LA CRISE DE L’ÉNERGIE

Le défi de la pénurie pétrolière est-il un épisode providentiel ?

lundi 10 décembre 2012

« Les pays ci-devant riches, a dit en substance le Shah d’Iran, vont devoir se serrer la ceinture. Désormais, la puissance appartiendra aux nations détentrices des sources d’énergie. » [1]

Voilà qui est net. Reste à savoir qui sont ces « nations détentrices des sources d’énergie ». A court terme, aucun doute ce sont celles qui produisent le pétrole. A long terme, ou plus justement à terme un peu plus long, ce sont les nations qui ont inventé les divers usages du pétrole et qui, s’en voyant privées, vont devoir apprendre à le remplacer.

La situation énergétique actuelle de l’Occident reproduit exactement la situation militaire de l’Amérique au lendemain de Pearl Harbour. L’Amérique, alors, dut se passer de sa flotte du Pacifique, envoyée par le fond. Elle n’eut plus qu’à construire une autre flotte, ce qu’elle fit sans tarder, non sans s’offrir en prime la bombe atomique qui, deux ans et demi plus tard, anéantissait le Japon.

Une frustration dangereuse

Je connais trois pays arabes, et un surtout, la Tunisie de Bourguiba, où j’ai pu voir ce qu’est une sagesse de vie depuis longtemps perdue par l’Occident. La dignité, le mépris de l’inutile, la confiance et la fidélité dans l’amitié, une certaine forme d’humour débonnaire, la pudeur, une juste appréciation des divers âges de la vie donnant leur vraie place, heureuse, aux enfants et aux vieillards, bien d’autres vertus encore mettant l’homme en accord avec lui-même, avec les autres et avec les aléas de la vie, tout cela qu’avait si bien vu un Massignon devrait être l’irremplaçable contribution des pays de l’Islam à la civilisation universelle en train de se chercher dans une hagarde crise d’enfantement [2].

N’est-il pas trop tard ? La fermeture contrôlée du robinet de pétrole répand en Occident une frustration capable à la longue de devenir n’importe quoi, y compris la haine aveugle génératrice de violence et de guerre.

Cependant, personne en Europe et en Amérique ne semble remarquer que, si les producteurs de pétrole éprouvent si peu de peine à décider de ne plus nous le vendre, c’est que cela ne les prive guère.

Il y aurait eu un moyen infaillible de prévenir leur stratégie du robinet, de la leur rendre même inconcevable : c’eût été de faire, à temps, en sorte que leur intérêt à nous le vendre fût aussi vital que le nôtre à le leur acheter. Le pauvre qui n’a rien à perdre à se croiser les bras, pourquoi travaillerait-il ? De quoi le menacera-t-on, qui ne le fasse rire ?

L’industrie pétrochimique, d’une formidable complexité, se développe tout entière en Occident, où elle fait vivre directement des millions de personnes, où surtout elle conditionne indirectement la survie de tout le monde, je dis bien tout le monde.

Le public ne voit que les autos en panne sèche et le chauffage central éteint. Il s’agit bien de cela ! Sans pétrole, tout disparaît de notre vie, même le pain, la pomme de terre et la salade. Tout le travail rural de l’Occident est mécanisé. Le cheval de trait a disparu, seul reste celui du PMU. [3]

Retourner au cheval ? Mais, premièrement, comment faire surgir du néant les millions de chevaux de trait depuis longtemps transformés en bifteack ? Ensuite, les trouverait-on, qui sait encore s’en servir ? Tout cela est du rêve, sans parler de la mutation sociale supposée par ce genre de reconversion, qui devrait renvoyer à la glèbe des millions de citadins incapables de reconnaître un champ d’orge d’un champ d’avoine.

La recherche d’un substitut

Si, au lieu de garder pour lui seul les richesses tirées du pétrole brut, l’Occident avait aussi construit sur place, dans les pays producteurs, les usines de matière plastique, de fibres synthétiques, de caoutchouc, de détergents, d’engrais, d’insecticides, qui risquent maintenant, chez lui, de tomber en panne, s’il avait, chez les peuples qui tiennent la main au robinet, créé des générations d’ingénieurs, de techniciens, de managers, de chercheurs, bref s’il avait développé les conditions technologiques et donc sociales et politiques de rapports égaux, ces peuples n’auraient jamais eu la possibilité matérielle de retourner sur nous la condition de dépendance où nous nous arrogions le droit de les tenir.

