Journée internationale de la femme ou le déni d’une réalité supérieure ?

par Louis-Jean Nicolazo de Barmon

vendredi 8 mars 2019

Des journées pour bon nombre de choses très diverses existent de par le monde ; soyons heureux de pouvoir en avoir une dédiée à la Femme et non au féminisme, car les deux, semblent au XXIe siècle fort antinomiques, du moins pour ceux qui aiment la femme des origines. Il ne faudrait pas que cette journée soit le monopôle de quelques-unes, qui cantonnent le rôle de la femme à la lutte.

Nous ne pouvons que nous féliciter que des femmes se soient levées et se lèvent encore afin de crier haut et fort l’iniquité avérée et non bourgeoise qu’elles souffrent et subissent encore de nos jours, dans de nombreux pays : violences, esclavages, instrumentalisations, droits de vote, etc. Bravo à ces femmes courages qui ont irrigué nos siècles de leurs convictions, de leur foi et de leurs douceurs, à commencer par celles qui ont, contre vents et marées, gardé leur vocation naturelle et spirituelle, les Saintes, les religieuses, les mères aux foyers, les sœurs, les filles, les célibataires consacrées aux causes nobles, celles qui favorisent le travail du cœur et de l’esprit dans la recherche du bien commun par le respect de leur propre nature.

Mais il ne faudrait pas confondre liberté et libération, cette dernière, employé à tort, sombre dans des œuvres liberticides, qui sous prétexte d’étendre le pouvoir des femmes et leurs mouvements dans la société civile, les cantonne à être des fantoches, voulant s’imposer avec les mêmes armes que certains hommes, ceux qui sacrifient leur véritable virilité à la cupidité, aux violence outrancière, à l’arrivisme, à la recherche constante d’un pouvoir, obsolète, puisque vouée à la muabilité, à la péremption, et qui ne fait œuvre d’aucune vertu éternelle. La femme, quelles que soient ses responsabilités, a toutes les capacités de s’adapter à n’importe quelles fonctions tant qu’elle reste autant que faire se peut femme, sans tomber dans les bas instincts de l’homme qui trop souvent passe du service au pouvoir. Certains domaines semblent, il est vrai, plus propices à la féminité et à son déploiement.

Le pape Jean Paul II a, à juste titre célébré la Femme, lui attribuant ce titre de « sentinelle de l’invisible » parce qu’elle est cette intuition qui sait voir au-delà des apparences. La femme est pour l’humanité le dernier rempart devant l’absurdité humaine, car c’est elle qui donne la vie qui est intrinsèquement, naturellement, spirituellement, livrée pour la salvation du monde, et nous ne pouvons substituer à son être un de ses éléments, sans risquer de la perdre à jamais.

Il ne s’agit pas de réduire la femme à son seul aspect naturaliste, la maternité pouvant se vivre de différentes façons à condition qu’elle respecte toute les dimensions anthropologiques qui incombent naturellement et spirituellement à son genre. À ce titre, la femme ne peut se soumettre une fois de plus à un totalitarisme industriel et industrieux, qui voudrait en faire une mère porteuse et l’assujettir à une machine.

Il s’agit de livrer l’essentialité de l’essence de la femme, sans comme chaque fois, la faire comparaître devant la masculinité ou la réduire à un égalitarisme de pacotille qui ne sert que le narcissisme de certains. Car, qui mieux que la femme peut comprendre l’autre, faire preuve de compassion puisque créer pour le plus grand don, celui de la vie même ; le génie de la femme ne réside pas dans ses ovaires comme certains ont ironisé, mais bien dans l’amour qu’elle sait prodiguer, c’est une aide constante qui nous élève, qui élève toute notre humanité grossière vers un lieu hors du commun, puisqu’elle doit nous amener, dans l’unité parfaite, à la résurrection ; ce qu’exprime la tragédie de Goethe, ou Faust, sauver de sa concupiscence et de sa presque damnation par Marguerite, exhalera ses mots « l’éternel féminin nous élève ».

L’Église Catholique ne cesse de célébrer la femme et de lui adjoindre les attributs les plus nobles, parce que légitimes, Jean Paul II déclarera une fois encore à son endroit la grande reconnaissance immuable que nous leur devons « merci à toi femme, pour le seul fait d’être femme » et c’est avec sa lettre apostolique « Mulieris dignitatem » qu’il soulignera l’importance de la dignité de la femme et de sa vocation. Dans son message du concile aux femmes le 8 décembre 1965, l’Église réitère sa fidélité à la création divine de la femme et montre ô combien celle-ci, est une aide dans toutes les strates de la société si elle a le courage de sa vocation de tendresse et de coopération :

« L’heure vient, l’heure est venue où la vocation de la femme s’accomplit en plénitude ; l’heure où la femme acquiert dans la cité une influence, un rayonnement, un pouvoir jamais atteints jusqu’ici. C’est pourquoi, en ce moment où l’humanité connaît une si profonde mutation, les femmes imprégnées de l’Esprit de l’Évangile peuvent tant aider l’humanité à ne pas déchoir ».

De plus, il est reconnu des qualités inhérentes de la femme, que certains parangons de bêtises voudraient vouer aux gémonies pour ne garder de la femme qu’une lutte avilissante pour des besoins déshonorants. Ses qualités dont je vous parle sont le ciment d’un amour fécond : la constance qui prévaut sur tout engagement, la douceur qui sauvera notre monde, la bonté qui sert ô combien l’éducation des âmes, le service, qui nous garde des individualismes globalisés, le désintéressement, source jaillissante du don de soi, le sacrifice, force incommensurable des grâces reçues dans le sein de notre Mère à tous.

Nous finirons par les mots du pape Jean Paul II qui éclaire une fois encore le rôle de la femme, et qu’il est bon de transférer à la société tout entière :

« Femme, le Seigneur te confie l’homme pour que tu lui apprennes à être pleinement lui-même. Vis la communion avec lui, pas la concurrence. Ne cherche pas à prendre sa place dans l’Église, mais prends ta place, toute ta place, dans l’humble disponibilité de ton service pour bâtir l’Église. »

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