L’éclairage de Pierre Manent

par Gérard Leclerc

mercredi 30 septembre 2015

L’essai que Pierre Manent vient de faire paraître chez Desclée de Brouwer sous le titre Situation de la France suscite un débat, qui fort heureusement, n’est pas empoisonné par le climat polémique, qui d’ordinaire, gâche les nécessaires controverses. C’est qu’il donne d’abord à réfléchir plutôt qu’à alimenter les humeurs. S’il y a désaccords, ceux-ci s’expriment sous le mode de la disputatio chère à la tradition médiévale. Par exemple, Pascal Bruckner dans Le Point exprime un avis, par rapport auquel je m’inscris en faux, mais il est motivé. Selon lui, Pierre Manent nous assènerait « une grande leçon de défaitisme » face au triomphe du fanatisme islamique.

Je n’ai rien lu de tel cet été, en lisant par deux fois cet ouvrage court mais d’une densité extrême, qui entend exposer, de fait, la question de l’islam aujourd’hui, principalement sous l’angle de la cohabitation d’une forte communauté musulmane dans notre pays. Certes, Manent montre que l’affaire est considérable et qu’elle ne se résoudra pas grâce à la laïcité, qui s’avère inopérante, car elle voudrait contraindre à l’invisibilité un phénomène qui n’est pas soluble en termes d’individualisme moderne. « L’islam, écrit-il, reste la règle évidente et obligatoire des mœurs » et nous avons à nous confronter à des modes de vie qui ne nous sont pas agréables. C’est donc à un modus vivendi que nous sommes contraints, qui suppose concessions et interdits ; ces derniers concernant le voile intégral, la polygamie et la dépendance financière des mosquées aux puissances étrangères.

Bien sûr, le politique doit s’affirmer sur ce terrain, mais en étroite connivence avec la société. Et de ce point de vue, il accorde une importance singulière au rôle que peut jouer l’Église catholique, qu’il définit comme « la seule force spirituelle engagée dans une démarche qui prend en compte d’une manière délibérée et pour ainsi dire thématique les revendications et les vues des autres ». Pierre Manent confirme ainsi une intuition que j’ai en tête depuis longtemps et que je ne puis que signaler aujourd’hui. On ne règle pas une difficulté de nature religieuse en ignorant délibérément sa spécificité. Manent écrit encore que « la laïcité ne donne qu’une représentation abstraite et fort pauvre de la vie commune, tout simplement parce qu’on n’habite pas une séparation ». Et voilà trop vite évoquée une réflexion qu’il faudra reprendre.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 30 septembre 2015.

Pour aller plus loin :

Messages

  • Un grand merci à G. Leclerc pour ses réflexions sur le contenu du livre de Pierre Manent, "Situation de la France".Qu’il me soit permis d’adhérer à l’analyse proposée aux lecteurs de FC, analyse qui fait le tour, si je puis dire, du thème et de la situation, avec une profondeur de vue et une honnêteté intellectuelle sans lesquelles aucune lecture réaliste ne pourrait être entreprise.

    A présent que le livre de Pierre Manent "Situation de la France" (qui se veut et qui est un "essai") est présenté dans FC sous-tendu par les lignes de G.Leclerc, il me semble que ce sujet peut commencer à être étudié, éventuellement débattu sur ce forum, puisque le voilà soumis à la connaissance du lecteur porté par une analyse fine et tout à fait impartiale. Il me semble indispensable (et d’ailleurs légitime, sauf erreur), de souligner comme un préalable la notion d’impartialité. C’est qu’à mon sens en dehors de l’impartialité, toute présentation ou autre tentative (aussi honnête fût-elle), d’avancer le titre d’une œuvre sans une réelle et solide connaissance de celle-ci pourrait présenter le risque d’entraîner le lecteur dans les méandres d’interprétation farfelue et autres dérives. Auquel cas, l’intérêt de l’œuvre s’en trouverait dérouté à des fins étrangères, pour ne pas dire contraires, à l’objectif visé souhaité.

    Maintenant, et seulement maintenant, je peux me permettre d’avancer que j’avais déjà sous les yeux depuis quelques semaines cet essai de Pierre Manent, à la lecture duquel je m’employais avec un maximum d’attention. Je ne pourrais, n’Est-ce pas me permettre, de "parcourir" une telle œuvre, comme je feuilletterais les pages d’un quotidien habituel, rubrique "petites annonces". C’est la raison pour laquelle la présentation et le contenu de l’essai de Pierre Manent prennent tout leur sens et m’encouragent à continuer une lecture approfondie de ce livre avec l’éclairage nécessaire, j’oserais dire indispensable pour moi, afin d’avancer mû par le seul et indéniable intérêt de faire avancer le lecteur prudemment et sûrement.

    Encore merci à G. Leclerc pour son article. Le livre-essai de Pierre Manent "Situation de la France" peut dès lors faire l’objet de discussions à l’aune de cette analyse de nature à inaugurer un débat qui trouverait, le cas échéant, son bien-fondé et sa source sur des bases saines et solides et, partant, dignes de confiance.

    Merci.

  • Merci à Gérard Leclerc de ce qui, je l’espère, n’est qu’une très bonne introduction au débat. Nous attendons son aide pour approfondir l’analyse.

    Deux brèves observations à ce stade :

    - oui, interpréter le dernier livre de Pierre Manent comme une proposition de soumission à l’islam relève du contresens ;

    - Pierre Manent est à mon avis plus remarquable encore dans ses brefs essais que dans ses oeuvres plus longues et plus "académiques".

    Je pense notamment à l’aussi courte et remarquable "Raison des nations" qui explore en moins d’une centaine de page la dissolution de la nation dans la "gouvernance européenne". Les deux oeuvres, écrites dans une prose d’une grande pureté, se complètent admirablement.

    Ma crainte est que les hommes politiques de ce pays passent à côté de la "situation de la France" comme ils sont passés à côté de la "raison des nations" publiée il y a près de 10 ans déjà...

  • J’ai ce livre en commande, donc pas encore lu, et faute de mieux, je n’ai sous les yeux que la page Débats du Figaro du 28 Septembre dernier. Cependant très instructive. Un choix de paragraphes par le journaliste, sans commentaires. Et la lecture inspire les pires inquiétudes. Dans une première partie Pierre Manent décrit la rencontre entre un pays faible et l’islam fort. Une langue riche mais compliquée pour nous parler d’un islam rigoriste et dominateur, ce que savent tous les orientalistes. Les ouvrages savants sur l’islam ne manquent pas dans les bibliothèques françaises.. Où l’on y découvre très vite que les cinq piliers (jamais cités) ne se discutent pas. Et plus loin Pierre Manent poursuit, toujours dans une langue tarabiscotée pour nous dire que la laïcité ne règle rien. Et d’ailleurs Gérard Leclerc sacrifie au même genre de démonstration. Alors que là aussi tout orientaliste ayant vécu en pays arabo-musulman, ou étudié les bases de la doctrine, sait que la notion de laïcité à la française n’a aucun sens en islam. Dès lors que religion et séculier sont indissociables, et que la première dirige le second.
    Nous partageons son analyse que cette religion très sectaire (c’est moi qui le dit) s’implante dans une Europe qui est devenue un désert spirituel, et la France en particulier. Pierre manent nous décrit une 3ème République comme un état fort, mais à aucun moment il ne fait mention de la Loi et du Droit. Ne regarder la place de l’islam dans notre société que sous un angle philosophique ou sociologique sans évoquer l’obligation d’entrer dans le corps de la République, donc d’abord de ses Lois, nous expose au minimum à un développement séparé, à supposer que les autochtones, les Français de souche, l’acceptent. Loin de l’intégration, plutôt une vague assimilation (la nuance est faite par Michèle Tribalat). Dans une incantation qui nous laisse sans voix, Manent termine par « … Trouver leur place dans un pays de marque chrétienne … c’est un chef d’œuvre d’imagination et de modération qu’il est demandé aux uns et aux autres de réaliser … c’est cette opération suprêmement délicate que nous avons à conduire ensemble … ».
    Ce qui s’appelle rêver éveillés ! Et n’est pas loin de ce que suggère notre ami Gérard Leclerc. Eh ! bien non ! Pour ma part je ne marche pas.

  • Je me propose de tenter de revenir sur le livre de Pierre Manent par touches successives pour ne pas lasser ou indisposer le lecteur, tant ce livre est dense, et pour lancer quelques pistes utiles au débat. En attendant que d’autres concourent à la même lecture commentée...

    1. En tout premier lieu, j’aimerais poser la question de l’objet du livre, qui est en fait plus large qu’on ne l’a dit, me semble-t-il.

    Au risque de contredire ce qui a surtout attiré les premiers commentaires et peut-être même l’impression d’une première lecture, je crois que l’ouvrage de Pierre Manent ne saurait être réduit à la "situation de l’islam en France". Comme l’indique clairement le titre, Pierre Manent veut nous entretenir de la France, d’abord de la France : "comment ranimer le projet républicain" en ce qu’il a d’essentiel (p.58) ?

    Pierre Manent nous invite à "un effort rigoureux de sincérité civique" (p. 14) sans lequel nous n’avons aucune chance de surmonter les épreuves qui sont devant nous La réception des musulmans dans notre pays en est une, y compris pour les catholiques (p. 154). Mais c’en est une parmi d’autres. On pourrait mentionner la restauration de la raison des nations face à la "gouvernance européenne", un thème qui refait surface à plusieurs reprises.

    2. La question de l’islam en France est un enjeu essentiel. Mais si nous ne parvenons pas à appréhender objectivement l’islam, c’est parce qu’il est "le reflet de notre méconnaissance de nous-mêmes" (p. 105). La question première n’est donc pas l’islam, c’est la République aujourd’hui en vue de demain.

    Pierre Manent ne nous invite pas à un effort d’islamologie...Il est peu question de l’islam et des musulmans dans ce qu’ils sont. Trop peu ? Il faudra y revenir. Le sujet de l’auteur est de philosophie et de philosophie politique : nous connaître nous-mêmes dans notre identité politique. J’aurais presque envie d’écrire en paraphrasant l’exclamation de la vigile pascale : "heureux islam qui nous aura donné l’occasion d’un tel effort de lucidité...".

    3. Je voudrais immédiatement dissiper une réticence. Ce livre de philosophe n’est ni savant ni pédant. C’est un livre destiné au plus grand nombre possible de citoyens intéressés par la chose politique. Le lecteur sera freiné par la densité de la réflexion, pas par la prose d’une grande limpidité. Et ce livre met en pratique ce qu’il enseigne : en nous entretenant du politique en France, comme on le ferait sur l’agora de la cité grecque, il vise à remettre entre nous ce qui nous fait tant de défaut, de la "philia" républicaine. Penchons-nous ensemble sur le bien commun de notre société politique...Que chacun prenne part à l’exercice. Nous ne serons jamais trop nombreux. Ne nous demandons pas quels droits nous pouvons encore arracher à la communauté nationale, demandons-nous plutôt ce que nous pouvons faire pour la France...y compris avec nos compatriotes musulmans restés "passifs" (p. 141) jusqu’à ce jour.

    4. Dernière remarque. L’auteur introduit sa réflexion en rappelant que la France contemporaine des 3/4 de siècle écoulés naît d’un traumatisme, "dont nous ne nous sommes jamais remis", juin 1940. Il me semble se placer dans le même refus du renoncement que celui du général de Gaulle. Il faudra garder cette référence présente à l’esprit pendant toute la lecture du texte, pour éviter le contresens fait, à mon avis, par certains critiques trop prompts à parler de "soumission"...

    Pierre Manent, penseur du libéralisme, garde entière sa confiance dans la possibilité du Bien à travers l’action politique (p. 109).

    ( à suivre)

  • J’en viens au diagnostic, sans appel à mon avis, que Pierre Manent fait de la République aujourd’hui. Ce point est essentiel. Sans un ressaisissement, nous ne pourrons pas faire face au défi que nous pose l’islam : "selon que notre régime retrouve ou non sa vertu, les musulmans feront ou non l’expérience de la liberté effective". Liberté effective sans laquelle ils ne pourront pas se détacher d’une identité musulmane excessivement prégnante pour devenir libres citoyens (p.142)

    La France est, pour Pierre Manent, un pays qui "refuse de se mettre en défense pour ne pas s’avouer qu’il s’est mis en danger". Et il me semble très clair à le lire que la mise en danger n’est pas d’abord le fait de l’islam en France, mais bien le fait de la dégradation de la chose politique, de la République.

    1. On peut résumer le diagnostic comme l’auteur le formule au début du livre : depuis la révolution libertaire qui s’est produite après mai 68 et la fin de la période gaulliste ( ndr. élection de Giscard D’Estaing - "société libérale avancée" 1974), la société française a procédé à une "déligitimation des règles collectives". Il s ’est opéré un "retrait d’allégeance à la chose commune". Tout commandement motivé par le bien commun est devenu privé de sens. La revendication et l’obtention de nouveaux droits individuels sont devenus le but de la vie collective, politique et sociale.

    Ndr. Faut-il faire observer à quel point la séquence politique de l’adoption de la loi taubira sur le mariage entre personnes de même sexe illustre le propos de l’auteur ?

    2. Cette dynamique de liberté illimitée et tout à la fois de déprise de la chose commune nationale a longtemps dissimulé ses effets pervers à la faveur de la "douce espérance" européenne (p.13). Les Français regardaient l’Europe comme le nouveau cadre délégitimant le cadre politique national, dans lequel les libertés individuelles trouveraient leur épanouissement et le gouvernement des peuples, le repos. Nous vivons le temps de la désillusion. La "gouvernance européenne" n’est qu’un exercice de commandement politique par un appareil entièrement détaché de l’ordre politique, du souci du divin, de la question de la vérité sur l’ordre humain. C’est un pouvoir sans forme politique qui puisse lui donner assise (p. 132). Et plus l’on s’approche de la dissolution complète de l’Etat nation, plus les Français voient approcher le terme avec appréhension.

    ndr. Même s’il n’en est pas question dans le livre, on ne saurait mieux résumer ainsi la montée du souverainisme sur laquelle surfe le Front national comme l’a bien montré l’altercation récente entre François Hollande et Marine le Pen au parlement européen...

    3. Cette société politique en déprise du politique, cette société de l’Etat faible et de l’individu tout puissant est celle du vide : elle propose une citoyenneté de l’arrachement à toute chose commune, de l’indétermination, où le seul point commun entre les citoyens, c’est qu’ils ne doivent plus prétendre en revendiquer aucun.

    Pierre Manent (p. 148) évoque très clairement le risque d’une réaction communautariste. Selon lui, le communautarisme est une "forme dégradée de la vie politique et religieuse qui entretient des âmes sans générosité" et se définit d’abord par la "défiance"...Ndr. Une maladie parasitaire de la république libertaire...

    Nous vivons ainsi dans une société qui a le projet de la neutralisation du religieux. La laïcité qui tend à s’y imposer n’est pas seulement celle, traditionnelle, de la laïcité de l’Etat (neutralité de la puissance publique par rapport aux cultes) mais bien celle, nouvelle et inédite sous la IIIème république, de la laïcité de la société.

    4. Parmi les pages les meilleures du livre, celles où Pierre Manent expose que la république libertaire (le mot n’est pas employé mais j’y ai recours pour simplifier mon propos) entend faire avec les musulmans ce que la république de nos pères n’avait jamais eu le projet de réaliser avec les catholiques...La IIIème république était celle de l’Etat laïque, dans une société de moeurs chrétiennes, ayant substitué à l’Eglise la communauté sacrée de la nation. L’Etat y présidait au progrès du bien commun. L’éducation nationale préparait les citoyens à oeuvrer à ce bien commun, la conscription imposait son moule à la population mâle...Rien à voir par conséquent avec la République d’aujourd’hui et son éducation nationale vidée de tout contenu et interdite de rien transmettre (ndr. cf FX Bellamy, Les déshérités).

    5. Il résulte clairement de la démonstration de Pierre Manent qu’un tel Etat et une telle laïcité sont purement et simplement incapables de répondre au problème posé par l’islam en France. On ne fera pas renoncer les musulmans à leurs moeurs en leur proposant d’adhérer à une chose commune qu’on s’épuise à vider de toute substance pour ne plus laisser face à face que des individus campant sur la défense de leurs droits individuels...en leur proposant d’admettre des "valeurs" républicaines qui tendent ainsi vers le "rien" et l’ abstention.

    6. Bien au contraire, la république libertaire laissera le champ libre aux musulmans, pour imposer leurs propres règles de vie bonne dans un Etat qui n’en édicte plus aucune, qui se borne à garantir des droits (dont les leurs) et qui a un principe de cohésion aussi faible...Plus se dissipe la chose commune française, plus la présence de la "chose commune" des musulmans devient évidente, écrasante.

    C’est cette contradiction infernale que Pierre Manent aborde pour nous proposer une "défense cohérente et stable" de ce qui peut l’être encore...

    (à suivre).

  • Il est temps d’en arriver aux propositions de Pierre Manent.

    1. Je reviens à ce que je soulignais en introduction. Avant tout chose concernant l’islam, Pierre Manent appelle à "ranimer le projet républicain" (p. 58). Il nous faut construire ( ou reconstruire) une communauté et une amitié politiques sur d’autres bases que la République laïque telle qu’on la conçoit aujourd’hui (ndr. qui, selon moi, n’est autre que la république libertaire - j’y reviendrais). Si notre corps politique est affaibli, il dispose toujours des ressources morales et spirituelles susceptibles d’être ranimées pour que le changement inévitable (abdiquer devant le droit de cité de l’islam en France) soit contenu (p. 71).

    2. Je voudrais ici insister sur une réflexion extrêmement pertinente de Pierre Manent. Loin de faire du principe de "séparation" le nec plus ultra de nos fondations politiques, Pierre Manent fait observer qu’il existe un "enveloppement réciproque de la société chrétienne et de la République laïque" qui a donné vie et vitalité à notre corps politique (p. 94). Selon lui, le principe même de l’histoire européenne est le suivant : "se gouverner soi-même dans un certain rapport à la proposition chrétienne" (p. 96). A l’alliance de la grâce et de la liberté qui fonde la personne dans notre civilisation européenne, correspond l’alliance de la communion (adhésion et recherche du même bien commun) et de la liberté dans la nation. Par conséquent il faut poser ensemble la question politique et la question religieuse (p.101) en renonçant à l’alibi d’une fausse séparation du religieux et du politique.

    La fuite devant cette interaction "théologico-politique", c’est précisément ce qui nous rend incapable de formuler correctement la question de l’islam en France... au point que nous faisons semblant de faire comme si la question de l’islam ne se posait pas. Mais les musulmans ne sont pas que des citoyens de confession musulmane : ce sont aussi et d’abord les membres d’une communauté religieuse aux moeurs propres qui n’ont pas encore trouvé leur place dans la société politique française en tant que citoyens à part entière.

    Il faut donc cesser de traiter les vieilles nations et l’ancienne religion chrétienne comme des réalités dont il n’est plus légitime de tenir compte, car elles agresseraient nos compatriotes musulmans en alimentant l" "islamophobie". Nous devons mettre un terme à l’ "éviscération spirituelle" de l’Europe qui nous contraindrait à ne voir la chose politique qu’à travers le prisme des droits de l’individu, d’une part, et de "l’humanité", à laquelle, seule, un culte civique "humanitaire" pourrait être rendu.

    3. Venons en à l’islam. Originalité du propos, Pierre Manent ne table pas sur une réforme de l’islam. Il le prend tel qu’il est, comme une réalité sociale et politique, à la fois intérieure et extérieure à notre société, et une réalité dynamique qui exerce dans nos frontières et à nos frontières une poussée incontestable. Comment y faire face ?

    4. L’auteur propose tout d’abord de "sanctuariser certains éléments de notre vieille constitution".

    En premier lieu, la liberté d’expression et de pensée complète doit être garantie et ne saurait être circonscrite pour ménager les musulmans. Il n’y a donc aucune immunité de l’islam à tolérer sous couvert d ’ "islamophobie" proscrite. Mais la liberté qu’envisage Pierre Manent n’est pas celle des "Charlie". Il s’agit d’une liberté s’exerçant avec raison, dans le respect des personnes. Le pire à ses yeux serait une société en proie à une liberté d’expression "débondée" se déployant partout sauf en des "zones surveillées", dont celle de l’islam...(p. 79).
    Par conséquent, l’islam en France doit se soumettre à la critique.

    En second lieu, nous devons défendre nos "formes de vie". Formes de vie civile qui interdisent la polygamie notamment. Formes de vie politique où la liberté politique est ce qui donne sens au désir du gouvernement de nous-mêmes par nous-mêmes (et non par une loi religieuse), mais dans une finalité qui ne saurait être perdue de vue : la recherche du bien commun. Pierre Manent fait observer que la loi de la Providence et de la recherche du bien devrait retrouver la primauté sur la loi de nécessité (qui n’est autre que la loi du marché...) auquel le pouvoir politique se soumet aujourd’hui inconditionnellement (pp. 109-110).

    5. Il ne suffira pas de poser des "bornes" aux musulmans. Il faudra fixer une disposition "cohérente et stable qui définisse socialement et politiquement notre rapport à l’islam" en tant que tel (p. 57). Cet aspect du livre est probablement celui qui sera le plus critiqué...