On peut avoir intérêt à couler un navire ennemi. Mais pas son propre navire !

Cela dit, la logique du Shah d’Iran, « la puissance aux nations détentrices des sources d’énergie », est inéluctablement destinée à susciter l’esprit de revanche de l’Occident. Toute la science de revanche va se trouver mobilisée à la recherche d’un substitut du pétrole.

Le Shah devrait avoir une-pensée pour les dix mille milliards de francs votés dans ce but il y a quelques semaines par le Congrès américain.

La guerre du pétrole, si elle est vraiment engagée, aura le résultat qu’a toujours eu ce genre de défi, par exemple le défi de l’espace lancé par les Russes en 1957 : quelques années plus tard, les Américains, d’abord déconcertés s’en allaient planter le drapeau américain sur la lune. Si le pétrole manque on trouvera autre chose, au prix, certes, d’un nombre indéterminé de dures années. Alors, les puits de pétrole deviendront une curiosité touristique.

Un épisode providentiel ?

Certains tiennent même déjà le défi de la pénurie pétrolière pour un épisode providentiel. En science, il va accélérer les recherches sur la fusion nucléaire, peu poussées jusqu’ici par manque de motivation. La domestication industrielle de la fusion, déjà réalisée en laboratoire à l’aide du laser, rendrait définitivement caduques toutes les autres sources d’énergie, puisqu’elle n’a besoin d’aucune matière première (seulement de l’hydrogène, dont chaque molécule d’eau contient deux atomes) et que son débit est illimité (c’est la source d’énergie qui fait les étoiles) [4].

Du point de vue politique, social, culturel, philosophique même, le défi du pétrole aura, s’il persiste, les mêmes conséquences accélératrices qu’une dure guerre mondiale, moins les morts.

A condition, sur ce dernier point, que l’Occident ne cède pas à la tentation de la paresse, c’est-à-dire de la violence. Ses seuls vrais défenseurs, ce sont ses savants et ses sages.

Aimé MICHEL

(*) Chronique n° 169 parue dans France Catholique-Ecclesia − N° 1 413 − 11 janvier 1974

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Notes de Jean-Pierre ROSPARS du 10 décembre 2012


[1Cette chronique a été écrite en janvier 1974, presque au terme de ce qu’on a appelé le premier choc pétrolier (1970-1974). Cette crise est survenue à ce moment là pour des raisons essentiellement économiques et accessoirement politiques.

Jusqu’en 1970 la production de pétrole était très supérieure à la consommation. Ainsi, en 1960, l’excès était d’environ 300 millions de tonnes, soit le tiers de la production d’alors, et le pétrole ne représentait que le tiers de la consommation mondiale d’énergie. En conséquence le prix du pétrole était bas et il baissait même en prix réel, c’est-à-dire exprimé en heures de travail, si bien qu’il resta aux alentours de 2 dollars le baril durant toutes les années 60 en dépit de l’inflation. Ce bas prix contribua à développer fortement l’usage du pétrole qui grimpa de 33% en 1960 à 46% en 1973, au détriment du charbon qui, lui, tomba de 50 à 30%. La demande dépassant l’offre, les pays producteurs se trouvèrent en position de force. En 1960, ces pays avaient formé l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole (OPEP). En 1970, l’OPEP comportait dix membres, contrôlait 85% de la production mondiale et était devenue, de fait, l’interlocuteur des grandes compagnies pétrolières internationales. Quand l’OPEP décida d’accroître l’impôt sur les compagnies pétrolières (1971) et d’augmenter le prix du baril (février puis décembre 1971 et juin 1973), ce dernier passa de 1,8 dollar (1970) à 2,9 dollars (juin 1973) soit une augmentation de 60% (le baril étant une unité de volume correspondant à 159 litres, cela mettait le litre de pétrole brut à moins de 2 cents).

