L’avortement n’est pas une fatalité

propos recueillis par Marie-José Moussel

mardi 8 janvier 2019

Mexicaine d’origine, de nationalité américaine, Patricia Sandoval a connu les turpitudes des sociétés occidentales : divorce des parents, avortements, drogue, vie dans la rue… Depuis sa conversion, elle témoigne dans le monde entier d’un Dieu qui guérit les cœurs blessés et désorientés.

Pouvez-vous nous expliquer l’enfer que vous avez traversé ?

Patricia Sandoval : L’enfer que j’ai vécu fut… intérieur. Plus que tout, ce fut un enfer mental, émotionnel, et même spirituel, même si à cette époque, je ne connaissais pas Dieu. L’enfer, c’est ce que les médecins et la société occultent et que l’on appelle le « syndrome post-avortement ». Jamais personne ne m’a parlé de ce que j’allais endurer après chaque avortement. Ils me disaient que la seule gêne serait une petite douleur à l’estomac. Rien qui m’empêche de reprendre le travail : je pouvais continuer ma vie comme avant.

Mais ils m’ont caché la vérité. Jamais ils ne m’ont dit que j’allais souffrir d’anorexie, de pulsions suicidaires, de dépressions graves, d’un grand vide en moi… J’étais à la merci de mes accès de colère continuels. Tout m’énervait, je pleurais pour un rien, je ne comprenais pas ce qui m’arrivait. Je ne me sentais pas heureuse, j’étais très triste en réalité. Mon estime de moi-même est descendue en flèche à cette époque, je faisais des cauchemars, je me sentais coupable au milieu des gens en voyant des bébés dans la rue. Au même moment, mon ami vivait les mêmes troubles en parallèle : il ne comprenait pas ce qu’il lui arrivait, se sentait vide, déprimé, et voyait des bébés dans ses cauchemars. Mais il ne pouvait pas savoir que tout cela avait un lien avec l’avortement. Je crois que c’est le même enfer que vivent beaucoup de femmes qui ont avorté : quelque chose qui se passe à l’intérieur, dont on ne parle pas parce que l’avortement nous fait honte. Les hommes, eux, vivent la même chose plus tard. Tout cela parce qu’on nous cache la vérité, en nous interdisant par exemple de voir l’échographie à l’écran.

Quelles sont les raisons pour lesquelles vous êtes tombée si bas ?

Elles sont nombreuses. À la maison, mes parents ne connaissaient pas la chasteté, ni la valeur et la dignité de la virginité. Ils ne pouvaient donc nous enseigner ce dont ils ne savaient rien. Ma sœur, mon frère et moi ne comprenions pas ce que le vrai amour en Christ signifiait. Nous ne saisissions pas non plus la beauté de la sexualité, et combien elle est sacrée. C’est pour cette raison qu’elle est destinée au mariage, à l’union des époux et à la procréation. À cause de cette ignorance, j’ai cru à tous les mensonges que l’on m’a appris à l’école sur le safe sex [“sexe sans risque” NDLR], l’utilisation de préservatifs, la contraception, et l’avortement comme solution à une grossesse non désirée. À l’école on ne vous parle jamais de la dignité du corps humain et des conséquences qu’il y a à coucher avant le mariage. Ces mensonges m’ont conduite à trois avortements.

Retrouver l’intégralité de l’entretien dans notre magazine.

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