L’Immaculée Conception

par Gérard Leclerc

mardi 8 décembre 2015

Et si nous faisions une pause, en dépit d’une actualité survoltée ? C’est tout de même aujourd’hui la fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, et pour nous catholiques, c’est une journée de choix, qui vaut une petite suspension dans le temps. C’est en 1854, par la bulle Ineffabilis Deus que le bienheureux pape Pie IX définit ce qui, pour nous, est un dogme, c’est-à-dire une vérité de foi qui éclaire notre vie. Nous professons que « la bienheureuse Vierge Marie a été, dans le premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulières du Dieu tout-puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel ». Ce sont les paroles mêmes du Pape engageant ce qu’on appellera plus tard, au premier concile du Vatican, son infaillibilité. Le Christ avait prié pour que la foi de Pierre ne défaille pas (Lc 22,32). C’est cette foi que ses successeurs ont reçue et qui leur permet de confirmer leurs frères.

La définition de 1854 est tout à fait claire, et pourtant beaucoup, qui ne sont pas incultes interprètent à tort l’expression d’Immaculée Conception, comme s’il s’agissait de la conception virginale de Jésus. Il m’est arrivé de devoir rectifier cette erreur, pour l’avoir entendue dans un conseil de rédaction, pourtant composé de collègues de grande valeur. Cependant, nous avons un motif particulier, nous autres Français, d’être attachés à cette notion théologique. Ne fut-elle pas confirmée en 1858, quatre ans après la définition pontificale de la bouche même de la Vierge Marie, à Bernadette, dans son patois béarnais : Que soy era Immaculada Concepciou ? C’est d’ailleurs ce qui convainquit l’abbé Peyramale, curé de Lourdes, de la véracité des apparitions. Bernadette, tout le long du chemin entre la grotte de Massabielle et le presbytère, n’avait cessé de répéter la formule mystérieuse de Marie, pour ne pas l’oublier et la restituer exactement au prêtre, qui en fut troublé et prit désormais la défense de la jeune voyante contre tous ses détracteurs.

Mais ce qui nous importe, c’est le sens de cette conception immaculée de la jeune fille de Nazareth. Bernanos nous l’a traduite, de façon inoubliable, en nous confiant que Marie était à jamais « plus jeune que le péché » (Journal d’un curé de campagne).

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 8 décembre 2015.

Messages

  • Comment ne pas être reconnaissant à Gérard Leclerc d’avoir, si j’ose dire, fait d’une pierre deux coups avec l’article ci-dessus : rappeler à notre bon souvenir cette belle fête de l’Immaculée Conception ET donner un aperçu de son origine et de la vraie signification des mots.

    Pris dans le tohu bohu des élections, ou plutôt du tapage médiatique qui les ont précédées, accompagnées et suivies, nous n’avons pas su, en tous cas ici-même, prêter l’attention qu’elle méritait à cette évocation. Comme quoi... parfois un événement peut en chasser un autre.

    Loin de moi de laisser entendre que "la chose politique" devrait, par exemple, passer au second plan. Tout simplement, je me sens responsable d’avoir donné la priorité uniquement à un seul aspect dans ma vie, alors que j’aurais pu et dû réfléchir et réagir à la réalité, matérielle, disons, du moment et aussi à celle, spirituelle, de toujours. En d’autre termes, il me semble avoir donné plus d’importance aux choses de l’Etat (me concernant) qu’à celles de mon baptême, alors que l’un n’empêche pas l’autre, mais bien au contraire et, peut-être plus encore que jamais.

    Décidément, le mois de novembre 2015 aura été le mois de bien d’événements : la tragédie du Bataclan, la "tribune" du père Hervé Benoit, la consternation de Mgr Barbarin, l’entretien accordé par Mgr Ulrich concernant, sauf erreur, les élections, etc... Cette fois, ce ne seront pas les media que je mettrais au pilori, mais ma propre responsabilité : j’ai choisi de m’attarder sur une seule priorité alors
    que j’en avais deux...Il y a comme ça, dans l’existence, des moments où on pourrait éprouver de la honte à s’identifier "chrétien"...

    Je sais que le Seigneur et Marie auront déjà pardonné, en plus au vu de la situation... Mais, tout de même... Heureusement que cet article est venu comme pour me "repêcher" et me "placer sur orbite". Avec du retard : "Je vous salue, Marie..." à partir de cet espace. Et à l’initiative de G. Leclerc.

    MERCI.

    • Oui, merci à Gérard Leclerc pour son rappel sur " l’Immaculée Conception"

    • cf. : 8 décembre 10:52

      Et merci à Henri d’être allé trouver un billet de G. Leclerc daté d’un an plus tôt, jour pour jour, sur l’Immaculée Conception de Marie.

      S’arrêter quelques secondes, ici, et avoir une pensée ou réciter en son coeur une prière...

      "Marie qui a mis au monde le Fils de Dieu, l’Homme nouveau".

    • D’exhumation de billet en exhumation de billet, voici également celui-ci (2011) qui ne manque pas d’intérêt :

      http://www.france-catholique.fr/8-Marie-la-toute-sainte.html

    • cf. : 8 décembre 19:42

      Cet article remis en ligne avec d’autres (2007 - 2015) méritait d’être mentionné spécialement. La présentation presque complète et "multiple" de Marie "la toute sainte" requiert une lecture avec une attention soutenue pour en saisir l’intérêt et la richesse. Pourquoi ne pas avouer l’avoir lu cet après-midi en trois fois. Pour mieux l’assimiler.

      A recommander, en effet.

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