La situation économique se compliqua alors de troubles politiques. Le 6 octobre 1973 la guerre du Kippour éclate. Le 16 octobre l’OPEP impose une première augmentation des prix de 70% puis le 23 octobre une seconde augmentation de plus de 100%. Le baril de brut léger d’Arabie bondit à 11,6 dollars. Les producteurs arabes décident d’utiliser le pétrole comme arme politique à l’encontre des pays industrialisés qui soutiennent Israël en pratiquant un chantage aux prix et aux quantités fournies et en décrétant un embargo contre les Etats-Unis et les Pays-Bas. Les pays industrialisés s’affolent. C’est de cette époque que date le marché libre de Rotterdam (dit « spot ») où se pratique parfois des prix excessifs, ce qui a pu encourager l’OPEP a accroître les siens.

Les cinq années suivantes les augmentations se poursuivent mais sont de bien moindre ampleur. Puis surviennent la révolution en Iran (1978) et la guerre entre Iran et Irak qui détruit des installations pétrolières. La part de ces deux pays dans la production mondiale chute de 14% en 1974 à 4% en 1981. C’est le signal d’une nouvelle crise, plus sévère que la précédente, avec une série de huit hausses consécutives de décembre 1978 à décembre 1981 : le prix du baril est multiplié par presque 3, ce qui correspond à une multiplication par 18 depuis 1970 ! C’est le second choc pétrolier. Il aura d’importantes conséquences car il entraîne la diversification des sources d’énergie primaire pour réduire la dépendance au pétrole, la diversification des approvisionnements pour réduire la dépendance à l’OPEP, la mise en exploitation du pétrole sous-marin et les investissements dans d’autres énergies car elles sont devenues soudain rentables… En conséquence la part des pays de l’OPEP dans la production mondiale baisse de 50% en 1979 à 30% en 1988. Les prix retombent à 15-20 dollars le baril et s’y maintiennent jusqu’au début du siècle. Puis de 2003 à 2008 les prix grimpent exponentiellement jusqu’à atteindre 140 dollars le baril avant de retomber brusquement à 40 dollars en 2009 puis de remonter les deux années suivantes. C’est le troisième choc pétrolier. Depuis 2011 les prix fluctuent aux alentours de 100 dollars le baril. Cette flambée du prix du pétrole n’est pas étrangère à la crise financière qui débuta en 2007 et à la crise économique actuelle avec ses multiples répercutions politiques et sociales. Cette évolution donne un avant-goût des conséquences d’une crise énergétique plus grave dans un avenir peut-être proche…

[2Louis Massignon (1883-1962) fait des études de lettres et obtient le grade de docteur ès lettres. Il entre à l’Institut français d’archéologie orientale du Caire en 1906. En 1907 et 1908 il est chargé de mission en Mésopotamie. C’est là, sur le Tigre, que le 3 mai 1908, il vit une expérience dont il n’explicita jamais la nature mais à laquelle il référa son évolution spirituelle. Il poursuit alors des recherches sur la mystique musulmane, en particulier sur al-Halladj à Constantinople et au Caire. En 1910 et 1912 il publie au Caire deux ouvrages d’archéologie et d’histoire. En 1914 il se marie et de 1917 à 1919 il est mobilisé en tant qu’officier adjoint en Palestine et en Syrie. En 1922 il fait paraître La Passion de Husayn Ibn Mansür Hallaj qui pose pour les chrétiens le problème de la grâce mystique en dehors du christianisme et pour les musulmans celui de l’intégration du message et du martyre d’al-Hallaj. Par la suite il devient un spécialiste renommé de l’Orient et de la civilisation arabe : professeur titulaire au Collège de France (1928), puis à l’Ecole des Hautes Etudes, il fonde la Revue des études islamiques et devient membre de l’Académie arabe au Caire. En 1947 il préside l’Institut d’Études iraniennes, fonde le Comité d’entente France-Islam et prend part à la mission française auprès des réfugiés palestiniens. Il multiplie les démarches en faveur du Maghreb, de Mohammed V exilé, de Gandhi, des martyrs de l’Ouganda avant de s’éteindre à 79 ans à Paris.

