Pédophilie

Journée grave à Lourdes

par Gérard Leclerc

mardi 8 novembre 2016

J’ai hésité hier avant d’écrire cet éditorial. Allais-je parler de la cérémonie de Lourdes, cérémonie de prière et de pénitence pour demander pardon des péchés commis par des membres de l’Église à l’encontre des enfants ? En même temps, il y avait cette actualité mondiale, avec les élections américaines, significative de profonds bouleversements. Mais nous aurons le temps de commenter à loisir et souhaitons-le avec la distance nécessaire, le résultat de ces élections. Comment parler, avec la justesse et la délicatesse qui conviennent, de la prière de nos évêques à propos de ce sujet si douloureux. Je ne l’ai jamais éludé pour ma part. N’ai-je pas publié il y a six ans un petit livre, L’Église face à la pédophilie, où je tentais de rendre compte du drame dans tous ses aspects. J’avais été incité à intervenir alors à cause du scandale qui avait éclaté en Irlande et de la réaction courageuse de Benoît XVI.

Six ans plus tard, je n’aurais rien d’essentiel à ajouter, à ceci près que l’Église est bien l’institution à laquelle, dans ce domaine, on ne pardonnera rien. Et c’est justice. Le scandale, au sens évangélique du terme, qui l’atteint met en cause et en péril son essence même, sa vocation à la sainteté. Lorsqu’elle devient le lieu de la perversion, elle est susceptible de la sévérité du Christ à l’égard de ceux qui scandalisent les petits enfants. Ce qui a fait rebondir le procès fait à la hiérarchie, ce sont des crimes couverts aujourd’hui par la prescription pour la justice. Prescription qui n’a pas lieu d’être aux yeux des victimes, mais aussi de l’institution ecclésiale.

Je ne connais pas d’autres exemples d’institution ainsi incriminée pour des faits qui remontent aussi loin. La croix est lourde à porter, et si l’Église ne la porte pas, c’est la foi dans le message et l’espérance dont elle est garante qui risque d’être perdue. Il faut participer à son mystère le plus profond, pour saisir à quel point la démarche pénitentielle et réparatrice est d’un ordre singulier. Lorsqu’on est face au traumatisme absolu, celui qui détruit la puissance de l’amour même, il n’y a de réparation possible que dans l’abîme de la Rédemption par où le Christ est passé.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 8 novembre 2016.

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