L’origine de la fête des pères

par Jean Etèvenaux © Acip

dimanche 13 juin 2010

Fêter les pères ne constitue pas à proprement parler une innovation. Dans les pays de culture catholique, cela remonte au Moyen Âge avec la fête du père nourricier de Jésus, célébrée le 19 mars — qui est d’ailleurs resté le jour de la Saint-Joseph. Il semble que l’idée de créer une fête particulière pour honorer les pères ait vu le jour à Spokane, une ville née à la fin du XIXe siècle et située dans l’État de Washington, près de Seattle. Sonora Smart Dodd (1882-1978) écoutait un sermon le jour de la fête des mères alors qu’elle avait 16 ans. Désireuse de marquer sa reconnaissance à son père, Henry Jackson Smart (1842-1919), un ancien combattant de la guerre de Sécession qui l’avait élevée après la mort de sa mère, elle choisit son mois de naissance pour organiser la première fête des pères à Spokane le 19 juin 1910. Dès 1916, le président Woodrow Wilson vint à Spokane apporter sa caution ; en 1966, le président Lyndon Johnson déclara que la fête serait dorénavant solennisée le troisième dimanche de juin et, en 1972, le président Richard Nixon en fit un jour de célébration nationale.

En France, c’est suite à la démarche du fabriquant breton de briquets Flaminaire qu’est apparue la fête des pères. À une époque où ne régnait pas la rage anti-tabac, il suggéra aux enfants d’offrir à cette occasion un briquet à leur père. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une célébration officielle, elle a été fixée par un décret de 1952 au troisième dimanche de juin, faisant ainsi écho à la fête des mères officialisée en 1929 et confirmée par un décret de 1950. On considère que la rose incarne la fleur de cette fête : rouge pour un père vivant et blanche pour un qui est décédé.

Les habitudes varient d’un pays à un autre. Ainsi, en Belgique, la fête est célébrée le deuxième dimanche de juin. L’Italie, l’Espagne et le Portugal ont conservé la tradition catholique du jour de la Saint-Joseph, le 19 mars. En Allemagne, c’est le jeudi de l’Ascension, en mai. Au Royaume-Uni, on lui consacre le deuxième dimanche de mai. Au Luxembourg, les pères sont fêtés à l’automne, en octobre, alors que les Australiens le font en septembre et les Dominicains en juillet ; en Estonie, en Finlande, en Norvège et en Suède, c’est en novembre. Si, en Corée du Sud, la fête des pères et celle des mères sont unies dans la même journée, le 8 mai, sous le nom de fête des parents, la Thaïlande a choisi le 5 décembre, car c’est l’anniversaire du roi Bhumibol, né en 1927. Parmi les particularités, signalons aussi Taiwan, qui s’est fixé sur le 8 août, car « 8.8 » et « papa » se prononcent là-bas de la même façon. Il est enfin des pays où sont donnés un ou deux jours de congés pour fêter les pères.
Toutefois, le troisième dimanche de juin semble être la date la plus couramment retenue, avec des pays finalement très différents : Algérie, Argentine, Canada, Chili, Côte d’Ivoire, Cuba, États-Unis, France, Haïti, Hong Kong, Inde, Irlande, Japon, Malaisie, Malte, Maroc, Maurice, Mexique, Pays-Bas,Pérou,Philippines, Singapour, Slovaquie, Suisse, Tunisie, Turquie et Venezuela.

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