Birmanie

L’Église face à la crise birmane

par Guillaume Bonnet

vendredi 16 avril 2021

Sœur Ann Nu Thawng est membre de la congrégation des sœurs de Saint-François-Xavier, un institut de droit diocésain, dont le couvent de Myitkyina est aussi une clinique.

Bien que minoritaires au sein de la population, les chrétiens sont en première ligne dans la tourmente qui frappe le pays, où la répression menée par l’armée a fait plus de 700 morts, dont 80 lors du week-end du 10 avril. Une position courageuse qui a commencé à porter ses fruits mais qui les place dans l’œil du cyclone.

Plus de deux mois après le coup de force du 1er mars, engagé par la junte militaire pour renverser le gouvernement d’Aung Sang Suu Kyi, la situation reste extrêmement tendue en Birmanie. Malgré l’état d’urgence, des grèves massives paralysent certains secteurs économiques et sociaux essentiels, tandis que des manifestations continuent de s’y tenir presque chaque jour malgré une répression très sévère qui aurait déjà fait plus de 700 morts et conduit à de très nombreuses disparitions parmi les 2 800 personnes arrêtées depuis l’éclosion de la contestation.

Face à cette crise, les instances internationales semblent démunies. L’émissaire de l’ONU, Christine Schraner Burgener, s’est ainsi vu récemment refuser l’accès au pays alors qu’elle s’apprêtait à entamer une vaste tournée dans la région, y compris en Chine dont la position à l’égard des nouvelles autorités est plutôt favorable. Autre coup d’éclat du nouveau pouvoir : la prise de contrôle de l’ambassade de Birmanie à Londres le 7 avril, et l’éviction des diplomates favorables à Aung Sang Suu Kyi sous le regard médusé et impuissant du gouvernement britannique.

L’agilité des manifestants

Pour autant, la partie n’est pas encore gagnée pour les militaires. Malgré l’usage de la force et le contrôle d’Internet, les manifestants font preuve d’une indiscutable agilité pour varier les formes de mobilisation et multiplier les happenings symboliques, largement repris dans les médias internationaux. Parallèlement, de nombreuses solutions ont été trouvées pour communiquer avec l’extérieur en s’affranchissant du web. Par ailleurs, les putschistes doivent aussi compter avec les minorités ethniques, dont certaines sont rompues à l’action violente par des années de guérillas autonomistes, auxquelles un cessez-le-feu avait mis fin en 2015. Rompant avec cet accord, dix d’entre elles seraient déjà entrées en dissidence contre le nouveau régime, dont la puissante Union nationale karen (KNU) qui s’est récemment attaquée à une base militaire ralliée au nouveau pouvoir.

Contestation le jour de Pâques

La junte ne s’attendait sans doute pas, enfin, à se retrouver confrontée à une vive opposition des chrétiens, en dépit de leur caractère minoritaire (environ 7 % de la population). Cette contestation spécifique s’est manifestée avec éclat le jour de Pâques.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

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