    L’auteur estime en effet que nous sommes déjà engagés par un "contrat tacite" avec les musulmans qui ne stipulait pas que ces derniers dussent adhérer à toutes nos moeurs (p. 73) et dont il faut tenir compte. il y aurait donc un fait accompli... Il en déduit qu’il faut aujourd’hui "céder" aux musulmans par certaines concessions, notamment sur les horaires de piscine réservés aux femmes ou sur les menus des cantines scolaires. Il affirme en revanche, comme je l’ai déjà signalé, que l’interdit de la polygamie et du voile intégral est absolu.

    Plus audacieux : Pierre Manent préconise de "commander" aux musulmans de prendre leur indépendance en renonçant au financement des mosquées par des puissances étrangères, ce qui suppose que la puissance publique déroge au principe de laïcité en prenant le relais. Parallèlement la société française devrait renoncer à sa dépendance financière par rapport aux Etats du Golfe (Qatar). Cf pp. 135-138.

    Bref, l’objectif est de sortir enfin d’une passivité toxique : passivité de l’islam et des musulmans confinés dans leur ghetto de minorité plaintive revendiquant un meilleur statut, mais aussi passivité des sociétés politiques européennes qui se laissent peu à peu investir par un "corps" restant étranger par ses moeurs et son comportement politique à la société d’accueil dont la nôtre...(p. 141-142).

    C’est au prix des efforts difficiles qu’il recommande que les musulmans, comme les catholiques pourront "se donner dans un corps civique non pour s’y perdre mais pour y trouver leur place" (p. 153).

    6. Enfin, dans cette entreprise - et cette épreuve- collective de "ressaisissement", Pierre Manent attribue un rôle particulier à l’Eglise catholique et aux catholiques. Selon lui, seule l’Eglise catholique présente un "équilibre" et une "ouverture" aux vues des autres grands ensembles spirituels qui lui permet d’être médiatrice.

    C’est sur cette note que j’aimerais achever la présentation sommaire de l’ouvrage. Selon Pierre Manent, la crise politique et religieuse que traverse notre pays comme toute l’Europe peut être l’occasion pour l’Eglise catholique de revenir à la croisée des chemins européens au lieu de la subir en souffrant une marginalisation croissante. Bref, l’impératif théologico-politique du temps présent commande aux catholiques de revenir au coeur du politique...

    (à suivre)

  • "Et voilà trop vite évoquée une réflexion qu’il faudra reprendre", telle est la conclusion de l’article de Gérard Leclerc, qui couvrirait, peut-être, tout l’essai de Pierre Manent.

    Sans aucune honte d’avouer que j’en suis encore à, qu’on veuille bien me passer l’expression, "mâcher" le contenu de "La situation de la France" au risque, sinon, de tomber comme une arête en travers du gosier. On n’est jamais trop prudent.

    Pour en revenir à l’article de G. Leclerc, je continue sur la lancée de ma première impression exprimée dans mon précédent message, à savoir, d’après moi : comme une invitation, ou une porte ouverte laissant le passage à d’éventuels débats. Ceux-ci gagneraient-ils à être précis et concis ? Les avis dans cet espace ayant déjà été formulés, lire : le meilleur moyen de ne pas être lu est de tapisser l’écran des ordinateurs.

    • Trois liens dont le contenu ne manque certainement pas d’intérêt. Loin d’un style ampoulé couvrant de longues et inutiles et souvent très peu convaincantes lignes, ces trois articles complètent tout à fait des idées et des points de vue sur le thème du livre de Pierre Manent. Spécial "le Figaro" :la contribution de Frédéric Saint Claire apporte, en effet, un éclairage conséquent. J’ai apprécié le titre : "Pierre Manent : islam de France : mode d’emploi (!). Cet énoncé rappelle, malgré lui et peut-être malgré le lecteur, une explication sur l’utilisation d’une potion ou d’un suppositoire. Le style est direct, vif, avec quelques clins d’oeil appropriés. Un morceau qui se laisse lire en apportant lucidité, comme du bon sel de Guérande, et qui sait une sorte de tintement de clochette avertisseur.

      "Slate" et "Wukali" sont également à lire et complètent un tour d’horizon qui, ainsi présenté, supplée de façon intelligente, discrète et complète de longs et ennuyeux discours. A ne pas négliger.

  • Je voudrais à présent soumettre au forum quelques commentaires personnels en vue de contribuer au débat.

    1. GUERRE ?

    Je n’ai pas évoqué cette question jusqu’à présent, mais je m’interroge sur la pertinence de la qualification donnée par Pierre Manent à la situation de la France, venant juste après un développement consacré à la Shoah et à l’antisémitisme. Selon lui, les juifs ne sont pas les seuls à être objet d’hostilité (on comprend : de la part des musulmans). Nous serions nous-mêmes « en guerre » en raison de l’inimitié qu’on porte (on entend : que l’islam porte) à notre façon de concevoir la vie en société ; nous serions ainsi contraints à une « guerre défensive » (p. 52). J’observe que l’auteur avait exclu de recourir à la qualification de « guerre » dans « La Raison des Nations » (voir p. 71 de ce précédent livre). Il prend donc acte de l’aggravation de la situation...

    Les événements du Proche-Orient pourraient donner raison à Pierre Manent...Pourtant, rien ne nous autorise, me semble-t-il, à imposer aux rapports de l’islam et des musulmans français avec notre société politique un tel cadre conflictuel, et cela d’autant plus que, dans leur écrasante majorité, ils ont jusqu’à présent démontré leur capacité à résister à une « logique d ’affrontement », y compris dans le climat quelque peu hystérique qui a suivi l’attentat de Charlie Hebdo. Nous devons les encourager à persévérer avec nous dans cette direction, ce qui suppose de notre part respect et sens du dialogue interpersonnel.

    Ce développement me semble donc une cause de confusion et de malentendu dans l’accueil des réflexions de l’auteur.

    2. RELATIVISME ETHIQUE ?

    En deuxième lieu, il est regrettable que Pierre Manent ne pose pas en termes plus explicites la question du relativisme éthique. En effet, l’auteur observe que des deux côtés (société française, musulmans), on s’éloigne de plus en plus d’une approche politique de la vie commune. Ceci est à mettre en rapport avec la « pente subjective » de plus en plus prononcée sur laquelle glisse la condition politique en Occident (la politique réduite à la revendication et à la reconnaissance de droits subjectifs), à laquelle s’oppose « la force énorme de l’ensemble musulman due au nombre, à l’étendue, mais aussi à la stabilité et à l’objectivité de la marque religieuse » (La Raison des Nations, pp. 75-76).

    On se serait donc attendu à ce que l’auteur s’attaque plus ouvertement à la dérive relativiste de nos lois qui est la marque même de la société libérale post-moderne. En effet, comment prétendre faire adhérer les musulmans aux mœurs de notre société et leur faire respecter nos lois si celles-ci ne continuent pas d’être régies par un minimum de loi objective commune à tous les citoyens ? Cet aspect n’est pas vraiment abordé dans le livre et la thèse de l’auteur en est moins convaincante.

    Je prendrai l’exemple de la polygamie dont Pierre Manent soutient qu’elle doit rester un interdit absolu dans notre société. Soit. Mais, pour ma part, je ne vois aucune raison valable d’opposer cet interdit aux musulmans (autrement qu’en vertu d’un bien faible « rappel au règlement) à présent que la loi sur le mariage des personnes de même sexe a été adoptée. Cette loi dénie en effet toute légitimité à la différence sexuée comme élément constituant du « couple » marital et de la famille. Or, tel n’est pas le cas de la polygamie qui, quant à elle, ne transgresse nullement la différence sexuée. Du point de vue du respect de la différence sexuée, objective et naturelle, la polygamie est plus respectable que le « mariage taubira ». Les musulmans n’ont aucune raison d’en démordre.

    3. RESSAISISSEMENT NATIONAL... ET FRONT NATIONAL...

    Troisième observation : la réflexion de Pierre Manent est d’ordre philosophique. Mais le citoyen-lecteur ne s’en interrogera pas moins sur le modus operandi. Raffermir la nation, restaurer le sens du bien commun...soit. Mais avec qui et comment ? On ne voit que trop bien que le Front « national » s’est emparé depuis longtemps de cette thématique. En entretenant un « cordon sanitaire » autour du FN, de moins en moins hermétique d’ailleurs, les partis de gouvernement traditionnels se sont quant à eux interdit d’opérer une auto-critique sur la dérive libertaire de notre société politique à laquelle ils ont puissamment contribué, à gauche comme à droite, de Giscard d’Estaing à Hollande, de crainte d’apporter de l’eau au moulin de la formation des Le Pen...On ne voit personne qui puisse aujourd’hui nous sortir de cette impasse.

    Même remarque en ce qui concerne la restauration d’une meilleure compréhension du fait religieux comme fait politique dans notre société. Tout montre au contraire que le mal s’amplifie. François Hollande est comme la caricature de la thèse de Pierre Manent : cachez ces religions que je ne saurais voir...Il n’y a aujourd’hui personne en France pour relayer les préconisations de Pierre Manent dans la sphère politique. Personne.

    4. BLOC MUSULMAN ?

    Un quatrième point, cette fois-ci sur l’islam. Pierre Manent a choisi à dessein de ne pas se perdre dans les sables d’une islamologie appliquée, ce qui est parfaitement légitime vu l’objet du livre. Pour autant, faut-il tenir les musulmans comme un bloc dont les mœurs seraient inaltérables ? La sociologie de l’islam en France donne plutôt à penser que la sécularisation progresse aussi chez eux et que la fréquentation des mosquées n’est pas aussi massive qu’on pourrait le croire. L’auteur, sans les ignorer évidemment, me semble aussi minimiser l’ampleur des divisions dans les communautés musulmanes en France qui rend difficile une « interpellation » comme celle qu’il préconise.

    Je suis en revanche d’accord avec lui sur l’idée de mettre les musulmans de France dans l’obligation de mieux faire la part entre leurs allégeances extérieures et leur citoyenneté française. Cette question n’est étrangère ni aux juifs, en raison du lien avec l’Etat d’Israël, ni aux catholiques romains, du fait de la relation particulière à l’évêque de Rome qui préside à la communion ecclésiale. Nous devons sans aucun doute être beaucoup plus vigilants que nous ne l’avons été sur l’influence déstabilisatrice des pays arabes et d’abord celle de l’Arabie saoudite wahhabite. Il y a là un sujet propre...

    5. UN CONTRAT TACITE ?

    Ceci m’amène à évoquer un dernier point, sans préjudice d’autres aspects à reprendre au fil du débat. J’apprécie la fermeté de Pierre Manent sur le caractère « non négociable » de notre liberté d’expression et de pensée. J’y ajouterai la liberté de conscience et de religion qui est encore plus importante s’agissant de l’islam. Un musulman en France doit pouvoir choisir librement la confession religieuse à laquelle il veut rester fidèle, en changer, ou ne pas en avoir. J’apprécie également le caractère également non négociable des fondements mêmes de nos mœurs comme l’interdiction du voile intégral (je signale au passage la très belle page 74 où Pierre Manent justifie l’interdiction d’un voile qui est une véritable « agression à la coexistence humaine »).

    En revanche, je ne suis guère convaincu par l’idée du « contrat tacite » que nous aurions conclu avec les musulmans immigrés de ne pas leur imposer une adhésion pleine et entière à nos lois. Nous n’avons reconnu ce privilège à aucune communauté issue de l’immigration et je ne vois aucune raison valable de le faire avec les musulmans immigrés. C’est la raison pour laquelle je ne partage pas les vues de Pierre Manent sur la nécessité de céder sur la mixité dans les lieux publics notamment les piscines, ce qui reviendrait à imposer à tous les Français une prescription de la communauté musulmane. La relation entre hommes et femmes dans notre pays n’est pas fondée sur la séparation géographique ou sur la réclusion dans le voile. Elle est tout entière dans la qualité du comportement et de la tenue, en un mot dans une exigence de courtoisie voire de chasteté. Nous ne serons peut-être conduits à céder un jour aux musulmans que parce que nos mœurs seront « débondés » au point de n’être plus du tout respectables et respectés. C’est là que doit porter l’effort, dans les médias et dans l’éducation. Pas dans la prescription islamique imposée sur le territoire de la République, ce qui serait une véritable régression...
    Pour le dire encore plus ouvertement, je suis hostile à l’idée d’admettre en France, officiellement, des espaces régis par l’islam comme on en trouve au Royaume-Uni qui a fait le choix de la multi-ethnicité. Et j’aurais aimé que Pierre Manent lève plus clairement l’ambivalence qui peut résulter de ses propositions. En revanche, je souhaite que partout où c’est possible, on renforce ce qui, dans nos mœurs et dans les mœurs des musulmans, convergent : à commencer par la protection et la promotion de la seule vraie famille formée par l’homme, la femme et les enfants. La famille comme école de vie et de citoyenneté (puisque c’est la première communauté que trouve l’enfant) doit être un champ privilégié à explorer en vue de renforcer la citoyenneté des musulmans...comme celle d’ailleurs des non-musulmans qui s’est beaucoup dégradée...

    6. En guise de conclusion provisoire, je souhaite un beau destin au livre de Pierre Manent qui mériterait de susciter un débat approfondi dans notre société, y compris avec les musulmans. Je laisse volontairement en suspens la question de la participation « médiatrice » des catholiques... /. (PHP)

  • Et une analyse du livre très intéressante, car simple et claire de Pierre Le Vigan publiée dans Polemia.
    http://www.polemia.com/situation-de-la-france-de-pierre-manent/?utm_source=La+Lettre+de+Pol%C3%A9mia&utm_campaign=444b2e572c-lettre_de_polemia&utm_medium=email&utm_term=0_e536e3990e-444b2e572c-57836697

    Je persiste à croire et à savoir que l’on ne négocie pas avec l’islam. Ce corpus n’est pas intégrable dans la liturgie judeo-chrétienne de l’Europe. En suivant Manent nous partons vers des contresens qui vont nous couter cher. Dans une conférence récente, Bernard Lugan mettait en garde contre le contresens autour du mot « réforme ». Chez les adeptes de l’islam, il s’agit d’un retour à la pureté des textes du Coran, des hadiths, et non d’une remise en cause comme purent la conduire Luther et Calvin. Manent n’est pas orientaliste.
    Quant à la laïcité est il nécessaire de revenir sur le sujet ? Les analyses sur ce que fut cette démarche strictement française et strictement politique, sont copieuses, didactiques et complètes. Rien à ajouter aujourd’hui, sinon que la situation de 1900 était sans rapport avec celle des années 2000 …

    • On fera observer à l’honorable correspondant que Pierre Manent, quand on prend naturellement la peine de le lire, ne parle nullement de "négociation avec l’islam" mais de compromis avec les musulmans français en vue de leur intégration complète dans notre société politique. Ce qui change tout. Manent ne préconise nullement un pacte qui ressemblerait au pacte interconfessionnel sur lequel a été fondé le Liban et qui est d’ailleurs aujourd’hui bien mis à mal...

      D’ailleurs, on serait bien en peine de savoir avec qui négocier en France "au nom de l’Islam"...Les musulmans eux-mêmes n’arrivent pas se mettre d’accord...Pierre Manent évoque l’idée d’un parti politique musulman, d’ailleurs. Elle peut être sérieusement contestée mais cela montre bien dans quelle perspective il s’inscrit. Le dialogue avec l’islam est déjà une impasse théologique, alors, la négociation avec l’islam...

      Dieu merci, les musulmans ne sont pas dépourvus de raison naturelle. Raison naturelle qui, soit dit au passage, peut faire défaut à des cathos ayant une approche hystérique ou fondamentaliste de leur propre religion. C’est donc le dialogue fondé sur la raison naturelle qui rend possible ce qu’envisage l’auteur. Pas le dialogue fondé sur le Coran comme l’honorable correspondant semble le comprendre.

      Cette façon qu’a Pierre Manent d’appréhender le fait islamique en France n’est d’ailleurs nullement en contradiction avec ce qu’en dit l’Eglise catholique. Elle aussi ne parle jamais que de relations INTERPERSONNELLES avec les musulmans. Ceux-ci font partie de la communauté nationale, comme vous, Jean-Louis Faure...Que ceci plaise ou non...On ne choisit pas plus ses concitoyens que son prochain et c’est bien pourquoi l’amour qu’enseigne le Christ est tout agapé...

      J’admets qu’avant que tous les cathos aient pu intégrer et pratiquer ça, l’islam aura eu largement le temps de se "réformer"...Chacun doit faire des efforts...

  • Ergotons, ergotons, heureusement il n’en restera rien. « … compromis avec les musulmans français en vue de leur intégration complète dans notre société politique … ». Comment peut on se bercer d’une telle ineptie ?
    Michèle Tribalat a longuement détaillé pourquoi l’intégration à la française est un échec. Les musulmans n’ont que faire du respect des lois de la République, tout en s’enfermant dans leur communauté dans un réflexe endogame. Partant tout parallèle avec un français de souche est une pure provocation, comme les musulmans en usent dans un État faible, devenu évanescent. Ceux qui préfèrent se coucher ne manquent pas, et n’ont jamais manqué, à commencer par les magistrats du pays. On commence à voir des décisions qui font une place à la charia. Et hélas parmi nos évêques La dhimitude a de beaux jours devant elle.
    Quant à la raison au pays de l’islam, le pape Benoit XVI a dit à Ratisbone ce qu’il fallait en penser. Manent cultive la posture intellectuelle de l’école de Raymond Aron, merveilleuse pour passer des diplômes de philosophie mais souvent loin du réel. C’est le cas ici. Le summum de l’obscurantisme est quand la discussion sur le sujet dérape en opposition droite – gauche. Comme s’il s’agissait d’une question politique. En dernière analyse, c’est le ressenti du peuple qui s’impose, ce fut toujours le cas dans l’Histoire.

    • Que signifie donc "conclusion provisoire" ? Qu’est-ce que cette ineptie ? Est-ce du français ou de l’esperanto ? Pourquoi cette invention grotesque en contresens de la langue française ?
      Parce qu’après d’interminables tartines, assenées à coups de contradictions et d’étalage tout azimut d’une ignorance crasse du fait de l’Islam, du catholicisme et de la politique en général...Allons bon... Aller prêcher ailleurs. Que chacun commence par pratiquer ce qu’il demande aux autres " Conclusion provisoire" !
      "Conclusion définitive" : pléonasme. Mais "conclusion provisoire" .

      Il ne serait pas sans intérêt de conclure en retranscrivant ces lignes lues je ne sais plus où, et qui n’ont besoin d’aucune explication ni d’aucun commentaire pour être comprises pour ce qu’elles sont. Nostalgie... "PAS PLUS UNTEL QUE UNTEL NE POURRAIT S’AFFRANCHIR DU REGARD CRITIQUE QUE NOUS SOMMES AUTORISES A PORTER SUR EUX EN TOUTE LIBERTE..." . A elle seule cette phrase vaut son pesant d’or d’esprit dominateur, dictatorial, condescendant, esclavagiste, et cette maladive et stupide satisfaction de soi gonflée jusqu’à l’enflure... Regard critique ? Où ça ? Confusion ... Un regard critique est une chose. Un regard en plongée donc insultant en est une autre.
      "Si ton oeil te scandalise...". Aucune invention, toute cette phrase se trouve dans les Evangiles retenus par l’Eglise catholique romaine.

      Pour en terminer - et malgré une éventuelle "conclusion provisoire" il n’est pas interdit d’avancer sans ciller que, dans ce contexte, des interventions malheureuses, pour ne pas dire dangereuses et minables, sont de nature à encourager dans notre pays l’islam le plus dur car, sous une couche d’un vernis douteux rampent, à peine voilées, un complexe de supériorité d’un autre siècle et comme une haine de tout ce qui n’est pas le JE et le MOI (avec l’Eglise catholique romaine en couverture).

      C’est tout simplement un immense naufrage.

      Merci.

    • Veuillez respecter vos propres consignes et argumenter sur le sujet qui nous occupe : le livre de Pierre Manent.

      Pour l’instant, vos réflexions sur le sujet sont pauvres et votre critique ratatinée. Vous glosez. Vous récriminez. Vous ruez. Rien de très utile au lecteur en vérité.

      Pierre Manent n’a certainement pas manqué de lire ce qu’écrit Alain Besançon sur la "tentation de l’islam". Contrairement à ce qu’on lui fait dire, son livre ne cède pas à celle-ci.

      Quant à la critique que vous me faites sur le je et le moi catholique, vous mettez à côté de la plaque et votre coup de pied tombe mal.

      Voir mon message intitulé "situation de la France : cathos" qui est la dernière partie de mon commentaire. Les catholiques sont loin d’être à la hauteur de la mission qui devrait être la leur. Ils n’ont cessé de rater les coches politiques de l’époque contemporaine. Ils pourraient bien encore rater celui de notre temps...

    • P.S. Cette succession de pavés lancés de façon intempestive ont transformé ce qui devait être un débat en un long et franchement fort ennuyeux monologue. Il n’y a qu’à remonter le cours des messages et les compter en nombre et en longueur...et ensuite venir rappeler à l’ordre. En ce qui concerne le contenu de ces "interventions"... C’est encore une autre histoire...

      Le sujet en question a en fait, comme on peut difficilement s’en cacher, fait l’objet d’une reprise en main, j’allais dire d’un accapparemment (d’ailleurs prévu et signalé en amont - prière vérifier). Qu’à cela ne tienne. Dès lors il est grand temps, semble-t-il, de revenir à du sérieux, du solide, du vrai et du constructif. Ce forum ne saurait se perpétuer comme étant la vitrine ou, que sais-je, une quelconque rampe de lancement de missives sol-sol.

