L’écologie au cœur de l’humanité

par Gérard Leclerc

lundi 1er juin 2015

Au fur et à mesure que se rapproche la date de l’ouverture de la conférence de Paris sur les changements climatiques, une prise de conscience semble s’opérer sur la dimension cruciale des problèmes posés. Laurent Fabius, qui aura à la présider, déclarait récemment qu’il s’agissait de guerre ou de paix, parce que l’enjeu est tout simplement celui d’une terre habitable. Le réchauffement climatique provoque d’ores et déjà des catastrophes en Afrique, avec la raréfaction de l’eau et de la nourriture. Le mouvement de migration que l’on observe aujourd’hui, avec ses conséquences en Méditerranée, risque de prendre des proportions plus grandes encore. Il n’est donc pas excessif de proclamer que, faute de décisions contraignantes à Paris, c’est la planète qui ira à la dérive.

Dans ces conditions, la publication de l’encyclique du pape François sur le sujet, qui est imminente, constituera un point de repère considérable. Le premier à le souligner n’est-il pas Nicolas Hulot lui-même, envoyé spécial de François Hollande pour la protection de la planète, et sans doute le plus en vue des écologistes ? Il est allé plusieurs fois à Rome converser avec le Pape, et il est persuadé que l’autorité spirituelle peut jouer un rôle supérieur dans la mobilisation morale des peuples. Au-delà des expertises techniques nécessaires, s’affirme la perspective d’un engagement fondé sur des convictions profondes. Aussi convient-il de réfléchir à nouveau, à partir des textes sacrés, à la place de l’homme dans l’univers et à son rôle de garant, ou mieux encore de berger de la création.

On sait qu’une controverse est née à ce sujet, il y a déjà plusieurs décennies, à propos d’un anthropocentrisme biblique qui aurait suscité une sorte de prométhéisme exacerbé à l’égard de la nature. Par réaction, le courant de la deep ecology a été jusqu’à professer un anti-humanisme radical, à partir d’un véritable réquisitoire contre une humanité prédatrice et donc coupable d’une faute irrémissible à l’encontre de l’équilibre des éléments et des espèces. Un Eugen Drewermann eut même son heure de célébrité, à donner une caution mytho-théologique à cette idéologie. D’où l’urgence d’une véritable mise au point doctrinale de la part du magistère de l’Église. La relecture de la Genèse à l’aune des défis actuels doit permettre de mieux comprendre les relations de l’humanité avec le milieu où elle se déploie. La destruction de l’environnement entraîne forcément la dégradation de la vie humaine. C’est donc le sens de l’alliance entre l’homme et la création qu’il faut retrouver et refonder. Mais il se trouve aussi que ce même homme est partie prenante de l’enjeu écologique, car il est lui-même menacé dans son intégrité physique et morale par le non-respect de ce que notre ami Tugdual Derville désigne comme écologie humaine, c’est-à-dire protection de notre être intégral, physique, moral et spirituel.

Pour aller plus loin :

Messages

  • Vrai, puisque l’homme n’est pas indépendant du milieu dans lequel il vit. Faux, si l’on croit prouvé que le réchauffement actuel de la planète est en rapport avec l’activité humaine et plus précisément avec l’émission industrielle de "gaz à effet de serre". Ce réchauffement a commencé dès le début du 18ème siècle, après une "mini époque glaciaire" qui avait fait suite à "l’optimum climatique" des XIIème-XIIIème siècles, dont la fin a été marquée en particulier par le remplacement des Vikings au Groenland (le "pays vert" dans leur langue) par les Inuits du pays blanc. Nombreux épisodes antérieurs de refroidissement suivis de réchauffement, documentés historiquement ou géologiquement. La probabilité a priori pour que le réchauffement actuel ait une cause différente de celle, indépendante de l’action humaine, des épisodes précédents, est très faible. Il est triste de voir notre Pape s’embarquer sur une base scientifique aussi fragile.

  • Plutôt d’accord avec le message de M. Froncin. Le "réchauffement" a presque entièrement supplanté la pollution (le véritable problème !) dans les préoccupations "écologiques"... au point que la mesure universelle de "l’impact écologique" d’un bien est la quantité d’un gaz qui n’est pas un polluant, le CO² -ce que respirent les plantes, en tout cas le jour. Par ailleurs, il est incontestable que le GIEC a manipulé plusieurs de ses "synthèses pour les dirigeants" (courbe de M. Mann, graphique de t° masquant une stagnation en regroupant plusieurs années, étude dendrologique insuffisante et dont les données de base ont été tenues secrètes plusieurs années, ...), et ignoré des travaux majeurs comme ceux du Pr Svensmark. Evidemment, minimiser le rôle de l’homme et les marges de manœuvre pour changer le cours des choses, ce serait un suicide budgétaire. Et devinez quoi ? Le GIEC refuse de se suicider. Parlons enfin de pollution !

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