Le grand dessein de Massignon, homme de science, homme d’action et homme de foi, fidèle à l’Eglise, fut de rapprocher les chrétiens et les musulmans. Ainsi, par exemple, c’est lui qui remit en valeur le pèlerinage aux Sept dormants d’Ephèse qui sont vénérés à la fois par les musulmans et par les chrétiens. D’un œcuménisme déroutant, il montra dans ses nombreux ouvrages que la spiritualité orientale peut servir d’exemple pour les chrétiens d’Occident. Sans doute Massignon se préoccupait-il lui aussi de « l’irremplaçable contribution des pays de l’Islam à la civilisation universelle en train de se chercher » au cours de l’« hagarde crise d’enfantement » que nous traversons, pour reprendre l’heureuse formulation d’Aimé Michel. Même si ce dernier s’en tient à la sagesse de vie qu’il a trouvé en terre arabe, cette sagesse n’est-elle pas, en partie au moins, l’un des fruits de la spiritualité musulmane ?

[3Qu’en est-il, près de 40 ans après que cette chronique ait été écrite, de la dépendance de l’humanité à l’égard des combustibles fossiles en général ? Malheureusement force est de constater qu’elle reste toujours aussi importante. Selon l’Agence internationale pour l’énergie (AIE, www.iea.org), en 1973, le monde produisait 6,2 milliards de tonnes d’équivalent pétrole (6,2 Gtep) dont 87% (5,4 Gtep) provenaient des combustibles fossiles (pétrole, charbon et gaz) ; en 2010 le monde a produit deux fois plus d’énergie (12,8 Gtep) dont 81% (10,4 Gtep) provenaient encore des énergies fossiles, le reste étant fourni par les énergies renouvelables et le nucléaire (voir le document Key Word Energy Statistics 2012 disponible sur le site http://www.iea.org/publications/freepublications/publication/name,31287,en.html). Les 7 milliards d’humains ont donc consommé cette année là environ 1,8 tep par personne en moyenne, mais avec d’énormes disparités entre pays et à l’intérieur d’un pays. (La tonne équivalent pétrole, en abrégé tep, est une unité d’énergie équivalente à 11 630 kWh).

Utilisera-t-on mieux l’énergie dans les années à venir ? Oui, très probablement, et cette amélioration est l’une des rares bonnes nouvelles dans ce domaine. Dans les années 60 une augmentation du PIB de 1% exigeait une augmentation de la consommation d’énergie de 1%. Il y a une dizaine d’années l’AIE estimait que sur les 30 prochaines années la croissance économique mondiale serait de 3% alors que la consommation d’énergie n’augmenterait que de 1,7% par an.

Notre dépendance aux combustibles fossiles va-t-elle enfin diminuer ? Non, rien n’indique une réduction rapide de cette dépendance. Selon l’AIE, sur cette même période de 30 ans, la part du pétrole dans la consommation totale devrait rester constante (37%) mais sa consommation augmenterait de 3,6 à 5,8 Gtep, de même le charbon resterait à 21%, tandis que la consommation de gaz doublerait, sa part passant de 23 à 28%. Ces prévisions n’ont rien pour rassurer les partisans du développement durable.

La production suivra-t-elle ? Certains parlent d’un maximum de production de pétrole conventionnel vers 2060 et de gaz conventionnel vers 2090. Bien que l’emploi de nouvelles techniques d’extraction (gaz et pétrole de schistes par exemple) pourraient reculer ces dates, d’autres sources font état de dates beaucoup plus proches. De toute façon les réserves de charbon (plus coûteux à extraire, transporter et utiliser et plus polluant) demeurent considérables car elles ont été à peine exploitées.

Ce serait une bonne nouvelle s’il n’y avait l’épée de Damoclès du changement climatique dont on pense qu’il est engendré par l’émission de gaz à effet de serre comme le dioxyde de carbone. Que seront les conséquences régionales de ces changements et les capacités d’adaptation des sociétés humaines ? Il est bien difficile de répondre à ces questions.