      En apprenant avec surprise que mes contributions sont, je cite : pauvres et ratatinées, je ne peux, par contre, que me réjouir de n’avoir pas fait irruption ni infligé aucun dommage dans un débat dont le but a été honteusement, mais oui, et c’est regrettable, détourné dès le départ. (De plus, il m’est interdit de donner quittus, bouche cousue, à qui que ce soit qui était, qui est, et qui continuerait d’être de parti pris, donc totalement dépourvu de discernement, et utilisant la provocation et le déni - on ne saurait démentir ce qui est incrusté dans les fichiers). Ceci étant je persiste et signe :

      Le déroulement et le contenu d’interventions oh combien insipides est un véritable naufrage.

      Merci.

    • Voir quoi encore ? On a assez vu ! Vu ?

      Le slip m’en tombe !

      Et bis repetita : ce sujet est rongé jusqu’à l’os.

      Même Mirza n’en voudrait plus.

      Merci.

  • 1. Il faut ici revenir sur la dernière partie de l’ouvrage de Pierre Manent qui ne passionnera pas les grands médias mais qui nous concerne particulièrement.

    Pierre Manent appelle en effet les catholiques à ne pas céder à la tentation du repli et du défaitisme mais à réinvestir pleinement la République. Il estime en effet que, de toutes les grandes « masses spirituelles » de l’occident (judaïsme, protestantisme évangélique principalement américain, idéologie des droits de l’homme, et islam) l’ Eglise catholique est la seule force spirituelle « engagée dans une démarche qui prend en compte de manière délibérée et pour ainsi dire thématique les revendications et les vues des autres » (p. 157).

    C’est particulièrement vrai de la doctrine démocratique, avec laquelle l’Eglise s’est débattue depuis deux siècles (ndr. cf l’excellent « Catholicisme et démocratie » du regretté Emile Perreau-Saussine). Signalons que cela différencie fondamentalement l’Eglise catholique romaine des Eglises orientales et d’abord de l’Eglise orthodoxe russe qui n’a aucune expérience de la démocratie et qui, au sortir de la grande épreuve du régime soviétique, en est encore à la réaffirmation de soi.

    Mais c’est vrai aussi de la relation aux juifs et au judaïsme depuis le concile Vatican II (ndr. cf notamment « Le peuple de la première Alliance » de Jean-Miguel Garrigues o.p.).

    Même avec l’islam, l’Eglise a développé un corpus théologique embryonnaire, certes imparfait et critiqué (ndr. Voir notamment Alain Besançon, « Trois tentations dans l’Eglise » et « Vatican II a-t-il compris l’islam ? » publié dans « Problèmes religieux contemporains »).

    Ainsi l’ Eglise est encore, selon P. Manent, le « centre et le pivot du dispositif dans lequel nous avons à vivre et à penser . Elle est donc par excellence médiatrice ». Il lui revient une « responsabilité pour tous », sans pour autant qu’elle ait à se mettre à ressembler aux autres. Et il en est ainsi tout particulièrement dans un pays comme le nôtre : elle a entretenu un si long et profond « compagnonnage » avec la nation française.

    Mais tout dépend de la capacité des chrétiens de France à entrer judicieusement dans la vie civique. Et l’auteur de faire observer : « les catholiques ont depuis longtemps pris l’habitude de longer les mures...ils se conduisent souvent comme s’ils étaient condamnés à la clandestinité... »(p.162).

    2, Je voudrais revenir sur ce paradoxe qui me semble capital. Alors que l’ Eglise comme « domaine spirituel » est au centre du dispositif, à la croisée des chemins, à sa place sur l’agora, les catholiques semblent repoussés toujours plus dans la périphérie de la République...

    a. Il me semble qu’on peut incriminer des facteurs exogènes indépendants de la volonté de l’Eglise et des catholiques. Le principal à mes yeux est l’agressivité anti-chrétienne de la république libertaire telle qu’elle a pris forme depuis les années 70 du siècle dernier et du monde des média qui informe aujourd’hui la « culture » de la plupart de nos contemporains avec un quasi monopole. Le libertarisme entretient en effet une intransigeance de plus en plus dure envers tout de ce qui résiste au relativisme éthique et les libertaires ont parfaitement identifié l’ Eglise catholique comme la première des forces capables de lui résister. On en a bien pris conscience lors des débats sur la loi Taubira au cours desquels on aura tout tenté pour disqualifier la parole catholique taxée d’homophobie.

    Ceci conduit d’ailleurs à poser la question : avant d’être médiatrice, l’Eglise catholique ne doit-elle pas être résistante ? En effet, quel accord ou même quel compromis sont possibles avec les partisans de la République libertaire ? En vérité, pas plus qu’avec les régimes communistes...Il en résulte que la « médiation » que les catholiques, avec d’autres, peuvent exercer en direction des musulmans prend la forme de l’accueil des musulmans dans les cortèges des Manif pour tous pour la défense des mœurs familiales qui leur sont communes...Bref, nous sommes médiateurs mais dans la résistance...

    b . Mais cela n’explique pas tout. Je mettrai pour ma part en avant l’affaiblissement démographique et intellectuel du catholicisme français qui le prive de moyens. L’Eglise manque de bras. Mais elle manque cruellement de talents : de « prélats politiques » capables d’investir le champ du politique, comme ce fut le cas par exemple des grands prélats polonais de la résistance au communisme ; d’ intellectuels capables d’investir le champ du politique. Ainsi, l’oeuvre originale de Jean-Miguel Garrigue o .p. est restée malheureusement sans continuateur. Certes, le cardinal Lustiger, en visionnaire, a su fonder le collège des Bernardins. Mais ce collège reste un lieu confidentiel d’échanges académiques...

    c. J’irai plus loin en affirmant que l’Eglise en France a elle-même organisé l’anesthésie du catholicisme français avec la « Lettre aux catholiques de France » (1996) qui s’est employée à ne rien voir, ne rien dire, à ne rien enseigner sur la dérive libertaire de la démocratie libérale. Dans le même registre, l’épiscopat français a aussi très "efficacement" traité par le silence l’enseignement remarquable de Benoît XVI sur la crise de la démocratie libérale et notamment la « note doctrinale à propos de questions sur l’engagement et le comportement des catholiques dans la vie politique », un texte capital du cardinal Ratzinger datant de 2002 et quasiment inconnu dans notre pays. La France catholique est passée à côté du pontificat de Benoît XVI...

    d. Sans prétendre être exhaustif, ajoutons que l’ Eglise en France laisse sans réponse les critiques que le catholicisme traditionnaliste intransigeant, qui ne manque pas de talents et d’intellectuels, fait de l’application concrète du concile Vatican II : une abdication préparant le renoncement face au libéralisme libertaire ? Voir à cet égard : « Eglise et politique, changer de paradigme » sous la direction de Bernard Dumont, Miguel Ayuso, Danilo Castellano.

    e. Même passivité à propos de l’Europe : la hiérarchie catholique française est jusqu’à présent passée largement à côté de la critique de la gouvernance européenne, préférant s’en remettre pour la conseiller à des experts qui ont été ou sont les acteurs ou propagandistes de ce dispositif et qui sont donc peu disposés à en faire l’analyse critique...Nos évêques ont-ils lu « la Raison des nations » ? On a parfois l’impression que leur approche de l’Europe date du temps du grand marché unique...

    On voit que les critiques de Pierre Manent sont fondées, mais que le retour des catholiques français au « centre du dispositif » nécessitera bien plus qu’un effort de volonté...Il faudra d’abord que les catholiques français se remettent activement en état de penser le politique...Pour l’instant, entre les libertaires et les musulmans, il n’y a plus grand chose en France pour sauver ce qui peut l’être de la République de nos pères...Juste un petit reste avec lequel il faudra, comme toujours compter.

    J’aurai bouclé la boucle par cette allusion finale à Charles de Gaulle, catholique, républicain, plus actuel que jamais, et que Pierre Manent n’évoque par en vain au début de son livre...Nous n’allons pas renoncer pour autant !

    • Chouette alors !

      OUF !

      IL PARAIT QUE LA BOUCLE EST BOUCLEE ! (Mais on ne sait jamais... Il n’y a dit-on que le "provisoire" qui dure).

      ALORS POUR DONNER L’EXEMPLE ON VA LA BOUCLER.

      D’autant plus que le sujet est rongé jusqu’à l’os.

      Même Mirza n’en voudrait plus.

    • Merci M. Pouzoulet pour votre exposé puis votre analyse critique du livre de P. Manent .
      Il est bien dommage que vos contradicteurs confondent passion et raison ; polémique et examen critique . Mais, en effet, procéder à l’examen critique, passer au crible ou au tamis des idées, cela s’apprend .

      Face à vos contradicteurs plus insultants que convaincants, je vous dirais qu’en tant qu’enseignante dans le public, je ne peux que constater que les seuls jeunes qui aient encore des valeurs humanistes ce sont les jeunes musulmans et non les petits français "de souche", totalement déchristianisés et perdus dans le capitalisme consumériste et nihiliste .
      Quant à la remarque sur la prétendue ineptie de la "conclusion provisoire" , il me semble que nous ne sommes ni à la fin des temps, ni à la fin de ce débat sur l’intégration des musulmans . Tout est à faire et, n’en déplaise aux anti-intellectuels, à penser .

    • Je suis touché de votre message, dont je vous remercie.

      J’ai pris la peine d’écrire cette recension, en y passant une partie de mon week-end, sans aucune prétention académique, et pour des lecteurs tels que vous. Une bouteille à la mer. Pour donner l’exemple et en bravant les quolibets faciles : il faut que les citoyens "arrachent" ces sujets des mains des spécialistes et s’en emparent. Chacun doit prendre part à la délibération politique. C’est comme ça qu’une démocratie peut vivre.

      Je lisais hier une brève d’Ukraine qui m’a fait sourire. Le premier ministre ukrainien préconise de donner plus d’autonomie aux établissements scolaires afin d’encourager les initiatives pédagogiques et d’élever le niveau de l’enseignement. Il commente la réforme : il faut que, comme dans les autres pays, nous apprenions aux jeunes à "penser"...Voilà une haute idée de nos systèmes éducatifs...

      Je suis aussi sensible à ce que vous dites de vos élèves. Cela confirme l’analyse de Pierre Manent d’une façon saisissante.

      Vos jeunes élèves "français de souche" et leurs familles ne sont pas responsables de ce "vide culturel" que notre société a fini par créer, ils en sont les victimes.

      Et ce vide n’est pas propre à attirer les jeunes musulmans qui, eux, ont encore des moeurs. Pas les nôtres mais ceux transmis par leur communauté. J’insiste : transmis. Peut-être avez-vous lu le livre de votre collègue, François-Xavier Bellamy, "Les déshérités"...Nous avons pourtant tant de choses à transmettre à nos jeunes...

      Mais si ce sont des jeunes issus de l’immigration qui reprennent le flambeau et s’approprient notre patrimoine culturel, et bien c’est avec eux aussi que la France, pays d’immigration depuis bien longtemps, pourra continuer. Est Français qui veut le devenir, y compris s’il est de culture musulmane.

      Vous êtes en première ligne dans cet effort que nous devons tous faire pour ressaisir notre société politique et notre République.

      Avec tout mon soutien et tous mes voeux : tenez bon, rien n’est perdu, on compte sur vous pour s’occuper de ces jeunes qui sont notre avenir !

    • cf. : 13/10 18:16 @ elisabeth (III ?)

      La "conclusion provisoire" n’est pas du tout une "ineptie". C’est au titre de dénonciateur de ce terme qu’il de mon devoir de répondre à cette partie du message précité me concernant.

      Ce message-baume-au-coeur est apprécié, d’autant plus que c’est bien, à cette minute, le seul et unique message de "reconnaissance" (dans tous les sens de ce mot), à vérifier, envoyé à... ben, au destinataire, pardi !
      On devine facilement à travers ces lignes que l’expéditeur pourraît être un admirateur/fan au point d’adopter, ou presque, le style épistolaire - quand il est rarement calme - de son idole. On est en droit de se demander si cet expéditeur ne serait pas, par hasard, le frère jumeau... Mais, non, ce ne peut être le frère puisqu’il écrit sous le pseudo "elisabeth". Enfin, bref, quelque chose comme un Cyrano Bis (dont l’attribut-pif...remue en permanence).

      Pour en terminer, mes respects vont à la "en tant qu’enseignante dans le public" qui a donné son point de vue sur ses élèves divisés par ses soins en deux groupes bien distincts. Ne pas toutefois compter sur moi pour initier ni alimenter cet éventuel (SOS) nouveau débat. Stop.

      On peut comprendre, à la lecture du message-baume-au-coeur de la "en tant qu’enseignante dans le public" comment et pourquoi les élèves du public sortent, nous a-t-on maintes fois dit et répété à ce jour, de la classe de 6ème en ne sachant ni lire ni écrire

      Merci.

  • Je n’ai que peu de disponibilité pour tout suivre.
    J’ai beaucoup de priorités à travailler. J’essaierai de le faire, mais je ne peux valablement aborder pour l’instant Pierre Manent.

    Voici toujours une vidéo de lui :

    http://questions.aleteia.org/top-videos/196/pour-defendre-la-loi-naturelle/

    Ceci dit, la république est une forme de gouvernement qui, comme d’autres formes de gouvernement, pourrait être compatible avec le catholicisme. Mais force est constater et de comprendre la réalité historique de la France. La Révolution française fit que la République française, fille de cette révolution, détruisit le socle catholique de la France. Et on ne peut pas dire que la République française a favorisé et favorise le catholicisme, même et surtout plus de 200 ans après le début de la république. Avoir écarté le catholicisme en France correspond à une destruction de structure d’un pays. C’est là un ’traumatisme’ interne à la pensée française qui s’en trouve durablement dénaturée. Et comme la France et l’Église catholique romaine ont des histoires assez parallèles. Les deux traversent des périodes très troublées. L’actualité française parle d’elle-même... jusqu’à un Pape dont le discours devant l’ONU qui n’a rien de chrétien, sauf erreur ou oubli de la part, ne nomme même pas ni Dieu, ni Jésus-Christ, ni La Sainte Vierge...

    On peut dialectiser à l’infini comme on le voit souvent ici-même, ça ne change pas la nature des hommes et des choses. La nature qui n’est pas dialectique.

  • @gemayel
    Vous me pardonnerez de remettre le couvert. Mais le Figaro d’hier, et de ce matin nous propose en deux parties un échange de haute tenue entre Manent et Finkielkraut. A l’instar de plusieurs autres critiques de ce petit travail AF pointe plusieurs assertions totalement inacceptables. A vrai dire on termine ces 170 pages en ressortant frustrés , l’impression d’être trompés sur la marchandise. Manent use (et abuse ?) de sa position de grand intellectuel français reconnu de l’école de Raymond Aron pour balayer beaucoup de notions tel un inventaire à la Prévert en trop peu de pages, sous le titre ambitieux « Situation de la France ».Avec selon nous de nombreuses approximations, sinon erreurs. Mais le plus sidérant est de parler de l’islam en Europe et en France tout au long du livre, sans jamais venir à ce qu’est l’islam. Son histoire, son corpus, ses dogmes, son organisation, et en définitive le totalitarisme consubstantiel à cette doctrine. Il revient à plusieurs reprises sur la séparation de César et de Dieu, en oubliant que cette préoccupation est très ancienne dans l’histoire de l’Humanité. L’illumination du Gautama Boudha, 500 ans avant notre ère fut d’écarter les Brahmanes de la gestion de la cité. Ce conflit permanent entre deux des trois fonctions identifiées par Dumézil se régla autant dans un calme relatif (cas du boudhisme) que par le feu et le fer. Il ne se pose pas en islam car la doctrine religieuse dirige toute la société, sa structure, sa morale, ses tribunaux, l’obligation du patronyme. Et donc disserter sur l’islam en France sans convoquer dans la discussion, le principal intéressé est surréaliste.
    Les dizaines d’ouvrages d’exégètes sur la nature de la doctrine rend vain la tentative de l’assimiler. C’est l’islam qui donne le tempo et qui à terme règnera en maitre. Naïveté ou dangereuse rêverie ? Ce sont nos églises que l’on démolit, et c’est Boubakeur qui réclame 2.000 mosquées. C’est la totalité du corps médical qui est confronté au mépris de la Loi et de l’hygiène. C’est la provocation permanente qui s’est installé dans l’éducation dite nationale, c’est le Code Civil qui est en permanence foulé aux pieds. C’est une société en totale régression qui prospère désormais sous nos yeux. Nous partageons la réserve de Manent sur la laïcité, et l’évidence de son inutilité. Notion « à la française » qui n’a aucune signification dans aucun autre pays, et dont les fondements avaient éventuellement un sens à la fin du XIXème siècle au Palais Boubon. Imagine-t-on aujourd’hui la lettre de Jules Ferry aux instituteurs ? Pour son 30ème anniversaire l’excellente revue Commentaire, celle de Manent, ressort un texte de fond sur la laïcité, du regretté sociologue François Bourricaud. Il y rappelle que :
    • ... la laïcité ... peut engendrer le conformisme le plus étouffant, comme celui que tentait d’imposer Robespierre avec la fête de l’Être suprême au pire moment de la terreur jacobine ...
    • ... le paradoxe de la laïcité , c’est qu’elle rompt avec les dogmes des religions révélées tout en prétendant utiliser ces dogmes ... (donc rien d’autre qu’une lutte pour la prise de pouvoir)
    • ... les républicains, puis les radicaux et les socialistes verront dans le dessaisissement de l’Église catholique (de l’école), dans la fin de sa prépondérance pédagogique, la condition préalable de tout progrès...

    Mais nous sommes consternés que Pierre Manent ne résiste pas à l’explication-valise d’une Europe intellectuellement diminuée par l’assassinat industriel des juifs. Ce qui est à peine excusable chez le pseudo historien Paxton au café du commerce, est inacceptable sous la plume d’un grand historien des idées politiques tel que Manent. L’assassinat industriel de populations fut d’abord chronologiquement, une méthode de gouvernance du stalinisme, dans des proportions jamais vues dans l’Histoire, sauf en Vendée sous la terreur jacobine (voir Nicolas Werth, « la route de Kolyma » ; et « l’ivrogne et la marchande de fleurs »).
    Et pour conclure par ce qui est la colonne vertébrale de ce petit travail, tout est dans cette remarque « … nous observons l’extension et la consolidation du domaine des mœurs musulmanes plutôt que son rétrécissement ou son attiédissement dans notre pays. Ce fait social est aussi le fait politique majeur que nous avons à prendre en compte. Le prendre en compte, c’est d’abord consentir à admettre que sur ce fait nous n’avons que très peu de pouvoir. Nos concitoyens musulmans sont désormais trop nombreux, l’islam a trop d’autorité, et la République, ou la France, ou l’Europe trop peu d’autorité pour qu’il en soit autrement. Je soutiens donc que notre régime doit céder, et accepter franchement leurs moeurs puisque les musulmans sont nos concitoyens. Nous n’avons pas posé de conditions à leur installation, ils ne les ont donc pas enfreintes … ». Tout est dit, à hurler. De Lois de la République, point de mention. Quant à appeler les catholiques à l’aide, c’est un gag qui malheureusement séduit plusieurs évêques.
    Intérêt de cet opuscule, alimenter un débat lâchement poussé sous le tapis par un personnel politique qui a trahi sa mission, représenter le peuple.

    @mme elisabeth, pas pour parler de votre commentaire sans intérêt en complet déni de réalité, c’est la gangrène des forum de voir arriver l’accusation d’insultes, là où il n’y en a pas. En guise d’arguments et de documentation.

    • Deux réactions à votre commentaire qui est intéressant car je crois qu’il reflète ce que pensent bon nombre de lecteurs du forum :

      1- je ne suis pas d’accord avec la façon dont vous "banalisez" la Shoah.

      Alain Besançon, dans "Problèmes religieux contemporains", nous met à juste titre en garde contre ce qui pourrait être une "religion de la Shoah". La Shoah ne peut pas devenir une religion...

      Cela dit, elle ne peut pas réduite à un phénomène d’extermination comme un autre sous prétexte que Staline a fait "aussi bien" ou même pire...Même le Holodomor en Ukraine, extermination par la famine de la paysannerie en Ukraine, qui est interprété par les Ukrainiens comme une forme de génocide national, tenait plutôt du génocide "sociologique" : il fallait supprimer une population de paysans propriétaires qui ne voulait pas entrer dans la collectivisation.

      Et la Shoah reste un phénomène exceptionnel car il s’agit d’une extermination programmée des juifs en tant que juifs organisée par un pays de civilisation chrétienne et propagée dans des pays de civilisation chrétienne qui ont plus ou moins mollement résisté.

      Cela dit, je ne vois pas trop ce que le développement que Manent consacre aux juifs apporte à son sujet, si ce n’est qu’il vient cruellement rappeler que la prétendue assimilation des juifs dans nos sociétés modernes a volé en éclats au 20ème siècle, de l’affaire Dreyfus à Hitler, en donnant ainsi une justification au sionisme. Le nazisme a si bien "pris" en Allemagne justement parce que c’est le pays où les juifs avaient peut-être poussé le plus loin leur assimilation. Je pense ici au modèle de Moses Mendelssohn qui entendait réunir les Lumières allemandes (Aufklärung) et les Lumières juives (Haskala).

