L’État et l’administration

par Gérard Leclerc

mardi 5 janvier 2021

Palais de l’Élysée
© Remi Mathis / CC by-sa

Le pouvoir exécutif est à la peine. Est-il responsable de la lenteur des débuts de la vaccination du pays ? Il y a, à ce sujet au moins deux querelles. Entre le politique et l’administration, qui porte le plus de responsabilité ? Par ailleurs, y-a-t-il trop d’État ou dérobade de ce même État ?

Il y a de l’impatience dans l’air à l’égard du pouvoir en France. Le démarrage trop lent de la vaccination contre le Covid y est pour beaucoup. Mais dans cette affaire, faut-il faire tomber la responsabilité sur l’État ou sur l’administration ? On dira que l’administration est sous la coupe de l’État, donc dans une stricte subordination. Mais il est vrai aussi qu’il y a de mauvaises habitudes qui se prennent, avec des forces d’inertie qui se mettent au travers de tout projet plus ou moins volontariste. Et puis, on peut aussi incriminer les décisions anciennes qui ont donné des orientations qui se révèlent aujourd’hui négatives. Je ne suis pas compétent pour en juger. Mais est-il vrai que la volonté de l’État, dans les dernières années, était d’obtenir une réduction continue des coûts des hôpitaux, avec notamment la diminution constante du nombre des lits ? Diminution qui n’aurait pas cessé malgré la crise actuelle et la forte demande d’hospitalisation. Singulièrement en réanimation.

Il est certain que seule l’impulsion de l’État peut renverser la tendance, et qu’elle s’impose d’autant plus qu’il s’agit d’une tendance lourde. Je sais bien qu’à ce propos, une querelle d’école oppose ceux qui incriminent une trop grande emprise de l’État et penchent vers plus de libéralisme, et ceux qui incriminent au contraire un relâchement de ce même État dans ses fonctions essentielles. Ce qui me paraît sûr, en tout cas c’est que ce même État est toujours en situation d’accusation. C’est lui qui, en toute hypothèse, doit choisir les grandes options et les mettre en œuvre.

Saint-Simon voulait substituer l’administration des choses au gouvernement des hommes, mais on a toujours affaire à des hommes et si la compétence technique s’impose, elle requiert forcément une volonté.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 5 janvier 2021.

Messages

  • Qui serait l’Etat aujourd’hui ?
    Le responsable, le coupable, l’imprévoyant, le fautif du jour ?

    - Il faut avouer que cette pandémie a réveillé des réflexes et des inhibitions chez ceux qui désormais ont mission d’endosser la responsabilité publique des affaires sanitaires en cours.

    - On se livre aisément à la délation de ces autres, au demeurant des tenants de l’administration publique censée assurer la prévoyance, le déroulé et le suivi des précautions utiles pour limiter les conséquences de la pandémie.

    - Etat ou Administration, politiques ou fonctionnaires, directions de santé ou praticiens en exercice ?
    La requête en dilution du pouvoir sur autrui ne mène en ce sens que vers un imbroglio ou une impasse.

    - Qui avait imaginé le contexte dans lequel nous sommes avec ces dizaines de milliers de victimes de la maladie ?

    - Qui avait pensé un instant que les solutions envisageables seraient satisfaisantes pour endiguer la propagation virale qui n’a cessé de se répandre malgré les solutions en l’état ?

    - Qui oserait croire encore que le seul et unique décideur des résolutions sanitaires du moment est entre les mains d’un homme ou d’une femme providentielle ?

    - L’épreuve de vérité que nous subissons comme prestataire de l’Etat ou de quelque administration laisse béante l’issue d’une fin de partie sordide, lugubre et assortie de nouveaux morts, si nous renonçons par défaut à endiguer la pandémie par les vaccins en cours.

    - Le responsable de la chose ce serait donc l’autre que nous mêmes.
    Il emporterait avec lui l’infamante opinion que des malveillances ou des intérêts partisans auraient pu instruire sa conduite, lucrative, malsaine et abusive de notre liberté.

    Avouez que dans l’opprobre et l’ingratitude, on peut penser, tout écrire, tristement sur des réseaux sociaux anonymes et impersonnels est d’une lâcheté instinctive.

    - Penser un instant que la formule ancienne "responsable mais pas coupable" déjà entendue semblerait appropriée, juste et qualifiable en ces heures graves où la vie de tant d’hommes se joue dans les décisions que doivent prendre des hommes d’Etat et d’Administration, serait infamante. "La seule faute" pour chacun est d’être aujourd’hui et maintenant aux affaires du pays, sans avoir imaginé un instant les objectifs urgents à tenir !

    - Du discernement et de la prudence s’imposent.

    Les conséquences empressées de programmes aux urgences inconnues appellent de la prudence..

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