L’héritage de Jérôme Lejeune

par Gérard Leclerc

lundi 3 avril 2017

« Nous, médecins et chercheurs des sciences de la vie et de la santé, demandons aux pouvoirs publics de reconsidérer la reconnaissance d’utilité publique de la fondation Jérôme Lejeune. » Telle est la revendication majeure qui ressort d’un libelle, qui se veut pompeusement un « J’accuse » à la manière de Zola, mais qui n’en a ni la force, ni le style. Cent quarante médecins et scientifiques ont, en effet, signé ce texte pour manifester leur mécontentement face aux principes éthiques dont se réclame cette fondation Jérôme Lejeune, notamment à l’égard des recherches sur l’embryon. On sait que cette question divise les milieux de la recherche. Mais il m’apparaît gravissime qu’en vertu de ce désaccord qui relève de la conscience, on veuille interdire à la fondation d’exprimer ses convictions. Je cite, en effet, ce passage du libelle où les signataires regrettent « que les prises de position de cette fondation dénaturent et dégradent le débat éthique qu’il convient de mener sur les évolutions des sciences de la vie et de la santé ». En d’autres termes, il s’agit d’interdire la parole, en imposant un point de vue officiel et en réclamant la fin d’une institution qui déplaît.

Car c’est bien la mort de la fondation Jérôme Lejeune qui est réclamée. En demandant aux pouvoirs publics de reconsidérer sa reconnaissance d’utilité publique, on veut la priver des moyens qui lui permettent d’exister et notamment de prendre en charge de nombreux patients, surtout ceux porteurs de trisomie 21, comme le reconnaît pourtant le texte. Pour désaccord idéologique, on veut stopper aussi les recherches expérimentales et cliniques poursuivies par un organisme unique en son genre.

Je m’honore d’avoir connu cet homme éminent et rayonnant qu’était le professeur Jérôme Lejeune. Son dévouement inlassable à l’égard de centaines de patients, notamment des enfants, dont il connaissait tous les prénoms, lui vaut la reconnaissance des familles. Beaucoup savent aussi comment il a changé le climat à propos de la trisomie 21, dont il fut le découvreur. J’espère que nous serons nombreux à nous dresser contre le diktat de ceux qui voudraient abolir son œuvre, dans le mépris d’une magnifique cause humaine.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 3 avril 2017.

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