L’avenir du sacerdoce

par Gérard Leclerc

mercredi 6 février 2019

Ce n’est certes pas une nouveauté dans les interrogations à propos de l’avenir de l’Église catholique. Le sacerdoce tel qu’il s’est organisé depuis les origines du christianisme, avec notamment la réforme décisive du concile de Trente, a été périodiquement remis en cause ces dernières décennies. 68 a été un moment particulièrement cruel pour le clergé français, en pleine crise d’identité. Nous subissons encore aujourd’hui les conséquences de ce séisme spirituel qui a déstabilisé la plupart de nos diocèses. L’histoire n’en a été écrite encore que partiellement. Pourtant, l’examen de la situation actuelle, diocèse par diocèse, montre que la rupture qui s’est produite n’a jamais été suivie d’un véritable rebond, à quelques exceptions près. On pourrait même dire que la vie semble s’être arrêtée, au risque de sous-estimer l’héroïsme des prêtres qui ont tenu bon et la constance des fidèles qui ont gardé intacte la flamme de leur foi.

Cependant le pessimisme extrême est à bannir. Le catholicisme en France est une réalité bien vivante et sans doute la formation sociale la plus solide et la plus féconde de notre pays. Les idéologies contemporaines se sont effondrées pour la plupart, et le mouvement social qui agite la France depuis trois mois est significatif d’une remise en cause générale qui affecte notamment la gauche et la droite traditionnelles. Dans le travail d’élaboration et de reconstruction nécessaire, il apparaît que le partenaire catholique est un agent particulièrement efficace. Les dizaines de milliers de jeunes qui se mobilisent régulièrement pour les Journées mondiales de la jeunesse attestent de la force de transmission et de renouveau qui s’exprime dans ce corps que l’on dit malade et qui réserve bien des surprises.

C’est pourquoi il convient de considérer avec quelque distance l’offensive actuelle qui voudrait délégitimer notre structure ecclésiale. On assiste à une sorte de recyclage des idées d’il y a cinquante ans, celles qui n’ont gardé que leurs effets destructeurs. Ce qu’on nous propose en fait de réformes nous renvoie aux plus cinglants échecs des confessions chrétiennes d’Europe du Nord qui, pour avoir voulu s’ouvrir à toutes les les sollicitudes modernes, sont en train, purement et simplement, de disparaître.

Il convient donc plus que jamais de faire confiance à la doctrine la plus sûre et à la tradition institutionnelle qui exige la permanence et le renouveau du sacerdoce ministériel. Le Pape vient de lui renouveler sa confiance avec sa certitude que « le célibat est un don pour l’Église » et en affirmant son refus d’un double statut du clergé. Il n’y a pas d’autre voie à envisager.

Messages

  • L’Eglise qui est en France entre en agonie...

    Dans quelques mois, j’entrerai dans ma trentième année de sacerdoce dont vingt- cinq comme curé de paroisse. Certains de mes confères (ceux qui sont encore dans le sacerdoce !) fêtent cet anniversaire, d’autres le boudent… Mais au-delà de cette herméneutique, il me semble que l’Eglise est en faillite, du moins dans nos pays de vieille chrétienté, dont la France. Lors de mon ordination dans les années quatre-vingts, les pseudo-ténors des séminaires et des évêchés se voulaient rassurants en clamant haut et fort : "le creux de la vague est atteint, nous remontons..." Eh bien non !
    La population a décroché massivement de la pratique religieuse. La jeunesse lui a tourné le dos, malgré les grands rassemblements des JMJ, ou de quelques réunions diocésaines ou inter-diocésaines. Les vocations sacerdotales tendent à se raréfier et même à disparaître dans de nombreux diocèses. En raison de la moyenne d’âge du clergé, la population sacerdotale, en nombre déjà insuffisant pour assurer le soutien spirituel des quelques fidèles qui n’ont pas abandonné le navire, va continuer de fondre dans les années à venir et à un rythme de plus en plus soutenu, d’autant plus que les « récents » scandales laminent le fond.

    Cet effondrement du tissu ecclésial français s’explique par une double cause :
    d’abord, les changements sociétaux des “Trente Glorieuses” ;
    ensuite, la pastorale des années soixante-dix menée tambour battant par l’immense majorité du clergé avec les fameux cantiques « Qu’il est formidable d’aimer ou bien Main ! Main ! Main ! dans la Main et j’en passe des plus croustillants tel Jésus-Christ plus jamais ne sera mort ; cette pastorale a encouragé et très probablement accéléré l’effondrement au lieu de tenter de le contenir.

    La situation actuelle, tout en étant complexe dans le détail, est pourtant limpide dans ses grandes lignes : toutes les institutions, paroisses, communautés qui ont adopté cette pastorale des années soixante-dix sont aujourd’hui de ce fait condamnées à disparaître à plus ou moins court terme.
    A cette règle, il n’existe quasiment pas d’exception.

