L’avenir de la planète

par Gérard Leclerc

mercredi 13 décembre 2017

Hier, Paris était donc une fois de plus la capitale de l’avenir de la planète, rassemblant autour du Président de la République la coalition de tous ceux qui veulent lutter contre le réchauffement climatique. Notre pays semble jouer un rôle de leadership dans cette affaire cruciale, en l’absence des États-Unis, dont le Président s’est retiré du processus commun auquel son prédécesseur s’était étroitement associé. Il faut espérer que les mesures techniques qui ont été discutées hier aboutissent à des résultats concrets. Je ne puis en dresser ici la liste, et je serais d’ailleurs bien en peine d’en expliquer les détails. Reste cette philosophie, au sens le plus général du terme, qui devrait se dessiner pour donner un sens aux décisions envisagées, aux actions projetées.

Il est arrivé autrefois à notre ministre de l’environnement, Nicolas Hulot, de dire qu’à défaut des politiques défaillants, c’est le Pape et la finance qui sauveraient la planète. Le Pape, d’évidence parce qu’il dispose d’une pensée sur l’écologie qu’il a exposée dans une encyclique qui a fait date. Mais la conviction du pape François est-elle partagée dans un monde qui demeure largement obsédé par l’objectif d’une croissance, censée répondre à tous ses besoins et à tous ses manques ? Ma génération a été marquée par un célèbre rapport publié en 1972, à l’initiative d’un organisme appelé Club de Rome. Ce rapport avertissait que le système économique mondial s’effondrerait, confronté à la diminution des ressources et à la dégradation de l’environnement. En dépit du retentissement qu’avait eu ce rapport, force est d’admettre qu’il n’a pas eu les effets escomptés pour la transformation de notre modèle de développement.

Aujourd’hui encore, une grande partie de l’intelligentsia n’est-elle pas fascinée par le dépassement continuel de nos limites humaines ? L’idéologie transhumaniste en constitue le meilleur exemple. Il faudra longtemps pour que l’on revienne à la sagesse des limites, dont le poète disait que les dieux veillaient sur elles. Cette sagesse n’implique d’ailleurs nul immobilisme. Il faudra faire preuve de trésors d’ingéniosité et de créativité pour imaginer un modèle qui respecte les limites nécessaires tout en satisfaisant aux nécessités d’une humanité à faire vivre, d’une jeunesse à accueillir sur toute l’étendue de notre planète.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 13 décembre 2017.

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