      2- je ne suis pas d’accord avec le reproche que vous faites à Manent, et qu’on pourrait vous faire d’ailleurs.

      Vous aussi vous regardez l’islam comme un bloc, sans pousser plus loin l’analyse : un météore définitivement insoluble dans nos sociétés politiques. Parce que vous semblez partir du principe que l’islam et les musulmans, c’est la même chose...Mais c’est tout de même un peu plus compliqué...Aucun homme ne peut jamais être réduit aux conditionnements de sa religion. Vous faites aux musulmans le reproche que les laïcistes les plus durs font aux catholiques...

      Je vous pose la question : si l’on vous suit, si vous allez au bout de cette "logique", vous faites quoi, alors ? La même chose qu’avec les juifs au 20ème siècle ? Le refoulement ? Le confinement dans un ghetto ? Finalement, c’est vous qui m’aidez à comprendre pourquoi Pierre Manent parle de la Shoah : pour nous mettre en garde contre une réaction telle que la vôtre...Aucun Allemand antisémite n’a voulu ou même conçu en pensée la Shoah comme extermination de masse. Mais les Allemands collectivement l’ont pourtant rendu possible...

      Pourquoi faudrait-il tenir pour acquis que les musulmans de France, dans leur intégralité, n’ont d’autre objectif politique que de refaire en France la Médine du 7ème siècle alors qu’il y a vraiment très peu de risques que notre pays, suivant ou non le schéma inventé par Houellebecq, s’islamise à grande échelle ? Sauf dans un fantasme le-peniste...

      Est-ce qu’on suspecte les catholiques français de vouloir rétablir l’empire constantinien ou des Etats chrétiens, alors que, soit dit en passant, ceux-ci ont pu être aussi intransigeants envers les communautés non chrétiennes (juifs) ou même certaines communautés chrétiennes (protestants en France, catholiques en Angleterre...) que peut l’être l’islam dans certaines parties du monde ?

      Je pense que c’est cette marge d’autonomie politique du musulman pris comme acteur politique propre que Pierre Manent prend en compte, "en dépit de l’islam", oserai-je dire.

      Pierre Manent peut certainement être critiqué. Mais la posture qui est la vôtre et qui revient à enfermer définitivement les musulmans dans un ghetto (à moins de les convertir de force comme les cathares ? ) me semble totalement irréaliste et aboutirait précisément au résultat qui vous fait "hurler" : des musulmans relégués définitivement dans leur étrangeté absolue.

      Pierre Manent, en bon philosophe du libéralisme politique, me semble faire le pari que les musulmans français eux aussi sauront acclimater progressivement cette liberté politique. Ce qu’il ne dit pas, car il ne veut pas et ne peut pas dire, c’est qu’il faudra pour ce faire que le musulman sorte aussi, au moins en partie, de l’islam si celui-ci ne se réforme pas...Il ne peut pas non plus expliquer qu’il a plus en tête une approche du fait musulman que je crois inspirée davantage par l’expérience américaine que par l’expérience européenne...car rien de tel pour braquer un lectorat français !

      Je suis d’accord avec lui pour affirmer que c’est pourtant la seule voie à explorer. Sommes-nous si peu assurés de la force de nos principes politiques au point de redouter le risque de la liberté ? Mais attention, pas n’importe quelle liberté politique ! J’ai insisté sur ce point qui me semble un préalable capital : il nous faut d’abord restaurer la liberté politique comme l’entend Pierre Manent avant de pouvoir prétendre attraire les musulmans dans son exercice...

      J’admets que la façon de penser de Pierre Manent choque une partie des catholiques : ceux qui entretiennent un rapport problématique avec la liberté politique telle qu’on la conçoit dans une démocratie libérale...
      Le problème politique de l’islam en France renvoie les catholiques à leur propre problème politique et au malaise persistant qu’une partie d’entre eux entretient avec la démocratie, plus encore à présent que cette dernière entend s’affranchir du fonds chrétien et même l’éradiquer.

      Je pense que les controverses que nous avons dans ce forum sont une petite illustration de ce malaise...Ne nous faisons aucune illusion. Affronter "sincèrement" la question de l’islam en France nous demandera des révisions aussi difficiles que l’a été la décolonisation de l’empire...Malheureusement, nous n’avons aucun De Gaulle pour piloter le pays dans ces détroits...

    • Quitte à citer Besançon, citons le sans oubli. Dans un opuscule d’octobre 1998, il s’est posé la question de l’unicité de la shoah. Pour soutenir (c’est son opinion), que la shoah n’est unique qu’en raison du lien privilégié du peuple juif avec Dieu. Ce que ma grand-mère paysanne illettrée des Hautes-Alpes exprimait dans son langage « Dieu n’abandonnera jamais son peuple … ». Pour ma part je suis plus perplexe, et je n’accepte pas d’évacuer la discussion au prétexte qu’un dénombrement des victimes est une opération sordide. Soit. Jusqu’à quel point ? Le grand bond en avant de ce bon président Mao a couté 50 millions de vies, pour autant que les démographes ont pu évaluer. Et de plus entre 1958 et 1962, c’est-à-dire sous nos yeux. Oui, mais là interviennent les lecteurs du Talmud « est-ce un génocide ? ». Bref pour ma part je préfère parler d’assassinat industriel de populations. Folies qui ont constellé le cruel XXème siècle. Et Manent ne peut pas avancer que l’Europe est spirituellement affaiblie en raison de la shoah.

      Votre propension à l’outrance n’est plus à démontrer.
      Vous ne m’avez pas complètement lu, bien compréhensible. Je ne demande rien de plus que le respect intégral de la Loi de la République. Les adeptes de l’islam au mieux s’en écarte ostensiblement, au pire la piétine. Ils auraient tort de se gêner puisque les concepteurs des Lois que l’on trouve normalement au Palais Bourbon, sont plus souvent sous leur bureau que devant leur micro, dès que l’on parle d’islam. Je demande la Loi, rien que la Loi, mais toute la Loi. Que la puissance publique fasse son travail. Soutenue par son autorité. Nous n’en sommes plus là dans un océan de lâcheté.
      Pierre Manent écrit dans le cadre de sa fonction, analyse philosophique de la politique et de la société. Pure théorie donc, qui a un intérêt intellectuel patent, indéniable. Mais totalement coupé de la réalité, avec une construction de ce que pourraient être les temps futurs. C’est charmant mais réservé à ses agrégatifs.

    • @gemayel : je ne connais pas M. Pouzoulet, mais il est vrai que vous n’avez pas à me croire sur parole . Ce que je veux dire c’est que j’ ai plus appris avec ses articles sur le livre de Manent qu’avec vos propos . Peu importe , de toute façon, le problème n’est pas là .
      j’ai un contact avec toutes les couches de la société, et ce que je veux dire, c’est que ce n’est pas l’Islam qui détruit la société française mais le capitalisme tel qu’il est devenu . Il ne connaît plus aucune limite, il enfreint les tabous, détruit l’autorité des adultes, en rendant "les cerveaux" toujours plus "disponibles"aux bonimenteurs de Coca Cola ou de Daesh.
      @Jl Faure : la laïcité scolaire ce n’est pas détruire la religion , c’est instituer la liberté de penser chez les élèves par un enseignement critique et rationnel, quel qu’en soit l’objet, la religion, y compris. C’est un défi car cela interdit de trier entre ce qui est "halal" et "haram" et parfois, en effet, ça chauffe ! Je garde la foi dans les vertus de la laïcité entendue en ce sens de "république intérieure". Le seul moyen de la faire c’est de transmettre des oeuvres dont la portée est universelle et je suis sûre que certains passages du Coran le sont ! A défaut, il y a les Mille et une nuits.

      Quant à la Shoah, à ma connaissance, c’est la première fois dans l’histoire de l’humanité que l’on s’est servi des hommes comme matière première : des articles de maroquinerie, entre autres et que la haute culture s’est aussi bien mariée avec la barbarie . On rapporte que les officiers écoutaient du Bach pendant qu’on allumait les fours . C’est unique, en effet.
      L’Europe s’est constituée sur le refus de tenir compte des peuples et de leurs "humeurs" ( Jean Monnet ).On perçoit aujourd’hui les limites de cette élimination car les droits individuels et le marché, ça ne fait pas une identité Européenne et ça discrédite les nationales. Mais comment faire ?
      L’Ecole ne serait-elle pas l’un des principaux moyen capable de créer une culture commune qui ne fût pas celle du marché ou de daesh ?

    • Vous n’avez pas bien lu Manent, avec la "sincérité civique" (p. 14) nécessaire... Peut-être parce que votre âme est "irritée"...(même page).

      Une chose est sûre. Nous n’arriverons pas à instaurer avec les musulmans les conditions d’une paix civique renouvelée sans avoir le regard pacifié que nous donneront foi (donc agapé) et raison dans l’approche des musulmans.

      De plus, on ne respecte que ce qui est respectable. Pas la "Loi" d’une République qui n’est plus que le "donné acte" de droits subjectifs à des individus sans plus aucune mise en perspective avec un bien commun collectif ni aucun enracinement dans l’objectivité de la nature humaine.

      Pour que la Loi républicaine soit respectée, il ne suffit pas d’un rappel au règlement comme vous le faites, ou de sanctions pénales : il faut que tout le corps politique la tienne pour digne et bonne, qu’elle ne soit pas la résultante d’une foire d’empoigne où le groupe le plus influent, même ultra-minoritaire, fait sauter les fondations de la maison...

      Depuis le vote de la loi taubira, il n’est plus possible d’affirmer que la loi républicaine est respectable. Même les maires ont des problèmes pour l’appliquer et il a fallu que le Conseil constitutionnel, dans une décision peu glorieuse, les mette au pas... On pourrait parler de l’effondrement de la loi républicaine comme indice sûr de l’ "évidement" du corps politique.

      Vous voulez mettre au pas les musulmans ? Je vous souhaite bon courage, car il n’y a aucune raison d’exiger plus des musulmans que des Français non musulmans...Peut-être un régime musclé ?

      En revanche, eux, la Loi, ils connaissent. Celle du Coran. Et ils ne vont pas troquer leur Loi coranique pour la loi de perlimpinpin du genre de celles que produit la république libertaire de Mme Taubira, en dégradant les sceaux que cette dernière est censée conserver ...

    • "Analyse philosophique et la politique et de la société... Pure théorie...".

      PURE THEORIE... Voilà le HIC ! Du début à la fin de ce débat "L’éclairage de Pierre Manent" (et tant tant d’autres...) ce fut de la PURE THEORIE !

      Comment avancer sur des sujets sérieux sans le bagage approprié ? Et même parfois sur des sujets qui le sont moins. Les livres, bien sûr
      qu’on y apprend beaucoup de choses... Sans le vécu, c’est théorique.
      Rien n’empêche d’avoir son idée sur tel ou tel ouvrage...Une idée cela relève de... Mais même sans "vécu" au sens propre, un minimum d’approche...Et sinon, raison de plus pour faire preuve de souplesse...

      On a voulu son éclairage de Pierre Manent on l’a eu. Pendant de très longues, trop longues interventions. Que personne, me semble-t-il, n’a lues jusqu’au bout.

      Qu’Est-ce qu’un débat ? Tout le monde qui y entre est supposé le savoir. Les aspects contradictoires sont inhérents à toute discussion ne serait-ce que pour aller plus au fond du sujet. Mais, tous les sujets, sans exception aucune, sont-ils voués à la contradiction systématique ? Et la contradiction ne devrait-elle pas être centrée sur le thème, et uniquement sur le thème ? Porter un jugement sur une œuvre, une idée, une argumentation...Et non pas, surtout pas sur les personnes, et ENCORE MOINS celles d’en face...

      Et si l’on décide d’entrer dans un débat, Est-ce pour discuter, et donc échanger des idées, des points de vue, etc... Est-ce à dire qu’on est prêt à écouter l’autre, et les autres, tous les autres... Donc, être en parfaite condition d’accueil. Et, à la limite, accepter de reconnaitre qu’on ne peut avoir raison sur tout, en tout, pour tout et... de tout..

      Dans toute discussion sérieuse, au cours de tout débat DE QUALITE, n’y a-t-il pas une sorte, disons, d’éthique littéraire ou verbale ? Du moins un minimum ? "Soignez vos acidités d’estomac..." "Vous n’avez rien compris..." "Si vous n’êtes pas content vous n’avez qu’à émigrer..." "Vous devriez aller prendre l’air, le ciel est bleu..." "Scrogneugneu..." J’arrête. Mais des échantillons, et non des moindres, de cette fine fleur de l’expression écrite (on l’imagine verbale) jonchent le chemin de cet espace. Et pendant ce temps, des innocents tombent par dizaines...

      Est-ce tout le monde qui a tort et moi seul qui ai raison ?

      N’y a-t-il jamais de place pour, éventuellement, un modus vivendi ?...

      Ce ne sont que quelques réflexions que je me suis permis de jeter sur mon clavier. Et, comment oublier que la violence appelle la violence ?
      Peut-on coucher le Nom de Dieu et des insultes sur la même page ?

      Voilà ! Aucune intention de faire un procès à quiconque, mais, hélas, mes interventions étant pauvres et ratatinées j’ai parcouru des décennies en arrière, au moment où j’essuyais le banc de l’école avec le fond de mon pantalon...afin de mieux me faire comprendre. On a plus que souvent l’impression d’être encore en je ne sais quelle classe "du public" (en face de Mlle ou Mme elisabeth).

      Il est regrettable qu’une telle liberté soit offerte dans cette rubrique de FC pour en voir l’espace embrumé et l’air irrespirable. Serait-ce, par hasard, l’"atmosphère" des tribunaux ?

      Il m’incombait de ne pas réfléchir dans mon coin. Le partage, comme dirait l’autre, est une vertu chrétienne catholique romaine.

      On essaye, que voulez-vous, de se convertir...

  • Pierre Manent, une pensée défaitiste ?

    A force de lire des commentaires contradictoires sur Pierre Manent, je me suis enfin décidé à entreprendre la lecture de l’ouvrage en question pour me faire une idée personnelle.

    Premier contact peu emballant, je n’aime pas trop cette façon d’écrire. Ça manque de clarté (*). Pour un “éclairage”, c’est un peu ennuyeux !

    Dès l’avant-propos, page huit, j’ai été en désaccord - mauvais début...- avec un postulat de Manent :
    « La France contemporaine a pris sa forme il y a trois quarts de siècle. L’expérience dans laquelle continuent de s’alimenter nos dispositions les plus déterminantes et qui ne cesse de fournir ses motifs à la conversation qui fait le bruit de l’âme de la nation, c’est la défaite de juin 40. Nous ne nous en sommes jamais remis (...) »

    Il est clair que le blitzkrieg de juin 40, la débandade des armées et d’un Etat-major resté enlisé dans ses tranchées mentales, ainsi que l’armistice demandé dans la confusion la plus totale - par un vieillard dont l’essentiel de la carrière militaire avait été effectué dans les bureaux - puis l’Occupation qui en a résulté ont représenté une secousse de grande magnitude pour les Français. Nul ne saurait le nier ni le minorer.

    Cependant, la forme prise par « La France contemporaine » puise ses racines bien avant juin 40. La prodigieuse tuerie de “la Grande guerre” a laissé des traces profondes et durables bien au-delà des générations qui l’ont vécue. Juin 40, entre autres, en est la conséquence on ne peut plus directe.

    Comment pourrait-on oublier la quasi guerre civile qui s’est instaurée au moment où les congrégations ont dû fuir la France "républicaine" ?

    La défaite sévère de 1870, les Prussiens paradant dans la Galerie des glaces, la Commune, ses massacres consacrant une fracture profonde entre deux pans de la société. C’est un peu loin pour les philosophes de l’événementiel, mais peut-on assurer que la société française s’en est totalement remise (la Gauche est friande des références communardes, même si c’est pour les détourner à son profit) ?

    La Révolution française, pour sa part, n’est-elle pas la matrice dans laquelle s’originent un grand nombre de problèmes et de conflits sociétaux d’aujourd’hui ?

    Lorsque les partis et hommes politiques font référence à la République, à la France républicaine, nul doute qu’il faille remonter à 1789.

    Juin 40 n’est bien qu’une étape et non un commencement (sinon partiel).

    Quelques jours plus tard, j’en suis seulement à la page 79... Ce qui prédomine, c’est une impression de fouillis et de brassage d’idées générales, un peu façon café du commerce (« le Café de la Marine » cité par Manent ?).

    Page 69, après des considérations concernant les musulmans, et sur lesquelles il y aurait gros à redire, une énormité me saute aux yeux :

    « Nos concitoyens musulmans sont désormais trop nombreux, l’Islam a trop d’autorité et la République, ou la France, ou l’Europe, trop peu d’autorité pour qu’il en soit autrement. Je soutiens donc que notre régime doit céder [italiques dans le texte], et accepter franchement leurs mœurs puisque les musulmans sont nos concitoyens. Nous n’avons pas posé de conditions à leur installation, ils ne les ont donc pas enfreintes (...) »

    Puis de poursuivre p. 73 :

    « le contrat tacite de l’immigration ne comportait pas que les musulmans dussent adhérer (...) »

    Le « contrat tacite » auquel Manent fait référence n’a jamais rien eu de « tacite ». Même si les textes n’ont pas été appliqués comme il convient, il se trouve que l’immigration est réglementée depuis longtemps. L’ex ONI (Office national de l’immigration) indiquait clairement un certain nombre de points clefs. La Constitution de la 5ème République est également sans ambiguïté. Les lois de la république s’appliquent sur l’ensemble du territoire français (de surcroît, nemo censetur ignorare legem !).

    Ce n’est que par l’effet d’une démagogie inadmissible (et d’une idéologie tiers-mondiste dévoyée) que des entorses ont été couvertes par des acteurs sociaux qui auraient dû les dénoncer. Ainsi certaines familles polygames ou des excisions pratiquées au nom de la tradition et non dénoncées au nom d’une prétendue solidarité avec une identité culturelle qu’il conviendrait de préserver !

    On peut critiquer une certaine mixité scolaire, parfois abusive et contre-productive (elle refuse de prendre en compte d’évidentes différences de développement à certains âges de l’enfance), ce n’est pas pour autant qu’on doit laisser des communautés étrangères imposer des règles niant la mixité d’accès à des lieux publics (ainsi les piscines) telle qu’elle est définie par nos société, dans un quasi-parfait consensus.

    Les pressions qui, par exemple, tentent d’interdire dans les services médicaux publics à des médecins masculins d’intervenir auprès de patients de sexe féminin sont-elles le moins du monde admissibles sous prétexte qu’il s’agirait de mœurs partagées par une communauté allogène numériquement importante ?

    Ce que Manent préconise n’est rien d’autre qu’un abandon, une capitulation lamentable (**) en rase campagne face à des revendications bruyantes et déterminées. Comment pourrait-on adhérer à de telles invitations ?

    Il faut relire Tony Anatrella qui a décrit une "société adolescente" pour comprendre les ressorts de cette abdication face à un communautarisme déterminé qui se pose en Enfant rebelle pour aboutir à ses fins mais qui est structuré en Adulte (au sens de l’analyse transactionnelle).

    Je note une confusion à propos de l’utilisation du mot « guerre », cette « réalité nouvelle » (p. 52), accolé à « anti-sémitisme » (p. 51). S’agit-il du théâtre européen, mondial ou seulement français dans l’esprit de Manent. S’il s’agit de la France (cf. « Situation de la France »...), cette dénomination est abusive. Il n’y a pas de situation de guerre en France (sauf sous la plume sensationnaliste de journalistes ou de politiciens qui ont ainsi qualifié la double tuerie de janvier).

    Je ne suis pas Manent dans ses explications concernant la « faiblesse de l’Etat » (p. 43 etc.). L’Etat français possède encore des ressources que la Constitution de 58 (ce qu’il en reste....) lui a accordées.
    Le problème est celui d’une classe politique intrigante qui a perdu le sens de l’Etat et du bien commun (que l’on pense au mini-coup d’Etat de Sarkozy et à ses divers abandons de souveraineté nationale, une souveraineté qui ne lui appartient pas ! Hollande, en remorque derrière Washington, ne lui cède en rien en déni de souveraineté).

    Il est également celui d’une citoyenneté largement démissionnaire face aux intrigues des précédents et à l’arrogante confiscation des pouvoirs par des appareils partisans qui n’ont de cesse de transformer, tout à leur profit, la cinquième régalienne et gaullienne en une sorte d’hybride de quatrième république et de structure technocratique a-démocratique (version U.E.).

    J’attends de lire la suite mais, jusqu’à présent, et contrairement à ce qu’en dit notre ami Gérard Leclerc, l’accusation de défaitisme transparaissant de cet essai ne me paraît pas usurpée.

    * Par exemple, dès les premières pages, ce « nous » des plus imprécis laissé à l’interprétation du lecteur

    ** « Nous devons nous défendre », préconise-t-il, dans une mentalité d’assiégé. Il ne manque plus que le lamentable « il faut “colmater les brèches” » des “stratèges” de 14-18, ceux qui ont alimenté la formidable boucherie !

