L’accès au Christ passe par l’Église

par Gérard Leclerc

lundi 25 mars 2019

Dans la période éprouvante vécue par l’Église et dans l’Église en ce moment, il n’est pas rare de réentendre une formule bien connue : « Le Christ, oui, l’Église non. » Non décidément l’Église est trop humaine et même trop moche. Au fond, elle est indigne du Christ, qui seul incarne l’idéal évangélique qu’il a prêché. L’Église peut bien prêcher ce même idéal, mais elle se trouve disqualifiée. Il y a bien des justifications à une telle prise de position et les misères actuelles, les scandales qui nous accablent, semblent plaider pour une mise en procès de l’institution. On pourrait ajouter que certaines âmes nobles comme Simone Weil ont été retenues d’entrer pleinement dans l’Église et qu’elles sont restées à son porche.

Il n’empêche que, si cette même Simone Weil a été touchée par l’appel du Christ, c’est au témoignage de l’Église qu’elle le doit, que ce soit au Portugal où elle a perçu pour la première fois, selon ses propres mots, ce qui pourrait être la vérité du christianisme, plus tard à Assise ou encore à Solesmes. La plupart des hommes et des femmes sont venus à la foi à cause de la transmission accomplie par l’institution. Par ailleurs, cette institution c’est au Christ que nous la devons. C’est à elle qu’il a confié la mission de répandre son Évangile et de diffuser la grâce du Salut.

Le principal défaut de la démarche de qui entend suivre le Christ en dehors de l’institution, hormis le fait qu’il lui prend son bien sans gratitude aucune, est l’individualisme. La foi ecclésiale est éminemment communautaire. Le père de Lubac a écrit son premier livre, intitulé Catholicisme, sur ce qu’il appelait « les aspects sociaux du dogme ». On ne peut vivre de la grâce du Christ chacun pour soi. L’adhésion au Christ impose une entrée dans la vie de la communauté. N’a-t-il pas enseigné : « Je suis la vigne et vous les rameaux » (Jn 15, 5). Certes, il nous est parfois difficile de l’admettre mais si nous nous séparons de la vigne nous risquons de courir notre petite aventure personnelle qui n’a rien à voir avec le projet divin et sa nature trinitaire. Et puis il s’agit de rentrer dans la science de Dieu sérieusement. Et pour cela, nous sommes happés par ce que le bienheureux cardinal Newman appelait « la plénitude catholique » avec le développement organique de l’enseignement divin qui n’est possible que par l’Église.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 25 mars 2019.

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