Que peut-on attendre des alternatives que sont le nucléaire et les énergies renouvelables ? Là aussi l’incertitude règne car chacune à ses écueils. Le nucléaire après Tchernobyl et Fukushima fait peur même si les nouvelles générations de réacteur promettent d’améliorer considérablement leur sécurité de fonctionnement en cas d’avarie. Reste que les problèmes de gestion des déchets nucléaires produits par le fonctionnement normal des centrales et leur démantèlement en fin de vie sont encore l’objet d’interrogations. Les énergies renouvelables sont certes intéressantes mais présentées sous un jour un peu trop riant par leurs promoteurs. Leur défaut est leur coût élevé (et la multiplication d’éoliennes bien visibles ne doit pas faire illusion sur ce point). La place qu’elles pourront prendre demeure incertain. En 2035, selon les statistiques publiées par l’AIE (référence ci-dessus), elles pourraient représenter 15% des 17 Gtep de l’énergie mondiale suivant les plans annoncés, voire 23% des 15 Gtep suivant un autre scénario visant à stabiliser la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère, contre 75% ou 62% pour les énergies fossiles, qui demeureront donc de 3 à 5 fois plus utilisées.

[4Nous reviendrons sur l’énergie nucléaire la semaine prochaine. Mentionnons seulement que la production mondiale d’énergie d’origine nucléaire (par fission non par fusion) qui était de moins de 1% de l’énergie totale produite en 1973 est passée à 5,7% en 2010 et devrait monter à 7,1% voire 11,2% en 2035 selon les statistiques et scénarios de l’AIE déjà cités.

Messages

  • « La maison brûle et nous regardons ailleurs » avait déclaré Jacques Chirac lors de la conférence sur l’environnement de Johannesburg en 2002. Dix ans plus tard, la maison continue de se consumer sans espoir sérieux de voir s’éteindre l’incendie. La 18ème conférence des parties (COP 18) de la convention-cadre des Nations-Unies sur les changements climatiques qui vient de s’achever à Doha le 8 décembre dernier se termine, une nouvelle fois, par un quasi échec. L’accord obtenu à l’arraché par Abdullah Ben Hamad Al-Attiyah, Vice Premier Ministre du Qatar, après un prolongement de 24 heures des négociations, est en effet minimaliste.

    Ainsi, la seconde période d’engagement du protocole de Kyoto, après la première qui expire fin décembre 2012, s’étalera du 1er janvier 2013 au 31 décembre 2020. Elle concerne l’Union européenne, la Croatie et l’Islande, et huit autres pays industrialisés dont l’Australie, la Norvège et la Suisse, soit seulement 15 % des émissions globales de gaz à effet de serre (GES) dans le monde. Chaque pays « réexaminera » ses objectifs chiffrés de réduction de GES « au plus tard en 2014 ».

    De même, le texte se contente de « presser » les pays développés à annoncer de nouvelles aides financières aux pays du Sud « quand les circonstances financières le permettront » et à soumettre au prochain rendez-vous sur le climat de 2013 à Varsovie « les informations sur leurs stratégies pour mobiliser des fonds afin d’arriver à 100 milliards de dollars par an d’ici 2020 ».

    A Varsovie également, seront décidés des « arrangements institutionnels, comme un mécanisme international, pour s’occuper de la question des pertes et dommages liés aux impacts du changement climatique dans les pays en développement particulièrement vulnérables ». Ce point a été très disputé entre les pays du Sud, qui s’estiment victimes des actions du Nord ayant déréglé le climat, et les États-Unis, qui craignent qu’un « mécanisme » ne mène un jour à des actions en justice et ne veulent pas débourser plus que ce qui a déjà été prévu dans les divers accords de l’ONU sur le climat.

    Enfin, l’accord de Doha réaffirme l’ambition d’adopter « un protocole, un autre instrument juridique ou un accord ayant force juridique » à la conférence de l’ONU prévue en 2015 pour une entrée en vigueur en 2020, et rappelle l’objectif de parvenir à limiter la hausse de la température à + 2°C. Contrairement au protocole de Kyoto, cet accord ne concernera pas que les nations industrialisées mais tous les pays, y compris les grands pays émergents et les États-Unis.

    Effectivement, pourquoi faire aujourd’hui ce que l’on peut reporter à demain.
    Fabrice de CHANCEUIL 09/12/2012 © Acip

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