    • Enfin une intervention structurée, dont on peut suivre les étapes - ou paragraphes - en comprenant ce qu’on a sous les yeux. Noté : on avoue avoir enfin décidé de lire l’essai en question. Voilà qui constitue la base sine qua non donnant quitus pour pouvoir en parler à titre personnel. Parce que s’il s’agit de ramasser des bribes d’ici, de là et de là-bas...et venir les présenter au lecteur comme une pièce montée...ou, pourrait-on dire les présenter comme un échafaudage monté de toutes pièces... La longueur du message se trouve quelque peu justifié par un contenu conséquent.

      Tout aussi intéressante est cette lecture ponctuée de rétrospectives, car les rappels de l’Histoire sont de nature à faciliter la compréhension du lecteur. L’évocation de 1905 a toute sa place dans ce contexte. On ne saurait évacuer tel ou tel événement. Il n’incombait pas forcément à Pierre Manent de faire référence à certains détails précis, d’où l’opportunité, non pas tant de combler un vide, mais plus exactement de parfaire ou compléter la teneur de l’essai en question.

      Des dates, des événements et leur déroulement situés en quelques lignes, voilà de quoi contribuer à l’éclairage indispensable qui va amener le lecteur à réfléchir, plus loin peut-être à chercher lui-même, à se documenter directement. Bref, personnellement, je me vois mis en situation de partenaire, de responsable dans la tenue du débat et, partant, en légitime position de soumettre en temps opportun le résultat, même hésitant, même partiel et imparfait, de ma réflexion. On est loin d’une sorte d’inutile profusion de paragraphes qui, loin de relever du partage, coince le lecteur dans une situation de, comment dire, simple fourre-tout visuel.

      Ceci dit, quelques réserves et/ou questions trouvent leur place et ne manqueront pas de se dessiner à l’occasion, probablement, de la suite de cette intervention. Pour l’instant, je peux dire voir plus clair aussi bien dans la pensée de Pierre Manent, que dans sa façon de la présenter. Mon petit "travail" de commentateur de la réflexion d’un autre commentateur, au lieu de me bloquer dans un "self-service" intellectuel, m’oblige, bien au contraire, à chercher les ingrédients les mieux à même de nourrir une pensée qui n’était pas loin de s’étioler dans une sorte de "tourner en rond" dans un écrou carré...

      Merci.

  • Je voudrais revenir à l’essentiel de ce débat relancé puissamment par le livre de Pierre Manent, quelles que soient les critiques qu’on puisse lui opposer.

    1. Nous devons constater une presque parfaite concomitance (j’ose l’écrire : une concomitance providentielle ? ) entre le délitement de la société politique que nous ont léguée les pères fondateurs de la République (rappel : Etat laïque - société de moeurs chrétiennes - sacralisation de la nation qui se substitue à l’Eglise comme fondement moral de la communauté politique) et l’introduction des musulmans en France. C’est en gros le tournant des années 1960.

    2. On pourrait dire de l’avènement progressif de la république libertaire, de la loi IVG à la loi Taubira, ce que Jean-Miguel Garrigues faisait remarquer à propos du nazisme : "le triomphe du national-socialisme nous rend aussi compréhensible la mission religieuse de l’Eglise. Le retour d’un monde réfractaire à la Bible, à sa condition naturelle, fait éclater le drame secret que l’Eglise portait en elle. Son pacte avec le monde profane a été une guerre contre lui. Sous son manteau à nouveau déchiré par la persécution, nous apercevons la marque indélébile de sa naissance juive. Ce que nous savions déjà par l’histoire de son origine, ce que la théologie nous apprend sur sa tâche parmi les nations, nous le saisissons brusquement d’une manière immédiate, sensible, directe...".

    J’ajouterai que les catholiques français ont du mal à prendre conscience qu’ils ne peuvent pas rester fidèle à l’Eglise sans se retrouver tôt ou tard des opposants ou des résistants à la République libertaire. En tout cas, en conflit de conscience plus ou moins ouvert avec elle.

    Et je ferai observer que ce sont des intellectuels d’origine juive qui sont à la pointe de la contradiction lancée à la face de la république libertaire. Pas des catholiques.

    3. Cette contradiction radicale que l’Eglise catholique en France a du mal à assumer, l’islam et les musulmans, par le seul fait de leur présence parmi nous et de leurs moeurs, l’affirment brutalement et sans détour : Dieu est Dieu, par Allah...Comment ne pas voir que la Loi coranique, aussi inacceptable soit-elle pour nous, révèle au grand jour la déchéance de nos lois républicaines libertaires, dont la loi sur le mariage pour tous est "l’emblème". Je le redis, au risque de choquer : de ce point de vue, l’islam en France est providentiel.

    On peut remarquer que la position de l’Eglise orthodoxe russe est, sur le sujet, la même que celle des musulmans...Elle nous vient d’une autre tradition, une tradition européenne anté-libérale. Mais le message est le même : qu’avez-vous fait de vos libertés ?

    4. Par conséquent, l’islam en France nous pose un double défi :

    - celui de retrouver une transcendance dans nos moeurs : l’horizon indépassable n’est pas celui des droits et du bien être de l’individu libre d’une liberté d’indifférence qui n’est orientée vers aucun but et aucun bien ; comment sortir d’une société d’hédonisme et de dépression tout à la fois, qui désespère nos contemporains sous l’apparence d’un rassasiement matériel très loin d’ailleurs d’être généralisé ?

    - celui de retrouver une certaine objectivité dans nos lois, alors que les nôtres n’orientent plus les citoyens vers aucun bien commun. Des citoyens qui errent sur un "terrain vague sociétal", sans plus aucun repère, prêts à se confier au premier charlatan venu ?

    5. L’histoire nous apprend que les régimes qui manquent à leur mission périssent. Les chrétiens peuvent toujours s’y accrocher, comme les aristocrates catholiques de notre pays, ou l’aristocratie russe avant 1917, ils coulent. Il est trop tard ensuite pour déplorer les dégâts provoqués par les révolutions, qu’elles soient française ou bolchevique, alors qu’on a fermé les yeux sur le travail de sape qu’on a laissé faire et qui a préparé ces révolutions. Il est trop tard en 1453 : Byzance, percluse d’hérésies, finit par tomber. Il était trop tard en 2013 pour arrêter la loi Taubira. Il est trop tard pour s’interroger alors : comment cela a-t-il été possible ? Mais regardons autour de nous, à commencer par le nombre d’IVG en France dont plus personne ne se soucie...Comment faisons-nous pour rester aussi indifférents à un tel fait ?

    Pierre Manent veut clairement nous met en garde contre cet effondrement inéluctable qui est en cours.

    6. Si la mission de l’Eglise catholiques est aujourd’hui encore si importante, c’est parce qu’elle seule se trouve authentiquement à la croisée de la Loi et de la grâce. Elle seule est en mesure d’appeler les membres du corps politique à restaurer les fondements pré-politiques de la République (ce qu’elle a fait en prenant part à la résistance contre le projet de loi Taubira). Elle seule encore est en mesure de rappeler à la société politique française qu’elle a un tradition d’accueil de l’immigré (des immigrés qui ont eux aussi fait la France, on l’oublie trop souvent) et qu’elle ne saurait y renoncer sous prétexte que bon nombre d’entre eux ont des moeurs venues d’ailleurs. L’avertissement du pape François devant le Congrès des Etats-Unis, c’est aussi pour nous.

    7. L’issue du problème qui nous est posé avec l’islam en France ne peut pas être trouvé dans le "raidisssement" ou la "réaction", comme celle qu’appelle par exemple le Front national, mais dans un retour aux sources de la nation française : à sa source chrétienne, et aux fondements de sa loi républicaine : la liberté, non le relativisme libertaire, l’égalité, mais dans le respect de la personnalité des éléments qui composent la nation, présents sur son sol, quels qu’ils soient (ce qui ne veut pas dire prendre les musulmans comme un bloc intangible), enfin et surtout la fraternité, ce qui exclut de fonder une politique sur une réaction xénophobe ou la "mise en ghetto" des musulmans, alors qu’il faut au contraire les en sortir.

    8. Il faut garder présent à l’esprit que, bien souvent dans l’histoire contemporaine, les catholiques français ont failli à leur mission providentielle, quels qu’aient pu être les raisons ou les prétextes pouvant l’expliquer. Il y a encore et toujours chez eux la tentation de préférer une certaine France catholique à la France telle qu’elle est, toujours à rechristianiser. Osons le dire : la France catholique aussi est toujours à rechristianiser car elle aurait tort de se croire immunisée contre une bien-pensance pharisienne.

    Il faut souhaiter que les catholiques français ne se tromperont pas de France une nouvelle fois...

    • "Osons le dire : la France catholique aussi est toujours à rechristianiser. Car elle aurait tort de se croire immunisée contre une bien-pensance pharisienne..." Ah bon ? Mais c’est quoi, ça ? Parce qu’il y en a qui sont arrivés ? Les pôvres... déjà au terminus...

      Il me semblait - mais tant pis - que la..."christianisation" était un travail de tous les jours, et peut-être même de tous les instants, chez le chrétien...

      Où donc ai-je lu "la bien-pensance pharisienne" ? Au secours, Bernanos ! Et tiens donc : A. Finkielkraut a fait mention de la bien-pensance...Et elle, à son tour, fait tache d’huile. On dirait, ma parole. , que le pharisaïme a glissé dans la flaque ! Ski oléagineux ! Oups ! Pas grave, on se remet de tout.

      Bon rétablissement !

      Merci. De rien.

    • "Y-t-il un pilote dans l’avIon ?!" Para. 3 de 18 octobre 14:32 (à propos de l’Islam) : "...Comment ne pas voir que la loi coranique...révèle au grand jour la déchéance de nos lois républicaines libertaires, dont la loi pour le mariage pour tous est "l’emblème" ... Je le redis, au risque de choquer : de ce point de vue l’islam en France est providentiel" (!!!)

      Absolument pas, il n’y a pas de quoi être choqué ! Il y a de quoi VOMIR !

      Crier au scandale ? A l’hérésie ? A...Mais c’est quoi cette, ce clavier plus que dangereux qui sévit dans cet espace de FC ? C’est quoi ces interminables élucubrations désordonnées ? C’est quoi ce danger public ambulant et déambulant à longueur de jour et de nuits ?

      Ce n’est pas moi qui nierait ce qu’il y a de bon dans le saint livre du Coran, mais de là à compter sur "la loi coranique" pour nettoyer notre bordel ! J’ose, moi, crier à...Non, je ne vais crier à rien du tout ! Je mets TRES FORTEMENT en garde, je dénonce l’irresponsabilité dans la tenue de tels propos, je HURLE d’indignation ! Quoi ? Mais non, je préfère croire à un cas de démence sénile... au moins il y aurait une excuse. Il y a des mots que je retiens, à grand peine, je l’avoue.

      JE DIS : ATTENTION ! Mais lire ces inepties, que dis-je, inepties, lire ces pseudo-réflexions qui ne réfléchissent que l’égarement, la suffisance, l’orgueil, le naufrage d’un contradicteur.

      L’ISLAM VAUT MIEUX que cela : la loi coranique ne saurait être comparée, à Dieu ne plaise, à un aspirateur, à un nettoyeur, et les musulmans ne sauraient être vus comme des domestiques appelés à assainir notre maison après avoir déblayé nos crottes et déchets ! Le prophète Mohammed, messager d’Allah, ne saurait en aucun cas être le pourvoyeur de croyants dont les services se réduiraient à purifier notre maison et à y remettre de l’ordre. Ce "monsieur" qui "ose", ferait mieux de reprendre ses fringues, et cesser de raconter des insanités. Ce "monsieur" ferait bien de lire le Coran à l’endroit, avec l’aide d’un spécialiste qui lui ouvrirait les yeux, sous des paupières lourdes de fientes..de toutes sortes d’oiseaux. Comment appréhender l’islam sous cet angle ? Comment réduire des croyants à la fonction de nos éboueurs ?

      TOUT CELA EST GRAVISSIME ! ASSEZ ! Comme les chrétiens, les bouddhistes, tous les croyants et les non-croyants qui évoluent dans ce pays, la France, nos concitoyens musulmans eux aussi sont, bien entendu, appelés à y vivre, au même titre que tous les autres, dans le respect des lois. OUI, CAR LES LOIS SONT APPELEES A EVOLUER, A ETRE AMELIOREES...ET ELLES NE SAURAIENT ETRE CHANGEES AU GRE DES DESIDERATA DE MONSIEUR UNTEL ! DES LOIS INIQUES PEUVENT CHANGER ET ELLES SERONT CHANGEES DE MANIERE A RESPECTER TOUT LE MONDE DANS CE PAYS. C’EST A CELA QU’IL FAUDRAIT TRAVAILLER, et non à déverser de cageots de SALADES POURRIES.

      ON EN A ASSEZ DE VIVRE DANS LA DHIMMITUDE DE CE SIEUR A L’IMAGINATION DEBRIDEE, A L’ESPRIT CONFUS, ET AUX IDEES, quelles idées, AUX IDEES... Aller aussi loin dans le déni de tout, et dans le déni de Dieu Lui-même, est une IMPOSTURE !

      Dénoncer une dhimmitude, comme je l’ai vu présenter ici et ailleurs, chacun son option, mais il y a une autre dhimmitude qui nous guette, doublée d’une troisième : la dhimmitude imposée par ces lois indignes qui se multiplient, doublée de la dhimmitude assénées par des irresponsables du cerveau, du discernement et de la raison. Ils pourraient être aussi qualifiés, et fort justement, de girouettes par esprit d’arrivisme. Les chocotes...ce mot a été lu dans ce forum.

      IL CONVIENT D’ARRÊTER ILLICO CE GENRE DE DIVAGATIONS VENIMEUSES. IL EST URGENT D’OSER (AUSSI) STIGMATISER LES IMPOSTURES - OU LES DEVIANCES - D’OU QU’ELLES VIENNENT.
      MAIS CE FORUM NE SAURAIT SE PROSTERNER DEVANT L’INNOMMABLE. MEMES NOS CONCITOYENS MUSULMANS PARLENT DE JESUS, POUR EUX, LE PLUS GRAND DES PROPHETES, ET MOHAMED ETANT LE DERNIER DES PROPHETES.

      IL Y A URGENCE ! INDIGNEZ-VOUS ECRIVAIT - et disait - HESSEL !

    • P.S. Je tiens à préciser, sous mon entière responsabilité, que j’ai, non seulement lu, mais APPROFONDI chaque paragraphe, à la limite les lignes du message incriminé. Mon indignation ne s’arrête pas à ce para 3, mais c’est celui-ci qui m’appelait au devoir de vigilance vu son énoncé. La "Providence" n’a rien à voir dans les contradictions plus que dangereuses et stupéfiantes de cet intervenant qui se permet tout. Encore que, se permettre tout, pourquoi pas, mais dans un tel contexte, non !

      Je ne désespère pas, pour ma part, de l’action de l’Esprit-Saint dans le cours de nos existences, dans le cours de notre Histoire. Et c’est vers Lui que nos regards devraient être tournés, car c’est lui Seul qui nous sauvera, d’abord de nous-mêmes, et aussi des embûches posées sous nos pas, comme ces bombe anti-personnel de triste pouvoir.

      Que le bibliste, ou historien des religion, ou spécialiste de l’islam et autres, qui sévit dans cet espace, aille présenter ses œuvres dans un colloque spécialisé, ou autre réunions d’intellectuels chevronnés. Pourquoi n’y irait-il pas ? Des portes lui seraient-elles fermées ?

      J’ose avancer que cet espace mis à disposition par FC ne saurait servir
      de cours de récréation. Il existe des règles élémentaires à observer avant de se hasarder à émettre quoi que ce soit dans un tel forum, sans une once de discernement. Des lieux de discussions spécialisées existent, je le répète. Et cet espace n’a pas vocation à débattre dans le désordre et sans aucune considération pour les lecteurs assidus, ou éventuels... Il n’est nullement dans mon intention de faire la loi, ici, ni d’interdire ou de permettre à qui que ce soit d’émettre un billet. On en a soupé du chantage. Je considère de mon devoir d’intervenir quand, après examen très attentif, je tire la conclusion qu’il existe certains dangers à éviter, aussi bien dans le contenu d’une intervention, que dans l’interprétation de celles-ci. Quant on écrit, c’est une notion qu’on se doit de garder à l’esprit... l’INTERPRETATION (pour le pas écrire : une possible récupération pour...).

      A noter que j’aurais eu certainement et absolument la même réaction face à un copier-coller de cette intervention par les soins de n’importe qui. Je répète : Il y a le message en lui-même, et plus important encore, l’éventuelle INTERPRETATION (ou utilisation) de celui-ci...

      Merci.

    • Qu’on veuille bien me permettre de "revenir à l’essentiel" à mon tour et en, je l’espère, peu de mots. Rappels de quelques résumés de messages :

      - celui émettant le fait de certains de nos concitoyens qui n’ont que faire de monsieur le maire quand il s’agit de "mariage"...(J.L. Faure) ;

      - 17/10 16:06, le mien, décrivant la lutte d’Henri Boulad pour sauver, en Egypte, le mariage chrétien de la chari’a et marche arrière des autorités de ce pays ;

      - 18/10 14:32 : comme référence au "mariage pour tous", et dans ce contexte, déclarer en le saluant que "l’islam en France est providentiel". Textuel.

      - 18/10 21:36 : radioscopie ou scanner de la France du Sud-Est et satisfaction de constater que toute la France n’en est pas à ce stade...où il est question d’un Plan Marshall...et, et... où est mentionné "l’islam politique". (Parce qu’il y aurait, parait-il, un islam politique, un autre religieux, un troisième national, un quatrième régional, un cinquième international, pour faire bref, plusieurs islams...).(N.B. Quand Roula Talhouk parle d"islams", c’est dans un tout autre sens, c’est CLAIR).

      On ne peut que constater et déplorer le fait que le contradicteur systématique qui hante en permanence cet espace sous plusieurs titres : ""revenir à l’essentiel", "Face à face Manent-Finkielkraut", "Une théologienne se penche..." etc, etc...se double en permanence du rôle de provocateur.

      Le tout dernier et seul exemple que je dénonce avec force eet détermination : l’évocation du mariage sous chari’a en Egypte combattu par H. Boulad (qui l’a emporté haut la main sur une autorité musulmane) et l’acclamation, face au "mariage pour tous" chez nous, de l’islam, en plus, "providentiel". Simples et pures contradiction ET provocation. DU BALAI !...

      Il est de mon devoir de m’inscrire en faux contre toute expression de nature à semer le trouble, le désordre et l’intox dans cet espace ; contre toute intervention à la sauvette et à l’aveuglette qui négligerait, donc, le danger d’éventuelles, voire possibles utilisation et/ou récupération, d’où irresponsabilité aggravée.

      Pour en terminer, je répète que N’ONT CAPACITE
      D’EXPLIQUER L’ISLAM QUE CEUX QUI LE CONNAISSENT
      toute autre tentative dans ce sens étant, non seulement inutile mais et surtout dangereuse.

      Ce sera tout.

    • PS. Je ne crois pas inutile de préciser que, pour éviter les contresens et les dérapages que peut susciter une approche trop épidermique ou affective de notre sujet, il faut se resituer dans l’histoire et la philosophie politique.

      La forme politique ou l’identité d’un corps politique nécessite que celui-ci définisse ce qui appartient au "nous" par opposition à ce qui est extérieur à ce corps ("eux"). Un corps politique national a non seulement besoin de frontières géographiques mais aussi de frontières morales.

      Il en est allé de même avec l’identité européenne qui nous caractérise. Déjà, dans l’Antiquité, la Grèce de la cité politique affirme sa personnalité propre, qui est la nôtre (le gouvernement de soi-même par la loi et non par le pouvoir d’un homme) en infligeant une défaite à l’empire perse ("providentielle" victoire de Salamine). Triomphe de la cité sur l’empire, déjà.

      C’est en repoussant l’envahisseur islamique, arabo-berbère, que l’Europe se définit au Moyen-Age (symbolique bataille de Poitiers en 732, qui a été longtemps connue de tous les écoliers). L’Europe est le continent où l’islam n’a pas droit de cité, à la différence de l’Orient où l’empire chrétien s’est effondré finalement en 1453. On pourrait affirmer que l’islam a déjà, "providentiellement", contribué à faire prendre conscience aux Européens de leur personnalité qui n’a rien de comparable avec le reste du monde.

      Une nouvelle fois, le contact avec l’islam, cette fois-ci dans notre champ politique, nous contraint à nouveau à définir ce que nous sommes comme préalable à ce que nous entendons imposer à nos concitoyens musulmans pour faire partie du "nous" plutôt que du "eux", et lever une ambiguïté stérile et dangereuse pour l’avenir du corps politique.

      On observera que la difficulté est grande, et pour les Français non-musulmans, à qui il est demandé de choisir (république libertaire ou non ?) et pour les Français musulmans qui sont invités à hiérarchiser leurs allégeances politiques, donc à clarifier leur propre théologie politique : citoyen français ou encore sujet du commandeur des croyants, pour les musulmans marocains, par exemple).

      Par conséquent, cette délibération préalable, mais qui a déjà beaucoup tardé, et que les catholiques de ce pays sont impuissants à provoquer, c’est la présence d’une forte minorité de musulmans qui nous l’impose si nous voulons éviter le délitement du corps politique que, par la force de sa propre cohérence, l’islam vient alors investir.

