LE RETOUR DE LA VIOLENCE

lundi 13 avril 2009

Si l’Etat a bien un rôle fondamental à jouer, c’est celui du maintien de l’ordre, car la sécurité est la seule manière de garantir l’intégrité des personnes et des biens et donc le droit à la vie ou le droit de propriété. Or, depuis des années, la violence se développe en France. Pas seulement la délinquance (vol, agressions à caractère crapuleux ou sexuel), mais la violence dans les rapports sociaux, dans la vie sociale en général. Il faut y voir l’impact des discours de lutte des classes, attisée par l’extrême-gauche et en particulier le NPA de Besancenot. S’il y a un exploiteur et un exploité, il est normal que les exploités se révoltent. Nous récoltons ce qu’un certain nombre de politiques et d’intellectuels ont semé.

Bien sur, il y a les casseurs professionnels, non pas des délinquants classiques, mais des militants anarchistes ou trotskistes. On les a vus à l’œuvre à Strasbourg. Certains de nos confrères ont cru constater qu’ils s’attaquaient aux « symboles du capitalisme », comme les grandes surfaces. Mais ils ont aussi détruits hôtels, pharmacie, ou tagué une église : tous de hauts lieux du grand capital ! Même scénario en Corse, où tous les prétextes sont bons pour défier l’ordre républicain.
Mais deux domaines méritent d’être cités. Il y a d’abord les violences dites sociales : dans les entreprises en difficulté, on s’attaque aux bâtiments, aux cadres et surtout aux PDG. La séquestration des PDG est un sport à la mode. C’est une atteinte fondamentale à un droit essentiel, celui de se déplacer librement et cela dénote une conception affligeante des questions économiques et sociaux : comme si une séquestration suffisait à résoudre un problème de fond.

Pourquoi nous étonner ? En dehors de cette culture de la lutte des classes, directement inspirée du marxisme, il y a aussi tous ceux qui mettent de l’huile sur le feu en déclarant « comprendre la révolte ». S’il y a une injustice, la solution est-elle de se faire justice soi-même, par la force ? Les syndicats sont parait-il embarrassés. Mais la CGT a une certaine tradition de violence, dont le port de Marseille, par exemple, fait régulièrement les frais. Le secrétaire général de FO condamne les violences de Strasbourg, mais les distingue des coups de force des salariés lorsque « la négociation est complètement coincée ». Si on distingue, c’est qu’il y a une bonne et une mauvaise violence !

Bien entendu, le sommet est atteint dans les universités. Depuis quelques jours, la mode est à la séquestration des présidents d’université, en majorité de gauche, mais pas assez à gauche pour nos apprentis révolutionnaires. Mais la violence est quotidienne. Blocage de l’entrée des facs, AG non représentatives votant à main levée, refus de toutes les procédures de vote protégé (internet, bulletin secret) : seuls les éléments conscientisés (ceux des AG) doivent s‘exprimer ; il y a des facs où aucun cours n’a eu lieu depuis le début du semestre, alors que dans les universités où l’on travaille, les cours sont pratiquement terminés ; commandos cagoulés détruisant le matériel pédagogique coûteux ; course après les non grévistes quand les universités veulent organiser des cours en dehors des lieux de blocage ; menaces physiques ou verbales ; nombreuses personnes extérieures aux universités, purs agitateurs professionnels.

Le Figaro a tenté une courte liste des problèmes les plus récents. Extraits : CA envahi à Toulouse II, un tribunal étant dressé pour que le président rende des comptes, portes et cloisons défoncées. Brest : agression du président par des personnes cagoulées. Perpignan : idem, avec des portes arrachées et propos racistes en prime. Lyon II : l’ancien président séquestré dans une salle de cours et sauvé par son successeur. Montpellier III : amphithéâtre dévasté. Brest : démontage des portes par des individus cagoulés avec des perceuses. Orléans : blocage des issues par des individus cagoulés, avec de la résine dans les serrures et mise à feu d’un chêne devant une entrée. Et ainsi de suite. Pendant ce temps, les étudiants étrangers s’en vont pour toujours. Et les contribuables paieront la facture.

Dans un état de droit, rien ne saurait justifier la violence.

Jean-Yves Naudet

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