    Parallèlement à cette situation, un certain nombre de faits objectifs doivent être relevés :

    - 25% des ordinations en France s’effectuent aujourd’hui selon la “forme extraordinaire" du rite romain. ll est vrai que, paradoxalement, « les évêques acceptent plus facilement cette "forme extraordinaire", qu’ils considèrent sans avenir, que la “forme ordinaire" bien célébrée qui ferait ombrage à leur pastorale liturgique défaillante.
    - Bien que cette réalité soit difficilement quantifiable, il apparait clairement qu’une majorité des jeunes prêtres sortant actuellement des séminaires diocésains refusent de suivre leurs aînés dans la pastorale ultra-progressiste qui règne encore au sein des diocèses et des paroisses. Ils demeurent cependant persécutés.
    - Le séminaire de la Communauté Saint-Martin, l’un des rares séminaires de France à ne pas connaître la crise, s’est imposé en quelques années comme la première maison de formation sacerdotale du pays ; il se trouve que ce séminaire est à peu près le seul à avoir appliqué fidèlement les directives et les intuitions du concile Vatican ll, dans un esprit de continuité et non de rupture.
    - Le pèlerinage de Pentecôte de Paris à Chartres, attaché à la “forme extraordinaire” du rite romain, connaît une affluence croissante, en particulier dans la jeunesse, et s’est imposé en quelques années comme le premier pèlerinage organisé en France et même de toute l’Europe occidentale.
    - Les communautés religieuses et monastiques restées fidèles à la Tradition de l’Eglise (Solesmes, Kergonan, Flavigny, le Barroux, Fontgombault, les chanoines de Lagrasse, la Fraternité Saint-Vincent Ferrier, etc.) sont quasiment les seules à attirer des vocations ; certaines de ces communautés connaissent même un succès tel qu’elles devront probablement essaimer dans les années à venir.

    De cet ensemble de faits indéniables, il ressort qu’aujourd’hui, en France, en 2018, il y a une église qui vit et se développe et une église qui meurt.
    Ceux qui dans les années 1970 nous expliquaient que la Tradition de l’Eglise pouvait être abandonnée sans tort pour l’Eglise se sont trompés ;
    ceux qui nous expliquaient que l’habit distinctif du prêtre ou de la religieuse, qu’une liturgie et une spiritualité traditionnelles, que le chant grégorien, que le sens du sacré, du silence et de la contemplation n’intéressaient plus la jeunesse et devaient être remisés au grenier se sont lourdement trompés et nous ont trompés.

    Nos évêques sont actuellement plus préoccupés par les finances de leur diocèse que de l’évangélisation ; et leurs économes diocésains gèrent l’église particulière comme une véritable entreprise commerciale au centime près. Ces laïcs en mission (avec un bon salaire) prennent les curés pour de simples manutentionnaires de cierges ou de dispensateurs de bénédictions.

    « Un mal qui répand la terreur,
    Mal que l’épiscope en sa fureur,
    Inventa pour punir les curés de la terre,
    Le Fric (puisqu’il faut l’appeler par son nom)
    Capable d’enrichir la curie diocésaine
    Faisait aux ministres du culte la guerre. » (d’après La Fontaine)

    Les vicaires généraux, ou ces prêtres opportunistes, porte-voix de leur supérieurs sont inodores (pour la plupart) et sans saveur, heureux d’être à la droite et à la gauche de la mitre pour les honneurs (mais non pour le travail), surtout quand un beau liseré violet vient s’ajouter à leurs plus beaux habits de choeur ou leur carte de visite, « Mondanité ecclésiastique quand tu nous tiens !!! »

    « Je définis la cour un pas où les gens,
    Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,
    Sont ce qu’il plaît au prince, ou, s’ils ne peuvent l’être,
    Tâchent au moins de le paraître ;
    On dirait qu’un esprit anime mille corps ;
    C’est bien là que les gens sont de simples ressorts... » La Fontaine

    La simple constatation des faits et des tendances actuelles à l’œuvre au sein de l’Eglise de France suffit à le démontrer.
    Face à cette situation, l’attitude d’une majorité d’évêques - consistant à ne pas voir cet ensemble de faits objectifs et à continuer obstinément à pratiquer cette pastorale délétère (la théorie du comme si… et de ces généraux sans armée) qui conduit à vider les églises en tournant le dos à deux millénaires de christianisme - demeure un défi lancé à la raison et un mystère parfaitement inexplicable.

    L’Eglise qui est en France entre dans l’agonie du Vendredi-Saint, mais pour combien de temps ? Ponce Pilate se lave les mains et combien de prêtres fidèles à la réforme de la réforme vont-ils encore vivre l’épuration du Goulag épiscopal ?
    Dans tous les cas, redisons-nous que la vérité triomphe toujours, et c’est en soi une bonne Nouvelle ! Reste à savoir Quand et à Quel prix ?
    Je ne saurais trop inviter les fidèles chrétiens à prier Marie comme le préconise notre pape François.

  • George Carey, qui fut archevêque de Cantorbéry et chef de l’Eglise d’Angleterre pendant onze ans, jusqu’en 2002, a déclaréque les anglicans se trouveraient aujourd’hui « à une génération de l’extinction », rapporte le Telegraph

    Les pasteurs se plaignent de leur salaire qu’ils juge minable pour plus de 5 ans d’études.

    Les femmes de prêtres orthodoxes fatiguent d’être des assistantes bénévoles dévouées.

    Les mouvements progressistes meurent dans l’indifférence d’une génération qu’ils n’ont pas touchée.

    L’église change, le peuple aussi. Il faut garder le cap.

  • Il me semble que les évêque et les prêtres se donnent de façon admirable à leur mission. Les question de liturgie , de chants progressistes ou non n’ont pas l’importance que Rémi Rive croit y voir.
    Il suffirait de parler de Dieu, Père, Fils et Esprit saint, et de mettre en pratique les Ecritures autour de sois, pour faire progresser le Royaume du Christ Jésus.

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