      Je voudrais faire remarquer que la contestation par Poutine de la situation qui est résultée en Europe de l’effondrement de l’empire soviétique nous met devant un défi similaire. Poutine, qui n’a pas de culture européenne (celle de l’Etat nation) mais une culture entièrement influencée par la tradition impériale russe, elle-même héritée de Byzance et de l’URSS, nous contraint à repenser ce que nous sommes et au nom de quoi nous entendons associer l’Ukraine à notre avenir ; une Ukraine assurément européenne par la géographie mais se trouvant, comme les Balkans, sur la ligne de faille entre l’Europe qui s’est défaite de l’empire et les marges du continent qui restèrent à l’empire (empire d’orient puis ottoman s’agissant des Balkans ; empire russe puis soviétique s’agissant de l’Ukraine). Que cet empire néo-russe se réclame de l’orthodoxie ne change rien à l’affaire, même s’il est plus séduisant pour certains catholiques dont nous lisons les commentaires sur ce forum que l’empire de l’islam. C’est toujours un empire...

      Ceci permettra peut-être de mieux comprendre la très grande cohérence de la pensée politique de Pierre Manent qui réfléchit tout en même temps à la crise de la république et à la crise du projet européen d’intégration supra-nationale. Les deux sont liées.

    • Concernant le mot de S. Hessel "Indignez-vous" utilisé à la fin de mon dernier message, je souhaite souligner ma motivation : j’ai repris cet appel "Indignez-vous" dans son sens le plus noble, je veux dire : comme contraire à l’indifférence.

      Le parcours de Stéphane Hessel a été loin d’être calme, on le sait. Et je regrette cette manie qu’ont les partis politiques, quels qu’ils soient, à s’emparer de la dépouille d’un de leurs adhérents pour en rappeler l’engagement. Unetelle et untel sont passé à l’autre rive. Cela suffit, il reste leur œuvre littéraire et/ou autre, leur pensée et éventuellement leur souvenir.

      Pour ma part, je garde cette image - la dernière me semble-t-il - de Hessel à la télévision très peu de temps avant qu’il ne trouve la paix : c’était un homme vieilli et fatigué, mais à l’œil toujours vif, et il expliquait le pourquoi de "indignez-vous" comme il souhaitait qu’il soit compris. Ses derniers mots en quittant le plateau de la télé ont été :
      "Pardon, Jésus"...

      Il ne m’est pas inutile de m’en inspirer...

    • Il n’existe pas l’once d’une "affectivité" ou "épidermachin" ni rien du tout de traviole pas plus dans mon comportement que dans mes messages. Je m’exprime en possession de tous mes moyens, de toutes mes facultés, absolument tous, et aussi avec ma détermination à ne plus rien laisser passer de nature à introduire le virus du doute, de la légèreté et d’un travail de bricolage surtout quand il est question d’un sujet aussi délicat. On en a assez de ces certitudes puisées on ne sait trop où, et de ces leçons en tous genres et sur absolument tous les sujets. Il existe sur ce forum des personnes responsables et sérieuses, qui prennent le temps de réfléchir avant de noircir le moindre mm de cet espace, et qui, elles, ont d’autres activités que celle de rester scotché sur le clavier de son ordinateur presque 24h/24h sauf le temps d’aller aux...!

      On a encaissé toutes les injonctions, insultes et humiliations de qui l’on sait, et cependant, ce ne sont pas du tout ces petitesses qui m’ont fait réagir tout de suite et vivement : c’est tout simplement qu’on n’a pas le droit de balancer tout et n’importe quoi sur un sujet aussi délicat et d’actualité. Comment cela : jeter de l’huile sur le feu ? Allons, cela suffit ! Aller plutôt agrandir le cercle des intellectuels-politiques-théologiens-historiens-maraîchers dont on pense faire partie. Ici, c’est pour les humbles, les éclopés, les nuls, là !

      Aller plutôt ouvrir et inaugurer une haute école d’étude de l’islam
      (HEEI), au lieu de continuer a encrasser cette espace. Cet espace, pour simple rappel, n’est la propriété exclusive de personne et encore moins, je le souligne, à celles et ceux qui voudraient en faire un tremplin pour ce que j’ai déjà dénoncé. On peut me prendre pour un idiot, mais à ce point... Et tant qu’à en lire, je préfère "idiot" qu’à "malsain" et "dangereux".

      Qu’on tienne à tout ce qu’on voudra, mais qu’on aille vendre ses salades ailleurs. Par exemple aux USA, en Arabie Saoudite et je ne sais trop où. La guerre c’est en Syrie, en Irak, en Ukraine. ICI, ON ASPIRE A UN MINIMUM DE PAIX, DE SERIEUX ET DE RESPECT. Les brouillons c’est pour usage interne à la maison. C’est plutôt cela qui mériterait le titre de "providentiel"... On croit rêver... "France, qu’as-tu fait de ton baptême" (un concitoyen de Ste.Faustine - Ha !ha !ha !).

      Tout ce qu’"on" essayerait contre ce que j’avance, je le répète, ce ne serait que DU BALAI !

      Merci.

    • Assez "philosopher" ! Il n’y a pas plus de "nous" que de "eux". Dans tout ce baratin il n’y a que de répétitifs "je" et "moi".

      Noté le calme et trop connu "profil bas"...temporaire, le temps d’aiguiser ses maxillaires (attention au caramel : "because dentier". Un joyau de la littérature intello-philosophique d’un sieur-scie, existant en plusieurs exemplaires dans ce forum).

      "Je le dis au risque de choquer : de ce point de vue l’islam en France est providentiel"...

      Il n’y avait aucun risque de "choquer" alors que c’est justement ce qu’on se proposait de faire... pour tout simplement attirer l’attention.
      Effet d’annonce, pub contradictoire, qui ne connait les "ficelles" pour atteindre, désespérément, un but qui échappe. Comment ça, mais c’est un vieux "truc"-ver-à-la-ligne-pour- appâter-le poisson. Non, mille et une fois non : l’horloge s’est arrêtée pile à cette magnifique annonce du "providentiel" (voir : Providence). C’est fort cela : entrer dans le dessein de Dieu, du Dieu-Providence...

      Débarrasser les étals. Le marché légumes-viande-et-poisson du lundi est terminé. Les poteaux et autres tentures sont démontées...
      La maison n’accorde crédit à personne. Et refuse les cartes ban...cales.
      Seul paiement par chek accepté.

      C’était la blague du jour.

      Merci.

  • Je n’ai pas suffisamment de temps pour tout dépouiller en bonne et due forme tous les échanges.

    J’ai lu plus haut "déjà, le triomphe de la Cité sur l’Empire"
    Mais alors ? La Cité serait représentée par les USA et ses alliés contre ceux qui "relèvent" de l’Empire et ses alliés ? Mais, sans rentrer dans les détails, cette "Cité" est la grande alliée de la monarchie Saoudienne -et consorts- aux mœurs quasi moyenâgeuses, et en disant ça, je suis sûrement bien injuste pour les gens du Moyen-Âge.

    Les exemples abondent. Partout où les "bien intentionnés" de la "Cité démocratique" sont intervenus pour bousiller les régimes politiques qui les gênent, et bien c’est la régression généralisée, l’éclatement du pays en question. Les Chrétiens en font dramatiquement les frais, de même les femmes musulmanes qui doivent régresser sous les pires traitements et doivent, voilées, raser les murs (quand il reste des murs debout...) si seulement elles peuvent sortir...

    En résumé, je ne peux que répercuter cet extrait de l’article de Philippe Béchade, l’un des meilleurs experts connaisseurs des marchés financiers dont il devine les "pensées" et qu’il analyse d’un œil clinique sans complaisance, pas spécialement ici, mais parfois avec humour et ironie bien placés.
    Les "experts" de la "Cité démocratique", selon leur méthode éprouvée historiquement, attisent l’antagonisme entre les Sunnites et leurs branches et les Chiites et leurs branches pour f... en l’air le Moyen-Orient. Ci-après cet extrait de l’article de Ph. Béchade du 13 octobre 2015 :

    — (....) La Syrie est devenue le principal terrain d’affrontement par procuration de Téhéran (qui cherche à asseoir la suprématie du chiisme au Proche-Orient) et de Riyad (qui veut y faire triompher le sunnisme).

    C’est également le terrain d’affrontement à distance entre Washington (principal soutien de l’Arabie Saoudite) et Moscou (allié historique de l’Iran, soutien d’Assad qui leur procure leur seule base militaire dans la région, et protecteur des chrétiens orthodoxes de Syrie).

    C’est enfin le terrain d’affrontement entre le Hezbollah (chiite) et Daesh/EIL (sunnite), puis entre Daesh et Al-Qaida (pour la suprématie de l’influence de l’islam radical)… sans oublier Assad qui s’appuie sur le Hezbollah et la population alaouite pour combattre les factions rebelles sunnites (dont certaines ont été instrumentalisées par Damas pour se combattre entre elles)

    Depuis lundi (12 octobre), Washington exige de Moscou l’arrêt des frappes en Syrie Et depuis lundi, Washington exige de Moscou l’arrêt des frappes en Syrie. Seraient-elles trop efficaces et trop meurtrières parmi les radicaux "modérés" (par opposition aux "radicaux" jugés trop… radicaux) soutenus par l’Occident depuis le début de la déstabilisation du régime d’Assad ? —
    (fin de l’extrait)

    • cf. : 19 octobre 16:43

      Quelques mots pour confirmer la lecture du message très conséquent et des explications fort pertinentes et instructives de Philippe Béchade. Sans vouloir prolonger, pourrait-on ajouter aux buts énoncés concernant aussi bien les USA que la Russie, de possibles essais de leurs armes et avions respectifs ? C’était juste une idée... Ceci étant, bien entendu, secondaire.

      Merci.

  • Je voudrais ici faire un arrêt sur image.

    Est-il encore possible de débattre en politique dans ce pays ? Ou bien sommes-nous condamnées à n’entendre que des "indignations" qui sont plus ou moins vouées à tourner en "intifadas" (mot qui veut dire : soulèvement) ?

    Il se produit ici avec le livre de Pierre Manent exactement ce qui s’est produit lorsque j’ai pris la peine de donner une recension complète et précise du rapport excellent du Chatham House Institute de Londres sur l’état de la Russie et à la crise ukrainienne.

    IL N’A PAS ETE QUESTION UNE SEULE FOIS DE DEBATTRE SERIEUSEMENT du contenu et des conclusions du document...

    Ici, il s’agit pourtant d’un livre en français... L’a-t-on lu ? A-t-on pris la peine de le lire entièrement avant de le critiquer, ce qui serait la moindre des choses ?

    J’en doute...

    On se saisit de quelques traits pour discréditer l’auteur (ici, Pierre Manent taxé de "défaitisme")...De ce point de vue, Pascal Bruckner ne fait pas honneur à la philosophie en cédant aussi vite à un travers purement médiatique puisque c’est lui qui a collé cette étiquette idiote sur le dos de Pierre Manent...

    On se contente de relever deux ou trois propositions inacceptables pour s’insurger contre le livre tout entier...

    On veut empêcher le citoyen de réfléchir au motif que seuls les islamologues diplômées seraient autorisés à s’exprimer sur le sujet...
    De là à affirmer que seuls les musulmans peuvent parler d’eux-mêmes comme on ose affirmer que seuls les Russes sont capables de comprendre qui ils sont...

    Mais :

    1° de la justesse du diagnostic posé par Pierre Manent (voir mon message "situation de la France (2)", en a-t-il été question ?

    2° A-t-on pris la peine d’étudier sérieusement les propositions de l’auteur qui ne se résument pas à changer les règles des menus scolaires ?

    3° A-t-on réfléchi au modus operandi pour procéder à un ressaisissement de la république ?

    4° A-t-on enfin tenter de poser la question des capacités des catholiques français à peser utilement dans le débat ?

    NON.

    Je ne partage pas l’enthousiasme de certains intervenants pour l’indignation "façon Hessel".

    D’abord parce que Stéphane Hessel met son indignation largement à côté de la plaque en passant complètement sous silence le sujet qui aurait dû appeler une authentique résistance : la dérive libertaire de la démocratie libérale. Le Stéphane Hessel chrétien de gauche a dû en rester à la Lettre aux catholiques de France de 1996...

    Et ensuite parce que l’indignation ne conduit à rien de constructif. La preuve. Le petit opuscule d’Hessel a eu un succès de librairie mais n’a débouché sur rien d’intéressant.

    Indignations qui retombent aussi vite que les soufflés au fromage, jusqu’à la prochaine...

    Nous sommes progressivement atteint d’un syndrome d’intifida. Comme les Palestiniens, impuissants à sortir d’une spirale de violence et à trouver une issue politique à la coexistence de deux peuples sur le même territoire (on ne parviendra pas à les exterminer mais ils ne parviendront pas à repousser à la mer les Israéliens), nous prenons les armes contre des idées qui nous déplaisent en lynchant ceux qui les émettent...Mais la délibération politique a-t-elle progressé d’un pas ? NON.

    Et les catholiques sont-ils capables de débattre mieux et autrement que le reste des Français ? L’exemple de ce forum donne à penser que NON.

    Ceci n’augure rien de bon pour les prochains échéances électorales...

    • La délibération politique n’a pas progressé dans ce pays car la pensée politique y a été toujours confisquée pour l’essentiel. Bien entendu sans que cette "confiscation" soit clairement annoncée... Il faut comprendre tant de choses en creux et par défaut... Il faudrait faire une recension médiatique française et de cette fausse "Europe" de quasi tout le 20ème siècle, surtout la deuxième moitié, pour bien s’en rendre compte.

      La pensée française est dénaturée.
      Comment, dans ces conditions, une telle pensée peut-elle être lucide devant l’Islam, spécialement devant extrémisme islamique ?

      Plutôt que de longs développements, en voici un qui aura parfaitement compris l’abîme où est tombée la "pensée française". Michel Onfray, homme de gauche, est un athée convaincu (au moins jusqu’à présent) un laïc pur jus, mais sa lucidité, ses études, sa clarté d’esprit et de parler et son honnêteté intellectuelle lui a fait découvrir les principaux récifs vers lesquels la France divague, tel un bateau ivre aux machines sabotées ballotant dans la tempête tandis que les pires divagations intellectuelles, éthiques et politiques contre nature battent leur plein dans un navire au commandement déserté. Michel Onfray tire sans prévenir le rideau sur ce "spectacle". Il ne manque à M. Onfray que la dimension spirituelle. Son éducation l’en aura privé, mais son honnêteté (du moins on peut l’espérer) peut le sauver.
      Un bon coup de pied dans la fourmilière qui nous ronge... Enfin un propos lucide !
      La vidéo est de 13 minutes :

      http://www.transparenceverite.com/2015/10/les-derniers-jours-de-la-civilisation-maconnique-par-michel-onfray.html

      Quant à Chattam House, devenu : the Royal Institute of International affairs, RIIA, en Angleterre, c’est un organisme, pour documenté qu’il soit, cimenté par des intérêts occidentaux mondialisés car mondialistes. Il y a dans le monde un certain nombre d’organismes (lien ci-dessous) formant, au fil du temps, l’organigramme mondial des intérêts agissant par dessus les gouvernements et les nations, ces dernières destinées à disparaître. En général, ces organisme ’filtrent’ et ’choisissent’ les personnels destinés à exercer le pouvoir. Une très grande proportion de ces personnels au plus haut niveau du pouvoir, ont été affiliés à ces organismes. Leurs ’options politiques’ suivent et développentt les mêmes lignes vers la mondialisation.

      Pierre de Villemarest (1922-2008) ancien du contre-espionnage français et écrivain d’investigations était (et reste) une mine de renseignements sur les données internationales, ’politiques’, stratégiques, économiques du monde occidental (mais pas seulement). Les données de ce lien ci-dessous sont, sauf erreur, de 1998. Certes, le monde change constamment, mais le grand avantage de P. de Villemarest est qu’il aura donné quasiment l’essentiel et l’historique documentés aux sources des principales multi-nationales, de leurs prolongements transnationaux et de leur "gouvernance" à paravent "démocratique" usurière et mondialiste en une synergie d’unification mondiale...

      Tout le contraire du Christianisme.

      Des forces presque jamais élucidées par les média ; d’ailleurs des média propriété des intéressés... Le travail de Pierre de Villemarest forme à présent un dépôt documentaire exceptionnel parmi les mieux structurés, propre à éclairer et à élucider non seulement l’histoire occidentale (de 1945 à l’aube du 21ème siècle) mais la plus brûlante actualité.

      http://www.angelfire.com/il/mondialism/

  • Manent, un essai non transformé

    Suis-je déçu par ce petit opuscule dont j’ai tourné la dernière page voici bientôt une semaine ? Pas vraiment. Je n’avais jamais lu cet auteur et je n’en attendais rien de particulier.

    J’avais déjà provisoirement conclu par un « tout ça pour ça ! » qui me semble le meilleur résumé d’une « Situation de la France » qui ne tient guère les promesses de son titre.

    Je ne vais pas m’étendre sur cet ouvrage, d’autres l’on fait en plus que surabondance sur les forums de ce site, jusqu’à infliger la nausée aux destinataires d’une logorrhée dithyrambique.

    J’ai déjà dit combien je trouvais cette écriture (celle de Manent, pas celle du manant...) confuse et gravement imprécise dans l’usage et la définition des concepts et de la terminologie. En particuliers ceux qui étaient centraux à la thématique.

    Je n’en citerai que deux. L’Islam (autrement désigné sans plus de différence par "les musulmans") et la laïcité.

    Ce qui est ennuyeux, c’est que lorsque on prétend faire un état des lieux (aussi ambitieux que la situation de la France) sans pouvoir faire l’impasse sur des thèmes objets de grosses polémiques, il est indispensable de faire preuve de la plus extrême rigueur dans les définitions et dans l’usage du lexique. Ça n’a pas été fait ; en dépit d’une architecture formelle, la confusion la plus extrême foisonne sur le fond dans l’ouvrage de Manent.

    « (...) la non participation des musulmans à l’histoire française, sinon comme populations sujettes ou comme main d’œuvre longtemps subalterne (...) la triste vérité de la situation » (p. 36)

    C’est faire bon marché d’une main-d’œuvre portugaise (plutôt catholique), par exemple, dont les effectifs ont été longtemps supérieurs à ceux issus du Maghreb ; c’est oublier les Africains animistes ou chrétiens ; c’est oublier une immigration polonaise (qui a concerné une très forte communauté implantée en France ; c’est oublier également l’immigration italienne ou l’immigration espagnole. Toutes immigrations qui ont longtemps occupé une position subalterne dans l’échelle sociale française.

    Manent confond allègrement les problèmes liés à une appartenance religieuse et ceux liés à une situation de migrant. Il aurait été bon d’entrer dans le détail au lieu d’amalgamer. A force de tout globaliser (paresse de la pensée ou nombre de pages disponibles limité ?), ses propos perdent toute pertinence.

    En dépit du manque évident de pages, Manent ne peut s’empêcher de faire des allers et retours nombreux (sans le lecteur sache toujours très bien où il en est précisément(*)) entre France et Europe (par ex. ch 14, p. 110). Elargissement de la problématique qui la rend plus confuse encore, car la question de l’Islam (des Islams, faudrait-il dire !) au niveau de la France ou au niveau de l’Europe est loin d’être similaire (ne serait-ce que parce que les populations sont différentes (tant migrantes que natives) et que les histoires sont différentes.

    Pour ce qui est de la laïcité (traitée ch. 3, p. 31 et suiv.), Manent, après avoir pourtant promis « une compréhension nette et sûre, c’est à dire complète de la notion » en fait une caricature sommaire et figée à l’issue de laquelle il conclut hâtivement que la laïcité ne peut en aucun cas être une solution au problème de l’intégration des musulmans ; sans voir, ou vouloir voir, que la laïcité - hormis chez les laïcards doctrinaires et obtus - est un système dynamique sujet de maints accommodements et de maintes interprétations.

    Transparaît parfois un étrange messianisme plutôt confus autour de l’Alliance (il récidive en fin de page 172-173). Page 172, justement, j’ai noté une phrase totalement obscure : « Où est Dieu ? (...) Mouvement de l’âme naturel et pour ainsi dire irrésistible. Cependant si l’on reste sous le pouvoir absolu de cette expérience, c’est l’action humaine comme telle qui tend à devenir essentiellement criminelle. (...) » (???)

    Ce livre est truffé de phrases qu’il conviendrait de relire six fois en remontant en arrière pour s’assurer qu’on n’a rien loupé et que l’on a bien compris ce que l’on croit comprendre... si tant est que l’on ait bien compris !

    C’est entre autres pour cela que je m’étais interrogé sur le public auquel cet essai était destiné. Il faut soit un public conquis d’avance qui lira ce qu’il a “envie d’entendre”, soit des défricheurs obstinés et obsessionnels (des diplômés d’anatomo-pathologie, par exemple).

    Bref, après avoir lu ce livre, au mieux on ne sort pas très avancé (et vaguement de mauvaise humeur d’avoir perdu du temps qui aurait été mieux utilisé à lire le dernier Astérix), au pire on en sort gravement confus et prêt à gober toutes les fadaises que la propagande du politiquement correct déverse à propos de l’Islam, des migrants, de la nation, de l’Europe... et de tout le reste.

    * ch 16, p. 123-124 « A la différence de la plupart des projets envisagés pour “faire entrer l’Islam dans la république”, cette proposition ne pose pas le préalable (...) C’est donc un Islam restant dan ses mœurs qui est appelé à participer à une forme politique, la nation (...)  » et, quelques lignes plus loin : « l’affaiblissement politique et spirituel de la nation en Europe est sans doute le fait majeur de notre temps », suit un long développement concernant l’islamisation et l’Europe. Comment s’y retrouver en ce qui concerne la situation de la France ?

