du sexe » à l’interrogation « sur le mystère et la solitude de l’homme, sur l’immensité de l’univers » et du « monde intérieur » et d’avoir ainsi cantonné la littérature française ultérieure dans le « petit », à l’exception de Hugo et de quelques écrivains mineurs. Tennevin lui avait dit son désaccord à l’époque (1977) dans une lettre aujourd’hui perdue. Comme je lui demandais des précisions, il me répondit par une longue lettre (reproduite en annexe de la chronique citée ci-dessus) qui commence par ces mots : « Ce jugement péremptoire sur Racine est le seul point où j’ai divergé d’opinion avec Aimé Michel, et cela me fait de la peine, bien qu’il ne s’agisse que d’un détail de son immense pensée. ». Toutefois ce plaidoyer se limite à Racine et ne discute pas l’autre interrogation soulevée par Aimé Michel sur une certaine frivolité « séculaire et obstinée » de la littérature française…

[5Les exemples de cette prudence de l’Église à l’égard de tout ce qui relève du merveilleux ou du miraculeux sont nombreux. Parmi les derniers en date, on peut citer le cas du Padre Pio qui fut longtemps en butte aux suspicions du Saint-Office, et celui de Marie-Aimée de Malestroit, dont le procès de canonisation fut interrompu en raison de manifestations d’illuminisme.

Aimé Michel s’est beaucoup intéressé à ces évènements en lien avec le mysticisme. On trouvera quelques liens à ce propos en note 5 de la chronique n° 301, Le Janus américain – L’Amérique des apparences et l’Amérique réelle, celle du travail (06.10.2014).

[6L’une des grandes qualités de ce roman est de ne jamais dissocier sérieux et humour. C’est que le méditatif Rémy Rambert pose un regard amusé sur toute chose. La description de la salle des professeurs au lycée d’Alimont, qui ouvre le second tome du roman, en donne un exemple. Elle fleure bon une époque, ici révolue : « On baigne dans l’odeur du tabac refroidi et de l’alcool du duplicateur. Ce duplicateur se détraque un jour sur deux, et quand il veut bien marcher, il crache l’encre comme une sèche en colère, ou bien il imprime des textes encore plus pâles que le derrière d’un ministre de l’Éducation Nationale », mais un peu moins là : « Sur les murs dépourvus de casiers et de fenêtres sont plaqués des tableaux de bois de format divers. Contre les plus petits on fixe des informations administratives : il y en a tellement qu’une poule n’y retrouverait pas l’acte de naissance de ses poussins ; les plus grands sont réservés aux syndicats, c’est-à-dire surtout à la politique, avec des proclamations incendiaires que trois ou quatre barbus piquent à coups de punaise d’un air aussi décidé que s’ils tiraient à la mitraillette. »

La plupart des professeurs sont à gauche « au moins les deux tiers, autant que l’on peut compter lorsqu’on élit les représentants du personnel ; sans cela on ne pourrait pas savoir, tant ils se taisent, à droite, terrorisés rien qu’à songer qu’ils pourraient passer pour ce qu’ils sont. Il ne s’en trouve qu’un seul, un seul, qui n’a pas peur de se montrer tel qu’il est, c’est le réactionnaire de l’établissement, toléré par les autres comme une espèce de décoration folklorique : cinquante ans, toujours coiffé d’un béret basque : lorsqu’il retire sa pipe pour grogner elle lui reste reliée aux lèvres par un petit fil de salive. (…) Il y a l’organisateur de pétitions qui vous assomme continuellement pour vous faire signer contre des scandales à crever le cœur, à condition qu’ils se produisent dans des pays victimes des Américains ; il y a la pleureuse qui se torture et se lamente parce que les “Grosˮ gaspillent des milliards à envoyer des fusées en l’air quand les petits Indiens meurent de faim. (Ils n’ont qu’à manger leurs vaches ! réplique le réactionnaire.) (…) Il y a aussi un long hareng-saur dédaigneux qui s’est desséché à décrocher l’agrégation et qui prépare une thèse sur un sujet couillon comme la lune pour devenir professeur de Faculté et gagner le double en travaillant moitié moins ; celui-ci ne peut laisser échapper un mot, soit sur la grammaire, soit sur le vacarme de l’autoroute ou à propos du temps qu’il fait, sans que ce soit à double sens sur les inégalités sociales ; il ne fréquente pas les autres, si on excepte une fille laide comme un péché, qui lutte ardemment pour les droits de la femme, et un gauchiste vieilli qui se croit encore en 1968. »

On comprend tout le parti que l’auteur sait tirer de l’improbable irruption d’une jeune mystique dans cet environnement !

[8Aimé Michel avait écrit « Thérèse », peut-être en pensant à Thérèse d’Avila et ses lévitations, à moins que ce ne soit à la jeune Thérèse de Lisieux…

[9Le titre originel de l’ouvrage est Lou brounze et li tavan – La divesso (la déesse, tome 1) et La Néblo (la nuée, tome 2) avec l’indication « Roman provençal ». Le mot « tavan », explique l’auteur, correspond étymologiquement au français « taon » mais il désigne d’autres insectes de grande taille sans s’étendre à tous les grands insectes. Dans son sens affectif il désigne « l’insecte bourdonnant et importun dont la présence crée une obsession… ».

L’œuvre de Jean-Pierre Tennevin est abondante : Lou mounde paralele, La vièio qu’èro mouarto (La vieille qui était morte), La countagien, Gracchus Bœuf e lis oilitan (l’oïlitan est un habitant des régions où on parlait la langue ou les langues d’oïl, c’est-à-dire le nord de la Gaule, puis de la France, et le sud de la Belgique). Une bonne partie de cette œuvre relève de l’uchronie et de la science-fiction. On en trouvera une intéressante présentation dans l’article de Pascal J. Thomas, Les Divergences provençales de Jean-Pierre Tennevin (http://revel.unice.fr/cycnos/?id=601) et dans celui d’Emmanuel Desiles, Interfaces, assimilations et séparations dans Le Grand Baus de Jean-Pierre Tennevin (https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01075598/document). Aimé Michel a écrit une recension de La vièio qu’èro mouarto dans Question de n° 15 en 1976 (http://www.aime-michel.fr/wp-content/themes/theme_am/pdf/la-vieio-qu-ero-mouarto.pdf). La plupart de ces livres sont disponibles sur Amazon, d’autres sont épuisés (c’est la raison pour laquelle l’auteur n’a pas souhaité que je donne l’adresse qu’Aimé Michel avait indiquée).

[10J’avoue ne pas avoir remarqué ces provençalismes.

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