L’accueil de l’encyclique

par Gérard Leclerc

mardi 23 juin 2015

L’encyclique Loué sois-tu est généralement très bien accueillie. À peu près tous les éditorialistes s’accordent, de droite et de gauche, à lui reconnaître tous les mérites et souhaitent que le Pape soit entendu. Les écologistes, les plus intéressés d’évidence, sont à peu près tous au même diapason. Et face aux échéances qui approchent, et d’abord la conférence de Paris sur le climat, on espère, le président Hollande le premier, que cette invitation à la conversion écologique soit reçue des chefs d’État responsables. Car ladite conversion est exigeante, elle appelle à des révisions déchirantes, à des transformations de comportement, de mentalité, de conception de l’existence.

Cette apparente unanimité est contredite toutefois par des réactions hostiles, notamment aux États-Unis, où toute une partie de l’opinion n’est pas persuadée par les arguments du Pape. N’empêche que l’influence du chef spirituel de l’Église catholique pèse singulièrement et qu’elle a été sollicitée par des responsables comme Nicolas Hulot. Toutefois, il faut signaler un autre débat, d’ordre philosophique celui-là, qui concerne la théologie de la Création inspirée par la Bible. J’ai déjà signalé qu’Edgar Morin, lecteur enthousiaste de l’encyclique, avait des objections à l’égard de la Bible, trop anthropocentrique à son avis. C’est aussi de façon plus radicale la positon d’un Michel Onfray. Certes, il n’avait pas lu l’encyclique lorsqu’il a écrit son dernier gros livre intitulé Cosmos (Flammarion) mais c’est comme s’il l’avait eue d’avance sous les yeux pour la contredire.

Pour lui, le christianisme c’est le refus d’une ontologie matérialiste, fondée précisément sur le culte de la nature. Il y en a des pages et des pages, à propos des Pères de l’Église. Mais la question centrale est bien celle de l’athéisme. Y a-t-il un Dieu créateur du cosmos, qui nous aime parce qu’il est tout simplement lui-même le mystère infini de l’amour ? Toute la difficulté pour un Michel Onfray est d’admettre que ce Dieu-là est ami de cette nature qu’il a créée. Si l’encyclique pouvait donner une réponse à de telles objections, ce serait un beau service supplémentaire que François aurait rendu.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 23 juin 2015.

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