    Sans pour autant vouloir m’y attarder, je conteste l’usage dans ce chapitre du mot "islamisation", chargé de connotations parasites que Manent ne fait pas l’effort d’évacuer et de clarifier...

    NB “La situation de la France”, de P. Manent, DDB, 15 euros qui seront mieux utilisés à acheter des chocolats ou à boire un pot en compagnie de copains...

    • cf. : 27/10 12:23

      Quoi ? "Boire un pot avec les copains" pour 15 euros ? Au prix où coûte de nos jours un verre suspect de pinard ?
      Excuser du peu... Ben, voyons...

      Il y en a qui ont fait mieux : ils ont revendu l’opuscule 13,99 euros à un manant fervent admirateur.

      Réfléchir avant que d’avancer n’importe quoi !

      Merci.

    • Voici des commentaires qui condamnent plus leurs auteurs que le livre remarquable dont ils prétendent si médiocrement ternir les mérites. Margaritas ante porcos...

      Foi et raison ? Un contre-témoignage sur un site catholique...

    • @ gemayel

      En effet, la modicité de la somme ne permettra guère plus d’une seule de ces margaritas proposées ci-dessus. Désolé, chacun devra payer sa part...

      Rappel de la recette :
      5 cl de tequila
      3 cl de triple sec (Cointreau, Grand Marnier)
      2 cl de jus de citrons verts

      (à fréquenter avec modération, comme tout ce qui est acide-sucré-amer )

  • Je signale qu’au moment où paraît le livre de Pierre Manent, le jury du livre allemand 2015 vient de décerner son prix à un roman fleuve de Frank Witzel doté également d’un titre fleuve : "La découverte de la Fraction Armée Rouge par un ado maniaco-dépressif au cours de l’été 1969" ’"Die Erfindung der Roten Armee Fraktion durch einen manisch-depressiven Teenager im Sommer 1969" (Ed. Matthes und Seitz Berlin).

    Ainsi que le livre a été présenté, Witzel, en ayant recours à de multiples formes littéraires, et en près de 80 chapitres, cerne le passage d’un jeune Allemand de Hesse de l’enfant à l’âge adulte, mais aussi le basculement de l’Allemagne de la fin de l’après-guerre dans le début de l’ère libertaire qui devait être marquée par l’éruption d’un nihilisme extrêmement violent en Allemagne, la RAF. Passage d’un monde protégé, ordonné, balisé par un fort contrôle social et moral exercé notamment par les Eglises, à un monde libéré mais déstructuré.

    Il est significatif qu’en Allemagne aussi, on éprouve actuellement le besoin de s’interroger sur l’itinéraire emprunté par la société dans ces années décisives (été 69, printemps 68...) qui ont marqué symboliquement une telle mutation culturelle, pour mieux comprendre notre situation actuelle.

    Il faut souhaiter que ce livre, salué comme une oeuvre majeure de "réalisme spéculatif", soit rapidement traduit en français en dépit de son format inhabituel.

    • Très bon rappel. Entre la sortie de l’essai sur la situation dans notre pays et le prix qui vient d’être attribué au, je cite, roman-fleuve de Frank Witzel, beaucoup d’eau aura coulé sous les ponts... Normal, il s’agit nous dit-on d’un roman-fleuve précédé d’interventions-fleuve pour, on peut dire, la per...manence dans les idées.

      On nous inflige aussi un titre-fleuve "die erfindung der roten armee fraktion durch einen......." repris comme pour respecter l’original.OUF !

      Roman-fleuve, titre-fleuve et...intervention-fleuves avant, pendant et après...Que d’eau, que d’eau disait MacMahon. On aurait donc parfaitement le droit et sans se tromper de reprendre en chœur : roman-fleuve-titre-fleuve-interventions-fleuve-, que de fleuves !

      D’où, s’en souvenir : naufrage. Mais on n’a rien oublié, voyons !

      Et voilà : on en est quitte pour avoir bu la tasse.

      Pauvre manant ne sait à quelle bouée s’agripper . Chauve qui peut !

    • Varlam Chalamov (*), qui a passé une partie non négligeable de sa vie au Goulag, déclarait que le roman était mort (et que seul pouvait subsister le récit) !

      Je partage amplement son opinion depuis longtemps. A quoi d’autre qu’un effet récréatif les romans (surtout contemporains) peuvent-ils servir ?
      Face au récit, il n’y a pas à tergiverser, les témoins sont plus intéressants (et plus proches de la réalité, dont certaines indiscibles) que les romanciers. Pour moi, même le travail fumeux d’un essayiste comme Pierre Manent sera toujours plus instructif qu’une fiction romancée (qu’elle qu’en soit l’épaisseur et le poids de papier).

      Peut-être que Frank Witzel a par ailleurs des choses passionnantes à raconter, peut-être que ses propres analyses de la situation allemande sont de bon aloi ; je n’en sais rien du tout.
      Mais alors, pourquoi se commettre dans le genre fiction (**) ? Qu’il réserve cela aux scribouilleurs prolifiques de Da Vinci Code qui prétendent polluer la réflexion ou la foi de leurs lecteurs en présentant comme vérités historiques ce qui n’est que du roman (de gare, internationale).

      * Lire, en particulier, Récits de la Kolyma, éd° Maspéro

      ** Peut-être que l’une des tares du roman et du romancier est de vouloir attirer le lecteur dans son monde intérieur, de s’efforcer d’obtenir de sa part une vibration à l’unisson de ses propres émotions, de ses propres phantasmes, de ses propres croyances et de ses propres illusions, de sa part d’ombre aussi, le tout dans un mépris plus ou moins vaste des réalités.
      Derrière l’aspect vénal des choses (le succès d’un Harry Potter) peuvent se cacher des pulsions manipulatrices et dominatrices. Ne vaut le roman que ce que vaut le romancier ; c’est à dire trop souvent pas grand chose.

    • PS. " "Il faut souhaiter que ce livre, soit salué comme une œuvre majeure...".

      Sans revenir au chapitre "Francophonie" :"Il faut souhaiter que ce livre"

      "Il faut" : obligation. Souhaiter : émettre un vœu....

      Formule différente, respectant, autant que faire se peut, le lecteur :

      Il serait souhaitable que... ou encore : en espérant que ce livre...

      Non, messieurs-dames, il faut lire, ce qui s’appelle lire, ce qui nous tombe sous les yeux, quelle chance donc de pouvoir décrypter.

      Il n’y a pas de "il faut" ici, rien que des "il est à espérer que"...

      Ce qu’il faudrait, ici, stigmatiser : c’est l’indigence grâce à laquelle notre si belle langue française qui est dénaturée rien que, parfois pour ... Non, pas de jugement mais simple constat.

      Ce qu’"IL FAUT" vraiment dans cet espace, c’est aérer, désinfecter, nettoyer et dépoussiérer pour laisser entre la lumière.Même une lueur.

      L’éclairage ? Rien. Sauf les prières qui, dans le monde, nous encouragent à tenir et à agir, dans la mesure de mes moyens.
      Il serait convenu de joindre, sans aucunement le protège et les
      extermine au Mal absolu. C’est cela se apprendre à avancer.

      Cela vaut-il sa chandelle ?

    • Gemayel,

      Si je puis me permettre de vous le faire observer, je crois qu’une subtilité vous a échappé...

      Je prends un exemple pour l’illustrer.

      Vous vous trouvez en société, et pour une raison quelconque, vous êtes pris à parti par un individu auquel votre tête ne revient pas. Celui-ci vous invective d’une façon quasi obsessionnelle et telle qu’il ne réussit qu’à se discréditer lui-même tout en indisposant tout le monde.

      Vous vous adressez calmement à votre entourage, pour ne pas donner plus d’importance à l’importun qu’il n’en a, en disant : "il faut souhaiter qu’il se calme"...

      Si vous dites seulement : "Il faut qu’il se calme". Ceci tiendra de l’évidence. L’énergumène est en train de gâcher la soirée...Tout le monde assistant à la scène le souhaite...

      Si vous dites : "Il faut souhaiter qu’il se calme"...C’est ajouter une touche d’humour et de confiance dans le surnaturel. Il faut le souhaiter...contre toute assurance qu’il puisse en être ainsi tant notre excité semble avoir perdu le contrôle de lui-même...Il reste à compter sur une intervention de l’Esprit saint...

      On retrouve la même nuance dans l’expression "Il faut croire"...Là encore, c’est poser un acte de volonté en dépit des apparences ou des évidences contraires...Un acte de foi...

      Il faut souhaiter...mon Dieu, protégez-nous des hystériques...

      Mais que tout ça ne nous empêche pas de compter sur une traduction rapide du roman de Witzel...Il faut le souhaiter malgré l’évidence contraire en raison de la taille du volume...

      PS. Pour le prix de ce gros livre, ajouté à celui du livre de Pierre Manent, plus léger, vous devriez pouvoir vous offrir, vous et Coucy, un snack et une bière. Ca devrait nous valoir un léger répit le temps que vous aurez la bouche pleine...

    • Note est prise concernant une certaine leçon d’expression française, du point de vue grammatical, doublée d’une autre leçon visant
      l’expression, du point de vue de la compréhension, plus exactement
      la "subtilité".

      Me serait-il permis de saisir cette occasion pour rappeler ce qui
      avait été expliqué dans ce même espace, à savoir qu’un forum ne permet pas des billets directs entre intervenants, mais des messages
      couvrant des sujets donnés. Cependant, force est de constater que
      me voilà, à plusieurs reprises, interpellé personnellement. Les preuves en sont visibles ici-même

      Pour en terminer, il serait pour le moins souhaitable de voir enfin respectée, à commencer par son propre auteur, l’explication de ce
      qu’est une intervention dans un espace forum. Ce qui m’éviterait
      des recherches fastidieuse et mettrait fin à ce genre d’écrits.

      Merci.

    • P.S.

      "On pourrait souhaiter que... " ou

      "Il est à souhaiter que..." ou encore

      "Il serait souhaitable que..." ou, pourquoi pas,

      "Pourrait-on souhaiter que ce livre soit traduit..." et enfin

      "Il serait souhaitable que la traduction de ce livre trouve sa place bientôt chez les libraires..." au lieu de, par exemple,

      "Il faut souhaiter qu’il soit....le plus rapidement...".

      Qu’on veuille bien me permettre de penser qu’une élégance de l’expression écrite pourrait, on ne sait jamais, être le reflet d’une expression orale.

      Une, pour ne pas la citer, "exquise courtoisie", aurait dû m’inspirer de ne pas réagir "la bouche pleine", surtout me trouvant en société. Las, mais je ne me vois pas, comme on dit, "en société". Et c’est bien dommage, n’Est-ce pas...

      Merci.

  • Intéressant débat à l’Esprit des lettres sur KTO entre Pierre Manent, Jean Sévillia et Erwan Le Morhedec que je découvre sur youtube avec un peu de retard, n’ayant pas la télévision.

    Pierre Manent y résume bien l’essentiel de son propos dans "Situation de la France" et répond à certaines objections sur l’islam, notamment sur le "parti musulman". On aurait aimé que l’auteur aille un peu plus loin sur cet aspect de son livre.

    Pierre Manent demande aussi aux catholiques de se préoccuper "du tout" dans la société politique et pas seulement de la place des catholiques à côté d’autres minorités.

    Jean Sévillia fait un distinguo pertinent entre le communautarisme (risque pour l’instant non avéré chez les cathos) et "l’entre-soi" qui est en revanche une réalité et un danger dans une France catholique aujourd’hui principalement urbaine et bourgeoise.

    Intéressant témoignage d’Erwan Le Morhedec sur le difficile positionnement d’un catho engagé "en tant que catho" dans la société politique : dépassement de la distinction de Maritain entre l’agir "en chrétien" et "en tant que chrétien" rendue sinon obsolète du moins byzantine par la déchristianisation culturelle et apparition d’une nouvelle distinction entre "l’agir en coopérateur dans la société" et "l’agir en dissident" qu’impose parfois le libertarisme hégémonique et intransigeant (Hollande-Valls) dont les jeunes cathos des Manifs pour tous ont bien pris conscience.

    Il est intéressant d’observer qu’en 90 mn de débat, il n’est pas question une seule fois de l’épiscopat et de son rôle dans une France "a-cléricalisée"...

    • Ce dimanche l’évangile nous relate une histoire qui va droit au cœur :
      le très humble geste de cette petite dame, pauvre, qui met dans le plateau des offrandes tout ce qu’elle possède, c’est-à-dire, deux ou trois piécettes. Il n’est dit nulle part qu’elle souffrait d’un cuisant complexe d’infériorité face aux pharisiens, aux poches gonflées d’argent, qui laissaient tomber de grosses pièces, sonnantes et trébuchantes, (vous voyez combien je mets, môâ ?) prélevées sur leur inépuisable superflu. Et Jésus d’expliquer à ses amis que cette femme a donné bien plus que les autres, car elle a donné tout ce qu’elle possédait pour vivre alors que ceux-là avaient pris sur un tas de leur argent mis de côté.

      Dans cette très belle histoire, la quantité, le nombre, la valeur tout n’est que fétu de paille. La petite dame pauvre a donné tout ce qu’elle avait. Et la manière dont elle a donné... Jésus l’a bien remarqué, et il fait comprendre, peut-être, quelque part, que ce n’est pas seulement le sens de la générosité, du partage, ce qui est déjà très beau, mais aussi le fait de, comment dire, non pas de se dépouiller, mais de donner de façon à être, pour quelque temps en tous cas, en situation de manque, de n’avoir plus rien, être dépossédé de son argent, et pas seulement. En approfondissant ce passage de l’Evangile on peut y trouver de quoi méditer...

      A propos de la piécette et du billet

      Une pièce de 20 cents et un billet de 500 euros se retrouvent ensemble sur le chemin du ciel. Ils entrent et sont dirigés chacun dans l’endroit du grand salon qui leur est attribué. Voilà que la piécette de 20 cents se trouve assise dans un divan moelleux entourée de vases parfumés ; des maîtres d’hôtel lui servent du sirop de mûre dans un joli verre en cristal, deux dames lui font des massages aux chevilles, et des anciens serviteurs de pharaons lui envoient une brise légère avec de longues tiges de bambou surmontées de plumes d’autruche, le top du top quoi. Plus loin, le billet de 500 euros git, seul, dans un coin sombre, avec juste un petit verre en plastique rempli d’eau. Il ne comprend pas, surtout qu’à portée de vue il ne peut s’empêcher de constater tous les égards avec lesquels la nulle petite pièce de 20 cents est traitée. Alors, il cherche St. Pierre du regard, le repère et court vers lui en disant : "Qu’Est-ce que c’est que cette histoire ? La minuscule pièce de 20 cents est traitée comme la reine de Saba et moi je suis seul dans l’oscurité, sans air, et..." Et St Pierre de l’interrompre : "Toi, ta gueule ! On ne t’a jamais vu à la messe !"

    • Je ne vois pas trop le rapport avec Pierre Manent mais je me permets de vous renvoyer à un commentaire en ligne car je crois que votre petite histoire fait un contresens biblique. Au passage, je signale aux lecteurs du forum que les serviteurs de la parole mettent en ligne un commentaire de cette nature chaque semaine.

      Jésus ne regarde pas la valeur faciale du don mais "regarde le coeur" (Saint Augustin) et le don de soi que fait en réalité la pauvre veuve au Seigneur en sa maison même (le Temple de Jérusalem) comme il regarde avec amour la veuve de Sarepta qui fait confiance au Dieu du prophète Elie : un dieu qui, semble-t-il n’est pas le dieu qu’elle adore en terre libanaise. Un acte de foi encore plus remarquable !

      L’Evangile n’est donc pas du tout un texte "anti-riches"...Pourquoi les riches ne pourraient-ils pas donner de leur personne tout aussi bien que de leur fortune ?

      Plût à Dieu qu’il y ait beaucoup de billets de 500 euros à la quête dominicale et pour les oeuvres charitables ! Vive les philanthropes...le Royaume de Dieu est aussi pour eux !

      Ce que dit l’Evangile en revanche, c’est que le fait de ne pas se savoir et se faire pauvres de coeur rend plus difficile d’atteindre le Royaume. Nous ne sommes riches que de ce que nous recevons de Dieu et de l’amour, à commencer par la vie.

      Enfin, Dieu est indifférent ou plutôt étranger à nos "comptabilités humaines" : le travailleur de la 11ème heure reçoit le même salaire que le travailleur de la 1ère heure et rien de ce qui est remis au premier n’enlève au second...A tous est promis le Royaume, même si le don de soi est tardif...

      Il n’y donc aucune raison que Saint Pierre fasse mauvais accueil... à Bill Gates le jour venu. Il y a assez de miséricorde au ciel pour Bill Gates et le SDF...

      http://www.serviteur-parole.net/le-geste-magnifique-des-deux-veuves

    • Uniquement à l’adresse d’éventuels lecteurs et pour éviter tout malentendu :

      Les lignes suivantes sont inspirées seulement par le souci de circonscrire un éventuel débordement du sujet à propos du passage de l’évangile que j’ai eu, comme le désir de mentionner.

      1. En effet, cette parabole, non seulement n’a rien à voir avec la rebelote discussion évitée sur "Pierre Manent", mais en est très éloignée. Toutefois, ne sachant où se loger, la petite intrusion de la pauvre petite dame de l’évangile et de l’explication de Jésus, ont pris l’emplacement trouvé (comme les voitures dans un parking).

      2. Sans, en aucune manière, ni vouloir et encore moins tenir à aller plus loin dans l’évocation du sens profond de cette parabole, le lecteur qui le veut aura compris qu’il s’agissait uniquement d’une toute simple petite réflexion personnelle sur la situation : le geste de la petite pauvre dame qui se met en situation de "manque", donc de pauvreté. L’explication de Jésus reposant sur, comment dire, le duel entre riche pas seulement de biens matériels (regarder ce que môâ je mets...) et pauvre dans la droite ligne, peut-être des "pauvres en esprit", (je mets tout ce que je possède, après on verra, je fais confiance au Maître.

      3. Comme une simple, je ne dirais pas erreur, mais "coquille géographique" : je ne vois pas ce que la terre "libanaise" peut bien venir faire ici. En effet, puisque nous voici dans un contexte de l’époque, Sarepta dans la Phénicie antique correspondrait à la ville de Saïda actuelle - baptisée Sidon j’ignore pourquoi, peut-être du temps des Croisades -. Il n’y avait donc alors pas la moindre petite pincée de terre "libanaise", n’est-ce pas... Comme quoi, il conviendrait, qui sait, de faire attention à ne pas donner au lecteur de confondre les époques et, partant, de le mener sur de fausses pistes. Tout le monde n’est pas censé connaitre l’Histoire et la Géographie d’il y a bien plus de 2000 ans, ère chrétienne. Cela n’est pas du tout souhaitable et s’avèrerait même dangereux parce que faussement cité. Mais l’erreur étant humaine, on en restera là, cette mise au point géographique m’étant toutefois apparue comme digne d’être signalée...

      4. Il est tout aussi important de souligner que n’ayant aucune autorité en matière biblique, n’étant moi-même ni bibliste, ni spécialiste en histoire des religions, ni expert en documents évangéliques etc...l’évocation de ce passage de l’évangile du jour se voulait seulement et uniquement un simple partage sur ce forum. Une toute autre interprétation restant, le cas échéant, sous la responsabilité de quiconque s’en emparerait.

      5. Qu’il me soit permis d’insister sur le fait qu’en ce qui me concerne, et l’évangile du jour étant dépassé, je ne vois aucune raison me concernant de continuer dans une discussion sur ce sujet si ce n’était dans le droit fil de ma seule évocation de la parabole.

      6. Je maintiens, par contre, ce que je me suis vu dans l’obligation d’avancer, qu’il s’agit d’une parabole :

      - sur l’esprit de "désappropriation" de tout, d’une situation de pauvreté totale, et non seulement de biens matériels et donc une disposition d’humilité et d’espérance vraie tournée vers le Maître ;

      - sur la totale réfutation de la fausse et incompréhensible mention de terre "libanaise" en totale contradiction avec la réalité contemporaine de la parabole évoquée et donc les récits évangéliques. Oserais-je être coupable de mentionner que, voyons... aujourd’hui, nous, Français, nous nous abreuverions d’hydromel au lieu d’un bon vin de bourgogne ?

      - et pour en terminer, une fois pour toute me concernant, la demande de bien vouloir m’excuser de n’avoir pu trouver un autre "chapeau" que le titre "L’esprit des lettres - Pierre Manent - pour abriter ma réflexion de ce dimanche. Du même coup, pourrais-je bénéficier, en plus des excuses, de la notion de "légitime défense" (chère à qui l’on sait) à savoir : m’être "garé" sur un parking non attribué. Dans l’espoir secret d’avoir ainsi ménagé certaines susceptibilités. Alleluia !

      Merci.

      &

    • Que les éventuels lecteurs sur ce forum veuillent bien me pardonner un oubli : celui de mentionner que "la petite rigolote" du jour, ici "la piécette et le billet de 500 euros" ce n’était rien que "la petite rigolote" du jour. Cette précision venant, hélas, comme pour confirmer ce que j’écrivais il y a peu ici même : "Nous, Français, avons de l’esprit, mais aucun humour".

