L’énigme du pape François

mercredi 1er mars 2017

Il nous est arrivé ici-même de nous interroger sur la personnalité singulière du pape François, en insistant sur la grâce particulière de son pontificat. Il est certain que son accession au siège romain a introduit l’Église catholique dans une séquence nouvelle, qui se distingue de la longue période Jean-Paul II-Benoît XVI. Deux papes qu’il est impossible de dissocier, tant leur parfaite entente a conféré une unité profonde à leur action pastorale et doctrinale. Avec François, on ne peut évidemment pas parler de rupture avec ses prédécesseurs, mais la différence n’en est pas moins notable. Benoît XVI l’avait sans doute appelée de ses vœux, en constatant un certain nombre de blocages dans l’administration du Saint-Siège, et en concluant qu’il n’avait ni le temps ni la force de procéder aux réformes nécessaires.

Il est prématuré d’affirmer que ces réformes seront accomplies dans un proche avenir. Les dicastères romains sont enracinés dans une tradition profonde, à laquelle on voit mal on ne sait quel logiciel moderne se substituer. La désitalianisation de la Curie, entreprise dès Paul VI, n’est probablement pas la solution absolue. L’internationalisation indispensable a ses limites. Au demeurant, l’enracinement de la papauté dans la péninsule n’est pas le simple caprice de l’histoire. Notre Église n’est pas hors-sol, elle est incarnée dans une continuité humaine, culturelle. François, si sensible aux relations de proximité et à la richesse singulière des patries, n’est sûrement pas indifférent à la continuité que saluait déjà saint Irénée au deuxième siècle de notre ère.

Mais la différence de François ne concerne pas seulement l’institution. Elle a une dimension spirituelle, qui peut surprendre et interroger. Mgr Bernard Fellay, supérieur de la Fraternité Saint-Pie-X, n’est peut-être pas loin de la vérité, lorsqu’il met l’accent sur le souci de François d’aller rechercher tous les gens, plus ou moins lointains, que l’Église a laissés sur le bord des routes. Les traditionalistes peuvent compter parmi ces « rejetés  ». C’est pourquoi, tranchant sur les réflexes de Benoît XVI qui ne pouvait accueillir les fils perdus sans rétractation doctrinale de leur part, il a choisi de passer outre. Ce n’est pas parce que le Pape ne s’intéresse pas à la théologie, comme on dit, mais parce qu’il veut refonder l’unité des cœurs pour mieux assurer celle des esprits.

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