      Deux exemples : (précision oblige : non historiques ni véridiques,

      - de l’esprit : Le lord-amiral anglais fait prisonnier par le pirate français Surcouf : "Vous, Français, vous vous battez pour l’argent, tandis que nous, Anglais, nous nous battons pour l’honneur". Surcouf du tac au tac : "Chacun se bat pour ce qui lui manque :".

      - de l’humour : A Londres, lui assis au coin du feu, lis son journal, elle, à côté, tricote allègrement. Tout d’un coup, elle éternue. "A vos souhait lui dit son triste époux" et...il tombe raide mort.

      Une (très courte) dernière, ni esprit ni humour façon "ovni" comme souvent rencontré sur les autoroutes de l’information. Celle de Clovis et son sabre : tout le monde aura reconnu le petit garçon en pleurs parce qu’incapable de répondre à la question d’Histoire, défendu par sa maman farouche redresseuse de torts : "Non, Monsieur le professeur, ce n’est pas mon petit Philémon qui a cassé le vase de Soissons !).

  • Je n’ai pas lu le livre de Pierre Manent, mais j’ai lu quelques articles et surtout écouter son point de vue dans "L’Esprit des Lettres" sur KTO TV - Extraits : La question principale dit-il, est : "Quelle est la communauté que nous formons ensemble ?"
    "Comment on fait tenir ensemble des communautés ?" tout en affirmant que "La Nation est la Communauté par excellence".
    "Ce qui lit les musulmans entre eux s’expriment naturellement dans l’espace publique"
    "Ce qui a pu se faire entre les catholiques et les républicains ne pourra pas se faire de la même façon avec l’islam...parce qu’ils partageaint beaucoup de choses...ils partageaient la France..."..."le curé et l’instituteur enseignaient la même morale..." "il s’agissait d’aménager la vie commune"
    Pourquoi ça ne marche plus ? "parce que la religion musulmane vient de l’extérieur"..."il y a dans la religion musulmane un ensemble de moeurs très extérieures à la vie française"
    "Il s’agit de résoudre un problème inédit...il s’agit d’introduire dans l’amitié civique des citoyens musulmans qui n’ont jamais participé à l’amitié civique...nous n’avons jamais vécu ensemble avec les musulmans dans l’égalité (ndlr : en effet cet impossible, pour les musulmans les chrétiens et les juifs sont des dhimmis, pas des égaux !)
    "nous commençons à le faire en France, on voit bien que cela n’est pas facile..." "Il s’agit de trouver une démarche nouvelle"

    Laquelle ?

    "Il faut que les musulmans entrent vraiment dans la Nation française, c’est à dire se sentent vraiment citoyens français et connaissent une sorte de conversion à la France (ndlr les mouvement actifs de l’islam proposent plutôt une conversion de la France à l’islam !)...qu’ils se détachent du monde arabo-musulman, à certains pays d’où ils viennent...à des traditions religieuses dont certaines sont inamicales à nos idées du juste.."
    "Nous devons les accepter "comme ils sont" à condition qu’ils viennent dans l’amitié nationale" (!) Quels exemples de pistes :"Il faut les encourager à s’engager dans la vie politique en tant que tels"(!)

    Ainsi les Frères Musulmans devraient tomber le masque et transformer l’UOIF en Parti Frères Musulmans, des salafistes, etc...!...ce serait peut-être plus clair ! Ainsi on ne demanderait plus aux contribuables de leur payer leurs mosquées et leurs écoles ! On constaterait le "diversité" des différents musulmans (ainsi on aurait des parti musulmans, algériens, tunisiens, marocains, turcs...!)...Pierre Manent pense que cela ferait reculer le fondamentalisme !!!

    Comme quoi on peut être un brillant esprit et pécher par naïveté...il n’y a qu’à voir l’audience de Tariq Ramadan (qui traite de "blancs" et de "colonisés intellectuels tous les musulmans qui se sont "assimilés" ou "intégrés") ou celle d’Erdogan qui vient en France ou en Allemagne galvaniser les foules turcs pour leur dire "rester toujours turcs" pour comprendre que "les solutions" de Pierrre Manent nous mèneraient à la catastrophe communautariste ou pire islamiste !

    Le trésorier de la mosquée de Roubaix l’a bien dit, "si on a la majorité, c’est la Charia qui s’appliquera...on est en démocratie !" ; or si les musulmùans ne sont pas majoritaires en France, ils le sont sur certains territoires, où ils font régner leur loi ! "les territoires perdus de la République"...mais surtout de la France !

    Sur la "société laïque" qui n’existe pas, je suis d’accord... sur le rôle de l’islam pour révéler ce que nous sommes devenus...comme Jean Sévilla je pense bien être d’accord à 95% sur le constat : "On ne peut pas effacer ni le fait religieux, ni le fait national"

    Pour résumer : je veux bien partager le constat de Pierre Manent, mais absolument pas les solutions que je juge dangereuses !

    Nous devons tout faire pour permettre aux musulmans qui le souhaitent de se "convertir à la France" et tout pour combattre l’islamisme Frères Musulmans et salafiste !

    Ceux qui refuseront de se convertir à la France ne devront pas pouvoir devenir français, ceux qui préfèreront la combattre, devront être éliminé en légitime défense ou expulser.

    La laïcité à la française est la meilleure arme pour faire participer les citoyens musulmans à notre vie nationale.

    La séparation du religieux et du politique est le meilleur rempart contre l’invasion islamiste...laïcité à ne pas confondre avec le laïcisme qui lui veut eradiquer les religions et les confiner dans la sphère domestique et intime !

    • Merci d’avoir rapporté fidèlement les propos de Pierre Manent qui éclairent sa réflexion. C’est une heureuse contribution à notre débat.

      Sur le "parti des musulmans", je crois toutefois que Pierre Manent est plus subtil que ce que vous en dites...A une objection de Jean Sévillia, poliment mais fermement sceptique sur le parti musulman, Manent admet comme lui qu’il existe un risque d’affichage communautariste.

      Mais il faut aussi valoir que les musulmans seraient alors contraints de voir discutées et contredites publiquement leurs options politiques. Et c’est cela qui est intéressant, alors que pour l’instant, les musulmans sont dans leur "minorité politique". Ils sont censés avoir des partis qui s’occupent d’eux mieux que les autres...sauf que les partis de gauche qui s’y emploient à des fins électoralistes sont tellement libertaires que leurs options "sociétales" sont irrecevables pour n’importe quel musulman...

      Or, il me semble clair qu’une option salafiste n’a aucune chance de passer la rampe. C’est justement cela qu’il faut faire venir en pleine lumière de l’agora, non pas tant pour contraindre les non-musulmans à confirmer leur désapprobation, que pour conduire les musulmans eux-mêmes à disqualifier un discours inadmissible au regard des principes fondamentaux de notre société politique et à faire advenir un autre discours politique pour les musulmans en France.

      Le fondamentalisme tient avec la terreur et le beuglement. Il s’effondre lorsqu’il est mis à l’épreuve d’une discussion contradictoire et raisonnable, car il est déraisonnable comme tout totalitarisme idéologique. Cette expérience, les musulmans doivent être mis en mesure de la faire chez nous.

      Je ne vois pas pourquoi la communauté d’origine maghrébine en France ne serait capable de produire sur la scène politique que des salafistes djihadistes ou des beurettes libertaires comme Mme Belkacem qui sont passées sans transition culturelle du Coran de leurs aïeux à l’idéologie du gender...Il existe d’autres voies politiques et il faut encourager les musulmans, notamment les jeunes et les jeunes femmes qui sont l’avenir de la communauté tout autant et même plus encore que les hommes, car elles sont plus ouvertes à la mixité culturelle, à l’emprunter.

  • Il n’est peut-être pas incongru de rendre ici hommage à André Glucksmann, qui fut au tout début de sa carrière, comme Pierre Manent, formé à l’école de Raymond Aron.

    En suivant un tout autre itinéraire, Glucksmann a été un penseur libre et capable pour cette raison de remettre en cause ses premières allégeances.

    Il aura été sinon le premier, du moins l’un des premiers, à avoir le courage de sonner le glas du gauchisme intellectuel.

    L’un de ses derniers combats aura été de dénoncer l’illusion Poutine.

    Il aura jusqu’au bout conservé une fougue de jeune homme qui en faisait un personnage hors de son âge. On a peine à croire qu’il a pu mourir.

    Nous ne manquons pas aujourd’hui d’intellectuels pour continuer le combat contre la gauche idéologique. Peut-être en faudra-t-il aussi pour mener celui contre le "droitisme" tout aussi idéologique, un mal dont les catholiques ne sont pas plus immunisés que les autres, avec la même insolence intellectuelle qu’André Glucksmann...

    Ce dernier fut fidèle en cela à l’enseignement de Soljénitsyne qui l’avait profondément marqué (revoir son intervention à "Ouvrez les guillemets" de Bernard Pivot le 24 juin 1974 pour la publication historique de l’Archipel du Goulag et sa participation à "Bouillon de culture" du 17 septembre 1993 avec Soljenitsyne en personne, quelques mois avant le retour de ce dernier en Russie).

    Pour l’un comme pour l’autre, le seul parti dont la cause méritait d’être défendue indéfectiblement était celui de la vérité et de l’éthique en politique. Il restera l’homme qui a défendu les "boat people" d’Indochine : déjà, les réfugiés...

    Glucksmann a sans doute fait des erreurs. Mais il restera de lui le souffle vivifiant qu’il a fait passer dans l’intelligence française au cours des années de plomb de la fin de l’Union soviétique dont l’astre presque éteint (mais on refusait de le voir) jetait ses derniers feux sur la gauche et continuait de tétaniser le reste.

    Glucksmann, avec d’autres, illustre ce que l’identité juive et la culture française, si intimement faites pour s’entendre, peut produire de meilleur.

    Merci André Glucksmann, un juste dans la nation.

  • Je donne ici la reproduction trouvée sur un site laïque de l’échange entre Pierre Manent et Alain Finkielkraut.

    On verra que P. Manent y répond clairement aux objections qu’on lui fait. Pour ma part, je trouve que son approche de la crise de la société politique est plus pertinente et plus opérationnelle que celle de son interlocuteur qui n’a pas la même maîtrise, à mon avis, de la philosophie politique.

    Je souligne par des *** les passages*** à mon avis les plus révélateurs de ce que j’affirme.

    Revue de presse
    "Alain Finkielkraut - Pierre Manent : la France au défi de l’islam" (lefigaro.fr , 12 oct. 15)
    - 17 octobre

    "Dans leurs derniers livres, les deux philosophes s’accordent sur le défi considérable que représente la poussée d’un islam fort dans une nation faible. Franchement opposés sur la force apaisante et unificatrice de la laïcité comme sur la question des accommodements raisonnables avec l’islam, ils restaurent cependant une forme brillante et féconde de la dispute.

    LE FIGARO. - Vos deux ouvrages, La Seule Exactitude et Situation de la France, expriment une même inquiétude devant la poussée islamiste. Est-ce le prochain défi pour la France ?

    Alain FINKIELKRAUT. - À la fin de son livre Cette France qu’on oublie d’aimer, le Français de fraîche date qu’est Andreï Makine écrit qu’il faudrait un langage clair, dénué de complaisance et sans aucune censure pour parler de l’immigration. Pour la première fois dans l’histoire de notre pays, celle-ci devient un échec après tant de vagues intégrées par la France pour leur bien et pour le sien. Cet échec est notre plus grave problème, y remédier est notre plus grand défi.

    Pierre MANENT. - On observe assurément une poussée de l’islam qui prend des formes très diverses, les unes pacifiques, d’autres qui le sont moins. Ce qui fait de l’islam un défi très inhabituel pour les nations européennes, c’est qu’il est à la fois une question de politique intérieure et une question de politique extérieure nouées d’une manière que l’on peut craindre inextricable. ***Pour autant, le problème le plus alarmant qui assiège la France et l’Europe, c’est une désorientation générale, une impuissance croissante à penser et à vouloir un projet commun. L’irruption de l’islam révèle ce problème, l’aggrave sans doute, mais cette désorientation existe indépendamment de l’islam.***

    La laïcité peut-elle jouer avec l’islam le rôle qui fut le sien avec le catholicisme ?

    Alain FINKIELKRAUT. - La laïcité repose tout entière sur la distinction pascalienne entre l’ordre des corps, l’ordre des esprits, et l’ordre de la charité ou de la sagesse. Ce qui fait de nous des laïques n’est pas la séparation du temporel et du spirituel, c’est la séparation du spirituel et du religieux. L’Église catholique a fini par reconnaître l’indépendance de l’ordre spécifiquement spirituel et par vivre avec. On ne saurait demander moins à l’islam.

    Si les signes et manifestations d’appartenance religieuse sont si problématiques à l’école, c’est bien parce que - comme le révélait déjà le rapport de Jean-Pierre Obin, inspecteur général de l’éducation nationale, en 2004 - ils témoignent de la méfiance des élèves à l’égard de ce tout ce que les professeurs leur proposent qui doit être d’abord un objet de suspicion, comme à l’égard de ce qu’ils trouvent à la cantine dans leur assiette. Ils sont engagés à trier les textes étudiés selon les mêmes catégories religieuses, du halal autorisé et du haram interdit. Face à cette tentative de placer la vie de l’esprit sous la tutelle de la religion, aucun compromis n’est possible. L’indépendance de la pensée n’est pas négociable.

    Pierre MANENT. - Poser la question en ces termes la rend très confuse. Qu’a fait la laïcité avec le catholicisme en France ? La laïcité a consisté à retirer à l’Église catholique tout ce qui faisait d’elle encore un pouvoir quasi politique et à rabaisser sa puissance sociale, de manière à offrir aux sociétaires un parcours d’éducation qui puisse être entièrement indépendant de l’influence de l’Église. Ce n’est pas peu.

    ***En revanche, ce que la laïcité n’a pas accompli avec le catholicisme, et qu’on lui demande de réaliser avec l’islam aujourd’hui, c’est de dissoudre la religion dans la société laïque afin que la vie sociale puisse se conduire comme s’il n’y avait pas de religion, comme si les sociétaires n’en avaient pas, comme si la société était religieusement neutre.*** En 1905, le législateur n’a pas prétendu dissoudre les mœurs catholiques dans la société démocratique ou réformer les mœurs promues par l’Église. On l’a souvent remarqué, quelles que fussent les oppositions entre les « républicains » et les « cléricaux », l’instituteur et le curé enseignaient largement la même morale. Aujourd’hui, le problème est tout autre. Il s’agit de faire entrer, dans une société qui a une certaine façon de vivre, des mœurs en effet très différentes.

    Faut-il « céder » sur certains points à l’islam ?

    Alain FINKIELKRAUT. - Au sortir de deux conflits mondiaux et des guerres anticoloniales, nous Français, nous Européens, nous avons décidé que nous n’avions plus d’ennemi. Or, avec un sentiment de stupeur, nous découvrons aujourd’hui qu’en dépit de nos bonnes résolutions, nous sommes, comme vous l’écrivez Pierre Manent, « un objet d’inimitié » et que cette inimitié a pour partie des raisons religieuses. Nous devrions donc nous défendre, dites-vous, mais vous affirmez deux pages plus loin : « notre régime doit céder » et accepter les musulmans comme ils sont, c’est-à-dire avec leurs mœurs, burqa non comprise. Qu’est-ce à dire ? Que les musulmans, soucieux d’éviter la mixité, pourront choisir à l’hôpital leur médecin selon son sexe ? Que nous devrions nous résigner à accueillir chez nous des salons de la femme musulmane où des imams certifiés menacent celles qui ne portent pas le voile islamique des feux de l’enfer dans l’au-delà et d’agressions sexuelles méritées ici-bas ? Tout dans notre communauté d’expérience s’y oppose.

    Dans une nouvelle d’Isaac Babel qui se passe à Paris, le voisin de palier du narrateur dit un jour à celui-ci : « Mon vieux, durant les mille ans de notre histoire, nous avons créé la femme, la cuisine, la littérature ; ça, personne ne viendra nous le contester. » Avant Babel, David Hume et Henry James se sont émerveillés de cette sociabilité française, et alors même que toute une part de notre identité tombe aujourd’hui dans l’oubli, celle-ci a été réveillée par la violente opposition qu’elle rencontre.

    Vous dites encore, Pierre Manent, que, pour nous, la société est d’abord l’organisation et la garantie des droits individuels alors qu’elle est d’abord, pour eux, l’ensemble des mœurs fournissant la règle concrète de la vie bonne. Eh bien non, nous n’avons pas complètement sombré dans le nihilisme. La France n’est pas encore l’empire du rien. Nous avons nos mœurs, et la mixité en est une composante essentielle.

    Les Américains, les autres Européens disent qu’avec l’interdiction du voile islamique à l’école et du voile intégral dans l’espace public, nous multiplions les lois liberticides. Ils nous font la leçon au nom des droits de l’individu. Mais nous nous obstinons, nous ne nous laissons pas intimider par ce discours, et nombre d’intellectuels musulmans nous supplient de continuer à faire preuve de fermeté car, nous disent-ils, la misogynie institutionnelle est à l’origine du grand marasme où est plongé aujourd’hui le monde islamique. L’oppression de la femme ne dégrade pas seulement les femmes mais organise dans l’ensemble de la société l’inégalité, la haine de l’altérité, la violence ordonnée par le pouvoir mâle, comme le dit Fethi Benslama dans sa Déclaration d’insoumission, à l’usage des musulmans et de ceux qui ne le sont pas.

    Pierre MANENT. - ***Je crois, Alain Finkielkraut, que votre façon de présenter les choses nous jette dans une impasse.*** Peut-être y sommes-nous déjà, mais, en tout cas, vous ne nous aidez pas à négocier la sortie. C’est une facilité rhétorique d’élever d’un côté les plus beaux accomplissements de l’Europe, Hume et la galanterie française, et de l’autre de brandir le « salon de la femme musulmane ». Vous êtes à ce point emporté par ce contraste que vous ne lisez pas ce que vous avez sous les yeux dans mon livre, alors que je sais que vous l’avez lu avec sympathie. ***Je n’ai jamais réclamé l’abolition de la mixité : j’ai circonscrit un lieu de friction où nous pouvions faire une exception à la règle générale de la mixité. Cette exception accorderait, dans le cadre scolaire, des horaires de piscine distincts pour les filles et les garçons quand les parents le souhaitent. Elle concernerait uniquement enfants et adolescents.*** Elle ne met en cause aucun principe fondamental. Quand nous avions 13 ans, cher Alain, nous n’allions pas à la piscine avec les filles et nous étions pourtant en République. Je fais une proposition analogue à propos des menus dans les cantines scolaires : je ne parviens pas à comprendre pourquoi la laïcité consisterait à imposer à des enfants de violer les règles de leur religion s’ils veulent manger convenablement.

    J’ai beaucoup réfléchi avant d’utiliser le terme « céder », au sujet des concessions que nous devrions faire à l’islam. Je voulais en quelque sorte nous forcer à reconnaître ce qui est déjà là. ***On me reproche mon « défaitisme », je trouve quant à moi que rien n’est plus démoralisant que d’annoncer à voix forte qu’on ne saurait accepter ce qu’en fait on accepte chaque jour depuis déjà longtemps.*** J’admets tout à fait que ce que vous appelez la « misogynie institutionnelle » de l’islam pose un problème majeur. Pour autant, nous le savions. On est étonné de voir comment nous redécouvrons chaque jour, avec une indignation sans cesse renouvelée, un fait social et moral qui est souligné dans toutes les descriptions de l’islam depuis qu’il y a des descriptions de l’islam. En tout cas, en contrepartie des concessions que je recommande, ***j’insiste sur l’interdiction effective de la polygamie et du voile intégral, mais aussi sur la liberté complète de parole et d’opinion parmi nous. Or, d’une part, ces interdictions ne sont pas rigoureusement appliquées ; d’autre part, la liberté intellectuelle est aujourd’hui entravée par le gel de la parole sur l’islam au nom de la prohibition de « l’islamophobie ». De sorte que la société que j’ai l’audace de dessiner serait en réalité moins soumise à l’intimidation de l’islam que celle dans laquelle nous vivons déjà.***

    Je suis comme vous préoccupé par une partie des usages véhiculés par l’islam et désireux de ne les encourager en rien, mais ne nous donnons pas un projet impossible. ***Je ne crois pas que la majorité des musulmans français vivent selon des mœurs qui nous interdiraient de partager la même cité. Si l’on souhaite vraiment contribuer à la promotion des femmes musulmanes, il est plus judicieux d’inviter tous les musulmans, hommes et femmes, à participer vraiment à la vie civique que de les morigéner sans cesse. Rien ne garantit qu’ils accepteront cette invitation, mais nous ne l’avons pas encore vraiment lancée.***

    La Seule Exactitude, Alain Finkielkraut, Stock, 300 pages, 19,50 euros / Situation de la France, Pierre Manent, Desclée de Brouwer, 173 pages, 15,90 euros."

    Lire "Alain Finkielkraut - Pierre Manent : la France au défi de l’islam".

    • ***Je crois, Alain Finkielkraut, que votre façon de présenter les choses nous jette dans une impasse.***

      Passage intensément révélateur
      d’une meilleure « maîtrise (...) de la philosophie politique » par Pierre Manent, comparé à Alain Finkielkraut ?

      Comprenne qui pourra...

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